• Janvier 2018

    C'est toujours le mousse qui écrit. Moi ? A peine. Juste le temps d'un court article sur le jour de l'an, histoire de vous montrer LYON en couleurs. Le mousse, lui, il vous souhaite la bonne année en 3 langues ! Et puis il retourne à SALERNO, en dessous de NAPOLI, pour emprunter à la ville ses guirlandes qu'on dirait des feux d'artifice...

     

    Janvier, c'est aussi le moment de se replonger dans l'histoire du ZEF, au gré de parallèles judicieusement élaborés par un mousse à l'imagination aussi fertile qu'une bonne terre arable. Il en est ainsi d'une rencontre avec l'AVENTY qui s'écrit en miroir des jardins de THALES. Des jardins ? Oui. Janvier 2018, c'est aussi une histoire de jardins.

  • Le jardin de l’an neuf est fleuri, odorant, fertile.

    Il fortifie la santé, fait éclore les rêves, dynamise les projets.

     

    Le jardin de l'an neuf

     

    Bonne année 2018 à tous les amis du Zeph !

     

    Le jardin de l'an neuf

     

    Buon Anno 2018 a tutti gli amici di Zefiros !

    BUON ANNO 2018 A TUTTI GLI AMICI DI ZEFIROS !

     

    Le jardin de l'an neuf

     

    Ευτυχισμένο το Νέο Έτος 2018 σε όλους τους φίλους του Ζέφυρου !

     ΕΥΤΥΧΙΣΜΕΝΟ ΤΟ ΝΕΟ ΕΤΟΣ 2018 ΣΕ ΟΛΟΥΣ ΤΟΥΣ ΦΙΛΟΥΣ ΤΟΥ ΖΕΦΥΡΟΥ !


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    Bon ben voilà quoi !Youpi, hourra, etc...

    Bien sûr, pour cette nouvelle année 2018, je me joins à mon copain le chat pour vous dire des choses.

    C'est le jour de l'an, quoi !

     

    Bon. Y'a aussi mon pote Alfred qui sait faire de jolis mots, et auquel je m'associe aussi bien évidemment ! Je parle au présent à propos d'Alfred parce que ces mots à lui sont intemporels !

     

    C'est le jour de l'an, quoi !

    Et je dédie ce poème à qui vous savez... A Elle, quoi ! Là-bas, toute seule au fond de son grand trou...

     

    Dans ces bois qu’un nuage dore,
    Que l’ombre est lente à s’endormir !
    Ce n’est pas le soir, c’est l’aurore,
    Qui gaîment nous semble s’enfuir ;
    Car nous savons qu’elle va revenir.
    Ainsi, laissant l’espoir éclore,
    Meurt doucement le souvenir.

     

    Quelques photos de la fête des lumières à Lyon, et hop ! A l'année prochaine ! Si le grand Manitou le veut bien !!!

     

    C'est le jour de l'an, quoi !

    C'est le jour de l'an, quoi !

    C'est le jour de l'an, quoi !

    C'est le jour de l'an, quoi !

    C'est le jour de l'an, quoi !

    C'est le jour de l'an, quoi !

    C'est le jour de l'an, quoi !

     

     


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  • À l’orée de l’an neuf, la plus grande et la plus belle place de la capitale des Gaules se parait d’un magnifique jardin de lumière.

    Des créatures ailées venaient y butiner jusqu’à l’ivresse.

     

    Le jardin de lumière

     

    Zéphyros, celui qui se mouvait dans l’espace aérien, transformait la quête de nectar en un subtil ballet.

    Le destrier du Roi-Soleil s’illuminait pour faire apparaître un essaim de lucioles au- dessus d’un foisonnement de corolles voluptueuses.

     

    Le jardin de lumière

     

    Évocation ingénieuse d’une constellation dédiée à l’ordre équestre. Clin d’œil à Pégase au firmament.

    Avec élégance, le jardin lyonnais chante la symbiose entre le monde végétal et le règne animal.

    Mais le passage à l’an neuf ramenait inévitablement le Zeph à l’expérience salernitaine.

    Ravissement inoubliable grâce au savoir-faire de la Bella Italia, à la générosité du Sud, et surtout au doigt providentiel du καιρόϛΚΑΙΡΟΣ, qui a fait que le Zeph était là, et pas ailleurs, au bon moment.

    Ancora Salerno. Sempre Salerno. Salerno la Bellissima !

    Il existait une correspondance entre le jardin lyonnais et le jardin salernitain.

    Une des similitudes était le thème de la fécondité.

    Grains de pollen en lévitation à Salerno.

     

    Le jardin de lumière

     

    Semence aérienne. Le souffle de Zéphyr contribuait à l’expansion de la fertilité.

    Dynamique de l’ascension, avec ou sans appui.

    Espèces rampantes s'adonnant à des acrobaties.

     

    Le jardin de lumière

     

    Lierre d'or, qui partait fiévreusement à la conquête de la verticalité.

    Branches aériennes, éprises de liberté.

     

    Le jardin de lumière

     

    Fleurs flottant au vent. Silhouettes lascives.

    La nature se jouait de la pesanteur. Triomphe de la légèreté.

    À Salerno, le jardin de lumière cherchait à s’affranchir des contraintes spatiales. Agissait-il de même à l’égard du cadre temporel ?

    En premier lieu, il y avait le jardin d’actualité. Conifères, feuillages persistants.

     

    Le jardin de lumière

     

    D’abord, la saison en cours.

    Puis il y avait le jardin de mémoire. Couleurs d’automne.

     

    Le jardin de lumière

     

    Ensuite, la saison qui venait de passer.

    Et il y avait aussi le jardin d’anticipation. Printemps précoce. Cerisiers en fleurs.

     

    Le jardin de lumière

     

    Saison à venir.

    Était-il raisonnable de ne représenter que trois saisons tandis que l’année en compte quatre ?

     

    Le jardin de lumière

     

    Alors, vive l’été en plein hiver ! Que la couleur verte de la prospérité chlorophyllienne soit rappelée à notre bon souvenir !

    À Salerno, le jardin de lumière dépassait les attentes.

    Jardin fantastique. Lianes arachnéennes. Enchevêtrement onirique.

     

    Le jardin de lumière

     

    Saison de l’imaginaire, pour les esprits futuristes.

    Jardin au niveau du sol, tout près de l’humus.

     

    Le jardin de lumière

     

    Champignons colorés pour une fantaisie culinaire.

    Jardin sous la mer aussi, car Salerno folâtrait avec la mer Tyrrhénienne.

     

    Le jardin de lumière

     

    Surprises du fond marin. Splendeurs sous les vagues.

    Jardin d’agrément. Plaisirs de la vue et de l’odorat.

    Jardin nourricier. Plaisir des papilles.

     

    Le jardin de lumière

     

    Alvéoles de miel. Récolte des insectes butineurs. Trésor de la ruche.

    Exhibition de ce qui est comestible.

    À Salerno, le jardin de lumière respirait la liberté et la prospérité.

    Jardin d’enchantement.

    Jardin aux mille ressources.

    Hymne à la vie polymorphe, inventive, créatrice.

    Séduction par la vitalité, l’ingéniosité, la coquetterie.

     

    Le jardin de lumière

     

    « Il Giardino Incantato », disait la guirlande de lumière.

    Jardin incantatoire.

    Pour Bergson, « l’incantation peut participer à la fois du commandement et de la prière ». Commandement ou prière, l’objet du désir est une finalité dont le pouvoir d’attraction est extrêmement fort.

    La demeure originelle de l’être humain était un superbe jardin. Impossible à la génétique de l’avoir oublié. Souvenir indélébile au cours des âges.

    Jardin de nostalgie et d’espérance. Nostalgie de l’Éden perdu, espoir pour le paradis retrouvé.

     

    Le jardin de lumière

     

    Symbole de l’accomplissement du désir : le paon, l’oiseau de félicité.

    La route du Zeph trouverait-elle son accomplissement ?

    Quand viendrait l’appel du destin ?

    Il faudrait 21 jours d’immobilisation, d’endurance dans le froid de l’hiver, pour percevoir la lumière qui luisait à l’autre bout du détroit de Messine.

    Les 21 jours de maturation à Salerno ont été indispensables pour voir poindre à l’horizon des parcelles de lumière égéenne.

    La lumière du jardin salernitain avait une valeur prophétique pour le Zeph.


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  • La première découverte du jardin de Thalès a souvent lieu à l’époque du collège, dans l’univers des droites parallèles. Puis il se peut que la visite se poursuive quelques années plus tard, avec le jardin de la sagesse, qui s’est épanoui sur les rivages de l’Anatolie, dont Milet était l’un des plus beaux fleurons.

    Thalès de Milet, qui faisait partie des Sept Sages de la Grèce antique, considérait l’Égypte comme la source de tout savoir.

    Les paysages du Nil étaient indissolublement liés au jardin où le corps et l’esprit de Thalès aimaient se mouvoir.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Une semaine après le passage à l’an neuf, l’Aventy a offert au Zeph une réception avec des papyrus graciles qui ondulaient au vent, des canards grassouillets qui se pavanaient et un félin espiègle qui s’ébrouait entre deux câlins.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Ce décor inattendu suscitait l’émerveillement du Zeph à cause de l’évocation du jardin mental et affectif de Thalès.

     

    Le jardin de Thalès

     

    La pensée de Thalès reconnaissait la place prépondérante de l’eau dans l’organisation du monde. Des quatre éléments participant à la constitution du cosmos, celui qui avait la primauté était l’élément aqueux.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Signe des temps : au moment où l’Aventy recevait le Zeph, la terre et les cieux regorgeaient d’eau, comme pour appuyer la pensée de Thalès.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Saturation de l’air par l’élément aqueux avec la brume qui enveloppait le palmier.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Eau du ciel à profusion, avec la rosée qui perlait sur les feuilles du laurier.

     

    Le jardin de Thalès

     

    La cité portuaire de Milet était située à l’embouchure du Méandre, réputé pour ses sinuosités.

     

    Le jardin de Thalès

     

    L’Aventy n’a cessé d’offrir à la vue du Zeph de multiples représentations stylisées des coudes du fleuve. Géométrisation des changements de direction, cheminements parallèles des berges, alluvions polychromes.

     

    Le jardin de Thalès

     

    De nouveau, omniprésence de l’élément aqueux à travers les méandres qui encadraient chaque compartiment du cosmos.

    Méandre au-dessus de la tête, pour l’eau qui était en suspension dans la voûte céleste.

    Méandre au sol, pour l’eau qui effleurait sous les pieds.

    Le jardin de Thalès ne craignait pas d’exhiber sa fécondité.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Grappes destinées la dégustation immédiate, ou réservées à la fermentation.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Le jardin de Thalès n’avait pas peur de montrer sa coquetterie.

    Branches, feuilles, fleurs et fruits étaient combinés avec raffinement grâce à d’innombrables procédés de symétrisation.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Trajets rectilignes ou chemins ondulants, les croisements se multipliaient pour évoquer le plaisir des rencontres au sein du jardin de Thalès. Et les enchevêtrements se déployaient avec élégance pour chanter l’idéal d’harmonie que poursuivait la sagesse milésienne.

    Ce n’est pas anodin que Milet, la patrie de Thalès, soit omniprésent au cours de ces toutes premières agapes de 2018, organisées par l’Aventy en l’honneur du Zeph.

    Pour cette année nouvelle, l’Aventy a prévu de mettre le cap vers l’Est, jusqu’à la mer Égée. Et de là où l’Aventy a établi ses quartiers d’hiver, il suffirait de suivre la même latitude pour arriver à Milet.

    Il en serait de même pour le Zeph, peu de temps après, quand il aurait franchi le détroit de Messine.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Capitaines, fortifiez les gouvernails ! Équipages, tenez-vous prêts !

    L’hiver donne à contempler le jardin symbolique de Thalès.

    Et quand l’hiver se sera retiré, ce sera la réalité physique du jardin de Thalès qui tendra ses bras à l’Aventy et au Zeph.

    L’accès au jardin de Thalès se pare du charme des scènes pastorales.

     

    Le jardin de Thalès

     

    Le berger guide le marin dans ce retour aux rivages antiques.

    Horizon milésien, béni sois-tu !

     

    Le jardin de Thalès


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  • Le jardin de la mer est un jardin pour l’agrément ou pour l’alimentation.

    Le jardin consacré au plaisir des yeux est friand d’escarpement. Le surplomb stimule le sens artistique et donne de la magnificence au déploiement.

     

    Le jardin de la mer

     

    Avec ravissement, le Zeph a découvert les sublimes jardins suspendus du littoral ligure et de la côte amalfitaine.

    Même lorsque l’altitude est moindre, comme sur les terrasses de la capitainerie à la marina Zéa d’Athènes, le jardin de la mer peut être flamboyant.

     

    Le jardin de la mer

     

    Balcon donné en spectacle.

    Jardin suscité par la mer et offert à la mer.

    Le jardin de la mer existe pour le plaisir des yeux mais aussi pour celui des papilles.

    Pour la première venue du Zeph dans les eaux impériales, le jardin de la mer lui a offert un pur moment de délice, à l'heure du crépuscule. Le festin de la mer, avec uniquement des produits de la terre ferme ! Quel paradoxe ! C’était justement ce paradoxe qui suscitait l’envie chez le voisin du Zeph, à Porto Ercole.

     

    Le jardin de la mer

     

    Comme la laitue romaine et le céleri, romain lui aussi, étaient craquants et parfumés ! Nos voisins, qui ne cessaient de dévisager la séduisante couleur de la chlorophylle dans nos assiettes, ont dû aussi entendre à quel point notre « verdura » était craquante ! Car l’on ne mâche pas de la même façon les aliments qui sont craquants et ceux qui sont mous. Point besoin de torréfier, comme l’on torréfie les pistaches ou les noix de cajou pour qu’elles craquent sous la dent. Point besoin de matières grasses non plus, comme dans le cas des chips ou autres produits manufacturés, pour les rendre croustillants. En la circonstance, la texture végétale, dans sa forme première et originelle, suffisait.

    Plaisir du toucher dans la cavité buccale, luxe de la fraîcheur au contact du palais. Fraîcheur apportée par l’accès direct à l’eau naturelle, gorgée de nutriments. Pureté, authenticité et opulence offertes par le jardin au bord de la mer. Rôle primordial du rivage, de l’espace « entre-deux », entre la mer iodée et la terre chlorophyllienne.

    N’a-t-on pas parlé de « luxe » ? Oui ! Luxe du goût, par rapport à la nourriture desséchée. Luxe de l’effort par rapport à la facilité. Parce qu’à la fin de l’amarrage, il faudrait encore marcher jusqu’à l’autre bout de l’anse pour trouver des fruits et des légumes frais. Nos voisins, dont la langue maternelle était celle de Dante Alighieri, n’auraient aucun mal à demander le chemin de la « verdura », ni à en négocier le prix, si besoin était. Mais ils ont préféré la facilité des sachets tout prêts, même si ceux-ci comportaient une multitude d’additifs. L’esprit du Zeph, plus vaillant et plus raisonnable, a été généreusement récompensé par la visite chez le marchand de fruits et légumes. Le jardin de la mer ne s’offre qu’à celui qui l’honore.

     

    Le jardin de la mer

     

    Le Zeph aimait particulièrement les marchés ligures et toscans. Il y retrouvait la splendeur des vergers et des potagers qui longeaient la mer. Abondance de beautés : les produits de la terre nourricière étaient magnifiques. Beauté de l’abondance : la variété et la profusion constituaient un spectacle éblouissant. Vif éclat des couleurs, promesses gustatives très alléchantes, découvertes olfactives exquises.

    Le Zeph n’a pas résisté à la tentation d’importer toute cette richesse à son bord.

     

    Le jardin de la mer

     

    Sa manière d’honorer le jardin du rivage lui valait l’admiration des passants. Des têtes s’inclinaient déjà au loin, dans un mélange de discrétion et d’ostentation, pour signaler qu’elles avaient aperçu le jardin flottant.

    L’hommage rendu ne concernait pas une performance technique, mais un art de vivre. L’hédonisme en toutes circonstances, même au milieu des flots.

    Ainsi le jardin qui se trouvait à la périphérie de la mer pouvait aussi exister en son giron, au moment des grandes traversées, qui prenaient plusieurs jours de suite.

    La dégustation des sucs de la terre tandis que le Zeph était au milieu de l’immensité salée était un énorme plaisir et un privilège sensationnel.

     

    Le jardin de la mer

     

    La rondeur des fruits de la terre parlait de sa bonté.

     

    Le jardin de la mer

     

    Les oignons rouges faisaient partie des trésors des potagers au bord de la mer.

    Sensualité des tresses. Pulpe rafraîchissante et parfumée. Aucune agressivité, aucune âpreté dans le goût. Douceur et générosité qui caractérisaient la botte italienne et la péninsule attique.

     

    Le jardin de la mer

     

    Avec intelligence, l’oignon rouge donnait du peps à la « verdura ». Quels bulbes délicieux ! Le Zeph en raffolait tellement qu’il en stockait sans modération, pour se rappeler la saveur du Sud. On peut chavirer simplement à cause d’une salade. Les prémices d’un festin sont déjà le festin.

    Il arrive que le jardin de la mer s’affiche au ras du sol, tout près de l’eau salée, sans surveillance et sans entretien. Liberté et improvisation dont s’emparent des ombellifères qui se glissent entre galets multiformes et coques colorées. Comme celle-ci, baptisée « L’amore III ».

     

    Le jardin de la mer

     

    Troisième édition de l’amour, troisième coup de foudre ! Il faudrait y voir l’éternel retour de l’optimisme, le désir irrésistible d’aimer et d’être aimé. Et l’ombellifère dorée, que les Grecs utilisaient comme source de lucidité, accompagne l’hymne à l’amour avec le voluptueux parfum d’anis sauvage.

    Les aromatiques ont une place de choix dans le jardin de la mer. Le capitaine du Zeph a pris en compte la sagesse des Anciens et honoré la tradition antique.

     

    Le jardin de la mer

     

    Plantation soignée dans l’archipel ionien, cortège d’essences naturelles jusqu’à la capitale de l’Attique, source inépuisable d’effluves vivifiants jusqu’à l’entrée du Canal de Corinthe, et même au-delà.

     

    Le jardin de la mer

     

    Le Zeph pavoisait avec la fière silhouette de ses plantes aromatiques. La traversée de l’isthme donnait même l’impression que la végétation des deux rives dévalait les talus pour converger vers l’îlot parfumé qui était de passage.

    Il arrive que l’étal de fruits et légumes ressemble à une table d’offrandes.

     

    Le jardin de la mer

     

    La position élevée accentue la ressemblance.

    À bord du Zeph, l’apparition des ex-voto n’était pas fortuite. Le jardin de la mer était une façon d’exprimer la gratitude envers les divinités, qui avaient pris soin de la nef, du capitaine et de l’équipage.

     

    Le jardin de la mer

     

    Remerciements sous forme de produits comestibles.

    Les divinités aiment aussi que leur soit consacré ce qui est beau. Alors, pendant quelques instants, le Zeph s’est doté d’un magnifique jardin d’agrément pour le leur offrir.

     

    Le jardin de la mer

     

    Le jardin de la mer représente un défi, celui du caractère intarissable de ses ressources. C’est une exhibition, celle du dévouement indéfectible de la terre nourricière. C’est une volonté de plaire, un désir de séduire. C’est la joie d’offrir et de s’offrir ce qui est bon et agréable au palais, et aussi ce qui est beau et plaisant à l’œil. Plaisir gustatif, visuel, et même olfactif.

    Fraises de Calabre pour navigateurs en partance vers l’archipel éolien.

     

    Le jardin de la mer

     

    Densité des couleurs, profondeur du goût.

    L’appétit, choyé par le jardin de la mer, était tout simplement l’appétit de vivre.

    Témoignage d’affection et de solidarité de la terre ferme à l’égard de ceux qui se préparaient à affronter la mer.

    Sollicitude du sol nourricier au-delà de la rupture des amarres.

    Le fiancé de la mer demeure l’enfant chéri de la terre qui l’a vu naître. Le jardin de la mer témoigne de la pérennité du cordon ombilical qui relie le navigateur à la terre ferme.


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