• Qu’est-ce qui motive la mobilità ? En quoi est-elle source de plaisir ?

    Mobilità à Portovenere, apparemment pour le gagne-pain, très tôt le matin. Un homme pêchait à la traîne en tournoyant autour du Zeph.

    De ronds dans l’eau, bien avant l’extinction des lumières de la nuit finissante, et jusqu’à l’éclairage uniforme des façades. Plus de heures d’affilée, le même parcours circulaire réalisé au moins une cinquantaine de fois. Mobilità obsessionnelle qui suscitait la curiosité du mousse. Curiosité qui devenait à son tour obsessionnelle, ce qui a fortement perturbé la concentration du pêcheur insolite, qui a fini par heurter les bouées de démarquage.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    La prise était très maigre, voire insignifiante. C’était comme si le plaisir de l’homme n’était pas au bout de l’hameçon, mais dans le mouvement giratoire proposé dans les fêtes foraines.

    Mobilità sur les traces de l’antiquité, à l’antique, avec des pieds chaussés de sandales.

    Mobilità pour humer l’air de l’arrière-pays, s’enivrer des flagrances des agrumes.

    Plaisir de la flânerie sur un sentier aérien.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Amalfi, Il Sentiero degli Dei (le Sentier des Dieux).

    Ravello, Villa Cimbrone, la Terrazza dell'Infinito (la Terrasse de l’Infini).

    Y-a-t-il un plaisir plus fabuleux que celui de contempler l’infini, à partir de ce belvédère, offert par la mobili à l’antique ?

    Mobilità avec un nombre impair de roues.

    Plaisir de l’imparité inhabituelle.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Genova, Piazza San Lorenzo, devant le parvis de la cathédrale.

    Des touristes en provenance d’immenses immeubles flottants voulaient essayer un nouveau mode de locomotion, apparemment écologique, pour rentabiliser leur temps de visite.

    Mobilità festive, pour être en résonance avec le cadre spatio-temporel.

    Avec ses canaux illuminés, Livorno caressait le rêve d’être l’égale de la Serenissima.

    Alors, viva la mobilità au fil de l’eau ! Surtout à bord d’une embarcation qui portait le nom de l’illustre Vénitien qui avait voyagé jusqu’à l’Orient-Extrême.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Mobilità instructive et plaisante, en compagnie du Marco Polo, tout fier de faire découvrir l’architecture militaire des Médicis.

    Mobilità à coups de rame.

    Mobilità pour retrouver le giron de la mer en automne, quand le Zeph était de nouveau à sec.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Mobilità pour explorer les anfractuosités des falaises.

    La pirogue remplaçait l’annexe. Mais le plaisir de ramer était le même.

    La calanque de l’Éverine offrait le plaisir de la confrontation avec les flots.

    Mobilità ambitieuse, grâce à l’aide technique apportée par les destriers argentés.

    Plaisir de l’autonomie et de l’évasion le long de l’immense Lungomare di Livorno.

    Plaisir de la vitesse. Plaisir d’être rafraîchi par le vent généré par la vitesse.

    Plaisir de klaxonner pour se prémunir des collisions, pour faire sursauter les piétons.

    Plaisir de se confondre en excuses quand l’accident a failli se produire.

    Plaisir d’ériger les destriers en figures de proue, du crépuscule jusqu’à l’aube suivante.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Pour économiser du temps et des efforts lors du dernier jour, les destriers argentés faisaient leur pause méridienne non pas à proximité du Zeph, mais au premier tournant après le portail donnant accès au ponton.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Mobilità privilégiée par rapport aux autres bateaux du ponton du Molo Mediceo.

    Plaisir du privilège. Mais plaisir bien mérité, en raison des économies réalisées en amont.

    Mobilità dès la plus tendre enfance. Bonheur familial en promenade, dans la fraîcheur du crépuscule.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Sur l’esplanade qui s’étendait devant la capitainerie de Savona, des parents venaient de choisir pour leur fille un ballon transparent qui faisait apparaître, telles des lucioles, les lumières de la ville.

    Mobilità pour le grand âge aussi, sur les quais du Porto Maurizio di Imperia.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Plaisir de renforcer le lien intergénérationnel et d’œuvrer à la solidarité.

    Mobilità pour la santé physique et morale.

    Mobilità du corps, mais aussi de l’esprit.

    Mobilità mentale du capitaine à Genova, qui a permis de ne pas transformer la rudesse et le caractère intraitable de la Marina Porto Antico en fiasco. La colère et le dépit étaient tels que le Zeph rebroussait chemin pour s’en aller définitivement de Genova. Mais un éclair a traversé l’esprit du capitaine, qui s’est mis à contacter la Marina Molo Vecchio, laquelle était la concurrente de l’autre Marina.

    Plaisir de provoquer le renversement de la situation, de transformer la malchance en chance, de se sentir maître du cours des choses.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    La présence d’esprit du capitaine était très salutaire sur le plan financier et culturel. D’une part, il a obtenu l’équivalent d’une quatrième nuit gratuite. D’autre part, cette grande escale s’est parée de l’immense plaisir de découvrir l’art au sein de la cité portuaire que les Anciens appelaient « la Superba ».

    Mobilità imaginative du capitaine à Sestri Levante, qui a pris l’initiative d’inclure dans la route du retour l’île d’Elbe et la Corse, pour éviter la répétition et la monotonie.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Trouvaille géniale en conférant à la boucle de l’itinéraire une configuration convexe optimale pour prolonger le plaisir et préserver l’enchantement.

    Mobilità pour créer la surprise, injecter de la nouveauté, produire la variété.

    Mobilità tactique du capitaine à Livorno, qui circonscrivait puis sondait l’ormeggiatore pour obtenir une remise approchant les 40 %.

    Plaisir de la négociation, voire de la provocation.

    L’ormeggiatore, dont nous venions de faire l’éloge pour ses talents de plasticien, passait de 40€ à 30€ la nuit. Moue très suggestive du capitaine, sans aucun mot, ni italien, ni français. Immédiatement, l’ormeggiatore a pris la parole à notre place. Avec une voix remplie de douceur, il a dit : « Troppo ? ». Puis il a enchaîné avec : « 25€ ? » Le capitaine a acquiescé de la tête. Le marché était conclu. Pleine satisfaction des deux parties.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Mobilità de l’intelligence, avec le plaisir de programmer l’encerclement, de tendre un piège, de pousser l’adversaire à la reddition.

    Non pas la mobilità nue, juste fonctionnelle. Mais la mobilità avec un peu de fantaisie, voire beaucoup de fantaisie. Une mobilità avec le souci de coquetterie, pour le plaisir du regard sur soi-même, comme pour le plaisir d’attirer le regard des autres.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Ce n’étaient pas les fleurs qui étaient transportées, c’étaient elles qui aidaient à transporter la serviette de bain, et d’autres affaires de toilette, car la bicyclette décorée se trouvait devant les Bagni Pancaldi Acquaviva, sur le bord de mer qui menait de l’Accademia Navale au Porto Turistico di Livorno.

    La mobilità sans oublier l’élégance, même sur l’eau.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    Île d’Elbe. Marina di Campo. Flotter et avancer dans l’eau, mais avec des couleurs, et l’image féerique de la licorne.

    Le plaisir de la mobilità était toujours inséparable de celui du regard.

    La mobilità pour célébrer la vie en marche.

     

    Le plaisir de la mobilità

     

    La mobilità à tout âge, avec l’inéluctable pouvoir de séduction, dans l’euphorie du Porto Antico di Genova.

    La mobilità témoigne de l’appétit de vivre.

    Vivre avec une perspective bien définie, celle que chantait un album de musique française, paru il y a deux décennies :

    J'n'ai pas choisi de l'être

    Mais c'est là, « l'Innamoramento »

    L'amour, la mort, peut-être

    Mais suspendre le temps pour un mot

    Tout se dilate et cède à tout

    Et c'est là, « l'Innamoramento »

    Tout son être s'impose à nous

    Trouver enfin peut-être un écho

    Le texte de la chanson française fait un emprunt à la langue italienne, plus exactement au vocabulaire du sociologue Francesco ALBERONI, célèbre pour sa définition :

    Che cos’è l’innamoramento ? È lo stato nascente di un movimento collettivo a due.

    Qu’est-ce le choc amoureux ? C’est l’état naissant d’un mouvement collectif à deux

    Projet de mobilità à deux.

    Désir de se mouvoir à deux.

    Mobilità à deux, pour le plus longtemps possible.

    Viva la mobilità dell’innamoramento !


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  • ELBA

    Une très jolie barque dans le port de LIVORNO.

     

    Et oui ! On a gagné l'archipel Toscan ! Le vent, depuis LERICI, a toujours été magnifiquement clément, beau même, même si on l'a souvent eu magnifiquement dans le nez !

     

    J'exagère un peu... Les 35 miles de LERICI à LIVORNO se sont faits quasi à la voile, mais il a fallu tirer des bords...

     

    ELBA

    LIVORNO et sa cité lacustre... Une petite VENISE, que j'aurais bien aimé parcourir avec l'annexe... Mais, vous verrez plus tard pourquoi on l'a pas fait !

     

    LIVORNO, toujours une belle escale. Le prix du port a aussi été une invitation à y rester : 40 € négociés à 25 par nuit.

     

    ELBA

    Promenade à vélo dans les rues de LIVORNO.

     

    ELBA

    Le plus dur est de ranger les vélos... Et c'est Bibi qui s'y colle !

     

    J'ai l'impression que les ports italiens ont revu leur prix à la baisse. Peut-être y a-t-il eu une telle désaffectation que plus personne n'y allait ? Bon. ELBA ne confirme pas cette tendance. C'est toujours 80 € à MARINA MARCIANA par exemple. Alors on continue dans la série des mouillages.

     

    ELBA

    LIVORNO, la bohème !

     

    Après les 3 jours à LIVORNO, on a passé une nuit à PORTO BARATTI (41 miles), histoire de couper le trajet sur l'île d'ELBE, et nous voilà donc arrivés dans une Toscane maritime.

     

    ELBA

    Les coureurs du tour de LIVORNO au repos après une rude montée... de sueur !

     

    Depuis quelques jours déjà, on s'est installé notre divan d'avant : des coussins spécialement découpés pour épouser les formes du bateau. Ainsi, au mouillage, on s'y prend les apéros, voire même les repas (on y a plus d'air que dans le cockpit ), quand il n'y a pas de roulis !

     

    ELBA

    Les ferrys de chez MOBY sont toujours très gais !

     

    On a abordé ELBA par le Capo VITA. On tente 2 zones de mouillage, mais l'environnement est bof et la mer aussi ! Une sorte de houle bizarre. Alors, zou, demi-tour vers la rade de PORTO FERRAIO.

     

    ELBA

    En...

     

    ELBA

    Longeant ...

     

    ELBA

    Les falaises !

     

    20 miles plus loin, l'ancre au fond de la vase, pas loin du BELEM, avec vue sur la cité, je paresse en regardant se développer une grosse cellule orageuse... Ah, ah, ah ! Va-t-on se la prendre sur le coin de la figure ?

     

    ELBA

    Le BELEM.

     

    Depuis GENOVA, je sais que mon moteur de l'annexe est HS ! Une grosse fuite d'essence. C'est pas top, parce qu'ici, on est trop loin de la ville pour y aller à la rame... Alors me v'là t'il pas qu'il me prend de tout démonter !!! J'ai démonté le carburateur, l'arrivée d'essence, le robinet d'essence, (j'ai d'ailleurs pris une grosse giclée de carburant !), le starter, le filtre à air, le réservoir, la bougie, le pointeau et le flotteur dans le carbu, et j'ai tout remonté après avoir tout nettoyé. A la fin, devinez quoi ? Je n'ai fait tomber aucune pièce à la mer, et après le remontage, je ne me retrouve avec aucune pièce en excédant ! Incroyable non ? Maintenant, le moteur ne fuit plus. Mais il ne marche pas pour autant ! Saleté, va !

     

    ELBA

    En entrant dans la rade de PORTOFERRAIO.

     

    De PORTO FERRAIO à MARINA MARCIANA, il n'y a que 8 miles. La tentation d'aller à terre... Et dans la nuit, le piège de MARCIANA s'est refermé sur nous ! Je dis le piège parce que la dernière fois où on était allé là-bas, au mouillage donc, avec le premier ZEF, c'était en 2010, il a fallu déguerpir en vitesse suite à un orage violent ! C'était pas tant l'orage que la densité du mouillage où les bateaux étaient à 2 doigts de se cogner !

     

    ELBA

    Beaucoup trop de bateaux à MARINA MARCIANA !

     

    Ben 10 ans après, rebelote ! Alors à minuit, on a mis les bouts pour refaire les 8 miles dans l'autre sens dans une mer bien formée ! C'est chouette la navigation, hein ? On s'ennuie pas, hein ? Maintenant, je me suis replanté dans la vase de PORTOFERRAIO, et je ne bouge plus !

     

    ELBA

    2 antiquités !

     


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  • La passeggiata est la promenade de la soirée, une soirée qui peut commencer vers la fin de l’après-midi et se poursuivre jusqu’à tard dans la nuit.

    Un rituel ancestral. Une manière de vivre le crépuscule à l’italienne.

    Loisir non innocent, loin de là.

    La passeggiata est un agôn ( ἀγών – ΑΓΩΝ ), car elle est une confrontation comme au temps de la Grèce antique. Confrontation pour l’esthétique, le savoir, le jugement.

    Confrontation au regard de l’autre, à la performance du voisin.

    Au cours de la passeggiata, chacun joue « sa » pièce de théâtre, préparée ou improvisée, et se considère comme le protagoniste, c’est-à-dire le personnage principal de l’agôn.

    Bonheur de voir et d’être vu (e), au Porto Maurizio di Imperia. Le participe passé se mettrait volontiers au féminin, car la protagoniste était une créature féminine, extrêmement gracieuse et généreuse. Elle a tout de suite repéré l’appareil de photo qui guettait derrière le rideau de bougainvilliers. Elle a offert un sourire de bienvenue et un signe de la main droite pour signifier sa coopération.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Puis son centre d’intérêt revenait à son compagnon, qui s’amusait bigrement avec une silhouette canine.

    Devant les Bagni Manè, ils étaient une bande de trois, un jeune couple et leur ami. Tous les trois bien dans leur peau, apparemment dans une fascinante insouciance. En tout cas, très émancipés. Si l’on compte aussi l’animal de compagnie, ils étaient une bande de quatre à savourer leur passeggiata.

    Miroir : comment me trouves-tu ?

    La passeggiata est une interrogation en promenade, une promenade de l’interrogation.

    La passeggiata s’inscrit dans le sillage de l’agôn antique.

    Passeggiata pour la confrontation, l’affrontement.

    Jeux de ballon, jeux de jambes, voire jeux de mains.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Exercice physique, compétition sportive.

    Se comparer avec autrui.

    Se mesurer à l’autre.

    Plaisir agonistique exalté par la jeunesse des corps.

    Spectacle à l’étage de l’édifice art nouveau du Porto Maurizio di Imperia. Balcon de la Spiaggia d’oro, choisi pour montrer la performance musculaire, l’efficacité du mental.

    Passeggiata pour rencontrer l’autre, le défier, voire le séduire.

    L’esprit de l’agôn grec investit tous les âges au cours de la passeggiata.

    Dès l’enfance, l’on recherche la confrontation avec les lois de la physique : gravité, célérité. Mais confrontation aussi avec les exploits du voisin.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Un gigantesque cylindre, couché à l’horizontale, était installé par le Porto antico di Genova pour celles et ceux qui voulaient s’adonner aux jeux du tunnel. Toboggan, colin-maillard, course-poursuite, ou toute autre activité ludique selon la stimulation du cadre spatio-temporel.

    Passeggiata pour s’ébrouer de défis grisants et de sensations nouvelles.

     Passeggiata, ma ecologica, de préférence.

    Le capitaine et le mousse ont allègrement fait usage des destriers argentés pour profiter du Lungomare di Livorno, jusqu’à l’Accademia Navale.

    La force musculaire des mollets satisfaisait à l’exigence omniprésente de respecter l’environnement. Le plaisir, à toute heure de la journée, mais en s’associant à une conscience qui était très en vogue, celle de prendre soin de la planète.

    Passeggiata à l’heure précoce.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Le plaisir appelant le plaisir, il y a eu une deuxième édition, après la collation du crépuscule.

    Passeggiata à l’heure tardive.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Passeggiata sublime en compagnie des halos dorés de la notte livornese.

     Savona. « Gelato Bio » sous les arcades de la Via Paleocapa qui reliait le port au Monument aux Morts.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Générosité et hospitalité de la jeune gérante. Pas d’interdiction sous prétexte de « proprietà privata ». Hilarité de ses deux amies. La joie de vivre incitait au partage, surtout quand il était culturel. Il ne s’agissait pas de consommation, ou de bénéfice financier. Il s’agissait de conscience, du partage d’une prise de conscience, de la gratitude pour un regard attentif. Sur ces entrefaites, passait une jeune silhouette féminine, habillée tout de blanc, gracieuse comme une piéride du soir. Témoin malgré elle de l’échange entre les trois fans du gelato bio et le mousse, la créature diaphane a montré un sourire de complicité, d’approbation, et d’enchantement.

    Peut-il y avoir passeggiata senza gelato ?

    Ma sì !

    Promenade au bord de l’eau, pour plus de fraîcheur et plus de romantisme.

    Passeggiata à deux, avec des pauses pour refaire le monde. Un monde à deux, pour deux.

    Savona ancora. Quai Nord de la vieille darse, à l’ombre de la Torre Leon Pancaldo.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Refaire le couple, au bord de l’eau, tout près de l’eau. Comme si si l’eau favorisait l’épanchement, l’osmose, la fusion.

    Se confronter pour retrouver l’accord, l’harmonie. À tous âges.

    La lumière du couchant exhibait le trésor en chaque être. La douceur de la température facilitait la compréhension mutuelle, les concessions réciproques. On s’arrêtait de mouvoir les jambes, mais l’on continuait de faire la route ensemble, peut-être cahin-caha, mais bras dessus bras dessous, langoureusement, amoureusement ! Plaisir de la passeggiata des retrouvailles. Retrouver l’autre, retrouver soi-même !

    Non loin du couple en plein agôn, apparaissait une silhouette apparemment non accompagnée. Solitude ?

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Seulement en apparence. On faisait les emplettes pour les siens.

    La belle dame venait chercher de la nourriture toute prête, préparée par un traiteur de la mer.

    Passeggiata utilitaire, pour le bien du clan familial.

    Plaisir de faire du négoce, à l’heure du crépuscule, en profitant de la promenade sur les quais de la vieille darse.

    Savona sempre. Extrémité méridionale du pont amovible qui gardait l’entrée de la vielle darse. Le capitaine se dirigeait vers lesplanade qui s’étendait devant la capitainerie. C’était le lieu de retrouvailles de tout le campus de Savona à l’heure de minuit.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Une très belle jeunesse, émancipée et courtoise, savourant la fraîcheur de la nuit et la joute oratoire, avec ou sans boisson alcoolisée.

    Une passeggiata à l’arrêt ? Nullement. Plutôt une passeggiata en mutation, la pensée et l’échange étant ce pour quoi l’on avait marché.

    Soupeser l’autre, le raisonnement de celui-ci.

    Contester, vérifier, démontrer, acquiescer.

    Le plaisir de la passeggiata n’est pas égoïste.

    Insensiblement, mais efficacement, la socialisation s’opère grâce à la passeggiata.

    Le visiteur participe volontiers au rituel de la déambulation, pour faire comme les natifs : voir et être vu.

    Le résident étranger aussi s’associe à la pratique de la promenade en apportant sa touche pittoresque.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    À l’heure de la passeggiata sur le Porto antico di Genova, l’esplanade du Mahatma Gandhi s’embellissait d’une multitude de saris colorés.

    Universalité de l’esprit et du bonheur de la passeggiata.

    Passeggiata en musique. Le Porto antico di Genova l’avait promis. Alors, tout le front de mer qui entourait l’Acquario s’est transformé en une immense scène pour spectacles. Ça et là, bourgeonnait une multitude d’orchestres qui diffusaient leur bonne humeur, leur vitalité et leur envoûtement.

    Passeggiata dansante, selon le goût de chacun.

    Un père dansait affectueusement avec sa fille, au son d’un quatuor.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Passeggiata pour corps entrelacés, joue contre joue.

    Qui faisait danser l’autre ? La figure paternelle, dont les jambes et le bassin oscillaient ostensiblement d’après les mélodies exécutées par le groupe de musiciens ? Ou la fillette qui offrait aux épaules paternelles la tendresse d’une étreinte, et faisait battre à l’unisson les deux cœurs appuyés l’un sur l’autre ?

    Tout le centro storico di Genova s’est mis au diapason du Porto antico.

    Après le pas de deux, il y a eu l’envol de la ballerine.

    Inspiration de l’instant. Chorégraphie improvisée.

    L’orchestre était unitaire : une violoniste de talent, au charisme irrésistible donnait le rythme, produisait de la joie, suscitait l’évasion. La mélodie, de source contemporaine, soulevait les corps et les robes.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Pour qui dansait la jeune fille ? Pour la violoniste ? Pour le père, l’impresario ? Ou pour elle-même ?

    Qui était le protagoniste ? Le père ou sa fille ? La danseuse étoile ou son imprésario ?

    Magie d’une multitude de protagonistes, d’une confusion inattendue des rôles. Bonheur d’une fin d’après-midi de samedi, quand le soleil cessait d’être agressif pour être seulement la source bienveillante qui éclairait tout élan de générosité.

    Le masculin n’était pas seulement admiratif du féminin, il en était follement amoureux !

    Il va de soi que le cadre spatio-temporel était important, voire primordial.

    Le Porto antico di Genova s’employait à faire de la saison estivale un remède contre la morosité. Combattre la banalisation, refuser l’acceptation de la médiocrité.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    C’était dans ce contexte stimulant qu’avait lieu la scène du pas de deux.

    Quant à la scène de l’imprésario follement amoureux de la jeune ballerine, elle s’est déroulée dans l’artère principale de la cité portuaire, là où se rassemblaient les plus importants palais de la Renaissance. Cadre aristocratique, qui communiquait instinctivement l’élégance à toute manifestation liée à l’art. Art de vivre, art de plaire, art de séduire.

    Ce jour-là était un samedi. Le giron de la municipalité exhalait mille parfums délicieux grâce aux cortèges nuptiaux.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Ondes de félicité sans aucun doute, qui se faisaient écho d’une façade Renaissance à l’autre. Mais l’énergie juvénile de la toute jeune ballerine était intrinsèque, et sa joie de vivre et de plaire était une démonstration de son être en fête.

    Dans cette passeggiata de la séduction, la chorégraphie improvisée par la jeune ballerine pour charmer son imprésario était toute naturelle.

    Lune de miel entre la ballerine et son impresario.

    Est-il permis de tomber follement amoureux de l’un des siens ? La passeggiata à Genova, répondait par l’affirmative.

    Est-il permis de séduire autant l’un de ses proches ? La passeggiata du samedi soir à Genova, répondait encore par l’affirmative.

    L’artère principale incitait au partage de la joie. Les rues transversales, également.

    Des suggestions, illuminées par des guirlandes de lumière, proposaient des thèmes instructifs.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Être curieux de l’autre, de la vie.

    Être encore capable de s’émerveiller, ne cesser de s’émerveiller.

    Quête de surprise et d’originalité.

    Comme l’imprésario avait raison de s’émerveiller de la grâce de la jeune ballerine, qu’il semblait découvrir pour la première fois !

    La passeggiata n’est pas que la déambulation d’enveloppes corporelles neutres. C’est une quête de l’autre et une démonstration de la capacité d’échanger.

    La passeggiata requiert plus que la force motrice des jambes. Elle témoigne du désir de tisser du lien social et relève du second degré.

    Promenade du second degré, second degré en promenade.

    La passeggiata se nourrit du plaisir agonistique qui se renouvelle à chaque crépuscule.

    Qui donnait l’impulsion de la danse ? La jeunesse ou la figure paternelle ? Ni l’une ni l’autre. C’était καιρός – ΚΑΙΡΟΣ lui-même ! Et tous, sans distinction, sont invités à lui emboîter le pas dans la grande passeggiata sur l’esplanade de la vie.

    Viva l’Italia e la sua passeggiata !


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  • Bon... Ils et elles n'ont pas été nombreux à nous le réclamer, cet article... Mais il suffit d'une ! Donc on y va ! Et autant dire tout de suite qu'il faudra regarder avec vos yeux, parce que côté légende, ça va être succinct !

     

    D'abord, va falloir embarquer sans se mouiller !

     

    Les CINQUE TERRE ? Elles étaient historiquement constituées de 5 villages éloignés de tout. On ne pouvait y accéder que par la côte, à pied ou en bateau. Ici, la côte tombe presque abruptement dans la mer et les rares ports des CINQUE TERRE ont dû être littéralement creusés dans les falaises et les rochers au pied de pentes raides.

     

    Sur ces pentes, les habitants du coin cultivent la vigne... On s'demande comment, vu la verticalité du terrain. Mais c'est très beau. Ils utilisent des sortes de wagonnets à crémaillère pour remonter la récolte mais aussi pour amener les ouvriers dans les rangs de vigne !

     

    Vous avez vu VERNAZZA côté terre, ben la même côté mer.

     

    Le village de CORNIGLIA.

     

    CORNIGLIA encore.

     

    CORNIGLIA toujours.

     

    MANAROLA, l'un des 5 villages et mon préféré pour la disposition des maisons sur l'escarpement rocheux.

     

    MANAROLA encore.

     

    RIOMAGGIORE

     

    RIOMAGGIORE encore.

     

    On arrive au passage de PORTO VENERE

     

    On passe !

     

    On est passé !

    Bon. J'ai un peu triché avec les villages... PORTOVENERE ne fait pas partie des CINQUE TERRE... En fait, il vous manque un village. Celui de MONTEROSSO, le  premier de la série quand on navigue d'Ouest en Est.

    MONTEROSSO, on y passe rarement de près parce que c'est dans le renfoncement au NE de la Punta MESCO. Et que ce n'est pas le plus beau, loin s'en faut !

    Mais pour qu'il y ait le compte, j'ai donc ajouté le village de PORTOVENERE. Comme ça, vous en avez 5, et la visite peut s'achever là !

    Voilà. Les gentils organisateurs vous remercient !...

    Ce sont eux !

    Et pour vous dire tout, au cas ou vous auriez des réclamations sur la brièveté de ce single tour, voyager avec nous vous aura au moins éviter de voyager avec tous les autres !

     


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  • J'entre dans le petit port de VERNAZZA, avec le petit ZEF. Le grand, lui, est sur sa bouée. Le mousse est déjà à terre. Forcément, toutes les photos sont de lui. J'sais pas comment il peut bien être là avant moi !

     

    La plagette du port, le matin quand il n'y a encore personne... Parce qu'entre les trains et les navettes maritimes, dès 8 heures, ça grouille !

     

    La perle VERNAZZA

    Jeu de lumière...

     

    La perle VERNAZZA

    Effet de lumière...

     

    - Eh !!! Il nous promet un article sur la perle de VERNAZZA, et question perle, on a que l'écrin !

    - Ben, oh !! C'est le mousse qui fait les fotos, hein ? Donc faites pas ch...ier !

     

    La perle VERNAZZA

    L'église du village !

     

    La perle VERNAZZA

    Se rappeler qu'en octobre 2011, une coulée de boue gigantesque a noyé le village...

     

    La perle VERNAZZA

    Le village vue du dessus... Parce qu'il y a un sentier muletier (payant à 7,5 € par personne) qui permet de relier VERNAZZA aux autres villages, et que depuis le sentier, on a une vue du dessus !

    - Faut vraiment tout leur expliquer à eux, hein ?

    - Ouais.

     

    La perle VERNAZZA

    Au fond, la-bas, sur l'eau, on devine le beau ZEF qui roule tant et plus !

    - Au fond, sur l'eau ? C'est bizarre comme phrase !

     

    La perle VERNAZZA

    Le mouillage...

     

    La perle VERNAZZA

    Une ruelle.

     

    La perle VERNAZZA

    On devine le cap'tain malgré son déguisement !

     

    La perle VERNAZZA

     

    On quitte le petit port à la rame.

    Voilà !

    Et si vous êtes sages et gentils et que vous dites du bien de ce blog, et, euh..., du bien de ses auteurs, alors je vous emmènerais visiter les CINQUE TERRE à bord du ZEF !


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