• Août 2018

    Après une route en zigzags jusqu'à GENOVA, notre chemin d'eau se poursuit jusqu'en CORSE après avoir circumnaviguer autour de l'île d'ELBE.

    Comme c'est un petit voyage, forcément les résumés sont court !

    Le parcours global du ZEF est :

    Août 2018

  • Plaisir de ne rien faire, de ne plus rien faire, de n’avoir plus rien à faire.

    Ne plus avoir à se lever tôt pour se présenter à l’heure au travail.

    Ne plus craindre les bouchons sur la route ou les grèves des transports.

    Ne plus subir de pression d’aucune sorte, ni administrative, ni commerciale.

    Ne plus être le serviteur de personne, même pour se nourrir.

    Ne plus avoir à acheter !

    Ne plus avoir à subir ni pression, ni oppression.

    Vivre de l’énergie du soleil.

    Se nourrir d’équité.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Ne pas avoir à compter les jours qui séparent d’avec la destination finale. Ne pas avoir de destination finale.

    Ne pas se presser, ne plus se presser, ne plus s’agiter.

    Ne plus s’inquiéter, ne plus s’angoisser.

    Ne plus courir le long des filières, ni de la poupe à la proue, ni de la proue à la poupe, pour déplacer et repositionner les défenses, car tout était déjà mis, tout était déjà en place.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Ne rien faire, même plus tenir la barre, ni contrôler le cap. Seulement regarder l’horizon, toujours le même horizon, avec le même clapotis des vagues, et encore le même clapotis des vagues.

    Ne rien faire, non par insouciance, mais par confiance. Confiance toute naturelle et justifiée dans le talent et la sagesse du Zeph.

    Voyage immobile, ne plus bouger. Plus du tout de winch à solliciter, de bôme à surveiller, de VHF à guetter, de pare-battage à contrôler, d’amarres à nouer ou dénouer, de barre à tenir ou à tourner.

    L’immobilité après la mobilité. L’immobilité en aval. Qu’avait-t-elle de plus, cette immobilité en aval, par rapport à celle qui aurait pu se trouver en amont ?

    Ne plus être sur le qui-vive, sous la pression, dans l’inquiétude.

    Ne plus rien faire, sauf blaguer avec les Belges à La Ciotat, malgré la défaite de la Belgique en demi-finale la veille.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Rendre le langage complice de la soudaine légèreté de l’existence.

    Ne rien faire, sauf cultiver son jardin, biologique ou symbolique.

    Se prélasser avec le temps qui faisait pousser à bord le basilic, la menthe et le romarin.

    Temps parfumé, qui ne connaissait ni la hâte, ni l’impatience.

    Se faire l’ami des minutes qui s’arrêtaient pour rehausser l’éclat des fleurs destinées à être la parure du giron convivial.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Jardin de la nature et jardin de l’art, deux manières de retrouver le cordon ombilical avec l’Éden.

    Le plaisir du farniente était une réminiscence de la quiétude édénique.

    Qu’en était-il du jardin de l’esprit ?

    S’instruire ? Pas nécessairement.

    Lire ? Peut-être !

    S’évader ? Très certainement, les yeux mi-clos, dans la fraîcheur de l’ombre.

    Pour assurer la sérénité de l’évasion et la plénitude du plaisir du farniente, il fallait se préserver des intrusions et construire un abri, à l’antique, avec des étoffes qui volaient dans la brise du Porto Maurizio di Imperia.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Ne rien faire, non par dégoût, ni par dépit, ni par bouderie. Mais par appréciation, par jouissance, par sagesse.

    Appréciation de la tranquillité, jouissance du repos, sagesse d’un retour à l’essentiel.

    Ne rien faire, au profit du silence.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Errance solitaire au pays des cierges et de l’encens.

    Plaisir du recueillement, qui flirtait avec celui de l’assoupissement.

    Ne rien faire, sauf s’alanguir dans les bras de Morphée, sans complexe, en toute liberté.

    Ne rien faire et se laisser bercer par les flots colorés de la Sérénissime.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Se laisser bercer par le temps de l’Histoire, par l’enchantement hérité d’un passé glorieux.

    Suivre les oscillations, avec docilité, sans brusquerie.

    Ne rien faire, sur l’embarcadère du retour. Attendre le ferry. Tarderait-t-il ? Cela n’avait aucune espèce d’importance.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Le temps semblait dissout dans les vapeurs sulfurisées de Vulcano.

    La mélancolie du crépuscule rendait le farniente irrésistible.

    Ne plus avoir de compte à rendre ni à la montre, ni à la poinçonneuse, ni à l’agenda.

    Avoir des comptes à rendre seulement à la conscience. Et aussi à la qualité de la vie.

    Ne rien faire, sauf se complaire dans la position de figure de proue en dégustant le vin produit par le Sud du Sud, ce qu’est la Sicile par rapport à l’Italie.

    Avant-poste, non pour le guet, mais pour la contemplation. Pas d’attitude défensive, encore moins agressive, mais abandon total pour s’imprégner de la magie de la montée des lumières, pour savourer le panorama de la baie illuminée par l’électricité des hommes.

    Ne rien faire, seulement ouvrir les yeux et se réjouir. Ne pas s’agiter derrière une caméra ou un appareil de photo. Laisser vagabonder ses sens et son esprit.

    Vagabondage le long du Molo Vecchio di Genova. Les anciens docks, reconvertis en centres de culture et de loisirs, brillaient grâce aux feux de la modernité.

     

    Le plaisir du farniente

     

    La charpente des grues passait du bleu vert au rouge cochenille, puis du rouge cochenille au bleu vert. Dentelle ténue. Privilège des témoins oculaires, car la finesse de l’éclairage défiait la performance des moyens usuels d’enregistrement.

    À Santa Margherita Ligure, vagabondage le long du front de mer, au milieu de l’imbrication des différents styles d’architecture.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Diversité et complémentarité des multiples sources d’inspiration.

    Avec la complicité d’un spritz savoureux, vagabondage le long de l’horizon empourpré qui s’étendait devant la baie de Sestri Levante.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Le même horizon s’offrait au duc de Genova, quand jadis il venait ici pour passer ses vacances d’été.

    Ne rien faire, même pas rester en éveil. Seulement se laisser caresser par la douce lumière du soleil qui se levait sur la baie de Santa Margherita Ligure.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Ne plus se soucier des rayons d’évitage dans le mouillage.

    Ne pas entendre ni le glissement des barques de pêche matinales, ni le raclement de la chaîne d’ancre des bateaux pressés de repartir.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Ne pas entendre le ronronnement des services de la voirie, qui balayaient les quais et vidaient les poubelles publiques.

    Ne rien faire, non par lassitude, ni par épuisement. Mais par acuité de la conscience.

    Se laisser conquérir par ce qui est beau.

    Beauté du décor naturel, mais surtout de l’être humain.

    Beauté de la courtoisie et de l’amabilité.

    C’était le cas du 36 pieds, qui était à tribord du Zeph au Molo Vecchio di Genova. Son capitaine a demandé au deux personnes présentes sur le pont supérieur du Zeph s’il y avait un « cook », « sotto ». « Sotto », disait-il en montrant du doigt l’espace-cuisine, qui était « dessous ». L’homme justifiait sa question en évoquant les « profumi » qui montaient des feux de cuisson du Zeph et se répandaient sur les quais. En effet, le Zeph se préparait à déguster des aubergines confectionnées à la crétoise.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Le Zeph est sensible aux compliments, surtout quand ils sont spontanés, sincères et perspicaces, quand ils identifient sa signature hédoniste.

    Ne rien faire, sauf savourer la bonne odeur, au sens propre comme au sens figuré.

    Le voilier admiratif de l’hédonisme du Zeph s’appelait Dicrifa. « Di » comme Diego, le capitaine. « Cri » comme Cristina, sa femme. « F » comme Frederica, leur fille aînée. « A » comme Andrea, leur benjamin.

     

    Le plaisir du farniente

     

    Seul un hédoniste a l’odorat pour remarquer l’existence et la proximité d’un autre hédoniste. Bravo à Dicrifa l’hédoniste !

    Touché par la spontanéité de son voisin transalpin, le capitaine du Zeph n’a pas résisté à la tentation de dévoiler à son collègue que le « cook » évoqué n’était pas « sotto », mais bien présent sur le pont.

    Ne rien faire, sauf s’abandonner à l’hédonisme et au plaisir du temps présent !

    Viva la libertà ! Viva il farniente ! E viva la felicità !


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  • Et mouillage ! Et baignade aussi, ce qui est assez rare pour être mentionné ! D'habitude, je me baigne par accident ! Quand je glisse sur un rocher ! Bon. Pour la baignade (j'ai l'air de m'excuser !!!), ce n'est pas par pur plaisir... C'est aussi par nécessité ! Avec près de 35° dans le bateau et plus encore dehors, quand il n'y a pas d'air, je sue, sue et sue encore ! Alors je me rince à l'eau de mer pour ne pas vider les cuves d'eau en 1 seul jour !...

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

     En quittant GENOVA. J'aime ce vieux cargo grec qui se désagrège le long de son quai ! Je le prends en photo depuis ma première escale ici. C'était avec le premier ZEF, en 2008 !... Un jour, je ne verrais de lui que ces mâts !

     

    Mouillage, baignade et des petites étapes pour profiter pleinement du bateau et de la beauté des escales.

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Dans le port de GENOVA... Des jeunes en balade !

     

    Après la halte génoise, on n'a pas avancé beaucoup...

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Dans le port de GENOVA : contraste saisissant !

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Ce monstre noir semble bien vouloir nous becqueter ! Mais le ZEF a résisté !

     

    15 miles pour atteindre le mouillage de SANTA MARGHERITA, 10 miles pour atteindre celui de SESTRI LEVANTE et son village aux charmantes ruelles vénitiennes, 17 miles pour la perle VERNAZZA dans les CINQUE TERRE (perle pour laquelle je ferais un article dédié, tout en photos), et encore 10 miles pour trouver une place presque dans le chenal qui indente la côte à PORTOVENERE, à l'entrée du golfe de LA SPEZIA, avec, au fond (au fond de l'eau) une vase molle qui t'aspire l'ancre et même un bout de ta chaîne !

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Le ZEF à SANTA MARGHERITA.

     

    Depuis plusieurs jours, on est dans un flux d'air où il n'y a pas d'air justement (d’où les baignades).

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Dans le port de SAVONA, des constructions sauvages ont colonisé un bout de môle sur fond d'industrie.

     

    Les étapes se font alors à l'italienne... Au moteur quoi ! Y'a que la nuit, quand la brise de terre se lève, y'a un p'tit 10 nœuds que ça m'ferait bien plaisir de l'avoir en journée, et dans le dos !

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    SANTA MARGHERITA. La vue depuis le ZEF.

     

    Depuis qu'on mouille, je dors dehors. Au port, avec le courant de nos chères centrales, j'ai le ventilateur qui rafraîchit ma cabine... Alors ça va. Mais au mouillage, tintin le ventilo...

     

    C'est captivant, hein ?

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Je dors dehors... La preuve !

     

    Bon. Faut signaler qu'on croise pas grand monde sur l'eau, par ici. Et alors, même dans les CINQUE TERRE (où pour le coup, on entend beaucoup parler français, à terre...), quand des bouées de mouillage sont mises gracieusement à la disposition des plaisanciers, on ne se retrouve qu'à peine 2 bateaux ! Tellement peu, comparé aux mouillages de PORQUEROLLES !!! A tel point que je me suis demandé si j'avais pas loupé un épisode dans la météo qui aurait expliqué cette désertion du mouillage !!! Ben non.

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Le village de VERNAZZA, le soir, vu depuis notre bouée de mouillage.

     

    A signaler encore que tout au long de cette portion de côte, y'a des bouées gratis ! A VERNAZZA, à MANAROLA, à RIOMAGGIORE, ...

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Le ZEF s'urbanise à GENOVA !

     

    ... Bien sûr, faut une mer calme... Nous ? On l'a eu calme. Enfin, bof calme, quoi ! Une mer bof calme, ça veut dire que la mer est calme mais que tu roules quand même toute la nuit ! C'est comme un président bof Macron ! (V'là que j'recommence !) Bon. Oui, t'as voté pour lui (Attention, moi je ne vote pas, donc je ne parle pas de moi) parce que tu t'étais dit que, oui, il est différent, et patati et patala, et qu'au final, il est bof ! Bon. De ce que j'en dis, hein... De toutes façons, j'ai pas d'avis vu que je ne parle pas de moi !

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Le ZEF à SESTRI LEVANTE.

     

    Alors on a eu une mer bof calme, mais comme on venait de boire une bouteille de champagne en entier (avec des rouleaux de printemps préparés par le mousse !!!), on a, au final, pas trop senti le roulis !!! Y'en avait, mais on s'en est rendu compte qu'au matin !!

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    PORTOVENERE vu depuis le bateau, au mouillage sur les côtes de l'ilôt PALMARIA.

     

    En quittant le mouillage de PORTOVENERE, un bon 20 nœuds de vent nous surprend. En plus il souffle dans la bonne direction ! Je m'dis que l'occasion est trop belle pour perdre ce vent en allant mouiller, 3 miles plus loin, à LERICI, et que, vogue le ZEF, direction LIVORNO, à 36 miles en ligne droite. Et... Au bout de 2 miles seulement à près de 8 nœuds de vitesse, le vent tombe subitement !... Demi-tour donc. Direction LERICI, à 3 miles ! Des dauphins ont fait un bout de route avec nous.

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Corvée d'eau... 250 litres à remplir avec un bidon de 20 litres !

     

    Au mouillage de LERICI, le vent de 20 nœuds est toujours là. Trompeur...

     

    MOUILLAGE et MOUILLAGE

    Au mouillage de VERNAZZA

     


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  • J'entre dans le petit port de VERNAZZA, avec le petit ZEF. Le grand, lui, est sur sa bouée. Le mousse est déjà à terre. Forcément, toutes les photos sont de lui. J'sais pas comment il peut bien être là avant moi !

     

    La plagette du port, le matin quand il n'y a encore personne... Parce qu'entre les trains et les navettes maritimes, dès 8 heures, ça grouille !

     

    La perle VERNAZZA

    Jeu de lumière...

     

    La perle VERNAZZA

    Effet de lumière...

     

    - Eh !!! Il nous promet un article sur la perle de VERNAZZA, et question perle, on a que l'écrin !

    - Ben, oh !! C'est le mousse qui fait les fotos, hein ? Donc faites pas ch...ier !

     

    La perle VERNAZZA

    L'église du village !

     

    La perle VERNAZZA

    Se rappeler qu'en octobre 2011, une coulée de boue gigantesque a noyé le village...

     

    La perle VERNAZZA

    Le village vue du dessus... Parce qu'il y a un sentier muletier (payant à 7,5 € par personne) qui permet de relier VERNAZZA aux autres villages, et que depuis le sentier, on a une vue du dessus !

    - Faut vraiment tout leur expliquer à eux, hein ?

    - Ouais.

     

    La perle VERNAZZA

    Au fond, la-bas, sur l'eau, on devine le beau ZEF qui roule tant et plus !

    - Au fond, sur l'eau ? C'est bizarre comme phrase !

     

    La perle VERNAZZA

    Le mouillage...

     

    La perle VERNAZZA

    Une ruelle.

     

    La perle VERNAZZA

    On devine le cap'tain malgré son déguisement !

     

    La perle VERNAZZA

     

    On quitte le petit port à la rame.

    Voilà !

    Et si vous êtes sages et gentils et que vous dites du bien de ce blog, et, euh..., du bien de ses auteurs, alors je vous emmènerais visiter les CINQUE TERRE à bord du ZEF !


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  • Bon... Ils et elles n'ont pas été nombreux à nous le réclamer, cet article... Mais il suffit d'une ! Donc on y va ! Et autant dire tout de suite qu'il faudra regarder avec vos yeux, parce que côté légende, ça va être succinct !

     

    D'abord, va falloir embarquer sans se mouiller !

     

    Les CINQUE TERRE ? Elles étaient historiquement constituées de 5 villages éloignés de tout. On ne pouvait y accéder que par la côte, à pied ou en bateau. Ici, la côte tombe presque abruptement dans la mer et les rares ports des CINQUE TERRE ont dû être littéralement creusés dans les falaises et les rochers au pied de pentes raides.

     

    Sur ces pentes, les habitants du coin cultivent la vigne... On s'demande comment, vu la verticalité du terrain. Mais c'est très beau. Ils utilisent des sortes de wagonnets à crémaillère pour remonter la récolte mais aussi pour amener les ouvriers dans les rangs de vigne !

     

    Vous avez vu VERNAZZA côté terre, ben la même côté mer.

     

    Le village de CORNIGLIA.

     

    CORNIGLIA encore.

     

    CORNIGLIA toujours.

     

    MANAROLA, l'un des 5 villages et mon préféré pour la disposition des maisons sur l'escarpement rocheux.

     

    MANAROLA encore.

     

    RIOMAGGIORE

     

    RIOMAGGIORE encore.

     

    On arrive au passage de PORTO VENERE

     

    On passe !

     

    On est passé !

    Bon. J'ai un peu triché avec les villages... PORTOVENERE ne fait pas partie des CINQUE TERRE... En fait, il vous manque un village. Celui de MONTEROSSO, le  premier de la série quand on navigue d'Ouest en Est.

    MONTEROSSO, on y passe rarement de près parce que c'est dans le renfoncement au NE de la Punta MESCO. Et que ce n'est pas le plus beau, loin s'en faut !

    Mais pour qu'il y ait le compte, j'ai donc ajouté le village de PORTOVENERE. Comme ça, vous en avez 5, et la visite peut s'achever là !

    Voilà. Les gentils organisateurs vous remercient !...

    Ce sont eux !

    Et pour vous dire tout, au cas ou vous auriez des réclamations sur la brièveté de ce single tour, voyager avec nous vous aura au moins éviter de voyager avec tous les autres !

     


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  • La passeggiata est la promenade de la soirée, une soirée qui peut commencer vers la fin de l’après-midi et se poursuivre jusqu’à tard dans la nuit.

    Un rituel ancestral. Une manière de vivre le crépuscule à l’italienne.

    Loisir non innocent, loin de là.

    La passeggiata est un agôn ( ἀγών – ΑΓΩΝ ), car elle est une confrontation comme au temps de la Grèce antique. Confrontation pour l’esthétique, le savoir, le jugement.

    Confrontation au regard de l’autre, à la performance du voisin.

    Au cours de la passeggiata, chacun joue « sa » pièce de théâtre, préparée ou improvisée, et se considère comme le protagoniste, c’est-à-dire le personnage principal de l’agôn.

    Bonheur de voir et d’être vu (e), au Porto Maurizio di Imperia. Le participe passé se mettrait volontiers au féminin, car la protagoniste était une créature féminine, extrêmement gracieuse et généreuse. Elle a tout de suite repéré l’appareil de photo qui guettait derrière le rideau de bougainvilliers. Elle a offert un sourire de bienvenue et un signe de la main droite pour signifier sa coopération.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Puis son centre d’intérêt revenait à son compagnon, qui s’amusait bigrement avec une silhouette canine.

    Devant les Bagni Manè, ils étaient une bande de trois, un jeune couple et leur ami. Tous les trois bien dans leur peau, apparemment dans une fascinante insouciance. En tout cas, très émancipés. Si l’on compte aussi l’animal de compagnie, ils étaient une bande de quatre à savourer leur passeggiata.

    Miroir : comment me trouves-tu ?

    La passeggiata est une interrogation en promenade, une promenade de l’interrogation.

    La passeggiata s’inscrit dans le sillage de l’agôn antique.

    Passeggiata pour la confrontation, l’affrontement.

    Jeux de ballon, jeux de jambes, voire jeux de mains.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Exercice physique, compétition sportive.

    Se comparer avec autrui.

    Se mesurer à l’autre.

    Plaisir agonistique exalté par la jeunesse des corps.

    Spectacle à l’étage de l’édifice art nouveau du Porto Maurizio di Imperia. Balcon de la Spiaggia d’oro, choisi pour montrer la performance musculaire, l’efficacité du mental.

    Passeggiata pour rencontrer l’autre, le défier, voire le séduire.

    L’esprit de l’agôn grec investit tous les âges au cours de la passeggiata.

    Dès l’enfance, l’on recherche la confrontation avec les lois de la physique : gravité, célérité. Mais confrontation aussi avec les exploits du voisin.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Un gigantesque cylindre, couché à l’horizontale, était installé par le Porto antico di Genova pour celles et ceux qui voulaient s’adonner aux jeux du tunnel. Toboggan, colin-maillard, course-poursuite, ou toute autre activité ludique selon la stimulation du cadre spatio-temporel.

    Passeggiata pour s’ébrouer de défis grisants et de sensations nouvelles.

     Passeggiata, ma ecologica, de préférence.

    Le capitaine et le mousse ont allègrement fait usage des destriers argentés pour profiter du Lungomare di Livorno, jusqu’à l’Accademia Navale.

    La force musculaire des mollets satisfaisait à l’exigence omniprésente de respecter l’environnement. Le plaisir, à toute heure de la journée, mais en s’associant à une conscience qui était très en vogue, celle de prendre soin de la planète.

    Passeggiata à l’heure précoce.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Le plaisir appelant le plaisir, il y a eu une deuxième édition, après la collation du crépuscule.

    Passeggiata à l’heure tardive.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Passeggiata sublime en compagnie des halos dorés de la notte livornese.

     Savona. « Gelato Bio » sous les arcades de la Via Paleocapa qui reliait le port au Monument aux Morts.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Générosité et hospitalité de la jeune gérante. Pas d’interdiction sous prétexte de « proprietà privata ». Hilarité de ses deux amies. La joie de vivre incitait au partage, surtout quand il était culturel. Il ne s’agissait pas de consommation, ou de bénéfice financier. Il s’agissait de conscience, du partage d’une prise de conscience, de la gratitude pour un regard attentif. Sur ces entrefaites, passait une jeune silhouette féminine, habillée tout de blanc, gracieuse comme une piéride du soir. Témoin malgré elle de l’échange entre les trois fans du gelato bio et le mousse, la créature diaphane a montré un sourire de complicité, d’approbation, et d’enchantement.

    Peut-il y avoir passeggiata senza gelato ?

    Ma sì !

    Promenade au bord de l’eau, pour plus de fraîcheur et plus de romantisme.

    Passeggiata à deux, avec des pauses pour refaire le monde. Un monde à deux, pour deux.

    Savona ancora. Quai Nord de la vieille darse, à l’ombre de la Torre Leon Pancaldo.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Refaire le couple, au bord de l’eau, tout près de l’eau. Comme si si l’eau favorisait l’épanchement, l’osmose, la fusion.

    Se confronter pour retrouver l’accord, l’harmonie. À tous âges.

    La lumière du couchant exhibait le trésor en chaque être. La douceur de la température facilitait la compréhension mutuelle, les concessions réciproques. On s’arrêtait de mouvoir les jambes, mais l’on continuait de faire la route ensemble, peut-être cahin-caha, mais bras dessus bras dessous, langoureusement, amoureusement ! Plaisir de la passeggiata des retrouvailles. Retrouver l’autre, retrouver soi-même !

    Non loin du couple en plein agôn, apparaissait une silhouette apparemment non accompagnée. Solitude ?

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Seulement en apparence. On faisait les emplettes pour les siens.

    La belle dame venait chercher de la nourriture toute prête, préparée par un traiteur de la mer.

    Passeggiata utilitaire, pour le bien du clan familial.

    Plaisir de faire du négoce, à l’heure du crépuscule, en profitant de la promenade sur les quais de la vieille darse.

    Savona sempre. Extrémité méridionale du pont amovible qui gardait l’entrée de la vielle darse. Le capitaine se dirigeait vers lesplanade qui s’étendait devant la capitainerie. C’était le lieu de retrouvailles de tout le campus de Savona à l’heure de minuit.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Une très belle jeunesse, émancipée et courtoise, savourant la fraîcheur de la nuit et la joute oratoire, avec ou sans boisson alcoolisée.

    Une passeggiata à l’arrêt ? Nullement. Plutôt une passeggiata en mutation, la pensée et l’échange étant ce pour quoi l’on avait marché.

    Soupeser l’autre, le raisonnement de celui-ci.

    Contester, vérifier, démontrer, acquiescer.

    Le plaisir de la passeggiata n’est pas égoïste.

    Insensiblement, mais efficacement, la socialisation s’opère grâce à la passeggiata.

    Le visiteur participe volontiers au rituel de la déambulation, pour faire comme les natifs : voir et être vu.

    Le résident étranger aussi s’associe à la pratique de la promenade en apportant sa touche pittoresque.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    À l’heure de la passeggiata sur le Porto antico di Genova, l’esplanade du Mahatma Gandhi s’embellissait d’une multitude de saris colorés.

    Universalité de l’esprit et du bonheur de la passeggiata.

    Passeggiata en musique. Le Porto antico di Genova l’avait promis. Alors, tout le front de mer qui entourait l’Acquario s’est transformé en une immense scène pour spectacles. Ça et là, bourgeonnait une multitude d’orchestres qui diffusaient leur bonne humeur, leur vitalité et leur envoûtement.

    Passeggiata dansante, selon le goût de chacun.

    Un père dansait affectueusement avec sa fille, au son d’un quatuor.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Passeggiata pour corps entrelacés, joue contre joue.

    Qui faisait danser l’autre ? La figure paternelle, dont les jambes et le bassin oscillaient ostensiblement d’après les mélodies exécutées par le groupe de musiciens ? Ou la fillette qui offrait aux épaules paternelles la tendresse d’une étreinte, et faisait battre à l’unisson les deux cœurs appuyés l’un sur l’autre ?

    Tout le centro storico di Genova s’est mis au diapason du Porto antico.

    Après le pas de deux, il y a eu l’envol de la ballerine.

    Inspiration de l’instant. Chorégraphie improvisée.

    L’orchestre était unitaire : une violoniste de talent, au charisme irrésistible donnait le rythme, produisait de la joie, suscitait l’évasion. La mélodie, de source contemporaine, soulevait les corps et les robes.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Pour qui dansait la jeune fille ? Pour la violoniste ? Pour le père, l’impresario ? Ou pour elle-même ?

    Qui était le protagoniste ? Le père ou sa fille ? La danseuse étoile ou son imprésario ?

    Magie d’une multitude de protagonistes, d’une confusion inattendue des rôles. Bonheur d’une fin d’après-midi de samedi, quand le soleil cessait d’être agressif pour être seulement la source bienveillante qui éclairait tout élan de générosité.

    Le masculin n’était pas seulement admiratif du féminin, il en était follement amoureux !

    Il va de soi que le cadre spatio-temporel était important, voire primordial.

    Le Porto antico di Genova s’employait à faire de la saison estivale un remède contre la morosité. Combattre la banalisation, refuser l’acceptation de la médiocrité.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    C’était dans ce contexte stimulant qu’avait lieu la scène du pas de deux.

    Quant à la scène de l’imprésario follement amoureux de la jeune ballerine, elle s’est déroulée dans l’artère principale de la cité portuaire, là où se rassemblaient les plus importants palais de la Renaissance. Cadre aristocratique, qui communiquait instinctivement l’élégance à toute manifestation liée à l’art. Art de vivre, art de plaire, art de séduire.

    Ce jour-là était un samedi. Le giron de la municipalité exhalait mille parfums délicieux grâce aux cortèges nuptiaux.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Ondes de félicité sans aucun doute, qui se faisaient écho d’une façade Renaissance à l’autre. Mais l’énergie juvénile de la toute jeune ballerine était intrinsèque, et sa joie de vivre et de plaire était une démonstration de son être en fête.

    Dans cette passeggiata de la séduction, la chorégraphie improvisée par la jeune ballerine pour charmer son imprésario était toute naturelle.

    Lune de miel entre la ballerine et son impresario.

    Est-il permis de tomber follement amoureux de l’un des siens ? La passeggiata à Genova, répondait par l’affirmative.

    Est-il permis de séduire autant l’un de ses proches ? La passeggiata du samedi soir à Genova, répondait encore par l’affirmative.

    L’artère principale incitait au partage de la joie. Les rues transversales, également.

    Des suggestions, illuminées par des guirlandes de lumière, proposaient des thèmes instructifs.

     

    Le plaisir de la passeggiata

     

    Être curieux de l’autre, de la vie.

    Être encore capable de s’émerveiller, ne cesser de s’émerveiller.

    Quête de surprise et d’originalité.

    Comme l’imprésario avait raison de s’émerveiller de la grâce de la jeune ballerine, qu’il semblait découvrir pour la première fois !

    La passeggiata n’est pas que la déambulation d’enveloppes corporelles neutres. C’est une quête de l’autre et une démonstration de la capacité d’échanger.

    La passeggiata requiert plus que la force motrice des jambes. Elle témoigne du désir de tisser du lien social et relève du second degré.

    Promenade du second degré, second degré en promenade.

    La passeggiata se nourrit du plaisir agonistique qui se renouvelle à chaque crépuscule.

    Qui donnait l’impulsion de la danse ? La jeunesse ou la figure paternelle ? Ni l’une ni l’autre. C’était καιρός – ΚΑΙΡΟΣ lui-même ! Et tous, sans distinction, sont invités à lui emboîter le pas dans la grande passeggiata sur l’esplanade de la vie.

    Viva l’Italia e la sua passeggiata !


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