• Novembre 2017

    Novembre est un mois difficile à résumer parce qu'il y a plein de choses riches z'et variées qui s'empilent !

    Durant ce mois, le mousse et moi avons été capables de se faire côtoyer une randonnée jusqu'à l'île d'Érevine avec Georges de Lydda, terrassant le dragon, mais aussi réussir l'exploit d'associer Port Napoléon avec 40 légionnaires qui se sont fait suppliciés dans un lac gelé en Turquie ! Le mousse, à lui seul, n'est pas non plus en reste, puisqu'il parvient à mêler Lyon à Athènes, Carro à Sappho, Otrante à Olbia ! Faut l'faire, non ?

     

  • Tendance pour la nuit du 28 au 29, et la journée du dimanche 29 octobre

    VENT : à l'ouest de Porquerolles : Nord-Ouest 7 à 8, fraîchissant localement 9 dans l'axe de la Vallée du Rhône en fin de matinée, temporairement 10 l'après-midi. Fortes rafales.

     

    Un jour comme un autre quoi ! Où, pour moi, tu ne prends pas 1 an de plus, mais tu fêtes les 12 mois passés depuis la dernière fois, ce même jour, mais il y a 1 an. Bon. Avec ça, si vous z'avez pas compris que c'était mon anniversaire !!

     

    Force 10 avec rafales. Autant dire que ça pulse un peu, et que le bateau tremble sur son ber !

     

    Mais bon. Comme c'est un force 10 qui vient du nord, la mer est belle et, par endroit, le vent nous passe carrément au-dessus.

     

    Un jour comme un autre

    La preuve ! Le mouillage devant Méjean...

     

    Un jour comme un autre

    Bon. Je triche un peu... Ça, c'était la veille. Le vent, un F8 tout de même, était orienté plein nord. Le F10 était au NO. Donc une mer plus entrante. C'est technique , hein ?

     

    Un jour comme un autre

    Voilà. Là, le vent est dans la bonne direction. Mais ça reste majoritairement du nord... Donc pas de lames gigantesques qui viennent submerger la côte.

     

    Un jour comme un autre

    Mais y'a un peu d'air quand même. Juste de quoi nous rafraîchir en cette belle journée d'octobre. D'ailleurs, le COSTA DIADEMA ne s'y trompe pas et il préfère raser la côte au sortir de l'Estaque...

     

    Un jour comme un autre

    L'île d'Erevine, avec Marseille la belle en toile de fond.

     

    Un jour comme un autre

    Le petit port de Méjean. Comme un p'tit coin de Grèce.

     

    Un jour comme un autre

    J'aime toujours beaucoup ce sentier entre Méjean et l'Estaque. La nature y est sauvage... Et ces pins qui descendent jusqu'à l'eau habillent à merveille le calcaire des falaises.

     

    Un jour comme un autre

    J'y randonne souvent. Le dénivelé est faible même si y'a des rudes petites montées !

     

    Un jour comme un autre

    Un jour comme un autre

    ... C'est sauvage et pourtant Marseille n'est pas loin. Bon. En même temps, y'a pas de route. Donc ça aide à préserver le lieu.

     

    Un jour comme un autre

    C'était donc mon anniversaire. Et donc, on a fêté ça avec un Saint-Émilion grand cru classé Château Haut Corbin de 2009... Oui, tout ça ! Il était tellement bon que j'y ai coincé ma langue dans le goulot ! Et dire qui y'en a qui vont me croire... Y vont s'dire que connaissant le bibi (c'est moi), y'a des chances pour que ça soit vrai !!!

     

    Un jour comme un autre

    Ah oui... Là, on est à CARRO. Au débouché du golfe de FOS. On aime bien ce coin-là aussi. Tellement bien qu'à 2 heures du mat', ne voilà t'il pas que le mousse, pris d'un désir subit de recharger sa caméra, me fait fouiller tout le bateau (et la voiture) pour retrouver son chargeur (comme si c'était à moi de le chercher !) afin que je comprenne bien par moi-même (j'insiste sur le moi-même...) qu'il manque quelque chose, et que, comme un grand garçon que je suis, je finis par comprendre et lui suggère qu'il a peut-être oublié son sac quelque part... Et paf ! Nous voilà en route pour 96 km aller/retour..., en se disant qu'il n'y a que 8 petites heures que le sac contenant le chargeur, mais aussi toutuntasdetrucs dont son téléphone et ses cartes de crédit... (Ben tiens !), a été oublié; et qu'il y a de grandes probabilités pour qu'on retrouve intact son sac posé au beau milieu de la plage alors qu'il y a un F10 (dois-je le rappeler ?) qui souffle !

    - Et Alors ?

    - Vous devinez pas ?

    - Ben, on a retrouvé le sac, intact !

    - Oui.

    - Et pourquoi oui ?

    - Parce que ce soir-là, les véliplanchistes étaient de sortie, et que les véliplanchistes, ben, y z'ont pas l'âme de prendre un truc qui ne leur appartient pas. Y font de la planche, et c'est tout !

    - Et le F10 ?

    - Ben, il a dû souffler partout sauf sur le sac ! Y'a pas d'autres explications possibles !

     

    Un jour comme un autre

    Une dernière de nos amis les véliplanchistes. Et surtout parce que celle-là, cette photo-là, avec la planche qui écrase la vague, ben elle me plaît !


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  • Le charme des quatre ans, et non pas le charme de la quatrième année.

    Quatre ans, comme une durée de l’existence. En l’occurrence, la première durée, chronologiquement. Celle qui initie, quand le rêve demeure intact, quand l’espoir est encore vierge. Celle qui promet de continuer, avec la même fraîcheur et le même élan.

    La quatrième année n’est qu’une halte, un point d’arrêt sur le calendrier. On ignore ce qu’il y a après, et surtout, l’on a l’air de ne pas trop se soucier de ce qu’il y avait avant.

    Le charme, lui, est dans la jonction et le jonglage, dans le perpétuel engendrement du temps par le temps.

    En cette Toussaint, le Zeph aura vécu les quatre premières années de son existence. Quatre années fascinantes et fécondes. Quatre années qui laissent un sillage de charme.

    Quatre années d’alliance entre le Zeph et son capitaine.

    Un an d’alliance : noces de coton. Ce fut du coton génois.

    Deux ans d’alliance : noces de cuir. Ce fut du cuir romain.

    Trois ans d’alliance : noces de froment. Ce fut du froment corinthien.

    Cette troisième année, le καιρός – ΚΑΙΡΟΣ a voulu qu’elle soit sabbatique, pour permettre l’accomplissement du voyage initiatique. Voyage initiatique dont l’un des temps forts était le passage du Canal de Corinthe.

     

    Le charme des quatre ans

     

    La route du Canal, telle que le Zeph l’a empruntée, l’a mené d’Athènes à Delphes, du berceau de la démocratie à la parole de l’oracle, de la sagesse d’Athéna à la lumière d’Apollon. Route féconde, où l’être se délecte avec le froment de l’Antiquité.

    Quatre ans d’alliance : noces de cire. C’est de la cire phocéenne.

    D’abord, l’aspect qualitatif du rendez-vous avec l’histoire : la substance caractéristique est la cire. Cire d’origine animale ou végétale. Cire des abeilles ou des conifères.

     

    Le charme des quatre ans

     

    L’abeille rappelle au mousse l’une des premières leçons reçues à bord du Zeph, quand l’instructeur expliquait que la créature ailée était l’emblème du premier Empereur des Français.

     

    Le charme des quatre ans

     

    En 1804, lors de la cérémonie du couronnement, le manteau impérial était brodé de 1500 abeilles d’or.

     

    Le charme des quatre ans

     

    Le lien entre le Zeph et le Premier Empire ne se tisse pas seulement grâce à une leçon d’histoire, mais aussi grâce à la découverte de la géographie des lieux. Il est vrai que le Zeph s’est toujours plu dans les eaux qui baignent la ville natale de Napoléon Bonaparte.

     

    Le charme des quatre ans

     

    Un demi-siècle après le couronnement de Napoléon 1er, l’abeille, qui était toujours l’emblème de la dynastie impériale, a inspiré un maître-verrier pour qu’il crée spécialement un flacon destiné à contenir une Eau de Cologne Impériale.

     

    Le charme des quatre ans

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     L’Eau de Cologne était dite « Impériale » parce qu’elle était réservée à la plus belle femme de l’époque, qui était l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

    Sur le plan esthétique, le flacon aux 69 abeilles est un chef-d’œuvre. Mais sa renommée est mondiale parce que l’Eau de Cologne qu’il contenait réussissait à faire disparaître les migraines de l’Impératrice Eugénie. Le parfumeur qui a élaboré cette Eau de Cologne Impériale s’appelait Guerlain.

     

    Le charme des quatre ans

     

    L’abeille, emblème impérial, est associée à une efficacité thérapeutique. Ce n’est pas une chose anodine que l’anniversaire célébré comme noces de cire coïncide avec le moment où le chirurgien s’apprête à déclarer que la main du capitaine est définitivement guérie.

    Quant à la résine, qui est la cire des conifères, elle fait tout de suite venir à l’esprit ce fameux repas servi à Mistra, en milieu d’après-midi, après la visite du site byzantin.

     

    Le charme des quatre ans

     

    Une retsina bien glacée, pour accompagner des feuilles de vigne, farcies et bien brûlantes !

     

    Le charme des quatre ans

     

    Quel délice, digne de Byzance, avec la compagnie de somptueux bougainvilliers !

     

    Le charme des quatre ans

     

    Au sujet de la boisson, nous avions pris soin de demander au serveur :

    Είναι πολύ κρύα ;

    Est-elle bien fraîche ?

    L’homme a répondu :

    Ναί. Μάλιστα !

    Oui. Bien sûr !

     

    Le charme des quatre ans

     

    Effectivement, son vin résiné était glacé à souhait, et divinement bon ! Après la pause gourmande, il y a eu l’attente du bus pour le retour. Et pendant ce temps d’attente, il y a eu la cueillette des graines qui donnaient une magnifique floraison de pétales pourpres au pied de la statue de l’empereur Constantin XI Paléologue.

     

    Le charme des quatre ans

     

    Dans la mémoire du Zeph, l’évocation de la cire est inéluctablement associée à des souvenirs d’empires : le Premier Empire en France pour la cire animale, ou l’Empire Romain d’Orient pour la cire végétale.

    Après l’aspect qualitatif, l’aspect quantitatif à présent. Comment concevoir le nombre 4 ? L’équilibre, si indispensable au succès de toute navigation, impose le principe de parité. Parité de la composition d’ensemble, comme de chaque élément qui y figure. La seule écriture qui satisfait à cette exigence est 2002.

     

    Le charme des quatre ans

     

    D’où le millésime du Meursault choisi pour arroser les quatre années de bravoure et de persévérance du Zeph.

     

    Le charme des quatre ans

     

    Les prochaines noces seront celles de bois. Bois pour la flottaison, bois pour la propulsion. Bois de la coque, du gouvernail, des rames, de la mâture.

     

    Le charme des quatre ans

     

    Quelle magnifique perspective !

    Zeph, joyeux anniversaire !


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  • Retour à Port Napoléon ? Il est toujours très agréable. Mais les amis du Zeph y sont déjà habitués.

    Retour en Grèce ? Tous les supporters du voyage initiatique le souhaitent vivement. Mais il faudra patienter encore un peu.

    En cette saison de la Toussaint, le retour inédit et inattendu était celui à la calanque de Méjean.

    Inédit parce que les deux balades sur le site ont occupé deux jours consécutifs.

    Inattendu parce que le mistral, qui menaçait de tout renverser sur son passage, était le moteur du retour à la calanque de Méjean.

     

    Le charme du retour

     

    Retour par gourmandise, par hédonisme, par envoûtement.

    Par addiction, sans doute aussi.

    Avec le vent, la poussière tournoyait sur le sentier, à la manière du sable qui s’envole au sommet des dunes. Écume de la terre ferme.

     

    Le charme du retour

     

    L’espace et le temps se sont fait la concurrence pour savoir qui des deux nous divertirait le mieux. L’espace suggérait des bifurcations audacieuses, des itinéraires cachés, avec l’espoir de découvrir des trouées spectaculaires sur la mer. Le temps, lui, recommandait de prendre en compte l’heure de l’horloge et de rester sur le versant ensoleillé pour profiter pleinement de la lumière.

     

    Le charme du retour

     

    Au début, la tentation de l’espace a été la plus forte, à cause du désir d’originalité. Par bonheur, la voie de la raison a fini par l’emporter. Les destinations hasardeuses, envisagées en dépit de l’ombre et du froid qui en étaient le prélude, ont été finalement abandonnées. Le retour à la face ensoleillée du rivage était un retour à l’exultation.

     

    Le charme du retour

     

    Sans rancune, le temps a déployé toutes ses ressources pour montrer que lui aussi, était capable d’engendrer du nouveau, de surprendre et d’émerveiller.

     

    Le charme du retour

     

    La teinte de la roche virait du blanc à l’ocre.

     

    Le charme du retour

     

    Le bleu de la mer gagnait en intensité.

     

    Le charme du retour

     

    Et l’ourlet blanc qui bordait le bas de la falaise se muait en gerbes spectaculaires.

     

    Le charme du retour

     

    Le fracas des vagues n’était plus source de préoccupation, mais sujet de délectation. La lumière du soleil n’était plus morsure, mais caresse. Se mouvoir n’était plus indispensable, contempler suffisait.

     

    Le charme du retour

     

    Progressivement, la palette s’orientait vers une harmonie de pourpres. Puis, la rade, qui jadis avait séduit les Phocéens, se parait de magnifiques reflets roses pour nous dire au revoir.

     

    Le charme du retour

     

     Nous avons repris la direction de Port Napoléon quand les lumières allumées par les hommes prenaient le relais de l’astre solaire.

    Pendant un bon moment, un ferry issu du giron massaliote nous a tenu compagnie.

     

    Le charme du retour

     

    Avec la complicité du temps, nous sommes passés d’un enchantement à l’autre.

     

    Le charme du retour

     

    Après le ravissement devant la baie des Massaliotes, il y avait la joie de fêter un nombre entier d’années vécues.

    L’anniversaire du Capitaine du Zeph tombait un 29. Un seul millésime s’avérait compatible numériquement avec cette date.

     

    Le charme du retour

     

     La vie avance. Les projets, aussi !

    Puisse le nouveau cycle des douze mois solaires apporter l’accomplissement intégral des vœux de l’Ericante, de l’Ouvé et de l’Adok !

     

    Le charme du retour

     


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  • Il a de belles manières. Sa famille est de la noblesse.

    Il a une fière allure. Son père l’a initié à l’art équestre et à la science militaire.

     

    Le charme du chevalier

     

    Il est valeureux, nullement craintif.

    Il est plein de talent et d’énergie.

    Il est apprécié, honoré et récompensé par sa hiérarchie.

     

    Le charme du chevalier

     

    Mais sa notoriété ne vient pas de ses faits d’armes en faveur de la maison impériale. C’est la délivrance d’une princesse qui retient l’attention dans l’imagerie populaire. Car pour sauver la princesse, il a fallu terrasser un dragon. Le combat est rude.

     

    Le charme du chevalier

     

     Certaines illustrations montrent que la lance se brise. Mais le chevalier finit par remporter la victoire.

    Georges est le nom du chevalier. Comme il a grandi dans la ville de sa mère, à Lydda, qui est l’actuelle Lod en Israël, on l’appelle Georges de Lydda.

    Il parle la langue du savoir, qui est le grec. Ses parents sont grecs.

    Il parle la langue de l’autorité, qui est le latin, pour accéder aux plus hautes fonctions au sein de l’armée romaine, jusqu’à devenir tribun, et même légat.

    Il parle la langue de l’espérance, qui est l’enseignement du Nazaréen.

    Il parle la langue de la fidélité, en s’opposant à la purge qui vise les soldats chrétiens servant dans l’armée romaine.

    Il parle la langue de l’incorruptibilité, en refusant les terres, l’argent et les esclaves que l’empereur Dioclétien lui envoie pour le faire fléchir. Oui, c’est le même Dioclétien qui a fait crever les yeux de Lucie !

    Il parle la langue de la séduction, parce qu’il réussit à convertir la femme que Dioclétien envoie à la prison pour l’amollir.

    Charme de polyglotte !

    Après la douceur, l’adversaire utilise la violence pour briser la résistance.

     

    Le charme du chevalier

     

     Supplice de la roue hérissée de lames de fer, séjour dans une fosse remplie de chaux bouillie, port de chaussures métalliques brûlantes. Mais Georges de Lydda tient bon, malgré les tortures qui lui sont infligées.

     

    Le charme du chevalier

     

    Son intégrité morale contraint ses persécuteurs à recourir au geste ultime : la décapitation.

     

    Le charme du chevalier

     

    Jusqu’au bout, le charme opère. L’impératrice, qui assiste au supplice du chevalier martyr, décide de rejoindre, à son tour, l’enseignement du Nazaréen. Malgré son rang impérial, elle subira aussi le sort funeste réservé à tous les disciples.

    Il n’est pas inintéressant de remarquer que la Géorgie a confié la surveillance de sa Place de la Liberté à l’illustre chevalier.

     

    Le charme du chevalier

     

     Au temps de l’empire russe, la place s’appelait place Erevan. Sous l’ère soviétique, elle avait pour nom place Lénine. À présent, point de référence locale, ni géographique, ni politique, mais un concept universel, disant une aspiration commune à tous les peuples. Et cette proclamation solennelle se fait sous le haut patronage de Saint Georges, le vainqueur du dragon. L’effigie de l’exploit chevaleresque est exhibée au sommet d’une colonne ionique, haute de 44 m.

     

    Le charme du chevalier

     

    Charme de l’héroïsme. Fascination pour le courage d’un ardent défenseur de la liberté d’opinion.

    Face à Bari, la cité portuaire que l’Italie nomme Antivari à cause du face à face, et que le Monténégro de nos jours appelle Bar, s’est mise sous la protection du valeureux chevalier.

     

    Le charme du chevalier

     

    Bar est évoquée à plusieurs reprises dans le récent envoi de l’Aventy. Les photos qui servent de conclusion ont un rapport explicite avec la vie spirituelle du rivage monténégrin.

     

    Le charme du chevalier

     

    Peut-être à son insu, l’Aventy a agi sous le charme du noble chevalier.

    L’histoire du Zeph pouvait-elle ne pas avoir de lien avec la mémoire de Georges de Lydda ? Oh que non !

    Dès sa première navigation, le Zeph est tombé sous le charme de Gênes, qui avait déjà succombé au charme du chevalier Saint Georges.

     

    Le charme du chevalier

     

    Devant le porto antico, se dresse le Palazzo San Giorgio, jadis consacré aux finances, à présent dédié à la gestion portuaire.

     

    Le charme du chevalier

     

     Le bâtiment, qui exhibe face à la mer une immense fresque où Saint Georges combat le dragon, est si familier à l’esprit du Zeph. Le chemin du premier ravitaillement en gaz pour la cuisinière, le trajet de la passeggiata, la route de la gelateria, l’accès aux palmettes grecques pour la décoration intérieure du Zeph, le parcours de la randonnée à Boccadasse, tous ces itinéraires passent au pied de la splendide fresque.

    Autre rapprochement entre le chevalier Saint Georges et le Zeph : Arles, qui surveille la route quand l’esprit du Zeph migre entre Port Napoléon et Lyon, était tombée aussi sous le charme du chevalier, qui est devenu le saint patron de la Confrérie des Gardians de la Camargue.

     

    Le charme du chevalier

     

    Une effigie toute en or conservée à l’église de la Major rappelle cette tutelle.

    L’Aventy, qui est à Licata depuis plusieurs jours, a la nostalgie de l’Adriatique. L’envoi du 3 novembre se termine par une évocation de la vie spirituelle dans le Monténégro, qui a choisi la tutelle de Saint Georges. Or, c’était aussi un 3 novembre que les reliques du Saint étaient revenues à Lydda. Est-ce de façon délibérée que l’Aventy a choisi le jour de transfert des reliques dans la ville natale pour envoyer au Zeph des images de la ferveur que le rivage monténégrin exprime envers le chevalier sanctifié ? Quelle que soit la réponse, la coïncidence avec la date est plus que troublante.

     

    Le charme du chevalier

     

     À l’heure où le rivage monténégrin se pare des magnifiques couleurs de l’automne, le charme de son chevalier protecteur, qui est celui d’un être intègre, éperdument épris de liberté, n’en devient que plus puissant.

     

    Le charme du chevalier


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  • Crépuscule fébrile à la sortie du tunnel de Fourvière, quand la voiture s’élance le long des berges du Rhône, en direction du Sud.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Prélude de l’échappée. Crépuscule complice de la délivrance. Partir pour se ressourcer, pour retrouver l’harmonie avec soi.

    Sur la route d’évasion, crépuscule nourri de joie et d’impatience. Charme de la hâte, de la montée d’adrénaline.

    Crépuscule au parfum de lavande quand le numéro du département passe du 69 au 26.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Parfum de Provence pour souhaiter la bienvenue dans le giron du Sud.

    Des robes diaphanes s’agitent dans le vent du soir pour saluer le passage de l’esprit du Zeph.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Exaltation réciproque entre la couleur pourpre qui se répand dans l’air et celle qui éclot de la terre.

    Port Napoléon, c’est un autre chez-nous, mais avec du sable pour dire que la mer est toute proche, et avec l’odeur iodée du vent pour le confirmer.

     

    Le charme du crépuscule

     

    À Port Napoléon, les crépuscules qui tiennent compagnie au Zeph ont une fonction matricielle. Ce sont des crépuscules nourriciers, qui accompagnent la gestation du rêve et préparent l’accouchement des projets.

    Athènes aussi, c’est un autre chez-nous. Quelle vive émotion quand le retour a lieu après douze ans d’absence ! Retrouvailles somptueuses au Pirée.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Des effluves de rose, de jasmin, de cannelle et de cumin embaument l’air de la marina athénienne. Effluves de l’Orient. Crépuscule suave, et absolument délicieux.

    Allégresse du cosmos qui multiplie ses lumières. Crépuscule flamboyant, qui fait fi de la crise et défie l’austérité. Charme de la vie qui renaît en chacun. Pas seulement la vie nocturne, mais la vie dans ce qu’elle a d’essentiel. Charme δημοτικό – ΔΗΜΟΤΙΚΟ.

    Le point de ralliement des lucioles et des papillons nocturnes est la place Monastiraki, au pied de l’Acropole.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Sur la place Monastiraki, le crépuscule donne à chacun la très agréable sensation d’être jeune, beau et désirable.

    À Monastiraki, il est permis de cumuler tous les arts : l’art de contempler, de toucher et de déguster, l’art de marchander et de jouer, l’art de caresser, de séduire et de tomber amoureux. Fabuleux crépuscules, qui engendrent des coups de foudre, pour des objets ou des êtres. Charme dionysiaque, comme dans les temps antiques.

    À Athènes, le crépuscule favorise la pleine expression de soi. Liberté chérie, qui n’est pas sans charme.

    Il existe un autre coin de paradis, où l’ambiance du crépuscule rappelle celle du Pirée. C’est la Marina Grande de l’île de Procida, dans la baie de Naples. Le Zeph y a fait escale, à deux reprises, une fois en été et une fois en hiver.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Même animation quand le flux des passagers qui embarquent croise celui des passagers qui débarquent. Même suspense quand des voiliers disputent aux ferries le passage devant les phares à l’entrée du port. Même fièvre des pêcheurs à la ligne qui guettent le miracle sous le flotteur.

    À ce va-et-vient incessant, le crépuscule ajoute la passeggiata des résidents et des touristes. Le bruit croît, les couleurs deviennent plus intenses, les échoppes dévoilent leurs cavernes d’Ali Baba, les garde-manger libèrent les effluves de salage et de fumage, les charcuteries et les fromageries se font concurrence pour chatouiller l’odorat des passants.

    À l’heure du jour finissant, la Marina Grande de Procida est un théâtre improvisé, coloré et captivant.

    Autre privilège du lieu, magnifié par la complicité du crépuscule : la Marina Grande est un superbe balcon qui donne sur le Vésuve.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Charme sublime qui ravit l’être intérieur.

    Mais le crépuscule recèle d’autres trésors sur l’île.

    Plus au sud, sur le rivage oriental, se trouve le port de Corricella, qui est une perle. Aucune palette n’est à la fois aussi audacieuse et harmonieuse. Le génie de la Renaissance, à l’état premier !

    Le site de Corricella soulève la question de la durée du crépuscule. Quand commence le temps crépusculaire ? Et quand finit-il ? Le passage de la pleine lumière à la lumière feutrée est imperceptible, tout comme celui de la lumière solaire à la lumière électrique. À Corricella, le crépuscule est lié à un état d’esprit, plus qu’à l’intensité lumineuse.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Le bon état d’esprit, le capitaine l’avait, quand il dégustait une bière bien glacée, seul sur une terrasse ombragée, face aux rochers dont la couleur ocre était magnifiée par les derniers rayons de soleil. Plus exactement, c’étaient les derniers rayons qui parvenaient à franchir la crête des montagnes.

    Moment, non pas de solitude, mais d’harmonie avec soi et avec le cosmos. Charme de la quiétude et de l’authenticité.

    Le crépuscule permet d’aller à la rencontre de soi, mais aussi de l’autre.

    Fête de l’altérité, hymne au partage.

    Crépuscule festif, pour honorer l’hospitalité, célébrer l’amitié.

    À Missolonghi, le Zeph était accueilli à bras ouverts par Fréja, qui l’y attendait depuis plusieurs jours.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Moments de générosité et de dévouement inoubliables, octroyés par une relation épistolaire providentielle. À Missolonghi, le crépuscule était tout simplement magique, à cause de la rencontre qu’il a orchestrée.

    À Corfou, crépuscule tout aussi émouvant, et tout aussi féerique.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Le Zeph, qui mouillait au pied de la citadelle, recevait à son bord deux êtres de haut rang, mais si gracieux et si attachants, jadis rencontrés à Pylos, au début de son tour du Péloponnèse. Admiration réciproque, affection mutuelle.

    Comme gage de l’immanquabilité des retrouvailles, le crépuscule à Missolonghi a offert au Zeph une recette de l’houmous servi le premier soir, à bord de Fréja. Quand au crépuscule à Corfou, il a remis au Zeph une bouteille d’ouzo ionien, dans l’attente de retrouver nos hôtes sur les rives du Tibre.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Le jour finissant est le prélude à des amitiés naissantes.

    Le crépuscule mène à la rencontre de soi, de l’autre. Mais soi ou autrui ne sont que des jalons sur une route qui s’appelle le destin. Crépuscule vital, parce qu’il permet de se mesurer à l’irréversible.

    Le crépuscule à Leucade, dans l’archipel ionien, était un crépuscule qui aboutissait à un face à face avec le destin. Sappho, la poétesse, a rendu l’île célèbre, en se jetant du haut du promontoire de la pointe Sud, à cause d’un chagrin d’amour.

     

    Le charme du crépuscule

     

    L’idée de voir le site du saut de Sappho au moment du crépuscule est venue à l’esprit du capitaine et du mousse le matin du même jour, alors qu’ils étaient encore dans les Météores. Et au lieu d’emprunter la route directe entre les Météores et Leucade, ils ont fait une halte à Ioannina et un détour par Dodone. En conséquence, le crépuscule au saut de Leucade semblait plus que compromis par rapport à la montre. À la menace de l’heure, s’ajoutait la menace de la panne d’essence. Alors le capitaine a pris la décision de s’en remettre à la clémence des divinités pour arriver à temps au saut de Leucade, et en repartir sain et sauf, sans avoir à pousser la voiture sur le chemin du retour.

    Crépuscule haletant et angoissant pour deux aventuriers de l’ère moderne. Tout compte fait, la tonalité était fort appropriée pour imaginer le crépuscule anticipé que la poétesse avait donné à sa vie.

    Finalement, le saut de Leucade a pu être approché, avec en prime, la lumière du couchant, et un vent terriblement violent. Comme si Éole nous disait que ce crépuscule restait tragique, malgré le beau coucher de soleil.

     

    Le charme du crépuscule

     

    Là où est maintenant le phare, s’élevait un temple consacré à Apollon. C’était un amer pour ceux qui naviguaient au large. La poétesse en a fait un plongeoir pour sceller le destin.

    Quel charme pourrait avoir une telle attitude autodestructrice ? Celui du libre arbitre. Celui du chant du cygne. Celui de la lucidité, qui reconnaît qu’il y a des vides existentiels qui ne se combleront jamais. Celui du refus de l’absence de sens : la solitude est un gouffre pire que le précipice qui est au bord de la falaise.

    Juste après les photos, le ciel s’est couvert. Une grisaille glaciale s’est mise à envelopper le promontoire. Par bonheur, le capitaine a pu remonter sans encombre la route jusqu’à l’extrémité Nord de l’île, où se trouvaient les pompes à essence.

    Crépuscule malchanceux pour Sappho, chanceux pour le Zeph, qui n’oublie pas la clémence des divinités.

    Y a-t-il des crépuscules qui font prendre conscience au Zeph de son destin ? Certainement !

    Premier crépuscule oraculaire : Carro, Toussaint 2015.

    Deuxième crépuscule oraculaire : Carro, Toussaint 2017.

    Carro est à une heure de voiture de Port Napoléon, dans la direction de Marseille.

    À Carro, il y a l’horizon sans borne, sans scorie. Et surtout, le vent, énergique, joueur, ensorcelant.

    Pureté de la ligne d’horizon, pureté du souffle d’Éole.

    Le flirt avec l’infini est irrésistible, euphorisant, addictif.

    Les jours de mistral violent, c’est la fête pour les véliplanchistes. Ils se donnent rendez-vous sur l’esplanade qui est derrière les bâtiments destinés à la criée des poissons.

     

    Le charme du crépuscule

     

     

    Le Zeph n’est jamais entré dans Carro. Mais l’histoire du Zeph s’écrit inévitablement avec la contribution de Carro.

    Toussaint 2015 : le capitaine est arrivé sur l’esplanade des véliplanchistes à l’heure du crépuscule. Crépuscule du jour, mais naissance d’une période faste : le Zeph était en chemin pour vivre ses propres ébats avec le vent et les vagues, qui le mèneraient jusqu’au Péloponnèse.

    Toussaint 2017 : crépuscule nimbé des réminiscences du voyage initiatique. La lumière crépusculaire est-elle encore celle d’une aurore qui se lève ? Assurément, car le chirurgien vient de confirmer le caractère satisfaisant de l’ossification. Une telle annonce signifie pour le Zeph la naissance d’une nouvelle ère, où le capitaine montrera à nouveau son habileté à exploiter le vent et les vagues.

    Le spectacle du véliplanchiste qui tire profit du souffle marin et de la houle dans les reflets du couchant est un augure extrêmement favorable.

    Crépuscules prometteurs. Charme de l’optimisme.

    Depuis la Genèse, le jour biblique commence par le crépuscule. C’est une bénédiction si le crépuscule amène la rencontre avec soi, avec autrui ou avec le destin. Le charme est alors celui de l’inestimable καιρόϛ – ΚΑΙΡΟΣ.

     


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