• Juillet 2017

     

    Quand Minh-le-mousse prend la plume, c'est souvent pour narrer la vie du Nazaréen. Et disons le tout net, la culture du mousse en la matière fait de lui un véritable érudit ! Ben oui. Rien de moins !

     

    Bon. Il sait aussi écrire d'autres trucs tout aussi captivants... La preuve ?

     

    - Cette esquisse de Jason et la Toison d'Or, de Castor et Pollux...

     - Cette histoire d'un certain jour de mai 2017 où Hermès (dieu du commerce, gardien des routes et des carrefours, patron des voyageurs et des voleurs, conducteur des âmes aux enfers et messager de Zeus et des dieux) a omis de faire son habituel p'tit tour dans le royaume des morts...

     - Cette subtile différence entre les sculptures réalisées par Polyclète et celles façonnées par Lysippe...

     - Et beaucoup d'autres trucs encore !

     

  • Ils étaient aussi deux, et composaient aussi une œuvre commune en rapport avec la mer. Pas n’importe quelle mer, mais la Mer Méditerranée, et surtout la partie orientale. L’un se nommait Euxithéos ( Εὐξίθεος – ΕΥΞΙΘΕΟΣ). L’autre, Oltos ( λτος – ΟΛΤΟΣ).

    Ils parlaient donc de navigation, des dangers redoutés, des prodiges survenus, des frayeurs des marins, du rapport inéluctable avec les divinités.

    Euxithéos agissait en premier, donnait le déclic, posait les fondements, ancrait la structure matricielle dans les faits.

    Oltos intervenait après. Il bâtissait par-dessus les éléments primitifs, ajoutait l’ornement, et rendait l’ensemble désirable.

     

    Duo d'auteurs

     

    Ensemble, Euxithéos et Oltos rendaient hommage à deux marins inséparables, qui avaient pris la mer pour participer à une quête, qui était aussi une conquête. Au cours de cette expédition, une violente tempête avait menacé de faire sombrer la nef dans l’abîme, quand soudain, une auréole avait commencé à recouvrir la tête des deux marins. Immédiatement, l’orage s’était arrêté et les flots s’étaient calmés. Depuis cet instant, les deux marins, qui avaient été le réceptacle du prodige, étaient considérés comme des divinités tutélaires de la navigation.

     

    Duo d'auteurs

     

    Eux aussi étaient deux à recevoir le présage, pour constituer à leur tour le présage tant guetté par les marins de l’Antiquité quand la foudre menaçait de s’abattre sur l’embarcation. Une seule lueur annonçait la catastrophe. Deux lueurs simultanées signifiaient la proximité de la délivrance.

    La nef était l’Argo. Le capitaine était Jason, qui recherchait la Toison d’Or. Les deux marins choisis par le feu miraculeux étaient Castor et Pollux. La langue française nomme ce phénomène lumineux « le feu de Saint-Elme ». Et quand les deux lueurs violettes apparaissaient au sommet d’un mât errant, savait-on laquelle était Castor et laquelle était Pollux ?

     

    Duo d'auteurs

     

    Sur la place du Capitole à Rome, se dressent les silhouettes de Castor et Pollux. Qui peut dire qui est Castor, qui est Pollux ? Le sculpteur n’a laissé aucun indice !

     

    Duo d'auteurs

     

    Castor et Pollux n’ont pas des généalogies rigoureusement identiques. Mais cette différence en amont se voit-elle dans leurs silhouettes ou leurs tenues vestimentaires ?

     

    Duo d'auteurs

     

    Sur la place du Quirinal à Rome, les silhouettes de Castor et Pollux tiennent compagnie à l’obélisque.

     

    Duo d'auteurs

     

    Laquelle des deux serait celle de Castor, le dompteur de chevaux tandis que l’autre serait celle de Pollux, le pugiliste ?

     

    Duo d'auteurs

     

    Est-ce si important de savoir qui est l’un et qui est l’autre ? N’est-ce pas l’harmonie de l’ensemble qu’il faut retenir et admirer ?

    Castor et Pollux, les deux inséparables, ont stimulé l’inspiration d’Euxithéos, le potier, et d’Oltos, le peintre.

     

    Duo d'auteurs

     

    Le potier fait émerger la forme géométrique du vase, l’élégance de son profil, la sensualité de ses rondeurs. En l’occurrence, il s’agit d’une coupe au corps large et peu profond, doté de deux anses presque horizontales. Elle est destinée aux libations et aux banquets. Les anciens Grecs l’appellent kylix ( κύλιξ – ΚΥΛΙΞ )

    Puis le peintre développe ses traits, qui épousent les volumes, et pose ses couleurs, qui magnifient le relief.

     

    Duo d'auteurs

     

    La beauté de l’ornement pourrait-elle exister en dehors de la matérialité du support ? La matière première serait-elle autant valorisée sans l’ajout de l’ornement ? Ce qui est complémentaire dans la conception est même fusion, physiquement, car la cuisson au four rend l’argile solidaire à jamais de sa parure. L’œuvre n’est plus double, mais une !

    L’objet d’art issu des talents conjugués d’Euxithéos, le potier, et d’Oltos, le peintre, est un vase attique dédié à Castor et Pollux.

    Qui a signé l’ouvrage commun ? Celui qui a donné l’impulsion ? Ou celui qui a apporté la finition ?

    Une double signature apparaît sur la poterie dédicacée !

     

    Duo d'auteurs

     

    De même, la navigation du Zeph est la concrétisation d’une gémellité conceptuelle, à l’instar de celle qui existait entre Castor et Pollux.

     

    Duo d'auteurs

     

    La chronique du Zeph est le fruit d’une heureuse complémentarité, comme celle qui existait entre Euxithéos, le potier, et Oltos, le peintre.

    L’œuvre est une réussite parce qu’elle résulte de la mise en commun de deux savoir-faire. Dissocier les apports est un contresens, une futilité !

    Savourons plutôt l’osmose des contributions et la symbiose des auteurs !

     

    Duo d'auteurs


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  • Le strigile est un instrument de toilette à la forme incurvée, que les Anciens utilisaient pour racler la peau et la débarrasser ainsi de ses impuretés.

    L’athlète au strigile a été retrouvé dans les eaux de Lošinj, là où l’Aventy a choisi de faire ses adieux à l’archipel des Kornati.

    Il est bien connu que les conclusions de l’Aventy sont toujours à rebondissement. Là où prend fin le discours iconographique de l’Aventy, commence une nouvelle histoire, comme si un sillage en cachait toujours un autre.

    L’athlète au strigile est une acquisition toute récente de l’archéologie. C’est une statue en bronze qui a été retrouvée dans les eaux croates à la fin du siècle dernier, et qui n’a été offerte au regard du grand public que depuis une douzaine d’années.

    À part le fait d’avoir été sauvé des eaux, y a-t-il autre chose qui fait de l’athlète au strigile une découverte extraordinaire ?

    D’abord, il y a l’état de conservation, qui est exceptionnel. Malgré quelques vingt-trois siècles d’exposition à la corrosion au fond de la mer, l’œuvre a résisté aux outrages du temps. Il ne manque que l’auriculaire de la main gauche.

    Mais ce qui confère véritablement à cette statue de bronze sa singularité, ce n’est pas son sort chanceux dans le giron de l’Adriatique, mais sa façon d’être, de se tenir et d’apparaître, telle que l’avait conçue et réalisée le sculpteur.

    Morphologiquement, déjà. La tête ne fait plus un septième de la hauteur de tout le corps, comme pour les statues de la génération précédente, mais seulement un huitième. D’où une silhouette plus élancée. A-t-on le droit de présenter des athlètes au corps élancé ?

     

    Les auteurs de l'athlète au strigile

     

    Maintenant, la gestuelle. Le corps est surpris dans un mouvement de torsion. Le mouvement des épaules est dans le sens inverse de celui des hanches. D’où un déhanchement très audacieux.

    La chevelure ne reflète plus le souci de l’ordre. Les cheveux ne sont plus plaqués sur la boîte crânienne, mais respirent un brin de fantaisie, et sont comme soulevés par une légère brise.

     

    Les auteurs de l'athlète au strigile

     

    Manifestement, l’on se trouve en présence d’un esprit novateur dans le monde de la sculpture antique. Le nouveau génie se nomme Lysippe. Il a travaillé à plusieurs reprises pour Alexandre le Grand.

    Avant Lysippe, il y avait Polyclète, qui prescrivait que la tête devait faire un septième du corps.

     

    Les auteurs de l'athlète au strigile

     

    Les athlètes de Polyclète exhibaient leur musculature, ceux de Lysippe montraient leur souplesse. Les corps sculptés par Polyclète impressionnaient par la force qu’ils dégageaient, les corps bâtis par Lysippe attiraient par leur expressivité et leur coquetterie. On peut rester immobile pour contempler une œuvre de Polyclète, mais on est toujours invité à bouger et à accompagner le déhanchement de l’athlète pour comprendre une œuvre de Lysippe.

    Les silhouettes créées par Polyclète imposent. Celles modelées par Lysippe séduisent.

    Quel itinéraire l’Aventy a suivi pour parvenir sur les lieux de la découverte de l’athlète au strigile ? D’abord, il y a eu la traversée de l'Adriatique entre la presqu'île du Gargano et Korčula, puis la remontée au milieu de l’archipel des Kornati, et finalement une traversée dans l'autre sens, jusqu’à Ravenne. Départ de la côte occidentale de l’Adriatique, cap au Nord-Est pour atteindre la côte orientale, puis cap au Nord pour longer la côte orientale, et cap au Nord -Ouest pour retrouver la côte occidentale. En suivant le sillage de Denys l’Ancien, l’itinéraire de l’Aventy a fait un déhanchement à la manière de Lysippe, sans le savoir. Et dans quelle direction a eu lieu ce déhanchement ? Dans la direction de Delphes !

    Le Zeph a-t-il fait aussi des déhanchements à la manière de Lysippe ? À la sortie du Canal de Corinthe, il a pris ses quartiers à Κιάτο – ΚΙΑΤΟ, sur la rive méridionale du Golfe de Corinthe. Puis le Zeph a traversé le Golfe pour se nicher à Αντίκυρα – ΑΝΤΙΚΥΡΑ, puis à Ιτέα – ΙΤΕΑ, sur la rive septentrionale. Pendant un court laps de temps, l’indisponibilité de Ναύπακτος – ΝΑΥΠΑΚΤΟΣ a fait éclore l’idée d’aller à Πάτρα – ΠΑΤΡΑ et de rejoindre à nouveau la rive méridionale après le fameux pont d’ΑντίρριοΑΝΤΙΡΡΙΟ. C’est l’attente de Freja qui a fait que le Zeph a abandonné Πάτρα – ΠΑΤΡΑ au profit de Μισολόγγι – ΜΙΣΟΛΟΓΓΙ, qui est sur la rive septentrionale. Ainsi le Zeph a aussi esquissé un déhanchement, sans le mener jusqu’au bout. Même inachevé, le déhanchement du Zeph dans le Golfe de Corinthe avait lieu clairement en direction de Delphes.

    Même portée symbolique pour les deux déhanchements, bien qu’ils aient eu lieu dans deux contextes spatio-temporels différents et indépendants. Étrange coïncidence ! Encore une !

     

    Les auteurs de l'athlète au strigile

     

    Il existe maints autres endroits pour dire au revoir à la Croatie. Mais l’Aventy a choisi d’imprimer une torsion à son itinéraire là où les eaux croates ont rendu aux terriens une œuvre magnifique, qui montre fièrement la torsion osée par Lysippe.

    Sans le geste inspiré de l’Aventy, le jardin des antiquités du Zeph se serait privé pendant longtemps de la silhouette de l’athlète au strigile. Lysippe, en personne ou à travers ses disciples, est l’auteur de cette statue de bronze. L’Aventy est l’auteur de l’apparition de cette œuvre dans l’imaginaire artistique du Zeph.


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  • La Deuxième Symphonie de Gustav Malher est encore appelée Symphonie de la Résurrection.

     

     Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    L’une des interprétations les plus mémorables a été réalisée par Claudio Abbado, au festival de Lucerne, en 2003. Le public était si envoûté par le voyage initiatique proposé qu’il restait plongé dans un silence religieux après la toute dernière note, oubliant presque d’applaudir.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    Le maestro, qui souffrait d’une maladie réputée incurable, venait d’apprendre une bonne nouvelle : le sort funeste semblait épargner sa proie et l’étau de la mort s’est desserré. Le miracle de la rémission a habité toute l’interprétation en apportant l’intensité émotionnelle en lien avec le tragique du vécu.

    Une autre Symphonie de la Résurrection, moins médiatique que celle de Gustav Mahler, mais tout aussi émouvante, se joue, non pas à Lucerne, en Suisse, mais entre Saône et Rhône.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    Les premières notes parlent du bruissement de la vie un dimanche matin, de l’attrait de l’artisanat, du plaisir du négoce.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    Les joies du marchandage appartiennent à la sphère d’Hermès.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    Puis vient l’alerte, et la découverte du danger. À l’autre bout du fil, une voix énergique et persuasive insiste pour que l’essoufflement, étrange et inquiétant, soit déclaré et soigné tout de suite à l’hôpital. La communication, même par les ondes de l’électromagnétisme, est du domaine d’Hermès.

    Sans ce coup de fil décisif, la vie se serait arrêtée ce dimanche 14 mai 2017.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    En effet, l’hôpital cardiologique détecte une embolie et reconnaît qu’elle est soignée à temps.

    Dans la cité des Gaules, il existe un portrait d’Hermès qui côtoie celui des Parques.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    Dans cette représentation, le Messager de l’Olympe lève la main droite, comme pour dissuader la Parque de couper le fil de la vie.

     

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     C’est cet Hermès intercesseur qui a empêché le Zeph d’être orphelin depuis huit semaines.

    Une des fonctions d’Hermès est d’accompagner les défunts vers leur lieu de séjour.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    L’on se souvient que c’est Hermès qui a ramené Eurydice aux Enfers, après qu’Orphée s’est retourné pour la voir.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

     Ce dimanche 14 mai 2017, Hermès n’était pas prêt à remplir ce rôle. Hermès aurait-il eu pitié du Zeph ? Sans aucun doute. C’est la seule explication.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    Mais qu’est-ce qui a motivé la clémence d’Hermès ?

    Il y a trois ans, quand le Zeph était mis à l’eau pour la première fois, en tant que Zeph, il n’a pas oublié de rendre grâce aux divinités et de leur offrir une libation à la pointe de la proue.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

     Le marin qui avait été volontaire pour aider le Zeph à accomplir ce geste de piété envers les divinités était justement celui qui a dit avec force et insistance qu’il fallait se rendre, sans tarder, à l’hôpital, ce dimanche 14 mai 2017.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    La main qui avait spontanément participé à la libation était aussi la main qui s’est préoccupée de ranger la coupe au crépuscule. Cycle complet du rituel de la piété. Il va de soi que les divinités ont choisi un homme pieux pour être le porte-parole de leur clémence.

    Il s’avère que celui qu’Hermès a choisi pour indiquer au Zeph le chemin de la délivrance est aussi un disciple d’Asclépios. Et de tous les disciples d’Asclépios qui ont à faire avec la fracture du bras, c’est le seul à avoir tout juste, tout de suite, dès le départ ! Exactitude remarquable de l’intuition de l’embolie, puis exactitude tout aussi confondante de l’intuition de la phlébite avec la nécessité d’un Doppler. La perspicacité du jugement médical est une récompense accordée à un comportement pieux.

    Le disciple d’Asclépios, qui bénéficie de la faveur d’Hermès, porte un prénom qui laisse à penser qu’il est l’ami des chevaux. Sa compagne est aussi disciple d’Asclépios. Leurs enfants, à tour de rôle, ont postulé pour être, eux aussi, disciples d’Asclépios.

     

    Les auteurs de la Symphonie de la Résurretion

     

    Ainsi, depuis huit semaines, le destin du Zeph résonne tel une Symphonie de la Résurrection. Hermès, puis Asclépios en sont les auteurs. Les divinités expriment ainsi leur clémence à l’égard des marins qui pratiquent la piété.

     

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  • Une semaine avant que les cieux de la Gaule ne scintillent et ne crépitent à l’occasion des festivités nationales, l’Aventy montre au Zeph le magnifique feu d’artifice de Ravenne.

    Plusieurs rampes de tir composent le spectacle, qui est de renommée internationale. De l’avis des experts, les artificiers installés sur l’emplacement du Mausolée réalisent une prestation exceptionnelle, qui devancent les autres en temps et en faste.

    Préalable au déploiement du talent des artificiers : le beau temps, un ciel pur, sans aucune pollution lumineuse causée par l’homme.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    Elle est là, la voûte céleste idéale, constellée d’étoiles.

    Mais par ci, par là, se mettent à apparaître des éclosions circulaires, évoquant une expansion radiale.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    Le feu d’artifice aurait-il déjà commencé ? L’on dirait.

    La teinte dominante privilégiée par les artificiers est le bleu.

    Feu d’artifice permanent, que les vivants avaient offert aux défunts il y a seize siècles, puis que les défunts ont offert aux vivants de nos jours. Spectacle devenu intemporel, dont la cause est la mort, c’est-à-dire la séparation inéluctable, et dont l’objectif est de proclamer des retrouvailles, le retour à la vie, le triomphe sur la mort.

    Lieu des retrouvailles : l’Éden reconquis. Rien que ça ! En effet, le décor est planté, en cohérence avec le retour à la vie.

    Pas de vie sans eau. De l’eau pour le règne végétal ainsi que pour le règne animal.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    De l’eau en abondance, comme en témoigne l’exubérance de la végétation. De l’eau qui rend féconde la terre et la comble de fleurs et de fruits.

      Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

     Le feu d’artifice fait éclore un superbe jardin, un Éden.

    De l’eau apparaît aussi explicitement sur les murs supérieurs des voûtes. Des cerfs s’abreuvent à une source. Des colombes boivent dans une coupe. Eau disponible à l’état libre, ou par le biais d’un savoir-faire.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    Image de paix et de sérénité avec les deux cerfs qui se désaltèrent en toute quiétude. Les conditions paradisiaques ne sont pas dues au hasard. En effet, le tableau des deux cerfs est coiffé par une arcade dont l’intrados montre un alpha et un oméga. Début et fin de l’alphabet grec, pour signifier que le paradis sur terre était le projet initial et reste l’objectif ultime. Mais la position surélevée de l’inscription grecque évoque aussi une transcendance, qui est l’Alpha et l’Oméga de toutes choses.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    L’eau qui étanche la soif des colombes apparaît sur chacun des quatre murs supérieurs, donc aux quatre coins cardinaux. Quatre, comme les quatre bras du fleuve qui irriguait jadis l’Éden (livre de la Genèse, chapitre 2, versets 10 à 14).

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    La coupe d’eau fraîche est placée entre deux personnages masculins, des « envoyés » pour renseigner sur le calendrier de l’Alpha et de l’Oméga. « Envoyé » se dit en grec Απόστολος – ΑΠΟΣΤΟΛΟΣ. Les personnages debout de part et d’autre de la coupe d’eau sont donc des apôtres. Sur l’un des tableaux, l’on reconnaît aisément l’apôtre Paul et l’apôtre Pierre.

    L’eau de la coupe ne fait pas disparaître seulement le dessèchement des lèvres ou du gosier. Elle apaise aussi une autre soif, dont parle le Christ au cours de son entretien avec la Samaritaine.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    Il lui dit :

     ὃς δ' ἂν πίῃ ἐκ τοῦ ὕδατος οὗ ἐγὼ δώσω αὐτῷ, οὐ μὴ διψήσει εἰς τὸν αἰῶνα

    ΚΑΤΑ ΙΩΑΝΝΗΝ ΑΓΙΟΝ ΕΥΑΓΓΕΛΙΟΝ

     

    « Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif »

    Évangile selon Jean, chapitre 4, verset 14

     

    Les apôtres sont chargés de diffuser la Bonne Nouvelle selon laquelle cette eau de la vie est disponible pour qui veut la recevoir.

    Un feu d’artifice qui met en valeur la présence de l’eau ! Comme à Versailles. Ou plutôt, bien longtemps avant Versailles !

    Laissons-nous guider par l’allusion à Versailles. Y a-t-il un pouvoir royal qui se trouve magnifié par ce somptueux feu d’artifice ?

    Les symboles de la royauté sont l’or, pour la magnificence, et la pourpre, pour la puissance.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    L’or et la pourpre sont réunis ostensiblement dans une scène, dite du « Bon Berger ». Le manteau est pourpre. L’auréole est d’or. Le berger est un Berger-Roi.

    C’est ce Roi-Berger qui veillera à la bonne marche de l’Éden retrouvé.

    La vision de la royauté du Berger n’est pas immédiate. Habituellement, le visiteur doit se retourner pour l’apercevoir. La scénographie tient compte de l’ordre de préséance : le Roi voit avant d’être vu. Logique du protocole de visite : présenter le domaine avant de révéler l’identité du régisseur. Art de ménager le suspense dans un conte : éblouir avant de livrer la clé de l’éblouissement.

    Le spectacle pyrotechnique serait incomplet sans la musique. Effectivement, le feu d’artifice de Ravenne se donne avec de la musique ! Il s’agit même de la musique des corps célestes.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    Les vibrations chromatiques des floraisons circulaires et concentriques traduisent des harmonies acoustiques qui en émanent et emplissent le firmament.

    Le somptueux feu d’artifice est né de la volonté d’une femme, qui était fille et petite-fille d’empereurs, sœur d’empereurs, femme d’empereur, et mère d’empereur. Galla Placidia était son nom.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     

    L’impératrice, qui a donné l’impulsion, et son conseiller artistique, qui a procédé à la mise en forme, étaient les auteurs du magnifique feu d’artifice.

    La contribution de l’Aventy est loin d’être négligeable. Divinement inspirée, l ‘Aventy fait la promotion d’un spectacle pyrotechnique d’une magnificence inégalable et de très haute spiritualité.

    Qui a connu la perfidie d’une embolie et vu le fil ténu de la vie prêt à se rompre ne peut rester indifférent au message porté par le feu d’artifice organisé par Galla Placidia à Ravenne.

     

    Les auteurs du feu d'artifice de Ravenne

     


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  • Juillet s'écoule dans un long voyage immobile !

    L'oxymore est aussi visible que dans l'obscure clarté qui tombe des étoiles, de Corneille.

     

    Juillet c'est cool !

    Le beau ZEF est empli d'une si belle tristesse de ce lent périple où la terre n'est jamais loin..., en fait, à peine sous sa quille, qu'il suffit d'une échelle pour y accéder.

     

    Juillet c'est cool !

    Un vent délicieux et amer souffle en rafales justifiant alors, si besoin était, une escale qui n'en finit pas...

     

    Juillet c'est cool !

     

    Juillet c'est cool !

    L'escale, justement, chargée de splendeurs invisibles qui ne se révèlent qu'au voyageur dans le besoin... Comme elle est magnifique, l'escale, lorsqu'elle ponctue le voyage au long cours, lorsqu'elle offre au voyageur sa protection et parfois, sous des aspects sauvages, son incroyable proximité avec la terre nourricière. Bon. Ça serait bien si elle se faisait plus courte !

     

    Le temps passe, inéluctable. J'en mesure la durée à la longueur de ma rééducation ! 4 mois depuis l'accident et bientôt 2 mois déjà que j'entreprends de reconquérir ma main et la mobilité de mes doigts ! Avec si peu de résultats !... C'est comme une sourde douleur qui me crie dans les oreilles de me hâter, lentement mais sûrement. Persévérer dans ce long combat pacifique pour une phalange, un nouveau mouvement, la simple rotation du pouce ! Pouvoir serrer une vis entre mes doigts, saisir une amarre et déboucher une bouteille... Je n'en demande pas plus ! Comme quoi, la vie du marin se résume à peu de chose, non ?

     

    Juillet c'est cool !

    Dans l'approche de Port Napoléon, une friche industrielle, quelques murs tels un squelette vide qui se prête aux artistes urbains.

     

    Juillet c'est cool !

    Comme une explosion de lumière, une fin du monde...

    Comme une lueur meurtrière, une peur profonde !

    C'était hier... La vie encore, quelques secondes !

    Ah ! C'est beau !

     

    Juillet c'est cool !

     

    Juillet c'est cool !

    Alors, juillet, pour le moment, c'est une échelle à monter puis à descendre...

     

    Juillet c'est cool !

     

    Juillet c'est cool !

    ...Et quelques balades au bord de l'eau.

     

    Ça paraît léger comme programme, non ?

    Ben c'est tout le contraire !

    C'est usant.

    C'est fatigant.

    C'est éprouvant.

    C'est éreintant.

    Et j'en passe !

     

    Quand j'pense qu'en ce moment même, y'en a qu'y doivent se coltiner le meltem, les ancres qui chassent, les ports et mouillages bondés de flottilles en tout genre, les vagues traîtresses du ressac causé par ces ferrys qui déboulent partout dans les ports, les 45 ° de soleil, les méduses, les gens qu'y parlent que du grec, la poussière, l'ouzo trop chaud, et tout ça pour voir 3 bouts de colonnes et 2 frises posés sur un bout de caillou surchauffé, ben franchement, on s'demande pas c'que je fais donc encore ici ?

     

    A bientôt !


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