• Juin 2017

     

    Quand Minh-le-mousse prend la plume, c'est souvent pour conter l'Histoire, même si, ô rage, ô désespoir (comme disait Pierre), elle n'est pas souvent un conte !

     

    Ainsi en est-il du sac d'Otrante. (Le sac du saccage, hein ? Pas celui de la comtesse !) 12000 morts quand même... Et que dire de la bataille navale de Curzola entre les républiques de Gênes et de Venise ? 65 galères coulées. 7000 morts... Et tous ces morts, encore, quand Denys l'Ancien, tyran de Syracuse, combat la suprématie de Carthage ?

     

    Bon. Il n'y a pas que du sang et des larmes... Ce mois, c'est aussi cette belle rencontre avec l'ERICANTE et ces couleurs si pures distillées par l'AVENTY lors de sa croisière croate.

     

     

     

  • Il y a douze jours, le Zeph a suivi l’Aventy jusqu’au sanctuaire Santa Maria de finibus terrae, jusqu’aux confins de la Terre. Question toute naturelle et légitime : peut-on encore trouver quelque chose après les confins de la Terre ? À quoi faut-il s’attendre quand on a atteint les extrémités de la Terre ? Peut-on continuer sa route au-delà ? Qu’y a-t-il encore à découvrir dans cet au-delà ? À moins que les extrémités de la Terre ne rejoignent d’autres extrémités de la Terre, contraignant ainsi le voyageur à rebrousser chemin. L’Aventy n’a pas fait demi-tour. Quel spectacle s’est donc offert à l’Aventy après les confins de la Terre ? Celui de la fin des temps !

    Fin des temps pour les habitants de la cité portuaire Otranto, assiégée par une flotte turque de cent navires.

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    L’assaut final a eu lieu le 11 août 1480. Fin des temps pour la population locale : sur les 22 000 âmes qui y vivaient, 12 000 ont été impitoyablement massacrées.

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    Fin des temps pour l’archevêque, les prêtres et le commandant d’Otranto, qui ont été sciés en deux !

    Fin des temps aussi quand tout le savoir accumulé dans la plus vaste bibliothèque de l’époque en Occident partait en fumée à cause de l’incendie criminel allumé par les assaillants.

    De cette tragédie de fin du monde, l’Aventy a rapporté pour le Zeph le souvenir poignant de 800 martyrs, abattus et décapités à cause de leur patriotisme et de leur refus de trahir le Nazaréen.

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    Le périple au-delà des confins de la Terre ne se poursuit pas sans frissons. Là où la Terre du géographe s’arrête, le temps de l’historien continue de hurler ses trauma.

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    La photo des reliques des 800 martyrs n’est pas la photo qui conclut l’envoi de l’Aventy. Avant de s’éloigner du rivage d’Otranto, l’Aventy donne à voir « l’Arbre de la vie » qui apparaît sur le sol de la cathédrale. On reconnaît le talent et l’ingéniosité de l’Aventy.

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    Évocation de la vie, invincible car sacrée, en dépit d’innombrables manquements de ses bénéficiaires. Ça, c’est pour le message du programme iconographique.

    Quant au support matériel du projet décoratif, c’est une mosaïque monumentale. Avec ses 1512 mètres carrés, c’est la plus vaste en Europe. L’artiste qui l’a réalisée était un moine du monastère qui a vu son illustre bibliothèque incendiée par l’Ottoman. Les parchemins et les registres de papier étaient partis en fumée, mais l’immense livre de pierre, épargné miraculeusement par l’ennemi, a survécu.

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    En offrant au Zeph la vision de « l’Arbre de vie » d’Otranto, l’Aventy conte l’histoire d’un miracle. Non pas le miracle de la vie, mais le miracle de la conservation de la vie.

    Y a-t-il un message plus réconfortant que celui-là, pour un Zeph qui tremblait, il n’y a pas si longtemps, à l’idée de devenir subitement orphelin ?

    Otranto proclame donc aussi la fin des temps marqués par la tyrannie de la mort. Après les confins du monde, surgit la perspective d’une Nouvelle Terre, sous de Nouveaux Cieux.

    La promesse est explicite dans la deuxième épître de l’apôtre Pierre :

    « καινοὺς δὲ οὐρανοὺς καὶ γῆν καινὴν κατὰ τὸ ἐπάγγελμα αὐτοῦ προσδοκῶμεν, ἐν οἷς δικαιοσύνη κατοικεῖ. »

    ΠΕΤΡΟΥ Β

     

    « Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera. »

    Deuxième épître de Pierre, chapitre 3, verset 13

     

    Comment les Écritures définissent-elles la « Nouvelle Terre » ?

    Il s’agit d’une Terre où la Justice élira domicile.

    Mais l’idée de la justice n’est-elle pas associée à la figure prophétique de Salomon ? Bien sûr que si !

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    Et le rayonnement de la justice de Salomon peut-il être évoqué sans mentionner la venue de la Reine de Saba ? Absolument pas !

    C’est pour cela que la mosaïque monumentale d’Otranto exhibe sans équivoque, dans un face-à-face de deux médaillons, les portraits de Salomon et de la Reine de Saba.

     

     

     

    Après les confins de la Terre

     

     

     

    L’Aventy a mené le Zeph à leur rencontre, au sanctuaire Santa Maria de finibus terrae. Retrouver leur sublime présence à Otranto est un magnifique présage.

    Comme la cohérence des révélations apportées par le périple de l’Aventy est époustouflante !

    Le dernier envoi de l’Aventy comportait douze photos : les trois premières étaient encore consacrées à Santa Maria di Leuca tandis que les huit photos de la fin parlaient d’Otranto. Il y a donc eu cohérence, non seulement par rapport au signifié, mais aussi par rapport au signifiant.

    Le Zeph est très heureux de suivre le sillage de l’Aventy.

    Avec éloquence, l’Aventy montre que le partage supplée l’immobilité, et que l’exhortation à préserver l’élan vital est le plus beau cadeau dans une amitié née de la mer.

     

     

     

    Après les confins de la Terre


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  • Je disais donc que je reprenais le fil, en ce beau mois de juin, et ce, après avoir cogné tout le mois de mai à la porte du Grand Manitou, sans succès d'ailleurs (et c'est tant mieux) ! Trop jeune paraît-il pour faire la grande envolée ! Pas assez malade qu'y disent, là-haut. Et là-haut, la décision du service des admissions est sans appel ! Y veulent ou y veulent pas. Et quand ils veulent pas, ben tu t'en retournes dans ta " home ", tu regardes le ciel et tu leur cries : JE REVIENDRAI ! ... Mais pas tout de suite !

    Alors, de retour sur le plancher des vaches, comme aux Césars (y'a aucun rapport...), je remercie mon père, ma mère, ma sœur et mon cousin, Minh et son chien (il n'a pas de chien, mais c'est pour la rime), l'Aventy, l'Alberto et le Freja, respectivement la Caty, le Toto et Nicolas, et tous les autres pour leur gentille sollicitude.

    Et c'est avec un vrai plaisir que, aujourd'hui, j'ai rejoint le beau ZEF !

    Je reprends le fil...

    Bien sûr, le bateau est au sec, mais c'est bien sympa de boire un p'tit coup à l'ombre, dans not' p'tit jardin fleuri..., en attendant une future mise à l'eau.

    Je reprends le fil...

    ERICANTE à quai, à Port-Saint-Louis-du-Rhône. Ça fait quelques temps déjà que le blog de ce joli sloop au mât vert se trouve dans la barre de mes favoris ! Et là, hier, sur le chemin du ravitaillement, que ne vois-je donc pas ? Un mât vert ! Alors, ni une, ni deux, avec Minh, on part leur faire un p'tit coucou ! Normal quoi ! Un p'tit coucou avec 4 bières et des chips ! Un p'tit coucou qui va se prolonger avec un gratin de poissons + épinards et un p'tit verre de grave. Grave ? Le rouge, hein ! Le grave du Bordeaux. Rien de grave donc ! 

    Je reprends le fil...

    Et à l'habitude, une habitude très plaisante (c'est d'ailleurs pour ça que c'est une habitude puisqu'on le fait tout le temps) à guetter le soleil du matin et ses reflets sur le port.

    Je reprends le fil...

     

    Le truc moins plaisant dans cette habitude, c'est que pour choper le lever de soleil et ses teintes pastels, faut se réveiller avant lui ! J'aurais préféré que Minh prenne l'habitude de guetter les moments où le soleil se couche, c'est moins fatiguant !

    Je reprends le fil...

    Comme un bonheur n'arrive jamais seul (c'est valable aussi pour les ennuis qui arrivent par vagues successives...), ERIC et ANTE (c'est le nom de ceux qui de nos hôtes sont devenus nos invités, et accessoirement c'est aussi le nom de leur bateau) sont venus à bord du ZEF pour quelques verres de champagne et de fil en aiguille, sont restés pour partager notre repas : sauté de rien aux courgettes et asperges ! Repas végétarien quoi ! C'était bien bon...

    ERIC et ANTE s'en retournent chez eux, tout là-bas là-bas, chez les Bretons... Comme ils sont Bretons, je n'ai pas trop fait de blagues vaseuses... Ah, ah, ah !

     


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     Le Zeph tient le fil d'Ariane donné par l'Aventy pour explorer le Sud de la péninsule italienne, pour aller de Licata à Siracusa, puis à Crotone, Santa Maria di Leuca, Otranto, Brindisi et Bari. Mais le véritable labyrinthe n'est pas la topographie des ports et des mouillages, mais le foisonnement et l'enchevêtrement des signes dissimulés, des messages sibyllins, des visions prophétiques.

    C'est l'Aventy qui décide de l'orientation de l'itinéraire, de la longueur de la progression, de la prise en compte de tel ou tel amer, de la valorisation de tel ou tel repère visuel. Le Zeph se fie entièrement à l'inspiration de l'Aventy, qui prend en charge le fractionnement du chemin, son incurvation et sa ponctuation.

    Mais par rapport à ce labyrinthe des symboles et des signaux cachés, y a-t-il eu un Minotaure à éliminer ?

     

     

    Comme le veut le scénario crétois, c'est l'Aventy qui a conduit le Zeph vers le monstre dont il fallait venir à bout. La rencontre a eu lieu aux premiers jours du mois de mai, quand l'Aventy a exhibé les métopes du Temple C de Selinunte.

     

     

    Le triomphe sur le Minotaure a son équivalent dans la décapitation de la Méduse. Éloignement de la menace de mort. Suppression d’une présence maléfique. Fin de l’impuissance devant la cruauté du sort.

    Mais une fois le Minotaure vaincu, il fallait encore trouver la sortie du labyrinthe. Sans le fil d’Ariane, pas de retour à la lumière libre, pas de délivrance complète. Sans le fil d’Ariane, la sensation de recommencer à l’infini le même parcours peut engendrer le découragement, la panique et le désespoir.

     

     

    Après la disparition du danger de nécrose, le chemin du Zeph vers un soulagement total doit passer d’abord par l’angoisse des embranchements, des impasses et des fausses pistes. Au cours de ce chemin long et compliqué vers la guérison complète, le Zeph reçoit l’aide de l’Aventy, qui le fait progresser de jalon en jalon, en lui envoyant des signaux pour lui redonner le moral. Semaine après semaine, l’Aventy dit au Zeph les amers qu’il faut retenir pour avancer dans le temps labyrinthique, sans céder au désarroi et à l’effondrement à cause des innombrables ramifications trompeuses.

     

     

    Le dernier repère visuel est l’une des sept sculptures qui coiffent la rosace de la façade de la cathédrale de Bari. C’est la deuxième sculpture quand l’arc décoratif est parcouru dans le sens des aiguilles d’une montre.

     

     

     La sculpture exhibée dans la photo qui conclut l’envoi de l’Aventy est un assemblage de deux créatures, mais pas l’une à côté de l’autre. Pas de conjugaison des forces par une juxtaposition latérale, où l’apport de l’un pourrait être équivalent à celui de son voisin.

     

     

     À l’horizontalité, l’artiste préfère la verticalité. Ainsi, une créature chevauche l’autre, la domine. Dans ce rapport de force, se lit aussi la définition de ce qui est l’amont et de ce qui est l’aval. Relation physique, lien logique, enchaînement chronologique. La silhouette hybride serait une scène d’enfantement, où la créature qui s’étire vers le haut, accouche de la créature qui émerge comme d’un ventre maternel.

     

     

    La torsion du corps d’en haut évoque les efforts pour accoucher. Les grimaces du visage traduisent les douleurs de l’enfantement.

     

     

    La physionomie de la créature d’en haut est celle d’une femme. La morphologie de la créature d’en bas pourrait la rattacher à la famille des canidés.

     

     

     Donc, enfantement monstrueux, engendrement maléfique.

     

     

    Que vient faire ce spectacle d’horreur sur la façade d’une cathédrale ? Il s’agit de protéger le sanctuaire en éloignant les créatures maléfiques, qui sont combattues en leur renvoyant l’image de leurs corps hideux.

    Combattre la monstruosité par la monstruosité : c’est une stratégie très en vogue dans l’art médiéval bourguignon. Voilà qui renoue avec les itinéraires de découverte offerts par l’Aventy à l’occasion des deux escales à Melay.

    Stratagème du miroir pour vaincre l’ennemi. Voilà qui rappelle comment Persée a pu s’approcher de la Méduse pour la décapiter, sans avoir à affronter directement le regard du monstre.

     

     

    Le héros s’est servi du bouclier que lui avait offert Athéna et dont le poli permettait d’avoir une image de la Méduse et de localiser sa position. Exploiter l’image de l’ennemi pour le combattre, l’art médiéval occidental s’est souvenu de la leçon pour protéger l’espace sacré.

    L’exhibition de la silhouette hybride dans la photo de conclusion est donc en parfaite cohérence avec le savoir-faire antérieur de l’Aventy.

    Y a-t-il un message prophétique dans cette mesure défensive mise en évidence par l’Aventy ? En quoi le Zeph est-il concerné par le surgissement du spectacle hideux qui conclut l’envoi de l’Aventy ?

    Selon l’art médiéval bourguignon, l’affichage de cette silhouette est un geste de prévention. Contre quoi l’Aventy veut-elle protéger le Zeph ? Contre des accouchements monstrueux, semblables à celui où une femme enfante un canidé. La figure féminine représente ce qui est habituel, familier, connu. Le corps du canidé traduit ce qui est imprévisible, inquiétant et dangereux. La silhouette hybride prend forme quand l’histoire personnelle du Zeph accouche d’une monstruosité. Et c’est déjà arrivé, quand la fracture du bras a engendré l’embolie pulmonaire. Effectivement, l’apparition inattendue de l’embolie pulmonaire était le surgissement d’une monstruosité ! Dans sa sollicitude, l’Aventy a recours au stratagème médiéval pour conjurer l’occurrence d’autres accouchements monstrueux, qui mettraient en péril l’avenir du Zeph. Le choix de la photo de conclusion de l’Aventy est donc un geste prophylactique.

    Le message de l’Aventy est parvenu au Zeph jeudi dernier. La veille, l’œdème qui a inquiété et dérouté tout le monde, y compris le kinésithérapeute, s’est résorbé comme par miracle ! Bienvenue à la prophylaxie, pour éviter la répétition de la catastrophe !

     La gratitude est de mise à l’égard d’une sollicitude efficiente semaine après semaine.

    L’admiration est aussi sans bornes pour un talent de scénographe, qui s’exprime dans l’art de créer, de multiplier et d’amplifier des résonances. Résonance entre les métopes du Temple C sur l’Acropole de Selinunte et la silhouette hybride sur la façade de la cathédrale de Bari. Résonance entre l’art médiéval bourguignon et le discours iconographique dans les Pouilles, résonance qui vient du fait que les personnes qui s’embarquaient à l’époque pour retrouver le tombeau du Christ étaient venues aux postes d’embarquement avec leurs images mentales et leurs conceptions de l’art.

     

     

    En effet, entre les XIIè et XIVè siècles, Bari était le principal port de départ pour rejoindre la Terre Sainte.

     

     

    Résonance donc entre la façade de la cathédrale de Bari, qui parle des embarquements pour la Terre Sainte, et le parvis du sanctuaire Santa Maria de finibus terrae, d’où l’Aventy avait privilégié le cap sur Jérusalem !

    L’on n’est pas déçu quand on suit le fil d’Ariane de l’Aventy, loin de là ! L’itinéraire donne beaucoup d’émotions, mais il rassure par sa somptueuse cohérence.

    Merci à l’Aventy, pour le fil d’Ariane, qui réconforte le cœur du Zeph, semaine après semaine.

     

     


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    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    Le récent envoi de l’Aventy compte treize photos, dont la moitié est consacrée à la presqu’île du Gargano, dans les Pouilles, et à sa cité portuaire, Vieste. Les photos de la conclusion montrent l’arrivée en Croatie. Cet envoi est donc celui qui raconte les adieux à l’Italie du Sud. Des adieux langoureux, bien appuyés, comme si l’Aventy avait beaucoup de mal à se séparer de la péninsule et à passer sur l’autre rive de l’Adriatique.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    Depuis plusieurs semaines déjà, l’Aventy se trouve dans les eaux croates. Mais pendant tout ce temps, les photos que recevait le Zeph étaient des photos d’Italie. Certes, il y avait le temps de l’organisation matérielle, qui faisait qu’un décalage se glissait entre le moment de la captation de la photo et celui de son expédition. Mais la question du délai matériel est mineure. Ce qui est manifeste est le souci d’un récit exhaustif. C’est pourquoi le regard que l’Aventy pose sur chaque rivage est fouillé. L’on n’y sent pas la hâte, mais le désir de complétude. L’Aventy prend le temps de donner du sens à l’espace.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    La manière de faire de l’Aventy est révélatrice d’une manière d’être, particulièrement dans le dernier envoi. L’Aventy livre au Zeph plusieurs visions panoramiques de la presqu’île du Gargano. Le discours iconographique se veut insistant, comme si le territoire exerçait une aimantation irrésistible. L’Aventy a senti qu’il abritait un enjeu majeur. Quel est donc cet enjeu ?

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    Plus de huit siècles avant l’Aventy, la Bourgogne a envoyé l’un de ses plus célèbres prédicateurs pour visiter le site. L’homme était connu pour ses déplacements à dos de mule. Il se nommait Bernard de Clairvaux.

    Que venait voir Bernard de Clairvaux sur la presqu’île du Gargano ? Il venait se recueillir dans le plus ancien sanctuaire consacré à l’archange Michel en Occident.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    Y a-t-il un lien entre le sanctuaire dans les Pouilles et le Mont en Normandie ? Il y a un lien très fort entre les deux lieux sacrés, qui est un lien de filiation. Deux siècles séparent les fondations des deux sanctuaires, dictées par les apparitions de l’archange, qui est apparu d’abord dans les Pouilles, puis ensuite en Normandie.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    La construction normande prenait exemple sur le modèle apulien. L’évêque d’Avranches a envoyé deux moines auprès des autorités religieuses du Mont Gargano pour authentifier les apparitions de l’archange en Normandie. Les deux messagers sont revenus avec des reliques prélevées dans les Pouilles : un morceau du manteau rouge que Saint Michel avait porté, et une pierre où il avait laissé l’empreinte de son pied. Et la première construction montoise a adopté un schéma circulaire imitant la forme du sanctuaire italien.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

     

    Le lien de parenté entre les deux centres de culte michaélique est indiscutable par rapport à l’histoire de leurs origines. Il est encore plus saisissant par rapport à leurs positions spatiales. En effet, la droite qui passe par les deux sanctuaires passe aussi par Jérusalem. Et à mi-chemin entre le sanctuaire normand et le sanctuaire apulien, se trouve un autre centre de culte michaélique : la Sacra di San Michele, à l’entrée du Val de Suse, dans le Piémont. Disposition fascinante, alignement miraculeux !

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    Sans aucun doute, l’Aventy a ressenti cette ligne de force singulière. À cause de cette découverte intuitive, les adieux faits au rivage du Gargano ont demandé beaucoup de temps.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    À Santa Maria de finibus terrae, l’Aventy n’a pas montré le parvis du sanctuaire avec une orientation plein Est. L’ajout du phare de la science pour accompagner la colonne commémorative de l’apôtre Pierre a dévié l’axe de la photo vers le Sud-Est, et fixé le cap de la nef spirituelle sur Jérusalem.

    À Bari, l’Aventy a choisi comme conclusion la silhouette d’un être hybride, qui est une femme accouchant d’un canidé. L’Aventy a signé avec la signature de l’Occident qui s’apprêtait à embarquer pour rejoindre Jérusalem.

    Maintenant, devant le Gargano, l’Aventy est envoûtée par l’axe majeur qui relie la Normandie aux Pouilles pour aboutir à Jérusalem.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy

     

    Se peut-il que le fil ombilical de l’Aventy se soit enroulé autour de Jérusalem ?

    Par association, se peut-il que le fil ombilical du Zeph se soit aussi enroulé autour de Jérusalem ?

    La navigation de l’Aventy n’est pas faite que d’écume et de vent, elle est faite d’intuition et de méditation. Le second degré éclot à chaque instant, pour sauver le voyage de la futilité.

     

    Le fil ombilical de l'Aventy


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  • Eau de Port-Saint-Louis-du-Rhône.

    Eau de la surprise, parce qu’aux dernières nouvelles, l’Ericante batifolait encore avec les canaux de Livorno, au bord de la Mer Tyrrhénienne. Et voilà que son mât vert, si caractéristique, se dresse soudain sur la route du ravitaillement du Zeph.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Eau de la curiosité, parce que le capitaine du Zeph n’a pas résisté à l’envie d’aller saluer de vive voix des conteurs dont il apprécie énormément le sens du concret.

    Eau de la politesse donc, de la gratitude en même temps, mais aussi eau de l’hospitalité instantanée. Car tout de suite, la maîtresse de maison, Anté, a partagé sa récente trouvaille : un logiciel où tous les mouillages sont répertoriés et mis à jour avec force de détails pratiques. Confidences de navigatrice pour remercier des lecteurs, assidus seulement depuis deux mois, mais réellement sincères.

    Eau de l’encouragement, parce que l’on apprend que le capitaine Éric était un chirurgien de la main, avant de se consacrer à la voile.

    Eau du réconfort, car l’homme de science, qui nous attendait parce que l’on avait dit que l’on reviendrait dans la soirée pour apporter l’apéro, a prophétisé que tout était encore récupérable, et que la mobilité originelle serait retrouvée au bout d’un an et demi, et non pas deux ans, comme l’avaient suggéré certains praticiens lyonnais.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Eau de la bonté, parce qu’après la bière à la framboise et les chips, que nous avons apportés, l’Ericante a voulu prolonger l’échange jusqu’aux dernières lueurs du couchant, en nous proposant la dégustation d’un savoureux gratin et de plusieurs clafoutis succulents.

     

    Eau de Port Napoléon.

     

    Eau de la réciprocité, quand Anté et Éric sont venus le lendemain pour dire bonjour au Zeph, malgré leur emploi du temps extrêmement chargé. Ils sont venus avec leurs vélos de marins.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Ils ont apporté une fierté de leur terroir : les fameuses galettes de Pont-Aven, qui faisaient le bonheur du capitaine du Zeph.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Eau du protocole, quand Éric soulève la question de la meilleure forme géométrique pour savourer la boisson champenoise. Est-ce la flûte ou la coupe qui flatte le plus le palais ?

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Au fil de la conversation, l’on navigue d’une eau à une autre, par les souvenirs ou par les projections dans le futur proche.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Eau de la Bretagne

     

    Eau de l’émerveillement, qui réjouit Anté à marée haute, et fascine le capitaine du Zeph à marée basse !

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Eau de l’Océan Extérieur, de l’autre côté des colonnes d’Hercule.

    Eau de l’audace, mais qui n’effraie nullement l’Ericante. L’Ericante en parle avec aisance, comme d’un loisir familier.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Être sur les traces de Pythéas, en remontant vers le cercle polaire. Emprunter les routes de l’étain et de l’ambre.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Ou suivre le sillage d’Euthymènes, en se rapprochant de l’Équateur. Emprunter la route de la poudre d’or.

    Qu’importe ! Les deux conviennent à l’Ericante, les deux lui plaisent !

    L’Ericante a beaucoup insisté pour que le Zeph connaisse les Açores.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

    Eau du Mékong

     

    Eau de l’altruisme, de l’engagement pour des causes humanitaires, par rapport au disciple d’Asclépios qui sera plus tard le capitaine de l’Ericante.

    Eau infatigable, qui continue de rouler les alluvions laissées par l’œuvre de Marguerite Duras.

     

    Au fil de l’eau avec l’Ericante

     

     

    L’Ericante a diverti, instruit et réconforté le Zeph. Quel beau καιρός – ΚΑΙΡΟΣ pour ce premier retour sur le lieu de la chute !


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