• Juillet 2018

    De préambule en préambule, on entre enfin dans le vif du sujet ! Juillet nous voit donc voguer gaillardement jusqu'à GENOVA...

  • De tous les accomplissements du rêve de quiétude, celui qui a eu lieu à Ελαφονήσι – ΕΛΑΦΟΝΗΣΙ, à la pointe Sud-Ouest de la Crète, reste unique dans son genre. L’onde bleue poussait vers le rivage une multitude de grains dont l’extrême finesse et la couleur rose faisaient penser à la poussière de corail. Plage insolite, qui avait des reflets tantôt dorés, tantôt pourpres.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Presque personne ne marchait sur le sable bicolore, sauf nous. Parce que la plage était quasi déserte.

    Personne non plus dans les contreforts sablonneux. C’était là où nous avons choisi de dormir à la belle étoile. Aussi loin que pouvait se porter notre regard, il n’y avait ni torche, ni lampadaire, ni poteau électrique, ni antenne d’aucune sorte.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Pour ne pas souffrir de la soif, nous avions une gourde remplie de bière fraîche.

    Dormir à même le sol de l’île.

    Quiétude embaumée des effluves aromatiques.

    Nuit magique grâce à la sensation de se lover au milieu d’un écrin de pureté.

    À l’époque, le Zeph n’était qu’un concept, un vœu.

    L’existence du Zeph a multiplié les occasions pour que le rêve de quiétude s’accomplisse.

    Le premier voyage à Rome a réservé deux très belles surprises sur le chemin du retour, l’une dans les eaux italiennes, l’autre dans les eaux françaises.

    En rasant les Cinque Terre, le Zeph est tombé sur une bouée qui permettait de mouiller gratuitement devant Vernazza. Quelle veine !

    Sublime occasion pour profiter à nouveau du chemin de randonnée, mais cette fois-ci jusqu’à Monterosso.

    Quiétude en contemplant la montée des lumières à partir du débarcadère.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Quiétude en savourant la sérénité du petit matin sur un balcon qui donnait sur la plus belle vitrine des Cinque Terre.

    L’autre magnifique surprise, qui a eu lieu dans les eaux françaises, résultait d’une adéquation exceptionnelle entre le savoir-vivre des visiteurs et le cadre naturel qui les accueillait. Certes, les pins étaient splendides, le coucher de soleil était magique. Mais le facteur déterminant de l’accomplissement du rêve de quiétude était l’extrême politesse des personnes qui savouraient, sur l’eau ou sur la terre, la beauté du site.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Courtoisie constante des voisins. Aucun geste intrusif. Pas de sans-gêne engendré par le consumérisme. Pas de course à la consommation de la part de personne. Aucune avidité, aucune impatience, aucune précipitation, aucune fébrilité.

    Communion très aisée avec l’environnement : aucune entrave d’aucune sorte, surtout de la part du voisinage. Pas de saturation, mais un équilibre aéré et sain.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Pas de contrariété, pas d’agacement, pas de frustration, pas d’amertume. La paix, suave et presque irréelle, à Porquerolles, dans l’anse de Notre-Dame, ce soir-là et au petit matin.

    À l’instar du périple romain, le voyage à Naples a offert au rêve de quiétude de nombreuses occasions pour se concrétiser. L’occasion la plus mémorable a eu lieu à Corricella di Procida. La palette des couleurs, à la fois audacieuses et harmonieuses, produisait un enchantement immédiat.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Ce jour-là, le capitaine a déniché une terrasse ombragée, sur un quai lumineux et presque désert. On lui a servi une bière extraordinairement fraîche pour un prix extraordinairement doux. L’absence d’abus nous a beaucoup surpris. En ayant des égards pour le client, le commerçant contribuait au plaisir et à la gratitude du visiteur.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Délice onirique. Le rêve de quiétude s’épanchait avec bonheur dans la tranquillité qui flottait entre des façades aux yeux mi-clos et les barques nonchalantes.

    L’accomplissement du rêve de quiétude est un καιρόϛ – ΚΑΙΡΟΣ qui ne se commande pas, et qui n’attend pas non plus.

    Dès son retour sur les flots après sa mue, le Zeph a gagné un double pari, celui de l’étanchéité et de la stabilité.

    À la sortie de Marseille, et juste avant les calanques, les divinités ont même décuplé la stabilité, comme dans un geste de bénédiction.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Lors des passages précédents, le Zeph avait toujours dansé dans ces eaux, et parfois, c’était même la danse du diable qu’il avait dansée. Mais ce jour-là, la mer était très, très calme.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Pendant un long moment, le rêve de quiétude s’est accompli entre l’azur du ciel et l’onde bleue.

    Charcuterie corse pour avoir un avant-goût de la traversée.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Pour étancher la soif, un Bordeaux supérieur médaillé or, le Baron de Perlane 2012, convenait parfaitement !

    Le Zeph a commencé sa nouvelle existence en reprenant la route de Rome, avec une ligne droite entre Villefranche et l’île d’Elbe.

    Temps clément, mer calme.

    Le rêve de quiétude obtenait un accomplissement éblouissant grâce à la bienveillance des divinités.

    Une libation en guise de remerciements s’imposait.

    La lumière dorée du couchant s’associait délicieusement à la quiétude en haute mer, en rehaussant l’éclat d’une multitude bulles de bonheur.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Le rêve de quiétude a multiplié ses accomplissements sur le chemin de l’aller comme sur celui du retour.

    Halte d’une nuit à La Spezia, après le deuxième séjour à Rome.

    Le matin du départ, le ciel était bas, le temps était gris. Il pleuvait même.

    Mais ce matin-là, il y avait un rossignol à bord. Il s’est placé devant la barre qui réglait le cap, et à plusieurs reprises, il a offert ses mélodies.

     

    Le rêve de quiétude

     

    La quiétude ne signifiait pas l’inactivité ou le silence, mais une satisfaction profonde et durable, due à l’absence de situation conflictuelle.

    Il était tout à fait naturel que la quiétude engendre la bonne humeur et le désir de partager.

    Bienvenue au rossignol, et bravo pour son concert !

    Le rossignol barreur chantait la réussite de l’instant présent, qui est liée à celle des instants en amont. C’était la troisième fois que le Zeph s’arrêtait à La Spezia, et chaque halte à La Spezia était une source d’édification et de plaisir.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Le rêve de quiétude trouve pleinement son accomplissement quand la mémoire est heureuse.

    Le chant du rossignol témoigne avec éloquence que la quiétude est un état intérieur qui peut n’avoir aucun lien avec les conditions climatiques du moment.

    Le rêve de quiétude trouvait souvent son accomplissement à Port Napoléon même, loin des tourbillons de vanité.

    Point de bruit narcissique, point d’agitation de fêtards.

    La végétation du delta du Rhône à proximité pour donner au lieu un charme champêtre.

    Quiétude après des travaux de réfection à bord.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Quiétude d’un repos bien mérité.

    Responsabilités en pause, dans la position sabbatique.

    Quiétude sans clinquant, sans emphase.

    Quiétude avec la saveur de la simplicité et de l’authenticité.

     

    Le rêve de quiétude

     

    Quiétude où le temps s’arrête, non pas parce que le mécanisme horloger se grippe, mais parce que son compte n’a plus d’intérêt, parce que le présent est si beau et délicieux qu’il dure et refuse de quitter le devant de la scène.


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  •  La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Gréage du bateau. Sont-ils deux à le gréer ?

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Le cap'tain du ZEF semble bien perplexe dans son face à face avec un bout sorti de nulle part !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Le ZEF est dans les sangles.

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Effet de style ! Avec le mousse, l'art du beau peut se cacher dans une simple opération de grutage !...

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Au matin, Port Nap se réveille sous de légers pastels. L'absence totale de vent crée un monde de symétries.

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Pauvre fleur, qu'un rayon du soleil fit éclore,
    Pauvre fleur, dont les jours n'ont qu'une courte aurore ...

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    C'est au fond du port que le ZEF va quelques jours encore rêver au moment de glisser sur l'onde bleue !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Ne nous laissons pas abattre. Domptons le jour nouveau ! Cocktail olives, orange en rondelles et Romanetti ! Hop ! A la sieste !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Accessoirement à la vision du mousse de cette mise à l'eau, j'vais pas vous dire comment je me suis escagasser sur mes 2 pompes de douche et sur ma pompe de cale, toutes les 3 identiques tant dans le non fonctionnement que dans l'impossibilité de les remonter (après les avoir démonter, évidemment...) que je me suis décidé, après d'âpres combats et d'amères défaites, Ô pauvre de moi !!!, à les remplacer par du neuf en puisant dans mon porte monnaie ! Autant dire que ces 2 mois à venir vont être frugal ! Bon. En me relisant, j'me suis demandé pourquoi j'avais écrit "j'vais pas vous dire" puisque je vous l'ai dit au final ! Par contre, j'vais pas vous dire que c'était du Jabsco ! Oups, j'l'ai dit ! Non...Mais sinon, Jabsco, c'est surement vachement bien..., chez les autres ! Et devinez quoi ? J'ai racheté du ... Ah non ! Là, faut deviner. J'vais pas vous dire que c'est encore du ... Non. J'vais pas vous dire ! D'ailleurs, j'crois bien que c'en n'est pas !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Une grande sauterelle mais Ô combien moins gracieuse que l'AVENTY ! ...

     

    Ah... Et puis, tiens ! Histoire de vous amuser... : J'ai fait tomber un truc important dans les contreforts de la salle d'eau et le dit truc à glissé sous le contre-moulage... Bien sûr, y'a aucun accès. Ça s'rait trop facile. Faut forcément le récupérer par l'endroit où il est tombé ! Alors, bien sûr, (et heureusement...) y'a des ingénieurs chez BENETEAU qui ont pensé à ça : Au contre-moulage qui laisse passer des objets mais pas la main pour les récupérer... Et je pense qu'ils se sont dit qu'avec un bon coup de gite, un soleil quoi, y'a des chances pour qu'on retrouve tout ce qui est tombé dans le coin !!! Ah..., ces ingénieurs ! Dire qu'il y a "génie" dans leur nom !!! Bon. J'vous dit pas comment j'ai galéré pour récupérer le biniou ! C'était un élément vital des pompes de douche..., qui ont fini à la poubelle. Mon Dieu !... Qu'il est bête ! (Je parle de moi)... Appelez-moi jabsco tant que vous y êtes !...

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

     

     

     


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  • Le rêve d’Icare est un rêve qui a mal tourné à cause de l’échec d’une performance. Mais à l’origine de la conquête spatiale, qui s’est terminée en catastrophe, il y avait une autre conquête, voulue et organisée par son père Dédale : la conquête de la liberté.

    En effet, Dédale qui était l’architecte du Labyrinthe en Crète, a instruit Ariane, qui a ensuite aidé Thésée. Furieux, le roi de Crète a rendu Dédale responsable de la fuite des deux amants et a enfermé l’architecte dans le Labyrinthe que celui-ci avait lui-même construit. Connu pour son esprit ingénieux, Dédale a tout naturellement cherché à satisfaire son désir de liberté et celui de son fils Icare, car le père et le fils partageaient le même enfermement.

    Rêve de liberté : rêve fort légitime, exaltant même.

    Sans le rêve de Dédale, le rêve d’Icare n’aurait pas germé.

    Malgré l’écart temporel entre les deux émergences, le rêve de Dédale et celui d’Icare étaient-ils de même nature ?

    Le père précédait le fils dans la volonté et le savoir-faire, dans la décision et dans la mise en œuvre.

    Dédale voyait l’issue dans la mobilité du fluide qu’était l’air. Et son esprit ingénieux a combiné la propulsion dans l’air et la propulsion grâce à l’air.

    Ainsi, d’après Pausanias, Dédale a inventé la voile en Grèce pour renforcer la force motrice des rames. Conjuguer une ressource naturelle et l’énergie musculaire des rameurs : quelle brillante idée !

    Voile pliée et voile déployée, au ponton G réservé aux visiteurs à Port Napoléon :

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le génie de Dédale était dans le passage d’un état à l’autre. Exhiber la tension maximale sur la surface du textile pour prendre appui sur le souffle d’Éole. Faire de la membrane de lin l’interface qui assure la propulsion au-dessus des flots, et donner ainsi des ailes au bateau.

     

    Le rêve d'Icare

     

    En parlant de la légèreté et de la célérité d’une nef, la langue française utilise bien l’expression : « voler sur l’eau ». Avec quelles ailes une telle nef vole-t-elle ? Avec les ailes que lui a procurées le génie de Dédale, l’Architecte du Labyrinthe en Crète.

    Pausanias dit encore que Dédale et Icare se sont enfuis de la Crète par la mer, chacun avec son propre vaisseau :

    Ἡνίκα γὰρ ἔφευγεν ἐκ Κρήτης, πλοῖα οὐ μεγάλα αὑτῷ καὶ τῷ παιδὶ Ἰκάρῳ ποιησάμενος, πρὸς δὲ καὶ ταῖς ναυσίν (ὃ μή πω τοῖς τότε ἐξεύρητο) ἱστία ἐπιτεχνησάμενος, ὡς τοῦ Μίνω ναυτικοῦ τὴν εἰρεσίαν φθάνοιεν ἐπιφόρῳ τῷ ἀνέμῳ χρώμενοι, τότε αὐτὸς μὲν σώζεται Δαίδαλος·

    ΠΑΥΣΑΝΙΟΥ ΕΛΛΑΔΟΣ ΠΕΡΙΗΓΗΣΕΩΣ

    ΒΟΙΩΤΙΚΑ Α.

    ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ ΙΑ'

     

    En effet, lorsqu'il s'enfuit de l'île de Crète, il fabriqua pour Icare son fils et pour lui, deux petits navires ; il imagina, chose inconnue jusqu'alors, d'y ajouter des voiles pour échapper à l'aide d'un vent favorable, aux vaisseaux à rames de Minos. Dédale parvint effectivement à se sauver

    Livre IX, Béotie. Chapitre 11. Section 4.

    À ce moment-là, le rêve d’Icare était fort semblable à celui de son père. Mais la séparation spatiale soulignait l’individualisation des responsabilités. Chacun était seul responsable de son bateau, de sa navigation et de son destin.

    Icare a tiré profit de la science de son père.

    Le vent dans les voiles a-t-il permis à l’un et à l’autre de mener à bien leur projet d’évasion ?

     

    Le rêve d'Icare

     

    Dédale est arrivé sain et sauf en Sicile. Et son fils ?

    Icare a sombré au large de Samos. Depuis, ces eaux du naufrage portent le nom de Mer Icarienne.

    Qu’est-ce qui a scindé le convoi des fugitifs pour accorder à l’un une issue heureuse et à l’autre un sort funeste ?

     

    Le rêve d'Icare

     

    Ce n’était pas le souffle d’Éole ni la fureur de Poséidon qui favorisaient l’un et maltraitaient l’autre.

    C’était l’état d’esprit du capitaine qui déterminait le devenir de la navigation.

    Le vent donnait des ailes au bateau et au rêve de liberté. Mais la prudence a fait du rêve de Dédale un rêve exaucé tandis que l’insouciance a fait du rêve d’Icare un songe évanoui.

    Icare a manqué le but de sa navigation parce qu’il n’est pas resté dans le sillage physique et symbolique de son père.

    Le rêve d’Icare n’a pas abouti parce qu’il s’est mué en rêve d’indépendance et de témérité.

    Le rêve d’Icare n’était pas un rêve d’apesanteur physique.

    En se montrant négligent à l’égard des recommandations paternelles, Icare espérait être dispensé d’obéir aux principes d’organisation du cosmos. En faisant fi de ses responsabilités envers son père et envers le cosmos, Icare poursuivait un rêve d’apesanteur éthique.

    Dédale avait conseillé à son fils de suivre l’itinéraire du juste milieu, de ne pas s’approcher trop près des écueils, même non intentionnellement.

    Voie du juste milieu, voie de la sécurité, voie de la raison, voie de la sagesse.

    L’accomplissement du rêve initial était subordonné à une condition, qui était celle de l’équilibre. La réussite n’était pas dans le dépassement des limites, mais dans le maintien de l’équilibre.

    Dans la rupture de l’équilibre, seule la responsabilité individuelle peut être invoquée.

    L’art insiste-t-il aussi sur le principe de la responsabilité individuelle ?

    Dédale était un esprit lucide. Il connaissait les failles de ce qu’il avait créé. Il était conscient des limites de ses inventions. Le front soucieux, et l’index démonstratif, il cherchait à faire prendre conscience à son fils de l’existence de telles limites et de la nécessité de les respecter.

    Discours de la gravité pour une apologie du raisonnable.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Mais, dans cette peinture flamande, la physionomie et la gestuelle du fils ne montraient pas une profonde réceptivité. La rotation des doigts de la main droite traduirait même une dérision. Le fils ne semblait pas prendre au sérieux les propos du père.

    Le peintre flamand a saisi l’instant où le rêve d’Icare était en train d’éclore.

    Le peintre britannique, lui, montrait Dédale en train de courber l’échine pour doter son fils des moyens physiques supplémentaires qui permettraient l’évasion. Travail méticuleux de l’inventeur, sollicitude d’un père préoccupé par la sécurité.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Mais le fils ne semblait pas attentif aux réglages du père. Dès ce moment déjà, l’esprit d’Icare traversait des zones de turbulence qu’illustraient les mouvements désordonnés des étoffes. Tourbillons qui empêchaient le fils d’être solidaire des efforts paternels.

    Tissu chiffonné.

    Draperie à usage vestimentaire, mais aussi évocation d’une voile froissée, mal dépliée.

    Voile non fonctionnelle ou non encore fonctionnelle.

    Mise en route difficile, chaotique. Ou sombre présage.

    Dans tous les cas, la force évocatrice de cette masse de textile malmenée par le vent n’était pas sans lien avec le devenir du rêve d’indépendance et d’insouciance nourri par Icare.

    En revenant d’une randonnée avec les destriers d’argent, l’esprit du Zeph a vu dans le port d’Ostie une voile pourpre battre librement au vent.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le tissu s’enroulait puis se déployait. Même agitation et même excitation que le manteau d’Icare.

    Destin embrouillé.

    Tumulte d’une houle croisée qui servirait de sépulture au marin inconscient et négligent.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Ainsi en est-il de toute navigation. Chacun est responsable de sa propre personne.

    La Grèce aussi a proposé une illustration du rêve d’Icare.

    Sur la rive Sud de la Crète, à Αγία Γαλήνη – ΑΓΙΑ ΓΑΛΗΝΗ, se voient les silhouettes de l’illustre architecte et de son fils.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Paré pour l’échappée belle, Icare est debout, face à l’Est. L’Est dont la lumière émergeant à l’horizon permet de profiter sans tarder de l’intégralité de la période de clarté de la journée. L’orientation du regard d’Icare indique son impatience.

    Dédale, lui, n’a pas tout à fait fini de s’équiper. Ses mains et son esprit sont encore occupés par les derniers préparatifs.

     

    Le rêve d'Icare

     

    La présence ostentatoire d’un marteau montre que le moyen mis en œuvre pour accéder à la liberté ne consiste pas seulement à coller des plumes entre elles.

    Vu de face, Icare tient dans sa main droite un dispositif qui est destiné à son père. Manutention qui évoque l’aide logistique apportée par le fils, ou vision qui dit que le fils est trois fois plus impatient que son père ? La main droite, qui a un rôle ambigu, se trouve du côté de la mer, qui portera les vaisseaux des fugitifs.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le rêve d’Icare n’a jamais fasciné le Zeph.

    À l’inverse, le Zeph a eu à faire avec des nefs en plein délire icarien. La plus mémorable de ces rencontres a eu lieu à La Ciotat, quand cinq Icariennes écervelées lançaient leur nef à toute allure sur le Zeph, avec un seul pare-battage de leur côté pour éviter la friction entre les deux coques.

    La vitesse et l’axe du bateau qui était lancé sur le Zeph faisaient penser à un éperonnage. La collision a été évitée de justesse. C’était même un miracle que le flanc droit du Zeph ne soit pas touché !

    À bord de la nef suicidaire qui fonçait à toute allure sur le flanc droit du Zeph, le rêve d’Icare battait son plein.

     

    Le rêve d'Icare

     

    La menace d’éperonnage par les cinq Icariennes a eu lieu devant le quai d’honneur du Port-Vieux de la Ciotat, sous les néons de l’enseigne « Sur les quais ».

    Les créatures angéliques qui sont venues célébrer la mise à l’eau du Zeph ne sont pas icariennes, loin de là !

     

    Le rêve d'Icare

     

    Même si l’enthousiasme de l’une pour la mer est très grand, il s’accompagne toujours de la conscience du danger et ne cesse de s’interroger sur les conséquences de la prise de risques.

    Le Zeph est heureux et ses projets prospèrent parce qu’il ne caresse pas le rêve d’Icare, même avec beaucoup de vent dans les voiles.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le capitaine a plutôt fait sien le rêve de Dédale, qui s’est nourri de sagacité et de prudence pour se réaliser pleinement.

     

    Le rêve d'Icare


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    LA CIOTAT

    Il est toujours là, lui, au bout du They de la Gracieuse. Devait être costaude la barque !... Ces mâts sont toujours en place malgré le nombre d'années et les coups d'vent d'hiver qui balaient le golfe de FOS.

     

    LA CIOTAT

    Au niveau de l'île JARRE, une barque. Comme pour nous rappeler que la GRÈCE n'est jamais loin !

     

    Une belle nav de près de 40 miles jusqu'à LA CIOTAT, avec un p'tit vent sympa pour nous pousser à souvent plus de 7 nœuds durant les 30 premiers miles puis, à partir de l'île MAIRE, le moteur a pris le relais, la faute à un vent trop capricieux en force et direction pour espérer arriver avant la nuit au port. Et j'voulais bien une place à quai, moi, vu qu'ça va souffler dru les 2 jours prochains !

     

    LA CIOTAT

    En longeant les calanques de MARSEILLE.

     

    LA CIOTAT

    Et en longeant la montagne de la Canaille...

    Massif constitué de poudingues silicieux rouges, datés de 70 millions d'années, (rien qu'ça !). Ah oui... 70 millions d'années, environ ! Massif qui s'est formé dans le delta d'un fleuve venant du sud... Ces roches sont donc les témoins de l'existence d'un vaste continent aujourd'hui effondré que les géologues appellent le continent Pyrénéo-Corso-Sarde (y s'sont pas foulés pour choisir un nom, hein ?), tandis que l'actuelle Provence avait encore la tête sous l'eau !

    Bref. Faut s'dire qu'on longe un sacré morceau d'histoire !

     

     

    LA CIOTAT

     

    Franchement, la nav a été gracieuse ! Un peu de vent donc, pas de houle ou si peu, casser la croute en mer avec des pinces de tourteaux et des crevettes (et du vin blanc) et pourtant, à l'arrivée, après le repas du soir, je m'écroule dans ma couchette comme une masse ! Alors je me suis demandé si c'était une fatigue inconnue née d'une première nav après 20 mois de silence, ou si c'était à cause du bon rouge, qu'on a même bu la bouteille en entier !

     

    LA CIOTAT

     On s'est trouvé une p'tite place au milieu des fleurs !...

     

    LA CIOTAT

     Histoire de prendre son p'tit déj à la campagne !

     

    On est donc resté 3 jours ici. Et j'ai beaucoup visité..., mon bout de quai où le ZEF est amarré. Oui. Bon. En fait j'ai rien fait. Juste buller. Regarder la vie droit dans les yeux.

     

    LA CIOTAT

     Le ZEF vu d'en haut... Avec son Capt'ain qui en fait le tour, histoire de surveiller l'intrusion d'intrus éventuels !

     

    Ah ! Et aussi regarder le mousse tandis qu'il fait la lessive, le ménage, la cuisine, les courses, le rangement des courses, la vaisselle, etc... Bref. Cette escale m'a beaucoup fatigué !

     

    LA CIOTAT

     Y sont-y pas mignons ces 2 là !

     

     


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    Un joli calamar...

     

    Encore un bon p'tit vent dans le dos pour passer SICIÉ et atteindre le mouillage de SAINT-MANDRIER.

     

    Au fond, les îles des EMBIEZ.

     

    Bien sûr, fallait s'y attendre, le mouillage est colonisé par des bouées privées... Y'a plus qu'un tout petit coin pour poser son ancre... Là-bas, oui, oui, en plein milieu de la baie. Bref. Tu payes le port (54 €) ou tu dégages !

     

    Alors on est allé à TOULON pour payer un peu moins cher (48 € quand même !).

     

    Le port de TOULON est en travaux...

     

    ...Alors les marineros du coin nous ont installé sur un bout de ponton flottant.

     

    Voilà. Rien de plus. 30 miles. C'est tout.

     

    Avec 22 miles de plus, on atteint PORQUEROLLES et la baie d'Alicastre, tout à l'Est, là-bas, là où le soleil se lève. Mais y'a rien de nouveau. Le soleil se lève ici comme depuis des lunes ! Bon. Le mouillage est toujours aussi plaisant.

     

    Coucher de soleil sur le mouillage...

     

    On aurait bien paresser une nuit de plus ici, mais le vent, et mon ancre qui chasse... Je suis bien le seul, tiens, à voir mon ancre chasser !!! 30 mètres de chaîne dans 4 mètres d'eau ! Et puis quoi encore ?

     

    Oui. Cette photo n'a rien à voir avec l'article. Ce sont de jolis tournesols pas loin de Port Nap. Mais c'est un peu de poésie avant d'attaquer le paragraphe suivant !...

     

    Ben quoi ? Ah oui ! Plus de WC. Tout est bouché ! Mais vraiment... Par des couches de calcaire qui ont réduit le diamètre intérieur du tuyau à pas grand-chose... Alors, même en pompant, ben le truc de toi reste dans le tuyau. Bon. J'vais pas vous faire un dessin en sépia, quand même... J'ai dû y mettre les mains dedans. Oui ! Et ça m'a pas enchanté ! Heureusement qu'on a mangé que d'la salade ! Avec le Ricard de l'apéro, bricoler dans la pièce d'eau aurait presque pu en devenir agréable...

     

    Au départ de PORQUEROLLES, ça pulse un peu !

     

    Bon. Et avec 56 miles de plus, ça donne quoi ? SAINT-TROP ! Mais pas au port où, pour un bateau de ma taille, enfin, de la taille du bateau, quoi, vous m'avez compris, hein, ce n'est que 129 € pour une nuit. Oui. Je le réécris : 1 nuit ! Alors qu'au mouillage, c'est gratuit !

     

    On arrive enfin à SAINT-TROPEZ. On mouille juste devant l'entrée du port.

     

    L'un des deux Atlantes qui supportent le portique de la domus du maire de TOULON. C'est aussi un peu la figure que j'ai en arrivant à SAINT-TROP !!!

     

    Bon. S'ils veulent le garder pour eux tout seuls, leur port, ou pour les potes d'Emmanuel, et ils sont nombreux en cette saison, alors qu'ils le gardent ! Quand je pense qu'il y a à peine 30 ans..., oui une bagatelle.., la 1ère nuit était offerte ! Mais là, j'vais vous dire... Si c'est pour me retrouver avec la clique du 1er et second cercle de l'Emmanuel, ben, je m'en sentirais vraiment pas flatté ! Dire que toutes ces gens se lavent les mains avant et après avoir fait pipi ! Et même qu'ils se talquent le bout du tuyau avec du papier de soie ! Certains le font aussi avec des billets de 100 que l'Emmanuel leur a filés ! Bon. Peut-être que la LEFFE que j'ai ingurgitée me fait dire des choses ???

     

    Le mousse jardinier en plein délire aromatique !...

     

    Enfin... Avec 29 miles de plus, on tombe dans l'hystérie cannoise ! Mais c'est pas la faute à CANNES... C'est que la FRANCE a gagné la coupe du monde. Ils étaient 11 sur le terrain, ou à peine plus, et après 4 buts, c'est comme si tous les gens avaient gagné ! Ca crie, ça hurle, ça chante... On est champion du monde qu'ils disent ! Oui. Mais on est champion du monde que dans le foot ! Parce que dans tous les autres sujets, politique, social, pauvreté, et j'en passe, on s'est même pas qualifié ! Ben oui... C'est pas donné à tout le monde d'être champion !... Allez les Bleus !

     

    Le radeau de la Méduse version cannoise !

     

    Bon. Il est 1 heure du mat'. Et c'est complètement fou, mais ici, à CANNES, le concert hystérique des klaxons qui fête la victoire des Bleus se poursuit dans la rue !!! Et moi qui ne suis sociologue de rien, je me dis que c'est pas possible d'être aussi heureux après une simple victoire au foot. On n'a pas gagné la guerre quand même, hein ? En fait, les gens sont content pour une fois. Sous-entendu, plus les gens ont été frustrés de plein de choses avant, et plus ils sont, aujourd'hui, content longtemps ! On peut donc décemment attribuer cette folie collective à toutes les frustrations des jours, mois, années passées. Et donc, on applaudit aujourd'hui tout ce qu'on a raté hier. Et donc, vue l'ampleur et la durée des applaudissements, c'est qu'il y a eu pas mal de trucs de ratés. Je préconise donc que l'Emmanuel retourne au turbin, et, qu'après son train de réforme pour quelques uns, il s'attaque au train de ceux qui le prennent, justement ! C'est tout ce que j'avais à dire. Et j'avais envie de le dire. Na. Et re na !

     

    Ambiance à CANNES. Le ZEF montre son nez. Il aimerait bien aller guincher au Casino !

     

    Sinon, quand je redeviens un sujet à sa Majesté, je dirais qu'on a de la chance depuis 1 semaine qu'on navigue sur la Grande Bleue : on a toujours eu du vent pour avancer ! Parfois dans le nez, mais le plus souvent dans le dos. Et c'est vachement bien quand le moteur ne ronronne pas dans les oreilles.

     


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