• Avril 2018

    En avril, le mousse nous fait remonter le temps. Le temps du ZEF, bien sûr, mais aussi celui, plus lointain, du temps de la résurrection. Et plus encore, jusqu'à celui de la mythologie, qu'elle soit grecque, romaine ou même mycénienne...

    Je pourrais presque dire que le mousse nous fait remonter le temps du temps lui même !

  • Hier, c’était le dimanche de Pâques.

    Ce jour-là, l’Occident commémorait la résurrection du Nazaréen.

    Festivité du calendrier liturgique, qui donne de la joie au cœur et qui rend le sourire plus prompt à s’épanouir sur les visages touchés par l’espérance.

    L’histoire du Zeph a-t-elle un lien avec Pâques ?

    La toute première escale du Zeph, c’était aux Saintes-Maries-de-la-mer. Le trajet entre Port Camargue et les Saintes-Maries-de-la mer était sa première route maritime. Pour le Zeph, c’était le premier test de fiabilité sur les flots. Alors la présence du capitaine instructeur était indispensable, comme soutien technique et affectif.

    Le Zeph est arrivé aux Saintes-Maries-de-la-mer à l’heure où le quai d’accueil ruisselait d’or. Très vite, les deux capitaines se sont rendu compte que leur premier choix n’était pas le bon. On a fait marche arrière, et le Zeph est allé s’installer à un ponton plus loin.

    À part cette manœuvre vite corrigée, tout le reste du voyage a donné satisfaction.

    Bien sûr, ce soir-là, le capitaine avait le sourire. Et il n’était pas le seul à l’avoir. L’instructeur, venu en guest star et en conseiller technique, l’avait aussi. Son sourire était non seulement celui de la coopération réussie, mais aussi celui de la solidarité intergénérationnelle.

     

    Le sourire pascal

     

    Et le mousse ? Avait-il le sourire ? Le mousse redoutait le mal de mer. Comme il n’était pas barbouillé, il pouvait sourire. Mais son sourire était très discret, parce que la vision mentale du mal de mer continuait à le hanter.

    Quelques vingt siècles auparavant, la Magdaléenne avait débarqué au même endroit.

    De tous les disciples du Nazaréen, elle était la première à découvrir que la tombe du Maître était vide. Après avoir annoncé l’heureuse nouvelle à ses frères de Judée, elle s’en allait en Gaule pour porter le message du Ressuscité. En cela, elle a suivi la dernière instruction du Maître :

    καὶ ἔσεσθέέ µμου µμάάρτυρες ἔν τε Ἱερουσαλὴµμ καὶ ἐν πάάσῃ τῇ Ἰουδαίίᾳ καὶ Σαµμαρείίᾳ καὶ ἕως ἐσχάάτου τῆς γῆς.

    ΠΡΑΞΕΙΣ ΤΩΝ ΑΠΟΣΤΟΛΩΝ

    « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

    Actes des Apôtres, chapitre 1, verset 8.

    À l’époque, la Gaule était une contrée de l’Extrême-Occident, aux confins de la Terre, par rapport à la Judée.

    Long voyage par voie de mer, depuis la terre d’Israël jusqu’au rivage de la Camargue !

    Combien de tempêtes la Magdaléenne a-t-elle essuyées au cours de son périple ?

    Malgré l’épreuve physique, c’était avec le sourire aux lèvres et le cœur frémissant de joie qu’elle a posé le pied sur le rivage saintois, dont le nom se souvient de ce débarquement.

    Obéissant à l’injonction du maître, la Magdaléenne est allée jusqu’aux confins du monde d’alors pour témoigner de ce qu’elle avait vu en Judée.

    Consciente de ses besoins spirituels, elle était assidue à l’enseignement du Maître.

     

    Le sourire pascal

     

    Elle étanchait sa soif de justice grâce à la Parole du Nazaréen. Elle le suivait partout, jusqu’au pied du poteau de supplice.

     

    Le sourire pascal

     

    Sur le Lieu du Crâne, au milieu des vociférations de la foule, elle était avec la mère du Maître.

     

    Le sourire pascal

     

    Elle assistait en direct à la lente et horrible agonie.

    Elle a participé à la déposition du corps dans la tombe, juste avant le sabbat qui commencerait le vendredi soir.

    Le surlendemain, tôt le matin, elle était la première à découvrir que le corps du défunt avait disparu, et à comprendre que le Maître était relevé d’entre les morts.

     

    Le sourire pascal

     

    Elle a vu le Ressuscité avant tout le collège des apôtres, et c’était elle qui avait le privilège de les informer.

    Quelle expression du visage avait-elle et quel ton avait sa voix quand elle annonçait aux apôtres que le tombeau était vide ?

     

    Le sourire pascal

     

    Sans doute, le sourire illuminait déjà son visage avant qu’elle ne leur dise : « Le Maître est relevé d’entre les morts ! »

    En ce dimanche de Pâques, la Magdaléenne avait bien des raisons de sourire.

    C’était cette expérience visuelle et émotionnelle qui lui donnait la détermination et la force physique pour aller jusqu’aux extrémités de la terre d’alors et diffuser l’enseignement du Maître.

    Le blason des Saintes-Maries-de-la-mer montre des silhouettes féminines debout sur une embarcation qui s’approche du rivage, sans mât et sans rames.

     

    Le sourire pascal

     

    Était-ce possible que la Magdaléenne soit venue de la lointaine Judée jusqu’en Camargue avec un tel esquif ? La lecture au premier degré conduit à des incongruités. Le mât et les rames représentent le savoir technique et la force humaine. La Magdaléenne a su et a pu débarquer sur le rivage saintois, non pas parce que la science de la navigation de l’époque lui garantissait la sécurité du périple, mais parce que sa volonté de missionnaire avait triomphé de tous les obstacles durant la traversée et que la nef de l’évangélisation avait été poussée par le souffle de l’Esprit.

    La Magdaléenne aurait-elle approuvé ce qui est dit par ce blason ?

    Elle a habité sur les bords du lac de Tibériade, au nord de la terre d’Israël. Elle savait que pour aller chercher du poisson dans le lac, il fallait un mât et des rames.

     

    Le sourire pascal

     

    Raison de plus pour la Grande Mer Intérieure, surtout quand il s’agissait de la traverser sur toute sa longueur, d’Est en Ouest. Certes, il arrivait que l’embarcation où se trouvaient les frères spirituels de la Magdaléenne n’avait pas besoin de mât, ni de rames. Mais, dans cette situation, l’activité du groupe n’était pas la capture du poisson, mais l’écoute d’un cours sur la mission de pêcheur d’hommes.

     

    Le sourire pascal

     

    Le mât et les rames devenaient superflus quand l’objectif était de bien écouter et de bien retenir les instructions de l’Enseignant. De même, la force de propulsion de la nef de l’évangélisation ne dépendait pas des conditions matérielles, mais du zèle des disciples.

    À l’automne dernier, la Dame de Manosque a entrepris un grand voyage. Elle s’est embarquée sur une nef fleurie de couronnes d'adieux.

     

    Le sourire pascal

     

    Sur l'embarcadère, se dressaient des colonnes qui étaient comme des poteaux d’amarrage stylisés. Les chapiteaux portaient l’empreinte de l’univers marin. Y apparaissaient l’enveloppe torsadée des coquillages et les ondulations des algues. Mais au milieu de la faune et de la flore marines, surgissait aussi le chancelier à sept branches.

     

    Le sourire pascal

     

    L’allusion au Saint des Saints du Temple de Jérusalem était manifeste.

    Le Temple, dans son entier, apparaissait sur un chapiteau voisin.

     

    Le sourire pascal

     

    Et sur une autre face du même chapiteau, se dévoilait une embarcation en pleine mer. Le contexte iconographique stipulait que c’était la nef de l’évangélisation.

    L’effigie de l’Orient était bien ostensible.

    Très probablement, la Dame de Manosque est partie vers l’Est, dans la direction de la terre du Nazaréen, vers là d’où était venue la Magdaléenne.

    Elle s’en est allée, à l’instar de la Magdaléenne, peut-être sans mât et sans rames, juste avec le vent de l’espérance.

    Ô toi qui est sœur spirituelle de la Magdaléenne, puisses-tu voguer vers l’éternité en toute sérénité !

    Au temps où le mousse n’était pas encore mousse, mais simple routard, Corinthe était l'une de ses destinations favorites, surtout à la saison du renouveau. Il rêvait de pouvoir réaliser des photos de l’antique cité au milieu des fleurs.

     

    Le sourire pascal

     

    C’était au cours d’une de ces prospections qu’une famille de Grecs l’a interpellé. Ces Corinthiens du vingtième siècle étaient en train de faire rôtir dans leur jardin un agneau pascal. Et à l’étranger de passage, ils ont voulu manifester leur hospitalité en lui offrant un morceau de cette viande odorante qu’ils étaient en train de cuire.

    Personne ne faisait grise mine, ni les Grecs qui offraient la nourriture, ni le routard qui la recevait. Personne non plus ne riait aux éclats. Une telle exubérance aurait été déplacée. L’heure était certes à la joie, mais ni à l’excès, ni à la démesure. Le sourire était ce qui convenait le mieux pour exprimer la joie du partage pascal.

    En Orient, le partage pascal ne se cantonne pas à la saison de Pâques.

    À Λειψοί – ΛΕΙΨΟΙ, celui qui deviendrait le capitaine du Zeph des années plus tard, et celui qui en serait le mousse se sont vu offrir de la brioche quand ils passaient devant l’église du port, à l’heure de la sortie des offices.

     

    Le sourire pascal

     

    La brioche, qui avait une texture bien moelleuse et un goût très parfumé, portait une empreinte écarlate, qui devait sans doute rappeler le sang du sacrifice de l’Agneau de Dieu.

    Là non plus, il n’y avait pas lieu de s’esclaffer bruyamment. Le sourire suffisait pour exprimer l’amabilité et la bonté. En retour, pour dire la qualité de la gratitude, il n’y avait pas mieux que le sourire.

    Toujours dans le Dodécanèse, à Σύμη – ΣΥΜΗ cette-fois, l’habitué des ferrys et des bus locaux qu’était le mousse à cette époque-là a été abordé sur les quais du port par un Grec qui vendait des pastèques transportées sur un tricycle. Celui-ci voulait demander à celui-là si la guerre était finie sur la bande côtière de l’Indochine. Le voyageur a répondu que la paix était revenue. Soulagement immédiat du Grec.

     

    Le sourire pascal

     

    Mais comment le Grec a-t-il montré qu’il était content de savoir que la guerre était finie en Mer de Chine ? Le sourire apparaissait tout naturellement sur son visage. Mais l’homme n’a pas sautillé ni gesticulé pour montrer sa joie. Le voyageur venu de l’Orient-Extrême, non plus. Peut-être que le volume de la voix a légèrement monté des deux côtés et que le Grec voulait offrir une tape affectueuse sur l’épaule du voyageur. Mais à aucun moment, la sincérité n’a été gâchée par l’exubérance. C’était comme si le goût savoureux de la pastèque suffisait pour dire que le sourire d’une amitié désintéressée était un délice de la vie.

    À Corinthe, sourire de bienvenue d’un côté, sourire de gratitude de l’autre. Des deux côtés, sourire pour une harmonie printanière.

    À Λειψοί – ΛΕΙΨΟΙ, sourire pour une improvisation réussie.

    À Σύμη – ΣΥΜΗ, sourire pour une fraternité universelle.

    Le sourire pascal est le sourire du retour à la vie et de l’hymne à l’espérance.

    Puisse le sourire pascal illuminer chaque jour de notre existence, sur terre ou en mer, non seulement pour le capitaine du Zeph et son équipage, mais encore pour tous nos chers lecteurs !


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  • Déméter n’a pas toujours souri, surtout quand sa fille Perséphone est retenue par Hadès. Il a fallu que Zeus en personne négocie la libération de la prisonnière du Royaume des Ombres.

    Mais cette libération n’est ni totale, ni définitive. En effet, le rusé Hadès a fait manger à son épouse six pépins d’une grenade, et la loi veut que quiconque mange dans les Enfers ne peut plus s’en affranchir.

    Ainsi Perséphone est contrainte de rester avec Hadès chaque hiver, et elle ne peut retrouver sa mère qu’au printemps. Quand Déméter peut enfin serrer sa fille dans ses bras, la nature est de nouveau en fête.

    Mais avant le sourire de l’amour maternel assouvi, il y a eu les pleurs d’une mère affligée.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Profil accablé.

    Tête courbée.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Larmes abondantes.

    Puis vient le temps où la douleur de la séparation fait partie du passé.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Déméter affiche un sourire radieux, un teint coloré, une physionomie splendide.

    Mais Hadès, l’affreux Hadès, a beaucoup de mal à supporter sa solitude, même si elle n’est que saisonnière. Alors, il maugrée, puis déchaîne sa mauvaise humeur. Il fait revenir le souffle de l’hiver qui rend l’air glacial.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Il lance tous azimuts des grêlons qui martèlent violemment les surfaces non abritées.

    Malgré sa rage, Hadès ne parvient pas à faire pâlir le bonheur de Déméter, qui jour après jour, garde un sourire gracieux et confiant.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Le Zeph a rencontré l’Aventy au moment où le sourire de Déméter fleurissait de nouveau.

    En ce mois d’avril 2018, c’est le deuxième anniversaire de cette merveilleuse rencontre.

    Bien sûr, l’on peut aimer en secret, désirer dans le silence. Mais l’Aventy a fait le choix de l’explicite. L’Aventy a choisi de faire savoir ses préférences du moment, d’abord avec le sourire de la générosité, puis avec celui de la constance.

    Qui a des amis qui lui rendent visite toutes les semaines, avec un bouquet d’une dizaine de roses, de tulipes ou de glaïeuls ?

    Même au fin fond de l’Adriatique, l’Aventy avait son service d’Interflora et y faisait appel, souvent avant le shabbat, pour dire, à travers des messages fleuris, que l’Aventy n’a pas oublié le Zeph.

    L’an passé, l’Aventy a envoyé au Zeph quarante messages fleuris. Et le bouquet de toute l’année 2017 comportait quatre cent trente-six fleurs ! ! !

    L’amitié se construit par des efforts et par la constance.

    La rencontre entre l’Aventy et le Zeph a eu lieu sur le rivage de la Calabre.

    L’Aventy est cité en premier, parce que c’était lui qui prenait les initiatives dans les manœuvres d’approche, au sens propre comme au sens figuré. Bien sûr, le Zeph avait l’intelligence de se montrer consentant à chaque fois. Dans la construction de ce lien d’amitié, la séduction par le savoir-être a précédé celle par le savoir-faire.

    À l’occasion de cet anniversaire, dédié à Déméter qui incarne la montée de la sève et le renouveau de la vie, une table du sourire a été dressée.

    Pour les agapes de midi, les produits de la terre nourricière ont été mis à l’honneur.

    D’abord, des pommes rôties ont accompagné le feuilleté de foie gras.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Pomme verte et pomme rouge pour la dualité acidité – douceur.

    Puis des poires rissolées ont tenu compagnie à un sauté de porc au cumin et à la coriandre.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Le porc était intimement associé à des filaments de carottes pour assurer le mélange des textures tandis le vert des petits pois et le rouge de la courge se proposaient de donner un environnement coloré à la poire.

    Vers la fin, des papillons, fins connaisseurs des flagrances des fruits des sous-bois, sont venus humer le parfum capiteux du gâteau à la fraise.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Visiteurs ailés fort ravissants, qui donnaient à la fin du repas une sensation très agréable de légèreté.

    Le sourire de Déméter combat l’oubli. Est-il soumis à des restrictions dans l’espace ?

    La sphère d’influence de Déméter s’étend-t-elle jusque dans les tropiques ? Déméter connaît bien sûr l’Égypte, qui flirte avec le tropique du Capricorne.

    L’Aventy voulait contempler le sourire de Déméter en Orient. Alors l’Aventy a embarqué le Zeph pour aller voir les grandes nefs de verre du Parc de la Tête d’or. Excellente initiative de l’Aventy, car le giron des serres tropicales nous a réservé de très belles surprises. Dans la moiteur des tropiques, se déployait une multitude d’évocations des formes de vie du fond marin.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Danse lascive de la chevelure bleutée des méduses.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Bourgeonnement jaune ou rose à la façon des colonies de coraux.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Voilà l’Aventy et le Zeph, comme à Vibo, il y a deux ans. Cette fois-ci, le sourire de Déméter était de la partie. Un sourire aux multiples fossettes teintées de rose.

    Après cette excursion très inspirée, un deuxième hommage a été rendu au sourire de Déméter à l’heure du crépuscule. Les agapes du soir ont fait honneur aux produits de la mer.

    D’abord, colin au gingembre et velouté de tomate.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Évocation, non pas de la solitude, mais de l’île-refuge.

    Puis, saumon à l’anis et asperges rôties.

     

    Le sourire de Déméter

     

    L’ananas confit soutenait le saumon tandis que des tomates rissolées au fenouil soutenaient les asperges.

    La table du sourire n’a pas oublié l’intervention de Zeus, qui avait permis la libération de Perséphone.

     

    Le sourire de Déméter

     

    L’aigle qui symbolisait la présence du Maître de l’Olympe confirmait que la rencontre entre l’Aventy et le Zeph était un καιρός – ΚΑΙΡΟΣ inestimable.

    Le sourire de Déméter produit du sens. Ce qui a du sens ne s’oublie pas. Ce qui est creux, vide de sens, s’anéantit dans le temps et ne survit pas.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Entre les deux repas, l’Aventy a voulu contempler les camélias du Parc de la Tête d’or. Pour les disciples de Déméter, le camélia symbolise la longévité, la fidélité et le bonheur. De manière prophétique, l'Aventy a formulé ces trois vœux pour l'amitié qui avait vu le jour en Calabre, à l'époque où Déméter souriait en retrouvant sa fille. 


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  • Ces anges, qui ont toujours le sourire, ont ouvert toute grande la porte de leur demeure paradisiaque en août dernier pour recevoir le Zeph.

    Pour la saison du renouveau, leur sourire a remonté le couloir rhodanien pour proposer des retrouvailles. Devant tant de sollicitude, le teint du Zeph ne pouvait que s’empourprer.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Après le sourire de l’invitation, il y a eu celui de l’accompagnement, depuis le delta du Rhône jusqu’au pied du Canigou.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Sourire fleuri, très coloré, avec les robes chatoyantes des coquelicots qui s’agitaient le long de la route.

    Sourire de l’impatience, sans doute. Sourire de la bonne humeur, très certainement.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Une bonne humeur qui a bondi vers les registres supérieurs dès que l’horizon a dévoilé la superbe silhouette du Canigou.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Le Zeph a cru voir une immense vague qui venait de très loin, qui se préparait à déferler, mais qui s’est figée pour susciter le suspens de l’immobilité. Fière de son jeu, la vague exhibait sa chevelure resplendissante.

    Le sourire des anges du Languedoc avait la fraîcheur et l’éclat de cette neige du printemps.

    Limpidité de l’air. Limpidité des intentions. Limpidité du bien-être.

    Le Canigou transfigurait l’espace et le temps.

    Sourire du matin, sourire du soir.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

     

    Chaque heure avait son sourire. Chaque instant était mis en valeur par la sincérité du sourire qui lui était dédié.

    Sourire de la pureté, car il était sans malice, sans calcul, sans arrière-pensée.

    Le sourire du monde minéral était inséparable de celui du monde végétal.

    Chez les anges du Languedoc, il y avait le sourire de la vigne, qui s’embellissait de la compagnie de mille corolles blanches, jaunes ou oranges.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Sourire du nectar de la vigne, servi très frais pour étancher la soif des visiteurs.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Sourire de l’allégresse et de l’euphorie. Sourire à Dionysos.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Sourire coloré des agrumes du jardin pour flatter le palais des invités.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Sourire vitaminé, gorgé de suc. Sourire à Déméter.

    Sourire de la merveilleuse osmose entre nature et culture.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Savoir-faire instinctif ou talent de composition pour offrir un cadre de vie souriant.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Des yeux non avertis sauraient-ils dire si l’agrément qu’ils ressentent est offert par la nature ou voulu par la culture ?

    Sourire dual. Dualité pour mettre en valeur la complémentarité des deux anges du Languedoc. Complémentarité entre l’enthousiasme et la discrétion, entre la robe écarlate du jus de la vigne et la limpidité de l’eau de source, entre la tulipe rouge et la tulipe blanche qui marquaient le seuil de la demeure paradisiaque.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Sourire de la courbure naturelle du hamac dans le jardin créé par les anges du Languedoc.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Balancement entre présent et passé pour se réjouir que le lien social retrouve sa prospérité après plusieurs décennies d’éloignement. Sourire du bonheur de jadis devenu bonheur de maintenant. Va-et-vient nostalgique qui vivifie le souvenir.

    Sourire aussi du temps futur, qui prépare de belles retrouvailles pour la prochaine Pentecôte.

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Mais le chemin menant vers ces réjouissances du futur n’est pas oscillatoire. Rectiligne et unidirectionnel, il frémit d’impatience. Car le Zeph est très content d’offrir à son tour l’hospitalité aux anges souriants du Languedoc !

     

    Le sourire des anges du Languedoc

     

    Le terme français « ange » vient du grec άγγελος – ΑΓΓΕΛΟΣ, qui signifie « messager ». Quel message transmettent les anges du Languedoc ?

    Leur message dit que le temps a une saveur exquise, sur terre ou en mer, quand le désintéressement et la réciprocité sont au rendez-vous.


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  • C'est qui qu'a peinturluré la cité Cathare ?

     

    Non, mais c'est quoi ce bordel ????

     

    C'est-y pas honteux de taguer ainsi les vieilles pierres ?

    Honte à vous ! Non, mais quoi, quoi !

     

    Y paraîtrait que ça ressemble à quelque chose... Moi j'trouve que ça défigure un peu quand même, non ?

     

    C'est pas encore trop ça !

    Un artiste fou ? Une illusion d'optique ? Un mec bourré qui s'est gâché son pot de peinture ? Une dégueulasserie pour détourner l'attention des réformes d'Emmanuel ?

     

    Ça se précise ?

    Ben tient !

     

    Bon. C'est pour bientôt !

    Ah oui ?

     

    Encore un effort...

    Oui... Oui !!!

     

    Ça y est presque !

    Arghhhh ..., vite, je meurs !!!

     

    BINGO !


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  • Le sourire cathare

     

    Le sourire cathare était celui du bien-être apporté par l’eau. L’eau qui rafraîchissait l’air, étanchait la soif, fertilisait le sol. L’eau qui faisait éclore les fleurs et verdir les pâturages.

     

    Le sourire cathare

     

    Eau du ciel à stocker précieusement dans des citernes étanches. Eau de la terre, à protéger avec vigilance, parce que l’ennemi était toujours prompt à provoquer un empoisonnement en amont.

    Eau de la vie et de la survie en cas de siège, pour tenir tête à l’assaillant. Mais avant l’encerclement et le siège, l’eau était source de délices et multipliait les sourires de bonheur.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire avec le murmure de la rivière, le gazouillis des oiseaux, le frémissement des corolles dans le vent.

    Les mélodies des troubadours prolongeaient le chant du ruisseau. Le sourire cathare était celui d’une vie en musique.

    Sourire sur les lèvres, dans le regard, du fond du cœur.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire de bienvenue aux invités. Sourire de séduction entre convives raffinés.

    Sourire de la fête. La fête, non pas grâce à l’abondance, mais grâce à l’esprit de partage, à l’hospitalité, à la générosité.

    Prospérité de jadis : sourire de la douceur de vivre, du plaisir d’exister, du bonheur d’aimer.

     

    Le sourire cathare

     

    Pureté du ciel, de l’air, de l’eau. L’aspiration à la pureté de l’âme n’en était que plus naturelle et légitime.

    Sourire de l’éveil à la lumière, du passage de l’ombre à la clarté.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire à la liberté, revendiquée et assumée. Liberté de choisir le chemin d’accès au divin. Liberté de revenir à la source des Saintes Écritures. Liberté de refuser ce qui s’était éloigné de la pureté originelle.

    Sourire du libre arbitre. Libre arbitre exercé en se soustrayant à la contrainte des tortionnaires, magnifié jusqu’au dernier instant. C’est ainsi que cent quarante Cathares du Minervois ont choisi de s’immoler par le feu avant d’y être contraints par les lieutenants de la papauté et de la couronne de France.

     

    Le sourire cathare

     

    De cette époque, la cité de Minerve a gardé un pan de son mur d’enceinte.

    Pouvait-on sourire quand on suffoquait à cause de l’odeur âcre de la fumée, quand des picotements envahissaient la chair au milieu des crépitements des bûches en flammes, quand les oreilles se remplissaient des cris de douleur provoqués par le bûcher punitif ?

    À qui, à quoi souriait-on dans de telles situations ?

     

    Le sourire cathare

     

    Le sourire cathare était celui de l’espérance. Quelle espérance pouvait éclore et survivre quand la chair sentait le roussi et ne tarderait pas à être carbonisée ? L’espérance de la pureté, par la cohérence avec le mode de vie des premiers disciples du Nazaréen.

    Le sourire cathare était celui de la fraternité devant l’espérance. Sourire de la solidarité des deux cents martyrs livrés au bûcher de Montségur. Sourire d’une résistance commune à quatre cents frères et sœurs spirituels soumis en même temps au supplice du feu à Lavaur.

    Sourire au courage inébranlable.

     

    Le sourire cathare

     

    Sur les lieux de la sanglante répression, la Nature a gardé le douloureux souvenir de l’épreuve du bûcher. Des pétales ont la couleur sombre de la fumée qui noircissait le ciel, le teint lugubre du sang desséché ou des os calcinés.

     

    Le sourire cathare

     

    Mais la texture et l’architecture de la fleur ont su préserver d’innombrables foyers de lumière.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire de la lumière inextinguible, de la lueur qui refusait de vaciller et de s’éteindre en dépit des tortures atroces et de la menace de mort violente.

    Là où le mur de fortification plaçait les meurtrières, dont la fonction était de blesser, d’immobiliser et d’occire, la vie y fleurit à présent, colorée et élégante.

     

    Le sourire cathare

     

    Elle s’y accroche, y établit son bastion, et se prépare à envahir tout l’espace environnant.

    Par l’intermédiaire de la Nature, le sourire cathare prend sa revanche sur ses oppresseurs sanguinaires.

    Quel lien y avait-il entre le sourire cathare et la navigation ?

    Le capitaine lui-même a précisé ce lien pendant l’exploration du site de Lastours.

    En contemplant les élégants cyprès qui ornaient les pentes du vallon occidental, il s’est écrié, non sans joie : « C’est comme à Delphes ! ».

     

    Le sourire cathare

     

    Pour le Zeph, Delphes était la raison d’être de la halte à Ιτέα – ΙΤΕΑ, le sublime épilogue de la traversée du Canal de Corinthe. Similitude topographique, pour le premier degré.

    Mais le cri du cœur du capitaine faisait état d’une autre analogie. Car Delphes était un prestigieux foyer de spiritualité.

     

    Le sourire cathare

     

    Le sourire cathare, qui rappelait l’esprit delphique, était donc un sourire qui concernait le second degré.

    La parenté avec Delphes signifie que le sourire cathare est une incitation à l’élévation, et qu’il a la vocation d’être impérissable.

     

    Le sourire cathare


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