• Avril 2019

    Ce n'est pas seulement l'endroit où l'on va qui donne un sens à la vie, mais aussi la façon dont on s'y rend.

    Marc LEVY, écrivain.

  • Vous ai-je dit que j'avais un hublot qui fuyait ? Le grand hublot zénithal du pont ? La faute à un joint qui a mal vieilli. A moins que ça soit la colle elle-même, entre le hublot et le pont, qui ne fait plus son affaire. Alors j'ai voulu tout démonter pour tout refaire. A neuf.

     

    La question est : quand tout est archi bien collé et que c'est indémontable, et donc, qu'à ces endroits-là, toute fuite est impossible, tu fais quoi ? Tu démontes quand même ?

     

    - Ben non... Évidemment ! Si ça tient, faut être un âne pour tout démonter !!!

    - Ben oui !

     

    Chui un âne !

    Heureusement que je n'ai pas de trop longues oreilles et que je me suis aperçu à temps que j'allais tout casser ! D'ailleurs... A vouloir tout enlever, j'ai fendu légèrement le biniou ! Alors j'ai réfléchi, oui, oui, ça m'arrive, et je me suis contenté de refaire tous les joints. Au SIKA. Je précise le produit parce que le SIKA, c'est un super produit... Sauf quand tu marches dedans et que tu commences à en mettre de partout !

     

    - Ben oui, chui un âne !

    - Eh, eh, eh !!!

     

    Chui un âne !

    Après tout ça, j'avais une fuite au robinet de la cuisine. Il fuyait au niveau d'une soudure. Alors j'ai tout démonté et tout changé. Bon. A part d'être contorsionné dans tous les sens, et c'est pas peu dire (!!!), j'ai réussi à tout remettre en place !

     

    - Ben alors, qu'est ce ça fiche dans cet article c'te réparation ? T'as rien raté ? T'es pas un âne ?

     

    Ben disons que, en dessous du robinet, dans les bas-fonds du placard, y'a aussi le compresseur du frigo et son ventilateur. Et même que, avec mes grands bras (et mes longues oreilles...), j'ai réussi à faire coïncider (non, mais faut l'faire, hein !) une clé de 12 avec une ailette du ventilo ! Bien sûr, tout s'est mis à vibrer avec un bruit d'enfer ! Et donc j'ai dû changer le ventilo !

     

    Ah oui ! Aussi... Mais que chui bête ! En découpant, au cutter, lame affutée, les joints du hublot de pont, j'ai bien vu que j'avais la drisse de grand-voile, avec son retour au cockpit qui enjambait le hublot... Et oui ! Je n'ai pas voulu la détendre. La flemme quoi. Et quand le cutter a ripé... J'ai tellement entaillé la drisse que j'ai dû aussi la changer ! 35 mètres...

     

    Bon. J'aurais pu aussi me couper un doigt !

     

    Chui un âne !

    Après, y'avait quoi ? Ah oui ! Mais j'me suis arrêté à temps ! J'ai une marche en bois, à l'arrière du cockpit, qui sert à recevoir le machin de la passerelle pour que celle-ci épouse les mouvements du bateau. Bon. La marche bougeait. Et pour resserrer les boulons, faut passer par en dessous. Plonger au fond d'un coffre étroit et profond. J'l'ai fait ! Et je me suis retrouvé bloqué dans une position extrêmement bizarre ! Tout ça pour m'apercevoir que la marche n'était pas boulonnée, avec une contre-plaque, mais seulement vissée du dessus directement dans le plastic du pont !

     

    Bon. Alors, comme y faut que j'perce dans les 4 chevilles de la marche, pas trop profond ni trop fort, parce que je ne sais pas où sont les têtes de vis et qu'il ne faut pas que je les touche à moins de vouloir les rendre lisses et indémontables, ben j'me suis dit que j'ferais ça un aut' jour !

     

    Et pour finir, y'a la jauge à eau qui ne me disait plus grand-chose du contenu du réservoir avant. C'est pas amusant de ne pas savoir combien d'eau il te reste. Alors j'ai contacté des fournisseurs, suis passé par USHIP et AD, ... Et oui ! Y'a bien une société qui la vend, cette jauge de la marque SCHEIBER. Sauf que, pour une jauge à 50 boules, y veulent un mini de commande de 300 ! Et que même si tu payes le transport, y veulent pas te la vendre parce que t'as pas atteint le mini de commande ! Franchement !... Y'a des boîtes avec lesquelles on devrait s'INTERDIRE de bosser ! Heureusement, y'a des gens dans leur SAV (mais faut pas le leur dire sinon y vont les virer...) qui sont sympas et intelligents... Puisque la jauge dit rien du réservoir avant, mais qu'elle parle couramment de celui de l'arrière, y'a qu'à inverser les fiches électroniques sur la jauge pour savoir si c'est la jauge qui est foutue ou les sondes elles-mêmes !

     

    - J'y avais pas pensé !

    - Normal, chui un âne !

     

    Bon. Ben ce sont les sondes qui sont nazes. Faut seulement pouvoir les nettoyer m'a-t'on dit. Parce que des fois, avec l'eau douce, y'a du calcaire qui s'dépose sur les têtes et ça les empêche de parler...

     

    Bon. Ben il suffit de les nettoyer. Chouette alors ! Sauf que les sondes sont fixées sur une paroi du réservoir et que, forcément, les ingénieurs de chez BENETEAU, y t'ont mis la trappe de visite du réservoir à l'opposé ! C'est malin, ça !

     

    - Hi-han, hi-han !

    - On broute ensemble ?

     

    Chui un âne !

    A part ça, chui pas tombé de l'échelle ! C'est déjà ça ! Et puis j'ai fait un peu de barbouille sans rien renverser, ni baver, ni rien de mal quoi ! Y'a plus qu'à faire le carénage et zou ! A la baille !

     

    Chui un âne !

    Non... J'vous jure ! J'y suis pour rien !

     

    C'était pourtant un joli bateau... Mais y z'ont oublié de fermer une vanne ! Et que même en bois, un bateau, ça coule !

     


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  • Il a aimé intensément, avec volupté, jusqu’à la déraison.

    Son amour était impétueux, sans partage et sans concession, très souvent ravageur.

    Fallait-il l’en blâmer ?

    D’aucuns étaient choqués. D’autres étaient fascinés, y compris des esprits raffinés.

    Il comptait terriblement sur l’amour que les autres pouvaient lui donner en retour. Là-dessus, il n’était pas toujours chanceux. Les mauvaises langues disaient qu’il aimait se quereller et se bagarrer. Mais en réalité, il ne faisait que prendre son destin en mains, non seulement au sens figuré, mais aussi au sens propre,...jusqu’à blesser à mort un proche de la plus haute autorité religieuse.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    La peine de mort a été décrétée contre lui, une mort par décapitation. Il a essayé de sauver sa tête en trouvant refuge auprès d’autres juridictions. Mais la peine capitale le poursuivait inlassablement. L’errance de l’homme de talent et de passion connaîtrait-elle un dénouement paisible et heureux ?

    À maintes reprises, la route du Zeph a croisé celle de l’homme qui était très adulé avant d’être fugitif. Le premier face à face entre l’esprit du Zeph et ce génie a eu lieu au cours du premier voyage à Rome. À cette occasion, le Zeph était amarré dans la marina Riva di Traiano, qui était le port de plaisance de Civitavecchia.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Le Zeph se trouvait à l’extrémité du ponton le plus septentrional, ce qui faisait qu’il était en première loge pour scruter les bateaux qui entraient ou sortaient, car les deux bras protecteurs de la marina s’ouvraient vers le nord.

    De la marina, nous longions à pied le bord de mer jusqu’à la gare de Civitavecchia. Puis de là, le train nous menait jusqu’au cœur de la Ville éternelle.

    Dès le premier jour de visite, l’errance nous a menés vers la Chapelle Cerasi de la Basilique Santa Maria del Popolo. Et là, en nous tournant vers la gauche, nous avons écarquillé nos yeux devant la Crocifissione di San Pietro, réalisée par le Caravaggio, l’immense peintre lombard.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Le tableau surprend par la masse sombre qui absorbe tout l’arrière-plan. Les bourreaux ne portent pas l’habit des soldats romains. Ils ont l’apparence des hommes ordinaires de la vie de tous les jours. L’un d’eux, celui qui est au premier plan et qui a ses genoux à terre, montre un pied gauche qui est très sale. Le martyre, lui, a le front plissé par l’âge et le visage modelé par la peur.

    Aucun accent héroïque, aucune tonalité glorieuse, aucune grandiloquence dans le discours iconographique. Seulement de la simplicité, qui résulte de la proximité avec l’humus, avec la poussière qui gît au sol et colle à la voûte plantaire. La nouveauté de l’art du Caravaggio, son originalité et sa grandeur résident dans le regard non méprisant envers ce qui est ordinaire, humble, voire faible.

    Le tableau faisait partie d’une commande du trésorier du pape.

    Le peintre lombard avait la trentaine quand il a peint la crucifixion de saint Pierre. Le peintre était alors en pleine phase ascensionnelle.

    Mais à Rome, le Caravaggio était aussi détesté parce qu’il dérangeait et choquait. Non seulement à cause de son art non conventionnel, mais encore à cause de ses aventures dans les sphères ténébreuses de la société.

    Est-il possible d’aborder l’obscurité avec tant de maestria, de la peindre avec tant d’éclat et de la décrire avec tant d’éloquence sans la fréquenter intimement ?

    C’est inévitable que la réalité ne soit pas faite que de lumière, mais qu’elle ait aussi sa part d’ombre, qui peut même être très conséquente. Le clair-obscur magnifié par le talent du Caravaggio est une donnée objective et fondamentale de la nature humaine. Exhiber ce clair-obscur, c’est faire preuve de réalisme, de courage et de probité.

    Mais pour les esprits obtus, la peinture de la réalité crue est perçue comme une expression de l’irrévérence.

    Parce qu’il a voulu vivre pleinement sa liberté, le peintre lombard a enfreint la loi papale. Condamné par contumace à la décapitation, il a fui les États pontificaux et s’est réfugié à Naples.

    Le Caravaggio a effectué deux séjours à Naples. Manifestement, il n’y allait pas pour faire du tourisme, mais pour préserver sa sécurité. Le premier séjour napolitain lui permettait de se soustraire à l’épée vengeresse de l’autorité papale. Le second avait pour but de le mettre à l’abri du châtiment de l’Ordre des chevaliers de Saint-Jean, implanté à Malte.

    Le Zeph aussi a fait deux séjours dans le golfe de Naples, mais seulement pour son propre plaisir.

    Au cours du premier séjour avec la compagnie du Vésuve, le Zeph a choisi de s’amarrer à Procida, qui était si ravissante par ses couleurs et si délicieuses par ses saveurs.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Il se prélassait dans la Marina Grande, sur le quai qui menait de la Punta Lingua à la Chiesa di Maria Santissima della Pietà e San Giovanni Battista. L’édifice religieux était un amer fort pittoresque avec le jaune éraillé de sa façade.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Le capitaine a pu négocier des prix intéressants. Nous étions enchantés.

    Pour son retour dans la baie de Naples, le Zeph a jeté son dévolu sur Capri, toujours envoûtante et désirable.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    La capitainerie nous a attribué une place sur le quai septentrional, qui était le plus ensoleillé et le plus proche de la silhouette du Vésuve. De plus, la saison a fait que nous avons pu bénéficier d’un tarif presque amical.

    Le deuxième séjour du Zeph dans le golfe de Naples était synonyme de magnificence et d’extase.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Le Zeph se laissait volontiers étourdir par la sensualité, l’énergie vitale et le désir d’infini, qu’exaltait un bouillonnement géologique et humain incessant.

    Le désir d’infini, voilà qui nous rapproche délicieusement de la figure si attachante du peintre lombard.

    Avec le Caravaggio, le premier séjour à Naples était encore une période faste. La notoriété de l’originalité de son art caracolait en tête dans les palmarès des cercles culturels de la haute société.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Les commandes pleuvaient en abondance et faisaient oublier pour un temps les raisons de l’exil.

    Quand le peintre lombard était revenu à Naples, une double menace de mort pesait sur lui.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Elle rendait impérieux le désir de réconciliation. Alors le peintre a sollicité la grâce du pape.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Lors de son premier voyage à Rome, le Zeph était amarré à Civitavecchia. Pour son deuxième périple vers la Ville éternelle, il s’est ancré à Ostia. La felouque du repentir, qui ramenait le Caravaggio vers le giron de la miséricorde, s’est arrêtée à Palo, situé entre Ostia et Civitavecchia.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Trois toiles constituaient l’offrande à déposer sur l’autel du pardon.

    Sur l’une d’elle, l’on voit David qui tient la tête ensanglantée de Goliath, juste après la décapitation.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Vers quoi se dirige d’abord le regard du spectateur ? Sans doute vers la tête décollée, qui dit le malheur et la malédiction, mais aussi la peine et la souffrance. À travers le visage de Goliath, le Caravaggio s’est peint avec les tourments du remords.

    La surprise n’existait pas qu’au bout du bras tendu.

    En effet, ce qui est encore plus surprenant, c’est l’expression du visage chez le vainqueur. Au lieu de montrer de la joie ou de l’euphorie suite à la victoire, le jeune berger semble mélancolique, voire compatissant envers celui qu’il vient de vaincre. À travers les traits juvéniles de David, le Caravaggio s’est peint au début de sa propre vie, quand celle-ci n’était pas encore chargée de tant de tumulte.

    Ainsi, dans cette toile de la décapitation, un Caravaggio, encore dans sa jeunesse, regarde avec tristesse et compassion un autre Caravaggio, qui accède à la maturité, mais pas encore à la paix.

    Quel émouvant plaidoyer en faveur d’un condamné à mort, qui certifiait la sincérité de son repentir et qui attendait l’amnistie !

    L’œuvre est exposée à Rome, dans la Villa Borghese. Le Zeph a pu contempler ce double autoportrait lors de son deuxième voyage à Rome. Pour la circonstance, il était amarré dans le port d’Ostie. À vol d’oiseau, le port de plaisance moderne n’était qu’à une demi-douzaine de kilomètres du Parc Archéologique de l’antique Ostie.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    L’histoire de la Rome antique est captivante. Celle de la Rome baroque l’est tout autant, surtout avec des destins insolites comme celui du Caravaggio.

    Dans le cas du peintre lombard, le parcours de Naples à Rome s’est révélé être l’ultime voyage de celui qui avait osé défier les convenances rigides de son temps, et qui a dû payer très cher son indépendance d’esprit.

    L’homme était rongé par la peur de tomber dans les pièges de ses poursuivants, épuisé par une existence de fugitif, tourmenté par la crainte de ne pas obtenir la grâce qui éloignerait le spectre de la décapitation.

    De Palo, il reste l’imposante silhouette du Castello Odescalchi, qui appartenait alors à la puissante famille Orsini.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    Après Palo, les pistes se brouillent entre les accès de fièvre et les traquenards, entre le décès suite à une maladie implacable et la mort à cause d’une épée vengeresse. En tout cas, le sort n’a pas été tendre pour le peintre de génie. L’autorité judiciaire et morale, à qui les trois toiles du pardon étaient destinées, avait trop tardé pour promulguer la déclaration officielle de l’absolution, et l’artiste est mort dans l’espérance certes, mais toujours sous le coup de la malédiction.

     

    Le souvenir du Caravaggio

     

    La vie du peintre lombard était une quête de liberté et de rédemption.

    Le souvenir laissé par le Carravagio est absolument poignant.


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  • Au temps où le Zeph balbutiait ses premiers mots sur la flottabilité et l’étanchéité, nous lui avons appris à chérir la piété, la solidarité et le lien social.

    La piété serait un signe d’humilité et de sagesse du nouvel arrivant qui faisait son entrée dans le monde des embruns, régi par des lois immémoriales et récurrentes.

    Le Zeph n’avait pas l’intention de pratiquer le discours haché des amusements. Son ambition était de construire une histoire cohérente grâce à des valeurs pérennes.

    Le premier devoir était donc de solliciter la clémence des divinités pour la nouvelle identité administrative, technique et morale qui définissait désormais l’Océanis 393, jadis surnommé « Chloé » à Juan-les-Pins.

    Le capitaine aurait voulu que le Zeph soit complètement au bout d’un ponton pour la cérémonie de présentation aux forces du cosmos. Nous avons failli avoir la place rêvée. Hélas, à coup de culot et de rhétorique, on nous en a délogés. « On », c’est-à-dire des gens de passage, qui sont venus après nous, mais qui avaient un cœur de pirate et des crochets acérés aux mains. Devant leur tactique très au point, nous avons dû battre en retraite et nous replier sur une position moins prestigieuse.

    Certes, physiquement, l’emplacement de substitution a quelque peu diminué notre champ de vision. Mais psychologiquement et moralement, il n’a pas du tout affecté notre entrain et notre enthousiasme, car le moment, plus que l’espace, méritait notre attention.

    Comment se rend-on   aux libations ?

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    On y va avec l’allégresse dans le cœur, la souplesse dans les jambes et la dextérité dans les mains.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Le devoir de piété n’est pas à prendre à la légère.

    Scrupuleusement, nous avons respecté le principe de préséance.

    Le breuvage de la fête était servi aux divinités avant d’être disponible pour les mortels.

    La solennité de l’instant n’excluait ni la bonne humeur, ni l’allégresse.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Stabilisée par des cordages enroulés, l’offrande de la piété resterait à la proue, sans discontinuer jusqu’au lendemain, pour demander que la clémence des divinités soit accordée de jour comme de nuit.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Toute la coque, de la proue jusqu’à la poupe, aspirait à être l’objet de la bienveillance des divinités. L’avant du bateau a été protégé par une libation. C’est maintenant le tour de l’arrière de faire monter sa prière avec le parfum des roses.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    S’adresser aux divinités au nom du Zeph était un privilège que le mousse n’a pas refusé.

    En même temps que les pétales de roses, il leur a dédié ces mots :

    « Ô toi Égée, et vous ses sœurs à l’occident, prenez soin de Zéphyros le Second, comme vous avez pris soin de Zéphyros le Premier.

    Soyez clémentes et hospitalières !

    Jadis, vous avez laissé Ulysse retrouver les siens. Je vous en supplie, laissez aussi Zéphyros le Second retrouver les siens.

    Après le breuvage de ΔιόνυσοςΔΙΟΝΥΣΟΣ, puissent ces pétales de rose faire luire votre bénédiction sur la supplique du veilleur ! »

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Éole, non sans l’aval de l’Olympe, a éternué au milieu du discours, ce qui a provoqué un joyeux affolement parmi l’auditoire des humains. Le Zeph y a vu le présage de l’assentiment des divinités.

    Puis est venu notre tour de faire plaisir à nos papilles de mortels.

    Combien étions-nous ?

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Il y avait le capitaine avec sa chemise aux couleurs de Van Gogh. À la barre, c’était le conseiller technique, en chemise blanche. Son regard, qui suivait une diagonale descendante, menait vers une manche relevée, qui appartenait à la marraine du Zeph. Étaient présents deux disciples dΑσκληπιός – ΑΣΚΛΗΠΙΟΣ, extrêmement remarquables. L’un, par l’acuité de son flair, que semblait évoquer la silhouette du requin gris sur le tee-shirt. Et l’autre, par la douceur de son approche, qui s’accordait à merveille avec la couleur de la chlorophylle. Il y avait aussi deux jeunes postulants, qui voudraient servir la cause d’Ασκληπιός – ΑΣΚΛΗΠΙΟΣ. L’un portait un tee-shirt rose, et l’autre avait des habits décorés de fleurs mauves. Le mousse, lui, soutenait le regard du capitaine.

    Nous étions donc huit.

    La mise en bouche s’est faite avec le croustillant des raviolis farcis.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Le soja et la menthe apportaient la délicieuse fraîcheur de la terre nourricière.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    On apprenait au Zeph à bien accueillir les invités, à bien les choyer.

    Il bénéficiait d’une pédagogie par l’exemple et pas seulement par le discours

    Nous lui donnions à voir des modèles concrets de dévouement spontané, qui, en l’occurrence, étaient les deux candidats très désireux d’embrasser la vocation de disciple d’Ασκληπιός – ΑΣΚΛΗΠΙΟΣ. Certes, un jury statuerait sur leurs compétences techniques et professionnelles. Mais déjà, ils avaient la disposition de cœur pour s’engager dans une voie qui demanderait serviabilité et abnégation.

    Le plat de résistance était un riz qui s’inspirait du pilaf des Hellènes. Il était rissolé avec des carottes et des poivrons. Des lamelles de porc caramélisé à l’ail et des tranches d’ananas au gingembre complétaient l’accompagnement.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Certes, l’usage des fonctionnalités du nouvel espace cuisine était dans ses premiers balbutiements. Mais pour cette journée exceptionnelle, le service à table ne laissait nullement à désirer, ni quantitativement, ni qualitativement. Car la langue de la générosité ne s’acquiert pas dans l’hésitation, non plus par gradation. La langue de la générosité est une langue qui se parle avec une maîtrise totale, dès les premiers instants. La générosité ne s’exprime pas par des balbutiements, elle n’existe que dans sa plénitude.

    À maintes reprises, le Zeph a subi de très fortes pressions pour que les agapes se déroulent chez Joséphine, le restaurant attitré de Port Napoléon. Logé par l’empereur et nourri par l’impératrice : il faut avouer que la formule est fort séduisante. Cependant, le mot français « agapes » vient de la racine grecque αγάπη – ΑΓΑΠΗ, qui signifie « amour ». La table de Joséphine n’était pas une table d’amour, mais seulement un instrument du commerce, une location qui était concédée moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes. Le Zeph, lui, offrait à ses invités la table de l’abondance, qui était aussi la table de la gratuité : une authentique table d’amour ! Les mots « autonomie » et « générosité » n’ont pas été balbutiés par le Zeph : il les a chantés avec une voix pleine d’assurance et de fierté.

    Pour les agapes du crépuscule, la table évoquait l’architecture d’un bateau. Le dressage privilégiait deux éléments sur le pont : le mât, qui incarnait la résistance face aux flots mugissants, et la lumière à l’avant, qui symbolisait la lucidité du capitaine.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    La κόρη – ΚΟΡΗ ramenée du Musée Archéologique de Rhodes servait de mât. Son sourire, doux et gracieux, disait en même temps la coquetterie et la bienveillance.

    Le même sourire était esquissé par la marraine du Zeph, qui s’appliquait à distribuer les fruits de l’arbre cher à Αθηνά – ΑΘΗΝΑ.

    Au retour de son voyage initiatique, le Zeph a appris qu’il avait deux nouveaux cousins, domiciliés tous les deux en Bretagne. L’un était voileux. L’autre, pas du tout, par méfiance à l’égard des caprices d’Éole.

    Par empathie, le Zeph a sollicité la clémence des divinités pour les deux cousins, quel que soit le mode de propulsion. À chaque fois, c’était le Zeph qui se chargeait personnellement de l’ex-voto.

    L’offrande réalisée au nom du cousin voileux a été présentée à Port-la-Forêt, que connaissent bien maints héros du Vendée Globe.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Le cousin était amarré au bout du ponton le plus septentrional.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Le soleil était au rendez-vous. Tout le monde était content de la cérémonie, brève mais bien plaisante.

    Le Zeph aurait été impardonnable s’il avait oublié le cousin abreuvé d’hydrocarbures. Par temps clair, celui-ci se postait dans l’anse de Pouldohan pour scruter l’horizon. Et quand le cousin voulait se faire une beauté, il rejoignait le salon de remise en forme, situé dans le Minaouët, à cinq kilomètres au nord de l’anse de Pouldohan.

    L’ex-voto apporté par le Zeph était une surprise pour le cousin.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    L’offrande installait la coque dans le cosmos et resserrait les liens de la fraternité.

     

    Le souvenir des premiers balbutiements

     

    Bel instant de communion, dans un même élan de piété !

    Le Zeph se réjouit de s’être montré solidaire des premiers balbutiements de ses cousins bretons.

    Comme dans la genèse d’un fœtus, ce qui est essentiel apparaît en premier. Dès les premiers balbutiements du Zeph, l’éthique et non la performance constituait sa raison d’être. Depuis, son histoire n’en est que plus féconde et captivante.

    Avant de balbutier les noms des ports de la Ligurie, de la Campanie, de l’archipel ionien et du Péloponnèse, le Zeph a pratiqué avec aisance la langue de l’hospitalité. Avec le goût de l’autre, nous lui avons inculqué le goût de la Grèce et le goût de l’Orient.

    Le souvenir des premiers balbutiements du Zeph est le souvenir d’une joie saine, communicative, édifiante.


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  • Oui... Oui... On s'prépare. Et il faut ruser entre les périodes de bleu ou de gris, la pluie ou pas la pluie, le vent, etc...

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    C'est un article en quelques séquences... Comme là, où j'prépare mon p'tit moteur à être vendu ! En échange ? Un tout neuf. J'y gagne, non ?

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Ambiance de chantier...

    Les travaux ont été légèrement interrompu par une visite presque inopinée de Cécile et Anne ! Honte à vous d'avoir mis fin à une séquence où je m'étais mis avec enthousiasme au travail ! Bon. Les macarons qui accompagnaient le café était excellent...

    PS : Je laisse le soin au mousse de choisir la photo !

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Et là, je fixe un renfort sur la base du génois. Parce que j'ai rien d'autre à faire que de me piquer les doigts ! Et que je suis à l'abri de la pluie et du vent !

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    A y'ait. C'est fini. Je vais gréer la bête !

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Et pendant ce temps là, le mousse se délecte de rouleaux de printemps qu'il a lui même confectionnés...

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Et après avoir bien mangé (et bien bu aussi) on l'retrouve à la lessive. Ben tiens... Faut bien qu'y s'occupe !

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Et moi ? J'travaille tout le temps ! Pauv'chou que je suis !!!!

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Y'en a d'autres qui ont trouvé un endroit pas banal pour campingcariser ! Au calme, face à la mer... C'est une photo dédiée à Karine et Gilles.

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    J'aime bien la couture moi. J'me taille des renforts en cuir pour consolider les bordures des goussets des lattes de la GV.

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Et le mousse ? Y fait des photos d'art...

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Un phare dans la nuit...

     

    On s'prépare... On s'prépare !

    Encore une du mousse ! Quand j'vous dis que PORT NAPOLEON a ce petit quelque chose de sauvage... Hier encore, on s'disait qu'on était bien ici, au fin fond de la campagne camarguaise...

     

     

     

     


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  • La terrible nouvelle vient de tomber : pris dans une tempête, l’énorme bateau a coulé, emportant avec lui tout l’équipage. Une multitude de silhouettes vêtues de noir accourt de tout le village vers le bureau de l’armateur. Ce sont les mères, les épouses, les sœurs des disparus. Elles attendent une confirmation du drame personnel, même si le drame collectif ne fait plus aucun doute.

    Au milieu de cette foule désemparée, vêtue de la couleur de la tradition, du deuil et de la résignation, une femme déterminée, énergique et courageuse se fraie un chemin. La blancheur éclatante de sa toilette exprime un furieux anti-conformisme, l’ardent désir de vivre et la farouche volonté de sauver sa passion.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    L’élégante femme, toute vêtue de blanc, veut aussi voir l’armateur, non pour recevoir une information, mais pour lui en délivrer une.

    L’histoire que tient à révéler la femme resplendissante de beauté a commencé avec les marbres du Parthénon, qu’un diplomate britannique avait ramenés à Londres grâce à la complicité des autorités ottomanes. C’était dans la salle où le British Museum exposait ces marbres que la femme, qui est aussi l’épouse de l’armateur, a retrouvé le fils que celui-ci a eu d’un premier mariage. Le jeune homme, qui a commencé des études de commerce, voudrait désormais se consacrer à l’art, et particulièrement à la peinture.

    La femme avait pour mission de persuader le beau-fils de revenir dans le giron paternel, qui se trouve à Ύδρα – ΥΔΡΑ, une île grecque du Golfe Saronique.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Le beau-fils s’appelle Alexis. Il a vingt quatre ans.

    La messagère de la volonté paternelle a la quarantaine. Elle s’appelle Phèdre. Elle emprunte ses traits à la ravissante et indomptable Mélina. Dans la langue maternelle, c’est Μελίνα – MΕΛΙΝΑ.

    La rencontre entre Phèdre et son beau-fils a lieu devant les sculptures du fronton oriental du Parthénon. Le jeune homme est en train de dessiner les chevaux du char du Soleil, qui émergent de l’horizon.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    La suggestion est triple. D’abord, la position de l’animal par rapport à l’horizon suggère un commencement : une nouvelle histoire est en train de démarrer. Ensuite, la force physique du cheval installe le contexte de l’instinct. Et troisièmement, le rôle de la monture ou l’utilisation pour tirer un char posent la question de la maîtrise de la force physique : dans l’histoire qui vient de naître entre Phèdre et son beau-fils, jusqu’à quel point les deux protagonistes seront-ils maîtres de leurs élans émotionnels ?

    C’est Phèdre qui, la première, reconnaît son beau-fils.

    Pendant les premiers instants de l’échange, le jeune homme se rapproche spatialement de la messagère de la volonté paternelle. L’arrière-plan du peintre n’est plus le profil équestre, mais la silhouette de Dionysos, qui est tout jeune, beau et athlétique. À l’arrière-plan, une morphologie a remplacé une autre, mais c’est la même musculature, débordante d’énergie vitale et parée de mille attraits.

    Un magnifique sourire éclot sur les lèvres du jeune homme.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    L’empathie est là. La complicité lui emboîte le pas.

    Phèdre et son beau-fils continuent de faire plus ample connaissance. De nouveau, Phèdre prend l’initiative de choisir un autre cadre spatial.

    Avant de quitter le fronton oriental du Parthénon, le couple de visiteurs s’arrête devant un groupe de trois statues avec des robes aux plis magnifiques. Il s’agit de trois déesses. Deux d’entre elles sont assises. La troisième, qui a l’épaule droite dénudée, affiche une pose plus voluptueuse. Sur le ton de l’exclamation, le jeune peintre dit que cette dernière est Aphrodite. Puis il ajoute qu’elle est « sans tête ».

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Même « sans tête », la déesse de l’amour est reconnaissable.

    Mais l’intention de l’exclamation n’est pas de déplorer les méfaits du vandalisme.

    La remarque sur la tête perdue semble annoncer la future tragédie : un amour qui fera perdre la tête à l’un et à l’autre, et peut-être même, un amour qui sera lui aussi mutilé, irrémédiablement.

    L’intuition féminine est impressionnante. Juste après cette brève description de l’Aphrodite exhibée, Phèdre étouffe à cause du manque d’air et demande à quitter les lieux sans tarder. Qu’est-ce qui a failli faire suffoquer Phèdre ? Le pressentiment de l’issue funeste à laquelle mènera son jeu de séduction ?

    Un parc en plein air, puis les berges de la Tamise confirment que le coup de foudre est réciproque.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    L’amour naît à Londres, se consomme à Paris.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Survivra-t-il dans le Golfe Saronique, à Ύδρα – ΥΔΡΑ, là où l’armateur attend son épouse bien-aimée et son fils chéri ?

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Aucun des signes précurseurs apparus devant les sculptures du fronton oriental du Parthénon ne se révèle vain.

    Cette fois encore, c’est Phèdre qui prend l’initiative de révéler au chef de famille la fissure qui menace la barque de la réputation et du confort.

    Avec des habits d’une éclatante blancheur, Phèdre insiste pour apporter elle-même la terrible révélation. Au naufrage du bateau de commerce, qui s’est échoué au large des côtes norvégiennes, se superpose le naufrage du bonheur familial. Lequel des deux naufrages est pire que l’autre ?

    Battu sauvagement par son père, le jeune homme trouve la mort à cause d’un excès de vitesse à bord de sa puissante voiture de sport Aston-Martin.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Phèdre, elle, choisit de disparaître pour toujours, après avoir fermé les volets de sa chambre, les portes de l’autel de miséricorde, puis ses propres paupières sous un écran opaque.

    Ce conte, inspiré d’une tragédie antique écrite par Euripide, est paru à l’écran en 1962. L’armateur est le pendant de l’antique Thésée, qui a vaincu le Minotaure.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Phèdre, la sœur d’Ariane, a gardé le même nom. L’Hippolyte de la tragédie d’Euripide est devenu Alexis à Londres, à Paris puis à Ύδρα – ΥΔΡΑ.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    L’écriture antique et l’écriture contemporaine insistent sur le même thème, celui de l’impasse. Dès le début, l’amour que poursuit Phèdre a le goût sulfureux de l’impasse. Est-ce pour autant qu’elle a renoncé à écouter les murmures de son cœur ?

    L’impasse n’effraie pas l’esprit grec. Au contraire, il s’en sert pour s’affirmer et se construire une marge de manœuvre, pour chanter le libre arbitre et célébrer l’authenticité. Il ne pratique pas l’esquive, affronte l’impasse, la défie jusqu’à l’épuisement de ses ressources de mortel.

    A-t-on le droit de tomber amoureux à tout âge ? De n’importe qui ?

    Jusqu’à quel point peut-on contrôler les soubresauts de son cœur ? Doit-on le faire ?

    Le bonheur n’a-t-il droit de cité que s’il est conforme aux convenances sociales ?

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Quel lien existe-t-il entre la Phèdre du septième art et la Μελίνα – MΕΛΙΝΑ qui lui prête de façon sublime ses traits ? Le lien est viscéral. Il concerne les aspirations les plus profondes de l’être. C’est la même femme engagée qui refuse le joug de toute forme de tyrannie, tyrannie des conventions sociales, tyrannie du contexte historique ou tyrannie du sort.

    Qui aurait pensé que deux décennies après le tournage de la scène de la rencontre devant les sculptures du Parthénon, ces chefs-d’œuvre de l’art grec trouveraient en Μελίνα – MΕΛΙΝΑ l’ambassadrice idéale, qui plaiderait avec force et ténacité leur retour dans la mère-patrie ?

    Le souvenir de Μελίνα – MΕΛΙΝΑ est celui d’un être fougueux, qui se saisit à pleines mains du καιρός – ΚΑΙΡΟΣ dès que celui-ci pointe le bout de son nez. C’est le souvenir d’une âpre lutte pour sauvegarder ce qui nous revient de droit, comme l’élan amoureux ou l’expression artistique.

    Le souvenir de Μελίνα – MΕΛΙΝΑ est celui d’une marche de manœuvre acquise avec courage et utilisée avec sagacité, pour ne pas rester pieds et poings liés devant le fatum.

    Depuis l’époque des escapades égéennes jusqu’au récent voyage initiatique, tous nos périples dans l’Hellade prévoyaient une halte pour contempler le Parthénon.

    La contemplation du plus beau temple dorique est indissociable de l’évocation de la vie et de l’œuvre de Μελίνα – MΕΛΙΝΑ. Sur la scène internationale, Μελίνα – MΕΛΙΝΑ ne cessait de faire retentir ces mots :

     

    Le souvenir de Mélina

     

    Vous devez comprendre ce que les Marbres du Parthénon signifient pour nous. Ils sont notre fierté. Ils sont nos sacrifices. Ils sont notre symbole le plus noble de l’excellence. Ils sont un tribut à la philosophie démocratique. Ils sont nos aspirations et notre nom. Ils sont l’essence du caractère grec.

    Quel vibrant plaidoyer !

    Le combat de Μελίνα – MΕΛΙΝΑ est un combat du bon sens.

    Sa persévérance force le respect. Son optimisme est émouvant, quand il prévoit une issue malgré l’intransigeance britannique.

     

    Le souvenir de Mélina

     

    En guise de testament, la sublime Μελίνα – MΕΛΙΝΑ a dit :

    « I hope that I will see the Marbles back in Athens before I die ; but if they come back later I shall be reborn »

    J’espère que je verrai les Marbres revenir à Athènes avant ma mort ; mais s’ils arrivent plus tard, je renaîtrai.

    Puisse cette parole prophétique s’accomplir !

     

    Le souvenir de Mélina


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