• Le sourire de Déméter

    Déméter n’a pas toujours souri, surtout quand sa fille Perséphone est retenue par Hadès. Il a fallu que Zeus en personne négocie la libération de la prisonnière du Royaume des Ombres.

    Mais cette libération n’est ni totale, ni définitive. En effet, le rusé Hadès a fait manger à son épouse six pépins d’une grenade, et la loi veut que quiconque mange dans les Enfers ne peut plus s’en affranchir.

    Ainsi Perséphone est contrainte de rester avec Hadès chaque hiver, et elle ne peut retrouver sa mère qu’au printemps. Quand Déméter peut enfin serrer sa fille dans ses bras, la nature est de nouveau en fête.

    Mais avant le sourire de l’amour maternel assouvi, il y a eu les pleurs d’une mère affligée.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Profil accablé.

    Tête courbée.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Larmes abondantes.

    Puis vient le temps où la douleur de la séparation fait partie du passé.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Déméter affiche un sourire radieux, un teint coloré, une physionomie splendide.

    Mais Hadès, l’affreux Hadès, a beaucoup de mal à supporter sa solitude, même si elle n’est que saisonnière. Alors, il maugrée, puis déchaîne sa mauvaise humeur. Il fait revenir le souffle de l’hiver qui rend l’air glacial.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Il lance tous azimuts des grêlons qui martèlent violemment les surfaces non abritées.

    Malgré sa rage, Hadès ne parvient pas à faire pâlir le bonheur de Déméter, qui jour après jour, garde un sourire gracieux et confiant.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Le Zeph a rencontré l’Aventy au moment où le sourire de Déméter fleurissait de nouveau.

    En ce mois d’avril 2018, c’est le deuxième anniversaire de cette merveilleuse rencontre.

    Bien sûr, l’on peut aimer en secret, désirer dans le silence. Mais l’Aventy a fait le choix de l’explicite. L’Aventy a choisi de faire savoir ses préférences du moment, d’abord avec le sourire de la générosité, puis avec celui de la constance.

    Qui a des amis qui lui rendent visite toutes les semaines, avec un bouquet d’une dizaine de roses, de tulipes ou de glaïeuls ?

    Même au fin fond de l’Adriatique, l’Aventy avait son service d’Interflora et y faisait appel, souvent avant le shabbat, pour dire, à travers des messages fleuris, que l’Aventy n’a pas oublié le Zeph.

    L’an passé, l’Aventy a envoyé au Zeph quarante messages fleuris. Et le bouquet de toute l’année 2017 comportait quatre cent trente-six fleurs ! ! !

    L’amitié se construit par des efforts et par la constance.

    La rencontre entre l’Aventy et le Zeph a eu lieu sur le rivage de la Calabre.

    L’Aventy est cité en premier, parce que c’était lui qui prenait les initiatives dans les manœuvres d’approche, au sens propre comme au sens figuré. Bien sûr, le Zeph avait l’intelligence de se montrer consentant à chaque fois. Dans la construction de ce lien d’amitié, la séduction par le savoir-être a précédé celle par le savoir-faire.

    À l’occasion de cet anniversaire, dédié à Déméter qui incarne la montée de la sève et le renouveau de la vie, une table du sourire a été dressée.

    Pour les agapes de midi, les produits de la terre nourricière ont été mis à l’honneur.

    D’abord, des pommes rôties ont accompagné le feuilleté de foie gras.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Pomme verte et pomme rouge pour la dualité acidité – douceur.

    Puis des poires rissolées ont tenu compagnie à un sauté de porc au cumin et à la coriandre.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Le porc était intimement associé à des filaments de carottes pour assurer le mélange des textures tandis le vert des petits pois et le rouge de la courge se proposaient de donner un environnement coloré à la poire.

    Vers la fin, des papillons, fins connaisseurs des flagrances des fruits des sous-bois, sont venus humer le parfum capiteux du gâteau à la fraise.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Visiteurs ailés fort ravissants, qui donnaient à la fin du repas une sensation très agréable de légèreté.

    Le sourire de Déméter combat l’oubli. Est-il soumis à des restrictions dans l’espace ?

    La sphère d’influence de Déméter s’étend-t-elle jusque dans les tropiques ? Déméter connaît bien sûr l’Égypte, qui flirte avec le tropique du Capricorne.

    L’Aventy voulait contempler le sourire de Déméter en Orient. Alors l’Aventy a embarqué le Zeph pour aller voir les grandes nefs de verre du Parc de la Tête d’or. Excellente initiative de l’Aventy, car le giron des serres tropicales nous a réservé de très belles surprises. Dans la moiteur des tropiques, se déployait une multitude d’évocations des formes de vie du fond marin.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Danse lascive de la chevelure bleutée des méduses.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Bourgeonnement jaune ou rose à la façon des colonies de coraux.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Voilà l’Aventy et le Zeph, comme à Vibo, il y a deux ans. Cette fois-ci, le sourire de Déméter était de la partie. Un sourire aux multiples fossettes teintées de rose.

    Après cette excursion très inspirée, un deuxième hommage a été rendu au sourire de Déméter à l’heure du crépuscule. Les agapes du soir ont fait honneur aux produits de la mer.

    D’abord, colin au gingembre et velouté de tomate.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Évocation, non pas de la solitude, mais de l’île-refuge.

    Puis, saumon à l’anis et asperges rôties.

     

    Le sourire de Déméter

     

    L’ananas confit soutenait le saumon tandis que des tomates rissolées au fenouil soutenaient les asperges.

    La table du sourire n’a pas oublié l’intervention de Zeus, qui avait permis la libération de Perséphone.

     

    Le sourire de Déméter

     

    L’aigle qui symbolisait la présence du Maître de l’Olympe confirmait que la rencontre entre l’Aventy et le Zeph était un καιρός – ΚΑΙΡΟΣ inestimable.

    Le sourire de Déméter produit du sens. Ce qui a du sens ne s’oublie pas. Ce qui est creux, vide de sens, s’anéantit dans le temps et ne survit pas.

     

    Le sourire de Déméter

     

    Entre les deux repas, l’Aventy a voulu contempler les camélias du Parc de la Tête d’or. Pour les disciples de Déméter, le camélia symbolise la longévité, la fidélité et le bonheur. De manière prophétique, l'Aventy a formulé ces trois vœux pour l'amitié qui avait vu le jour en Calabre, à l'époque où Déméter souriait en retrouvant sa fille. 


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