• La douceur de l'accueil

    La douceur de l’accueil est proverbiale dans la demeure des anges du Languedoc.

    Une demeure qui s’élargissait volontiers jusqu’au quai Sébastien Vauban de la métropole catalane qui est l’héritière de la capitale du Royaume de Majorque, et même plus loin, jusqu’au rivage de Collioure, grâce à l’expansion suscitée par l’ambiance festive.

    C’est la troisième fois que l’esprit du Zeph rendait visite aux créatures angéliques. Les escales dans la demeure des anges du Languedoc se suivent, mais ne se ressemblent pas.

     

    La douceur de l'accueil

     

    La joie était toujours là, mais pas la routine. Car les effusions étaient plus vigoureuses, à l’instar de la vague qui frappait les rochers à l’arrière-plan.

    La douceur de l’accueil permettait l’aisance de la parole, qui se sentait libre de faire remonter à la surface ce qui était enfoui au fond du cœur, sous les strates du temps.

    L’une des choses pressées d’être évoquées de nouveau était le semestre passé à l’avenue Niel, dans le dix-septième arrondissement de Paris, en raison de la douceur de l’accueil qui consolait et réconfortait, avant de stimuler et de mettre le pied à l’étrier.

    La vague qui portait le souvenir de l’avenue Niel était la première à frapper les rochers de la mémoire, puis elle s’est retirée, laissant la place à une autre vague qui, elle, apportait des pans de l’existence passée dans la rue d’Armaillé, toujours dans le dix-septième arrondissement de Paris.

    L’onde parisienne a franchi trois décennies pour venir frapper les rochers de la mémoire. Après la rue d’Armaillé, c’était au tour de la rue Lecourbe, dans le quinzième arrondissement, puis de la rue Sedaine, dans le onzième arrondissement, de faire leur apparition sur la scène de la mémoire revivifiée.

    Ces escales étaient possibles parce qu’il s’agissait de havres de paix et de douceur, qui donnaient envie de revenir. Leur force attractive, qui était considérable, honore les personnes qui pratiquaient l’hospitalité avec tant de délicatesse et de tendresse. L’être qui faisait escale s’y sentait compris et choyé.

    Le Zeph remercie très vivement les deux gardiens du temps, qui étaient les principaux artisans de la douceur de l’accueil de jadis. Leurs témoignages si précieux illustrent l’agréable vitalité et la belle fécondité du passé.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Dans ce portrait réalisé au bord d’une rivière qualifiée de « basse », tous les regards ne suivaient pas la même direction. Certains empruntaient un trajet horizontal, qui les menait vers l’appareil photo. Les autres semblaient interroger un étage supérieur, non pas avec de l’inquiétude ou de l’impatience, mais avec une sorte de jubilation.

    Les regards amusés étaient dirigés vers une grande roue, qui était installée sous les créneaux du Castillet et dont l’éclairage fournissait un supplément de lumière pour la photo.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Si la couleur dominante était verte ou bleue, les personnages avaient le teint maladif. Si elle était rose ou pourpre, le portrait respirait la santé. Les yeux étaient levés pour guetter l’apparition de la lumière la plus chaleureuse dans la ronde des couleurs. La douceur de l’accueil n’omettait pas de prendre soin d’elle-même. Elle sollicitait les longueurs d’onde qui lui procuraient le maximun d’attractivité.

    L’une des ravissantes découvertes vers la fin de la promenade nocturne était un jardin improvisé, créé par des amoureux de la nature, dans un virage dont le nom sonnait comme une cloche d’or.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Fleurs aux teintes pastel. Pas de couleurs vives ou criardes. Pas de heurt, pas de choc.

    Coloris de l’apaisement tout en étant aussi ceux de la coquetterie. Séduction par la douceur. Fraîcheur et pureté d’une végétation en fête. Délice printanier avant l’heure.

    Belle initiative de la part des créatures angéliques, qui rappelait que la douceur de l’accueil ne saurait se passer du charme de la nature.

    Avec un environnement physique et affectif aussi favorable, la douce hospitalité offerte par les anges du Languedoc est un hymne au libre arbitre. Dans leur demeure, l’on fait ce que l’on veut, comme l’on veut, quand on veut, pourvu que l’on ne porte pas atteinte à l’harmonie.

    Il n’y a donc aucune contrainte, aucune pression, seulement du bon sens qui se mue tout naturellement en goût de l’équilibre et esprit de dévouement. C’est le don de soi, spontané et généreux, qui apporte la douceur de vivre à tous les résidents, permanents ou temporaires.

    La générosité de l’instant présent n’est pas sans lien avec celle du passé. Le ressac des flots de la mémoire est une manière pour le passé de rappeler le caractère essentiel de sa contribution.

    Collioure, qui a offert son cadre romantique pour le portrait des retrouvailles au milieu du chahut des vagues, faisait scintiller l’écume argentée du ressac à l’heure du crépuscule. De même, sur la mer des réminiscences, les heures crépusculaires de l’an 2018 faisaient miroiter les reflets chatoyants d’un autre ressac, celui des souvenirs de la douce hospitalité parisienne.

    Collioure n’est pas très loin du pays de l’illustre Miguel de Cervantes, qui a écrit El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha. La proximité géographique incite à expliciter une filiation linguistique. En effet, le mot « ressac » est un emprunt à la langue de Miguel de Cervantes. Dans celle-ci, « resaca » désigne le retour tumultueux de la vague sur elle-même après le heurt avec un obstacle.

    Phénomène physique de l’autre côté des Pyrénées, le ressac devient une manifestation psychique de ce côté-ci, spécialement dans la demeure des anges du Languedoc.

    Est-ce à dire que dans la langue de Miguel de Cervantes, le mot « resaca » n’a pas d’emploi au sens figuré ? Nullement. De l’autre côté des Pyrénées, il peut évoquer un effet titubant, comme dans l’expression : « la resaca del éxito », qui signifie « le vertige de la réussite ».

    Avec la même connotation, le déferlement des vagues qui apportaient successivement les souvenirs de l’avenue Niel, de la rue d’Armaillé, de la rue Lecourbe et de la rue Sedaine et qui les projetaient sans fard sur les rochers de la mémoire ne pouvait rester inoffensif à l’égard de l’équilibre affectif à l’heure des retrouvailles.

    À l’orée de l’an neuf, le mousse aussi a eu droit à d’émouvantes effusions. Elles lui rappellent la douceur de l’accueil qui lui est réservé depuis plusieurs décennies.

    Dès son arrivée en France, il a trouvé un cadre de vie, fait de lumière, de soleil et d’azur.

    Lui qui n’avait connu que l’aspect trouble des eaux chargées d’alluvions, il était émerveillé de découvrir que l’onde pouvait être comme du cristal.

    Lui qui n’avait connu que des cieux gorgés d’humidité ou chargés de menaces, il était enchanté d’échapper à la moiteur et aux bruits d’hélicoptère.

    Pureté de l’eau, du ciel, de l’azur.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Une pureté magique qui allait de pair avec la quiétude, toute nouvelle et si délicieuse.

    Dans ce microcosme paisible, où il n’était plus question de détonations d’armes à feu, de bombardements par des B52 ou d’épandage de défoliants, des pins flirtaient tranquillement avec des palmiers et des cyprès.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Nouveautés qui charmaient.

    Au milieu de ce climat d’insouciance, des fleurs de cactus se miraient dans l’azur.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Singularités qui fascinaient.

    Comme dans un film en technicolor, des murs captaient goulûment l’énergie de l’astre du jour pour donner plus d’intensité et de séduction à leurs couleurs.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Avant-goût de l’Italia bellissima !

    Et tout cela avec la surprenante légèreté de l’atmosphère !

    La douceur de l’accueil n’était pas que dans l’attrait du paysage. Elle dépendait surtout de la grande ouverture d’esprit et de l’immense mansuétude des personnes qui exerçaient l’hospitalité.

    Une hospitalité faite de tolérance et de confiance, nourrie par le respect absolu, dans les faits et non seulement dans le principe, de la liberté de l’être venu d’ailleurs. Celui-ci pouvait exercer, à tout moment, son libre arbitre dans la réflexion, la prise de décision et la mobilité, sans que les personnes qui l’accueillaient en prennent ombrage.

    Une sollicitude qui se gardait d’être intrusive ou oppressive.

    Quelle extraordinaire adéquation entre l’environnement naturel et le contexte humain !

    Le magnifique cadre de vie était offert sans rien exiger en retour. Il était le cadeau de bienvenue de deux êtres d’une bonté exquise.

    En dépit du temps qui passe, la douceur de l’accueil a gardé sa pureté, sa véracité et son charme.

    L’Indochinois, devenu le mousse du Zeph, s’estime extrêmement chanceux de pouvoir encore serrer dans ses bras l’incarnation vivante de la douce hospitalité qui lui est offerte depuis un demi-siècle.

     

    La douceur de l'accueil

     

    À l’orée de l’an neuf, la route du littoral entre Port Napoléon et Saint-Tropez était comme un pèlerinage sur les lieux qui ont vu fleurir dans l’azur méditerranéen le καιρός – ΚΑΙΡΟΣ de l’enfant des rizières.

    Sur les rivages de l’Occitanie comme sur ceux de la Riviera, la douceur de l’accueil du présent ne serait pas aussi délicieuse si elle n’était pas le legs d’un passé chaleureux, confiant et optimiste.

    Le capitaine voulait donner à la douce hospitalité du littoral un cachet exceptionnel en la vivant sur le rivage tropézien pendant la transition entre 2018 et 2019.

    On attendait le passage à l’an neuf en flânant devant l’illustre Café Sénéquier.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Le regard du mousse était attiré par la belle poupe d’un yatch qui recevait la lumière du Sénéquier. Sur la table du salon à l’arrière, trônait un splendide bouquet de roses rouges et blanches. Sur une vitre à bâbord, on pouvait lire le nom du yacht de luxe. Il s’agissait du Kir Royal, immatriculé à Port Victoria, dans les Seychelles.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Pour jouir pendant une semaine de l’intégralité du confort qui s’y déployait, il suffisait de débourser quelques trente-cinq milliers d’euros.

    Le mousse, lui, avait des visées plus modestes. Il attendait que les reflets lumineux soient optimaux pour restituer la magnificence du bouquet. Et pendant qu’il attendait, il faisait attendre, à son insu, d’autres personnes, qui étaient dans son dos et qui devaient remonter la passerelle pour regagner le grand salon, qui ressemblait, à lui tout seul, à un palais des mille et une nuits. Alerté par le capitaine, le mousse s’est retourné et s’est retrouvé nez à nez avec une noble dame, extrêmement sympathique. Avec son sourire gracieux et sa patience infinie, elle a donné le ton à son groupe d’amis, tous très gais et très polis. Dans leur approche silencieuse et discrète, il y avait une belle générosité. Ils étaient sensibles au regard d’artiste, et le mousse leur en sait gré.

    Le photographe n’a pas été chassé comme l’on chasse une guêpe ou une mouche. Au contraire, son travail a été salué avec courtoisie et honoré avec sincérité.

    Ce qui était merveilleux avec ces châtelains de la mer, qui n’étaient pas imbus de leur personne, c’était que le penchant pour le luxe n’étouffait nullement le goût de l’autre, même si celui-ci avait un portefeuille nettement moins rempli.

    La douceur de l’accueil du pays tropézien produisait immanquablement la joie. Le Zeph s’associait volontiers à cette joie, à l’instar des fans de la Madrague.

    Il y a donc eu le champagne pour honorer les tout derniers moments de 2018. Des rouleaux de saumon fumé, farcis avec des filaments de carotte crue, accompagnaient avec bonheur l’effervescence.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Puis il y a eu un autre champagne, pour célébrer les tout premiers instants de 2019. Il devait être bu sur l’esplanade du môle d’Estienne d’Orves, pendant le pétillant feu d’artifice de l’an neuf.

    Mais avant d’accéder à cette esplanade de la jouissance, il fallait passer par un contrôle de sécurité. Le capitaine craignait pour la bouteille de champagne. Le mousse avait de l’inquiétude pour le trépied. Le plan Vigipirate nous priverait-il, à l’un et à l’autre, de nos moyens de sustentation ?

     

    La douceur de l'accueil

     

    Le capitaine est passé en premier. L’homme qui fouillait n’avait pas de mal à reconnaître le breuvage. À voix haute, le capitaine, un tantinet charmeur, s’interrogeait sur la possibilité d’une autorisation. Avec beaucoup d’élégance, l’agent de sécurité a répondu que s’il devait confisquer toutes les bouteilles de champagne ce soir, il en ferait une montagne. Voulant s’assurer que l’implicite équivalait effectivement à la permission d’amener le champagne jusqu’à la jetée la plus externe, le mousse a dit au fouilleur : « C’est le moment où jamais ! ».

    L’agent de sécurité, qui était de très bonne humeur, a fait non de la tête, puis a laissé passer le capitaine.

    Et le trépied pour les photos et la vidéo ? L’homme qui fouillait s’est fié à la déclaration du mousse, a jeté un rapide coup d’œil dans le sac qui contenait les accessoires. Ce coup d’œil était rapide, mais les mains de l’homme étaient plus lentes à descendre le long des jambes du mousse. Et quand l’absence de risque a été vérifiée, l’agent de sécurité a fait comme le cavalier qui flattait la croupe de sa monture pour exprimer sa satisfaction et sa joie.

    La douceur de l’accueil du pays tropézien dépendait évidemment des conditions météo. Mais le facteur déterminant était l’ouverture du cœur des humains.

    Il était très important que le Zeph ait un support visuel pour se remémorer cette magnifique hospitalité de Saint-Tropez. Ainsi la fontaine baroque qui ornait l’aile occidentale de la place de la mairie a servi de cadre pour le premier portrait de 2019.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Les deux personnages étaient encore dans l’ivresse provoquée par tant de floraisons diaprées qui avaient scintillé dans le ciel tropézien, et aussi par le joyeux concert de sirènes des bateaux qui venaient d’assister au splendide spectacle de son et lumière.

    En la circonstance, le mousse avait la délicate mission d’exhiber le premier trophée de l’année nouvelle.

    Il a encore la chair de poule quand il revoit le bouquet final, accompagné par l’air « Nessun dorma ! », de la Turandot de Puccini.

    Nessun dorma ! Que nul ne dorme !

    À l’heure où les accents pucciniens s’envolaient vers la voûte céleste de la Madrague, personne ne dormait sur le môle Jean Réveille ou sur le môle d’Estienne d’Orves, ni sur le quai Jean Jaurès, le quai Suffren, ou le quai Gabriel Péri.

    Et à l’instant de l’apothéose, la voix de ténor a lancé vers le firmament l’émouvant : « Vincerò ! »

    Vincerò ! Je vaincrai !

    Quel sublime message ! Vaincre la morosité, le doute, l’appréhension !

    En vérité, la musique de Puccini déroulait la triple affirmation : « Vincerò ! Vincerò ! Vincerò ! » dans un crescendo qui soulevait les entrailles.

    « Vincerò ! » proclamé trois fois, pour dire la confiance et la détermination.

    La douceur de l’accueil du pays tropézien faisait partie des étrennes offertes au Zeph par les divinités.

     

    La douceur de l'accueil

     

    Éole aurait pu jouer au trouble-fête. Mais il ne l’a pas fait. Il a préféré aller jouer au toboggan dans le couloir rhodanien, qu’il a descendu à la vitesse de 120km/h.

    La douceur de l’accueil est un art, celui de la disponibilité et du désintéressement.

    Un art qui devient magique quand les divinités s’y associent avec bonté, sans malice ni facétie.


  • Commentaires

    1
    La cour d’orient
    Lundi 14 Janvier à 18:43

    Mon commentaire s’est perdu quelque part dans le site 

    je ne suis pas très douée 

    mais merci à vous deux 

    bises

     brigitte 

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