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تطوان (en français : Tétouan) était la deuxième halte logistique de la roulotte, mais la première destination culturelle à part entière.

Comme Delacroix, la roulotte a débarqué à طَنْجَة (en français : Tanger) en janvier, avec l’enthousiasme d’un regard entièrement neuf et la griserie du privilège de savourer un sublime dépaysement.

Tétouan est située à une soixantaine de kilomètres au Sud-Est de Tanger.

La littérature fait l’éloge du statut de patrimoine mondial, acquis par Tétouan auprès de l’Unesco, depuis 1997.

L’équipage du Zeph ignorait tout de ce tapage médiatique, qui servait principalement les intérêts financiers des organismes de voyage de toutes sortes. C’était donc en toute innocence que le Capitaine et le mousse sont partis à la découverte de Tétouan.

L’art de Delacroix fournissait la méthode d’approche : laisser les couleurs faire naître les émotions.

Et une grande émotion s’est emparée du mousse parce qu’une danse des tulipes s’est déployée pour lui souhaiter la bienvenue :

Le corps effilé de ces tulipes et leurs ondulations lascives indiquaient qu’elles étaient des messagères de l’art ottoman.

En effet, voici la même floraison, qui orne une céramique réalisée dans l’Anatolie du XVIè siècle, plus exactement à Iznik, qui est l’héritière de la Νίκαια  des Grecs :

Cette parenté flagrante signifiait une filiation spirituelle, qui rattachait l’Extrême-Ouest de la Mer Intérieure à l’Extrême-Est.

L’art est un indicateur de l’influence géostratégique.

La céramique d’Iznik, montrée ci-dessus, appartient aux collections du Grand Louvre.

Quand aux tulipes qui ont dansé pour souhaiter la bienvenue au mousse, elles avaient comme plateau de danse un espace dédié à la recherche du sens de la vie.

À Tétouan, la sagesse populaire disait ceci :

قيمة الحياة هي الشخص الميت الذي سيعطيها لك

 

En français : La valeur de la vie, c’est la personne morte qui te la donnera

Nos chers lecteurs auront compris l’allusion : la découverte de Tétouan a commencé par l’endroit qui offrait le plus de quiétude. C’était aussi l’endroit où le souvenir, individuel ou collectif, était confié à la terre, au soleil, au vent, à la pluie.

C’est maintenant le moment opportun pour révéler que la ronde des tulipes, qui souhaitait la bienvenue, participait à l’ornement d’une sépulture.

C’était une tombe dont l’esthétique avait une portée géopolitique.

Voici, dans le même ordre d’idées, une autre invitation à réfléchir :

L’ornement de la tombe à Tétouan s’inspirait du motif floral qui nourrissait l’opulence des murs de l’Alhambra.

En effet, Voici une mosaïque qui décorait le palais de Comares à l’Alhambra :

La symétrie radiale, qui organisait la structure de la marguerite pour en faire un soleil, fonctionnait de la même façon en Andalousie et sur le territoire tétouanais, en faisant de la rive Nord la source d’inspiration pour la rive Sud.

Les ponts Est-Ouest et Nord-Sud, construits par les arts décoratifs, étaient des chemins du souvenir, qui fascinaient par la liberté de leur ton et par leur prospérité.

La liberté qui vient d’être évoquée était le fruit de la paix avec soi-même et avec autrui.

Ce principe était valable pour la relation entre Tétouan et son environnement méditerranéen tout comme pour ce qui avait lieu à l’intérieur du giron tétouanais.

La pratique de cette liberté faisait qu’il n’y avait ni compétition entre les funérailles ni conflit entre les sépultures.

Si certaines tombes étaient décorées, d’autres ont préféré, sereinement, la sobriété.

Si certaines structures funéraires prenaient un peu d’altitude, d’autres ont choisi, en toute quiétude, la proximité avec la surface du sol.

L’absence de rivalité conférait au lieu du souvenir une harmonie exquise.

Voici une demeure qui affectionnait, pour l’éternité, l’uniformité de l’ocre jaune :

Il se peut qu’il y ait là le souvenir du sable dans le désert.

Un sable si fin et si homogène, qu’il donnait à voir une surface unie, parfaitement polie et bien lisse

Une autre façon de souvenir de la pureté du désert consistait à penser à la voûte céleste de celui-ci.

Voici la demeure qui s’est enveloppée, pour toujours, dans l’azur immaculé du désert :

Le choix de la transparence s’exposait sans crainte au milieu du foisonnement des motifs ornementaux. La liberté avec laquelle s’exprimait la richesse iconographique contribuait grandement au climat d’harmonie qui caractérisait le principal lieu du souvenir de Tétouan.

La liberté qui irriguait le traitement de l’espace à deux dimensions présidait également à l’organisation de la troisième dimension, à travers la prise en compte de la verticalité.

Voici comment l’élévation était sollicitée pour garantir la survivance du souvenir :

La partie supérieure de l’ornement des céramiques comportait des rangées de triangles, qui évoquaient des murailles crénelées.

Voici l’une de ces murailles crénelées, qui participaient à la défense de la cité médiévale :

Le lien avec l’architecture défensive locale était saisissant.

Affranchissons-nous de la proximité et faisons un saut vers le Nord, jusqu’en Andalousie, comme nous l’avons fait précédemment. Sur ce mur de l’Alhambra, la rangée de triangles qui coiffaient le verset coranique encourageait l’élévation de la pensée vers les choses d’en haut :

Quel voyage instructif sur les rives de la Mer Intérieure !

Comme précédemment, poursuivons-le vers l’Est, en direction du Croissant fertile. Là, retrouvons l’ancienne Mésopotamie, qui était étroitement liée aux prophéties sur le Messie. Voici l’une des réalisations architecturales les plus prestigieuses de la Mésopotamie, la Porte d’Ishtar :

Une reconstruction de l’antique Porte se trouve dans le complexe muséographique berlinois.

Manifestement, l’art funéraire tétouanais utilisait des concepts qui se sont répandus sur les rives de la Mer Intérieure, depuis la Mésopotamie.

Ce chemin du souvenir, que nous venons d’accomplir, n’a pas fait escale en Grèce. Et pour cause !

L’esthétique grecque est innervée par la quête obsessionnelle de la perfection, que seul le cercle peut satisfaire, géométriquement.

L’esthétique née en Mésopotamie, elle, utilise le rectangle, le carré (qui n’est qu’un rectangle particulier), le triangle (qui est une moitié de rectangle). D’où la prédominance du schéma polygonal, sans l’intrusion de la ligne courbe.

La prédominance nommée ci-dessus n’était pas une tyrannie à Tétouan. En effet, l’idéal grec apparaissait quand même en filigrane, à travers les demi-cercles qui coiffaient les stèles indiquant le chevet des sépultures :

L’empreinte grecque se voyait même grâce aux cannelures qui donnaient à la stèle de chevet l’apparence d’un tronçon de colonne grecque.

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Abordons à présent la question des mensurations.

Dans le principal lieu du souvenir à Tétouan, la verticalité exhibée avec son ornement historique n’avait pas un discours triomphant (encore moins, arrogant ou prétentieux). Elle faisait réellement bon ménage avec d’autres hauteurs plus modestes : non par condescendance, mais par ouverture d’esprit, par humanité.

Voici la verticalité qui avait confiance dans l’hospitalité de l’humus :

Une hospitalité luxuriante, désintéressée, émouvante.

L’herbe des champs avait un rôle mémoriel. En rappelant la fécondité de la terre, elle ramenait le souvenir du thé à la menthe, jadis partagé :

Par nature, la terre nourricière est généreuse, à Tétouan comme partout ailleurs.

Voici une vision de cette générosité :

Le spectacle de cette abondance vivifie le souvenir des instants festifs vécus auprès de la multitude des êtres chers :

Beaucoup, beaucoup de menthe pour exalter la multiplicité du lien d’affection !

Ainsi, dans ce lieu du souvenir qui s’étendait à ciel ouvert, au pied de la montagne qui s’appelait comme un mélange d’épices (en arabe : جبل درسة , transcription : Djebel Dersa), il y avait une cohabitation pacifique de toutes les sensibilités artistiques, et même une valorisation mutuelle, qui rendait le site hautement inspirant.

Cette belle entente avec autrui n’entravait nullement de la liberté d’être soi, et c’était même cette liberté qui était à l’origine de l’entente.

Cette harmonie exceptionnelle et magique faisait remonter à l’esprit ces vers délicieux, rédigés au XVIII è siècle :

دوستو، دیکها تماشا یاں کا بس

تُم رہو خوش ہم تو اپنے گھر چلے

 

En français :

Amis, assez de spectacle.

Restez heureux, nous rentrons à la maison.

 

L’auteur de ce merveilleux poème était : خواجة مير درد (transcription : Khwaja Mir Dard)

Le poète se fait le porte-parole du défunt, qui dit sa satiété. Donc point de regret, point de frustration, point d’amertume.

Il est question d’une cessation, qu’il est logique d’accepter.

« Nous nous sommes suffisamment divertis », dit la personne qui se prépare à partir. Le « spectacle » qu’elle va quitter est celui que donnent les vivants.

L’annonce du retrait imminent se fait sur un ton cordial, affectueux même.

Aux « amis » qui restent, spatialement, dans la ronde des vivants, la personne en partance leur souhaite la continuité du bonheur. Donc, malgré la séparation qui se profile, les larmes sont inutiles, voire incongrues ou incompréhensibles.

Il est bien question de la continuité d’un état heureux : le bonheur qui a existé avant la séparation, devrait rester intact après la séparation !

Quelle magnifique exhortation à la résilience !

La fin du vers justifie l’élan oratoire qui porte la première moitié du vers : les personnes qui s’en vont ne font que rentrer chez elles, dans leurs demeures chéries. Donc il n’y a pas de destination inconnue, mystérieuse ou anxiogène !

Le retour chez soi est une chose naturelle, rassurante et même enviable.

Le premier vers se termine par la satisfaction apportée par la façon de remplir le temps.

Le second vers s’achève par une autre satisfaction, celle d’occuper l’espace selon ses souhaits.

Ainsi la mort, vue par le poète n’est source d’aucune angoisse et d’aucune souffrance.

À Tétouan, les chemins du souvenir étaient des chemins de paix.

Et Delacroix dans tout cela ?

La question de la mort est abordée par le peintre dans une toile qui s’intitule « La barque de Dante et Virgile ».

La peinture montre l’effroi sur le visage de Dante, qui porte une coiffe rouge.

Le poète florentin fait un geste de recul parce qu’à ses pieds, une âme désespérée tente de monter sur la barque.

Le candidat au salut mord à pleines dents le bord de la barque pour ne pas rater sa chance.

La grimace fait ressortir la violence qui déforme les muscles et enlaidit la physionomie.

L’escalade périlleuse a lieu vers la proue, côté bâbord.

Le corps, encore immergé, baigne dans une eau boueuse, infestée par des tourbillons malveillants.

À proximité, flotte un autre corps, sans vie celui-là. L’absence de vie se voit dans la teinte blafarde de l’épiderme, dans l’abandon des bras dont les mains ne retiennent plus rien, dans le dos tourné à la barque qui perd sa fonction salvatrice.

Un peu plus en arrière encore, un corps téméraire s’agrippe au flanc du bateau. La musculature dit que c’est un homme. La couleur foncée de la peau indique que l’irrigation sanguine n’a pas cessé.

Ce qui retient surtout l’attention, c’est la manière dont l’homme cherche à se hisser pour passer de l’autre côté, dans le giron de la barque : son pied droit prend appui sur un abdomen féminin, appartenant à un corps livide. La brutalité de ce geste met mal à l’aise, même si le cadavre qui sert de marche-pied ne ressent plus aucune douleur.

Enfin, tout à fait à droite, sous la silhouette du barreur enveloppé dans son manteau bleu, deux mains s’agrippent à une tête qui n’a plus de cheveux : la main gauche est posée sur la nuque tandis que la main droite se tient à la barbe.

Le propriétaire de ces deux mains cherche à échapper à une noyade, sans penser que l’homme qui offre pour l’instant le salut, est sur le point de sombrer, lui aussi, dans les eaux noires du Styx.

Toujours à l’arrière, côté tribord, a lieu une autre escalade.

La tête du candidat à la sécurité, à l’apaisement et au bonheur arrive à dépasser le rebord de la barque. Ses yeux, globuleux, sont rouges de rage, d’angoisse et d’incertitude.

À l’arrière-plan, apparaît une cité en flammes.

C’est Dîté, la destination prévue pour la barque, qui n’a pas l’air d’en prendre franchement le chemin, à cause de l’hostilité du vent et des vagues.

Le spectre de la malédiction s’abat impitoyablement sur les trépassés :

Il n’a pas l’intention d’épargner les vivants qui se tiennent debout sur la barque :

L’ambiance illustrée par Delacroix comporte des relents de culpabilité, des menaces de châtiments et de tortures.

Avec la barque de Dante et Virgile, Delacroix montre l'attractivité du bouillonnement et la nécessité de la révolte.

Delacroix a peint ce tableau de la détresse inconsolable dix ans avant de débarquer à Tanger. Il est impensable que la sensibilité du peintre n’ait pas capté, pendant son séjour en Afrique, la propension de l’univers berbère à privilégier l’apaisement.

Contemplons à nouveau la sérénité du lieu du souvenir à Tétouan :

Sous l’arbre, deux passants circulaient entre les sépultures, sans crainte et sans remords.

Point de harcèlement non plus, de la part des disparus, à l’encontre de ces deux âmes vivantes, qui se frayaient un passage entre les stèles commémoratives :

Aucune inquiétude non plus ne travaillait ces deux visiteurs, qui se félicitaient de la précieuse liberté qui leur était accordée dans ce lieu de mémoire :

L’adjectif « précieuse » n’est ni emphatique, ni superflu. Il a réellement sa place ici. En effet, son emploi est justifié par un indice sur la photo : il s’agit du mot الله , qui apparaissait sur la gauche de la photo et qui était calligraphié en blanc. Littéralement, l’équivalent en français est : « Le Dieu ». Cette apparition très ostentatoire servait de rappel théologique. Au cas où certains l’auraient oublié, l’espace de souvenir où ils se trouvaient était un espace religieux, qu’il convenait de respecter en tant que tel.

Voici le genre de respect qu’imposait l’orthodoxie en vogue à مُرّاكُش (en français : Marrakech) :

La pancarte de Marrakech était non équivoque : toute personne qui n’adhérait pas au troisième monothéisme se voyait refuser l’entrée dans le lieu du souvenir.

Une telle discrimination n’existait pas à Tétouan.

C’est maintenant le moment opportun de réfléchir au statut de patrimoine mondial, que l’Unesco a accordé à Tétouan. Un patrimoine dit mondial est un patrimoine qui s’ouvre au monde entier, sans aucune discrimination d’aucune sorte.

Ainsi, Tétouan méritait le statut de patrimoine mondial, non pas par rapport à l’Andalousie qui était l’origine commune aux deux rives, mais par rapport à l’ouverture d’esprit qui caractérisait l’hospitalité tétouanaise.

Il n’est pas inintéressant de considérer un autre éloge formulé à l’égard de Tétouan, lequel éloge consistait à nommer la ville par l’expression الحمامة البيضاء (en français : colombe blanche).

Cette appellation laudative se référait plus à l’universalité de la paix qui régnait dans la sphère tétouanaise, beaucoup plus qu’à la blancheur d’un habitat.

L’objectif de la paix nous ramène à l’art de Delacroix.

Est-il arrivé que le peintre se préoccupe de l’apaisement, voire de la reddition devant l’adversité ?

Deux ans après son débarquement à Tanger, Delacroix a peint une tristesse mortelle. En effet, le portrait qu’il devait réaliser était celui d’une personne qui était en train de mourir de chagrin, même physiquement. Ce dépérissement physique était causé par la mort d’une liaison amoureuse. Les ravages de cette issue funeste se voyaient sur les traits du visage, mais aussi et surtout à la chevelure qui a perdu toute la féminité initiale. Car il s’agissait de George Sand qui venait de rompre avec Alfred de Musset.

Au modèle féminin qui posait devant le chevalet, Delacroix a dit ces mots inattendu: “Laissez-vous aller. Quand je suis ainsi, je ne fais pas le fier, je ne suis pas né Romain. Je m’abandonne à mon désespoir. Il me ronge, il m’abat, il me tue...”.

« Laisse-vous aller », c’est-à-dire « Ne luttez plus ! »

« Je m’abandonne à mon désespoir » : sous-entendu « Faites de même ».

Delacroix ne peint plus le combat, mais l’abdication.

Voici le portrait de l’abdication, réalisé en 1834 :

Le tableau est conservé au Musée national Eugène-Delacroix.

Il se peut que l’abdication soit la stratégie adoptée par l’instinct de survie pour retrouver le chemin de la paix.

Huit ans après l’effigie du désastre amoureux, voici une scène de paix, peinte par Delacroix, dans le cadre très inspirant du domaine familial de la romancière, devenue amie :

Le tableau représente Marie, encore toute jeune, en train de prendre connaissance des Écritures hébraïques, en compagnie de sa mère, Anne.

Tout est dans l’apaisement : les personnages, le cadre de verdure, la douce lumière. Et ce, malgré la violence de certains textes prophétiques comme celui-ci, qui annonçait les stigmates que porterait le Messie sur le poteau de supplice :

כָּאֲרִי יָדַי וְרַגְלָי

תְּהִלִּים כב : טז

 

Ils ont percé mes mains et mes pieds

Psaumes. Chapitre 22. Verset 16

 

L’apaisement naît de la confiance. La confiance est engendrée par la certitude l’amour.

Le tableau précédent est aussi conservé au Musée national Eugène-Delacroix.

Une étude de ce chef-d’œuvre de Delacroix figure dans l’article « Sur les pas de Delacroix. 1. Le prélude bourguignon. 1-4. La palette de La Charité-sur-Loire », publié le 04 février 2026.

À Tétouan, le Capitaine du Zeph et le mousse étaient très chanceux de découvrir les demeures de l’éternité avant celles de l’éphémère.

Certes la topographie s’y prêtait. Mais c’était grâce à l’hospitalité de la « Colombe blanche » que le dépaysement était considérable et l’édification, exquise.

La palette de Tétouan était celle de l’apaisement et du retour à l’harmonie cosmique.

 

Tags : Delacroix, George Sand, liberté, paix, harmonie, mort, تطوان ,Tétouan, طَنْجَة , Tanger, barque de Dante, خواجة مير درد

COMMENTAIRE

Chris, le vendredi 19 juin 2026 à 09:04

Quelle érudition. Bravo

 

RÉPONSE :

Cher lecteur et ami,

Nous te remercions vivement pour l’expression de ton jugement.

Elle nous rappelle la conversation, à la fois très agréable et très édifiante que tu nous as offerte quand tu as rendu visite au Zeph qui était en pleine chirurgie au chantier naval de Xαλκούτσι (transcription : Khalkoutsi).

Le déplacement qui a permis cette conversation de vive voix était d’une valeur éthique exceptionnelle, tout comme le partage d’idées qu’il a engendré. En effet, pour toi, ce n’était pas le plaisir personnel et égocentré qui déterminait l’itinéraire, mais c’était l’affection fraternelle qui dictait le cap.

Venons-en maintenant à la sagesse dont tu nous as fait part, oralement, à Xαλκούτσι. Tu nous disais, entre autres, que l’enseignement devrait commencer par l’Histoire.

Voici les eaux qui ont reçu l’écho de tes paroles de sagesse :

La photo a été prise à partir de la poupe de ton Roch’hir.

Même le large tendait l’oreille pour capter l’enseignement.

Et voici le Capitaine du Zeph qui s’est installé à la proue du Roch’hir pour contempler les quais qui venaient d’entendre et de voir l’éloge de l’Histoire :

Merci de nous avoir fait prendre conscience que le lien de causalité est détenu par le facteur temporel, et donc que la lumière de l’élucidation viendrait aussi par la maîtrise des données temporelles.

Aussi le mousse a-t-il écrit l’histoire de تطوان (en français : Tétouan) comme celle d’un dessillement.

Et la progression de ce dessillement t’a plu. Nous nous en félicitons.

Bon vent à toi, cher ami !

 

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Tag(s) : #2026 MAROC
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