Le petit chat qui, à l’instar de Prométhée, aimait trop les humains, a d’abord été appelé « Col blanc » par le Capitaine. Le miracle de la re-naissance a prolongé le souffle de vie mais n’a rien changé à la maigreur initiale, C’est pour cela que « Col blanc » est demeuré chétif et malingre. Frappé par l’apparence physique défavorisée, le mousse a choisi un deuxième surnom, qui était « Petit-Gris ». Celui-ci a fini par s’imposer.
La veille de la mise à l’eau, le Zeph a dit au revoir à Petit-Gris.
Pour entrer dans la mer, il fallait s’extraire de la terre ferme. Cette extraction commençait par l’enlèvement des étais qui avaient permis à la coque de prendre appui sur le sol :
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Un traîneau aidait le Zeph à se mouvoir jusqu’à la porte de sortie du chantier naval.
Sur la gauche de la photo, la roulotte attendait que l’emplacement soit libéré pour l’occuper à son tour.
Docile, la roulotte s’est mise là où avait été le Zeph :
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Une grande bâche servait de protection contre la poussière :
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Pendant ce temps-là, le Zeph patientait devant la porte de sortie, tout en restant à l’intérieur de l’enceinte du chantier naval :
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La photo montre un face-à-face entre le Zeph et le Tanoa Piti, qui était le catamaran de l’ami flamand.
Dans cet échange visuel, il y avait de l’estime, de l’amitié, de l’affection.
Sur le devant de la coque à bâbord du catamaran, figuraient ces lettres : ANTWERPEN
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C’était le nom de ANVERS en flamand.
Justement, ce matin-là, l’ami flamand était reparti à Anvers, à bord de sa voiture estampillée Tesla.
Le Zeph devait sa re-naissance chirurgicale en 2023 à l’hospitalité anversoise.
L’au revoir à Tanoa Piti se remplissait de nostalgie.
Voici comment le catamaran flamand a vu le Zeph dans cet au revoir :
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Est apparu un Zeph plein d’énergie positive et bien déterminé à tirer pleinement profit du temps sursitaire.
Derrière la quille permanente et l’échelle temporaire, la porte de sortie, de couleur beige, attendait d’être coulissée pour révéler l’azur si attractif des flots.
Sur la droite de la photo, se dessinait le relief montagneux de l’île nommée Εύβοια (transcription : Eubée).
Dans cette configuration, le profil à tribord du Zeph préparait l’entrée en scène du protagoniste annoncé dans le titre de l’article :
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Dans l’ordre d’une proximité croissante, c’est-à-dire en allant de l’arrière-plan vers le premier plan, il y avait le relief montagneux de l’île d’Eubée, le museau du Zeph, le bougainvillier blanc de l’article « La renaissance. 2-4 Xαλκούτσι (Khalkoutsi). 2-4-5. La lumière des agapes », et enfin, l’un des cartons où s’abritait la descendance de l’amie Kανέλα.
Maintenant que le décor est planté, voici le protagoniste désiré et désirable :
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Au bras du mousse, Petit-Gris, héritier de Kανέλα, montait les marches de l’échelle pour une réception dans le cockpit du Zeph.
À l’arrière-plan, la porte de sortie, symbole de vigilance, et la mer qui semblait s’étendre jusqu’aux confins du septentrion, contribuaient grandement à la solennité de l’instant.
Aurait-il été convenable d’avoir moins d’égards envers l’être qui était le miroir de Aσκληπιός (transcription : Asklépios) ?
Petit-Gris s’est vite retrouvé en territoire conquis :
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La fière allure témoignait de la grande facilité d’adaptation.
La jouissance des lieux a commencé à bâbord :
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La table centrale devenait le perchoir favori :
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Très vite, Petit-Gris s’est adonné à des jeux d’acrobatie :
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Le saut de la surprise témoignait de la vitalité du soma et du bonheur au niveau psychique.
Le caractère imprévu de l’acrobatie a fait que seule la patte de l’aisance a laissé son sillage.
Cette scène très édifiante appelle une remarque, qui concerne le commentaire formulé par un espion.
D’abord, qui était cet humain à la pensée trouble et à la parole blessante ?
Sa présence est évoquée, par pur hasard, dans l’article « La renaissance. 2-4 Xαλκούτσι (Khalkoutsi). 2-4-1 L’émotion du premier jour », à la trentième photo, qui montre « le Capitaine en train de faire sécher la bâche qui avait protégé les hublots contre les infiltrations en provenance des pluies d’hiver ».
En effet, dans cette photo tout à fait anodine, apparaissaient, au premier plan, les ailerons rouges d’un anémomètre. À ce moment-là, le mousse avait choisi ce cadrage uniquement pour le complément de couleur apporté par le premier plan.
Voici la même photo de l’innocence, mais avec un cadrage légèrement différent, qui mettait davantage l’accent sur l’appoint de couleur en provenance du premier plan :
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La photo était innocente. Mais les ailerons rouges, non ! Car ils appartenaient à l’homme qui a prophétisé que la malédiction ne lâcherait pas le frêle félin. Natif de l’Hexagone, le vilain sorcier a utilisé la langue de Molière pour répandre le venin de la méchanceté. L’être à la pensée toxique et au cœur de fer s’est glissé entre le Zeph et la roulotte pour donner à Petit-Gris une espérance de vie inférieure à quarante-cinq jours à partir du moment où sa prophétie de malheur a été proférée. Théoriquement, ce compte à rebours a commencé le 7 juillet dernier.
Depuis ce repère temporel sensé être fatidique, soixante-huit jours se sont écoulés jusqu’au jour de la parution de cet article. Ces soixante-huit jours ont-ils vu l’accomplissement de la prophétie de l’homme méchant ?
Le Capitaine et le mousse ne disposent d’aucune information à ce sujet.
La seule chose sûre, c’est que ces soixante-huit jours étaient nourris par l’espoir généré par l’affection.
Mais avant de se consoler avec l’espoir, le Zeph a offert à Petit-Gris un goûter bien gourmand pour l’au revoir.
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C’était un genre de dessert préparé avec du lait frais et un œuf cru.
Petit-Gris appréciait la sollicitude du Zeph.
Le Capitaine et le mousse ont accompagné l’appétit du jeune félin avec un plat de fraîcheur qui leur était destiné :
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Il s’agissait d’une salade de poivrons.
L’aubergine était sollicitée pour enrichir le contraste chromatique :
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Puis l’heure de la séparation est venue.
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Sous l’échelle qui avait donné accès au cockpit, Petit-Gris fixait de ses yeux le nouvel horizon de l’autonomie
Reconnaissant, Petit-Gris s’est retourné vers le Zeph :
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La tristesse commençait à envahir le regard de l’ami félin :
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Le pressentiment que quelque chose de décisif se préparait requérait une plus grande concentration :
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L’angoisse d’être face à son propre destin s’emparait de Petit-Gris :
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De nouveau, l’ami félin s’est retourné vers la coque aimante :
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L’attachement ne se rompait pas aussi facilement.
Mais l’intelligence présente dans la Nature savait distinguer l’être et la chose et ne prenait pas l’une pour l’autre. En effet, la patte gauche de l’avant-train du félin débordait du bras gauche du mousse, créant ainsi une étreinte bien émouvante avec la complicité de la patte droite.
Petit-Gris s’agrippait à la personne aimante, et non à l’objet inerte.
L’étreinte, qui était une manière de lutter contre l’irréversibilité de la tournure des événements, ne rassurait pas, mais laissait songeur :
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Enfin, Petit-Gris s’est décidé à regarder le lieu d’où il était venu et qui était aussi celui où il retournerait :
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Toujours en fixant du regard l’habitat des origines, l’ami félin a dressé ses oreilles bien haut pour signifier qu’il s’armait de courage :
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Puis la descente a été amorcée, en direction du coude :
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Le gouffre de l’indépendance suscitait le doute et la crainte :
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Petit-Gris prenait le temps de la réflexion :
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La nouvelle trajectoire, qui passait par le milieu de l’avant-bras et non plus par le coude, offrait l’avantage de rester plus longtemps dans le giron de l’amour.
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En effet, la disponibilité de la chemise empêchait que la glissade ne soit brutale et incontrôlable.
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Le geste dicté par la sécurité pouvait aussi être vu comme une ultime tentative de ne pas se séparer ni de la bienveillance, ni de l’amour.
Trop occupé par ce qu’il devait douloureusement quitter, le jeune félin n’a pas vu que la silhouette paternelle avait accouru.
Un tourbillon de sentiments impatients a empoigné le groupe des trois protagonistes. Petit-Gris détenait toujours le premier rôle, avec ses deux pattes de devant qui s’agrippaient à la chemise du mousse.
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Le père de Petit-Gris faisait des enroulements autour des jambes du mousse, comme jadis Kανέλα l’avait fait.
Le mousse, lui, ne savait plus où il en était, avec un flux affectif ascendant extrêmement bouleversant et un flux affectif descendant, d’une grande intensité aussi.
L’au revoir s’est achevé par le regard plein de tendresse des deux héritiers de Kανέλα.
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La voûte céleste s’empourprait pour féliciter le Zeph d’avoir consacré la re-naissance à l’édification des liens d’amour au sein du cosmos.
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Le Zeph a pu dire au revoir à Petit-Gris avec le pourpre de l’amitié indéfectible : c’était un immense privilège.
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Tags : Xαλκούτσι, Tanoa Piti, Col blanc, Kανέλα, Aσκληπιός, Petit-Gris, Prométhée, amitié
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