Trois jours après l’arrivée au chantier naval de Xαλκούτσι (transcription : Khalkoutsi), une délégation de félins est venue rendre visite au Zeph :
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À droite de la photo, c’était la silhouette maternelle. À gauche, dans le voisinage immédiat de la mère, évoluait la toute dernière portée. Mais sur la photo, celle-ci n’était pas au complet. En effet, un petit chat manquait à l’appel.
Le voici, le petit chat qui faisait bande à part :
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L’absent était présent près d’une quille de bateau.
Non seulement le pelage était différent, mais le caractère aussi. La photo montre que l’indépendant délaissait la compagnie de la fratrie pour se réfugier auprès des humains.
Mais pas auprès de n’importe quels humains.
Les humains dont le petit chat indépendant a choisi de se rapprocher avaient reçu la dédicace suivante :
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Koufonissi 4/10/22
aux esprits indépendants
Anne & Éric
Tallulah
La Rochelle
L’écriture manuscrite provenait de la main de la muse du Tallulah, qui avait vu très juste et qui est allée directement à l’essentiel.
Comme le flair du petit chat était perspicace ! D’instinct, le frêle ami s’est réfugié dans un territoire qui professait la même attitude mentale que lui.
Ce qui était fascinant, c’était que le jeune visiteur recherchait une communauté non pas de morphologie ou de physiologie, mais d’état d’esprit.
La photo suivante montre que ce territoire où fleurissait l’esprit d’indépendance était identifiable de manière tangible :
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Au premier plan, apparaissait la pioche qui secondait désormais le râteau dans la tâche de désherbage.
La quille à l’arrière-plan appartenait donc au Zeph.
Il en ressort que sur cette photo et sur la photo précédente, le petit chat a repéré le bon refuge dès les tout premiers instants. Comment a-t-il reconnu que c’était le bon refuge ? Certainement pas avec les yeux que voici :
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L’œil droit était voilé, lourdement !
Un grave handicap sévissait aussi sur l’autre œil :
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Le regard était obstrué par un rideau causé par l’infirmité. Mais la bonté du Zeph exhalait un parfum qui a guidé les pas intrépides du petit chat.
La condition physique du jeune visiteur a provoqué chez le Capitaine et le mousse un choc émotionnel terrible.
Tout de suite, le Capitaine a décidé d’intervenir.
Le voici qui prenait les choses en mains, au sens figuré mais aussi au sens propre :
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À aucun moment le petit chat ne s’est débattu. La docilité de son corps exprimait une totale confiance dans le chirurgien improvisé. L’étreinte autour du cou était ressentie comme un geste salvateur.
L’œil droit faisait l’objet des premiers soins :
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Le nettoyage, qui était seulement de nature mécanique, produisait un effet positif :
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Puis c’était le tour de l’œil gauche de bénéficier de la sollicitude du Capitaine :
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De nouveau, le résultat était très encourageant :
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Après le retour à la clarté du regard, le Capitaine a proposé au jeune visiteur de la nourriture, liquide puis solide, pour revivifier l’organisme :
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À la très grande surprise de l’équipage du Zeph, l’ami infortuné n’avait ni faim, ni soif :
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Débarrassé providentiellement de la cécité, le petit chat se nourrissait uniquement de méditations au sujet de son sort de rescapé. La douceur de la gratitude emplissait son regard restauré :
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En même temps, la conscience d’un renouveau physiologique réveillait l’esprit d’indépendance.
Le Capitaine et le mousse ont respecté l’indépendance du jeune visiteur qui s’en est allé humer les effluves des vertus thérapeutiques de l’herbe sauvage :
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Un des signes qui confirmaient que la guérison était en bonne voie se voyait dans le soin que chacun accordait à soi-même. Le fait que le petit chat faisait de nouveau sa toilette indiquait que désormais il en avait les forces physiques et mentales.
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La nécessité de l’hygiène, imposée par la biologie, était vécue comme un plaisir, celui de l’équilibre retrouvé.
La langue, qui, tout à l’heure, avait refusé le contact avec le lait et la charcuterie, se délectait à présent dans le contact avec l’épiderme de son propre corps. Re-naître pour s’aimer soi-même encore plus !
Puis l’ami félin a préféré profiter de l’ombre grandissante pour sauvegarder ses nouvelles forces, grâce à un sommeil réparateur.
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Sommeil salutaire, qui semblait aussi solitaire.
Ce qui paraissait être le choix de la solitude n’était en fait qu’une manifestation de l’esprit d’indépendance.
Le Zeph était fasciné par l’esprit d’indépendance du petit chat.
Par son choix relationnel, l’ami félin renvoyait une image du Zeph.
En poursuivant le même raisonnement, le délabrement initial de la condition physiologique de l’ami félin était aussi un miroir où se reflétait le destin du Zeph.
Autrement dit, le petit chat était un messager envoyé par Aσκληπιός (transcription : Asclépios ; les latinistes diraient Esculape), le dieu de la médecine, pour apporter au Zeph le miroir où se lirait le destin de celui-ci.
Avec cette compréhension, les deux mains du Capitaine, qui ont enlevé la cécité du petit chat, représentaient les deux mains de Aσκληπιός, qui s’étaient saisies de la navigation du Zeph pour enlever toute obstruction.
Le petit chat avait une mission pédagogique et prophétique. C’est pourquoi la consommation d’aliments périssables de l’intéressait guère.
Cette révélation était l’événement majeur du jour.
Malgré ce fabuleux dessillement, la journée a fini par un suspens, créé par un geste imprévisible et incompréhensible de l’ami félin.
En effet, les deux dernières photos qui montraient le lieu où l’ami félin jouissait de la paix après l’opération de nettoyage des yeux, exhibaient aussi des tubes métalliques, enveloppés par l’ocre de la rouille.
Ces tubes métalliques appartenaient à un échafaudage qui gisait au sol.
Voici donc le nouveau territoire de l’indépendance, bordé par l’ocre métallique :
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Les esprits commençaient à s’habituer à l’idée que le petit chat y passerait la nuit.
Puis le coup de théâtre est survenu.
Subitement, l’ami félin a quitté ce refuge à toute allure pour filer tout droit vers un autre.
La photo suivante montre la trajectoire de la surprise :
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Au premier plan, était reconnaissable un cylindre métallique, tout rouillé. C’était la bordure du territoire de l’indépendance, avant que celui-ci ne devienne, à son tour, caduc.
L’axe de symétrie qui ne passait pas loin de ce tube ocre, frôlait dans la partie supérieure de la photo une ancre. C’était l’ancre du Zeph.
Le petit chat a couru, à toute vitesse, depuis les tubes ocres jusqu’à l’ancre du Zeph, pour disparaître sous l’amoncellement de la chaîne d’ancre.
Voici la destination finale du petit chat :
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Une grande inquiétude s’est emparée de l’équipage du Zeph, qui craignait que le dernier refuge ne devienne la sépulture de l’ami chétif et affaibli.
La tombée de la nuit amplifiait l’incertitude :
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Lorsque l’aube a lui de nouveau, le Capitaine a annoncé au mousse la plus merveilleuse des nouvelles du jour : le petit chat était reparti avec sa mère !
L’affreux spectre de l’abandon a quitté le devant de la scène. À la place, avaient lieu d’émouvantes retrouvailles.
Voici le petit chat qui savourait à nouveau la tendresse maternelle :
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Les yeux fermés du petit chat n’exprimaient plus un malheur, mais un bonheur.
La silhouette maternelle avait aussi les yeux fermés, pour mieux se concentrer sur le contact affectueux entre les deux corps.
La tête inclinée du petit chat reflétait un besoin, une quête, une satisfaction, une jouissance, une ivresse.
Après le sommet du crâne, la sollicitude maternelle est passée à la nuque, en confiant à la langue la mission de prodiguer des caresses onctueuses :
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La salive maternelle agissait comme un baume :
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Le petit chat étirait son corps pour agrandir le territoire destiné aux câlins :
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L’intensité de l’affection réciproque donnait aux câlins un caractère fusionnel :
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Brusquement, le petit chat, qui jusque là avait la tête courbée en signe de consentement et de confiance, s’est mis à se redresser pour adopter la pose d’une sentinelle :
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Un rival, qui se présentait sur la gauche de la photo, menaçait de briser l’exclusivité des épanchements affectueux ci-dessus.
Y avait-il un arbitre dans l’affaire ?
Il allait de soi que l’arbitrage revenait à l’autorité parentale.
Mais comment était l’attitude maternelle à ce moment-là ?
Les yeux encore fermés, la figure maternelle demeurait plongée dans l’exquis bonheur d’avoir retrouvé celui qui avait été considéré comme perdu, c’est-à-dire non seulement égaré, mais aussi mourant.
Voici le verdict de l’autorité parentale :
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Le petit chat continuait à recevoir les câlins maternels, malgré les pas envieux du nouvel arrivant.
La tête haute et le cou redressé disaient la fierté d’avoir gagné la partie.
Imperturbable, la sollicitude maternelle tenait à parfaire son œuvre, en ajoutant à la tendresse l’élégance :
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La langue qui distribuait le suc de l’intimité ne voulait négliger aucune parcelle du corps dont elle stimulait la re-naissance.
L’extrémité de l’organe féminin rejoignait amoureusement l’extrémité de l’oreille choyée.
L’imagination anthropomorphique verrait dans cette sublime jonction le profil d’un cœur qui tournerait sa pointe vers les cieux.
Le raisonnement de la veille a abouti à la conclusion que le petit chat indépendant était le miroir fourni par Aσκληπιός pour que le Zeph y lise son propre destin. Effectivement, dans un premier temps, s’y lisaient le délabrement et même le spectre de la mort. À présent, le miroir renvoyait l’image réjouissante d’une re-naissance.
La veille, les mains munies de gants pour redonner de la clarté au regard étaient les mains appartenant à Aσκληπιός lui-même. À présent, le visage maternel qui se concentrait sur le bonheur à apporter au petit chat était en quelque sorte le visage appartenant à Aσκληπιός, le miséricordieux !
Entre-temps, le nouvel arrivant, qui enviait le privilège dont jouissait le petit chat, a gagné du terrain, mais seulement de manière topographique :
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Les têtes rivales réduisaient la distance physique qui les séparait.
Les regards croisés développaient l’animosité.
Le nouvel arrivant insistait auprès de la silhouette tutélaire pour obtenir les mêmes faveurs :
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Mais la préférence maternelle n’a pas varié :
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L’indépendant restait le chouchou de sa mère.
La tutelle maternelle favorisait l’intégration du petit chat au sein de la fratrie :
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Cependant, la cohabitation, même pacifique, n’effaçait pas chez l’indépendant la conscience qu’il détenait la primauté :
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L’affection maternelle fortifiait la re-naissance. Mais quelle était la finalité de celle-ci ?
Voici une réponse à l’impérieuse question :
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Re-naître pour s’ouvrir à autrui, le découvrir et l’apprécier.
Dans l’immédiat, cet « autrui » pour le petit chat, c’était le Capitaine qui s’était installé dans le terrain herbeux où venait de se reconstituer la fratrie des petits félins.
Sur la photo précédente, la présence du Capitaine occupait le côté droit.
La proximité entre le petit chat et le verre de vin rouge qui accompagnait le Capitaine illustrait le fait que s’intéresser à autrui, c’est s’intéresser aux goûts de celui-ci.
En conséquence, le scénario prévu par Aσκληπιός pour le miroir comportait deux phases, dédiées respectivement à autrui puis aux goûts de cet autrui.
Pour le petit chat, le fait de s’ouvrir à cet autrui qu’était le Capitaine consistait à s’ouvrir à la présence tactile de celui-ci.
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La tête penchée indiquait le consentement et montrait le plaisir :
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Pour dire son nouveau bien-être, le petit chat est allé faire sa toilette devant le museau bleuté des chaussures de son nouvel ami.
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À l’arrière-plan, sur la droite, à travers l’herbe sauvage, se voyaient les lignes bleu clair de la coque du Zeph.
Puis la tentation tactile de l’homme devenait à nouveau irrésistible :
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À lui seul, l’effleurement suffisait à subjuguer.
L’immobilité du petit chat et sa grande concentration donnaient à la scène une formidable intensité émotionnelle.
Les doigts du Capitaine ont remonté l’omoplate droite, en direction de l’oreille droite.
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Pendant le même temps, la tête du petit chat se soulevait aussi du côté droit, pour accompagner la caresse.
Le stimulus était venu en douceur. La réponse au stimulus a aussi eu lieu en douceur.
La verticalité n’était pas propice à l’expression de la tendresse. La tête penchée exprimait mieux la confiance et l’amitié :
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Plus l’épanchement affectif était fusionnel, plus l’inclinaison de la tête était forte :
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À l’arrière-plan, le Zeph, reconnaissable à ses lignes bleu clair était en extase devant la pureté de cette nouvelle amitié.
À son tour, la joue droite voulait connaître le charme de la caresse venant de l’homme :
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En la circonstance, la main qui caressait était la main droite, c’est-à-dire celle qui, la veille, avait débarrassé l’œil droit de l’obstruction terrifiante.
Autrement dit, la joue droite a recherché le contact avec la main caressante pour exprimer, de manière tactile, la gratitude.
Comme ce raffinement contrastait avec le comportement en cours au sein de la fratrie ! En effet, au sein de de celle-ci, au même moment, l’on jouait à retourner des bouts de corde :
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Quant aux deux esprits indépendants qui venaient de se retrouver, ils savaient aussi se distraire avec des positions retournées, mais toujours avec un don de soi, de sa personne, de sa bonne humeur, de ses ressources affectives :
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La position sur le dos était la plus vulnérable, mais aussi la plus ludique et la plus sensuelle.
Toujours retourné sur le dos, l’ami félin s’est maintenant glissé sous la jambe droite du Capitaine :
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Un savant jeu de toucher a eu lieu :
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La patte antérieure gauche du petit chat rejoignait l’index gauche du Capitaine pour former l’arc ogival, caractéristique de l’architecture gothique français !
Quand l’art s’invitait d’une façon aussi merveilleuse dans le jeu, c’était une réelle bénédiction !
L’arc ogival n’était pas destiné à être statique. En effet, il n’a pas tardé à évoluer, à cause de l’appétit pour autrui, lequel appétit était à prendre au sens réellement physiologique :
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La configuration rappelait étrangement celle d’une tétée.
Les griffes étaient sorties pour retenir l’objet du désir :
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Mais les pointes acérées ne touchaient aucunement l’épiderme humain et donc ne le blessaient pas du tout ! L’amitié féline savait user de retenue et manifester des égards.
Après le déploiement pacifique des griffes, il y a eu le déroulé gourmand de la langue.
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Cajoleuse, l’amitié était aussi savoureuse.
Après ces approches qui illustraient l’intérêt porté à la personne d’autrui, le miroir fourni par Aσκληπιός montrait à présent comment le petit chat s’intéressait aussi aux goûts de cet autrui qu’était le Capitaine.
Le Capitaine aimait particulièrement le breuvage de Διόνυσος (transcription : Dionysos).
Le petit chat était attiré par les mêmes effluves :
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Après la patte qui avait réagi à la stimulation olfactive, c’était la langue qui partait à la découverte des saveurs inhabituelles :
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L’exploration, qui se voulait méthodique, commençait par l’extérieur.
Mais l’odorat a vite trouvé que l’intérieur était plus capiteux que l’extérieur. Alors la récolte des saveurs est passée sur la face concave du verre.
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Redressé pour éviter un éventuel accident, le verre gardait la même attractivité :
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Des effluves capiteux continuaient à parfumer la panse de cristal.
Le liquide du désir continuait à luire au fond.
Comme Prométhée, le petit chat aimait trop les humains. Il s’attachait à leur compagnie et était épris de leurs goûts.
Au petit chat qui a porté avec magnificence l’image de la re-naissance du Zeph, le Capitaine a donné le nom de « Col blanc ».
Le miroir fourni par Aσκληπιός était un excellent outil pédagogique, qui rappelait au Zeph la nécessité de ne pas rater le but de cette re-naissance.
L’on re-naît pour s’ouvrir à autrui.
Et s’ouvrir à autrui, c’est contribuer à l’harmonie du cosmos.
Tags : re-naître, Xαλκούτσι, Aσκληπιός, Tallulah, esprit indépendant, chat, Prométhée
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