Après Caen, la roulotte mettait enfin le cap sur le point cardinal qui avait tant contribué à la gloire de Delacroix. La première escale sur la route du Sud était Brest, où le Capitaine et le mousse étaient attendus par l’équipage du « Bateau Vert ».
Le « Bateau Vert » était entré dans les registres sentimentaux du Capitaine à cause des atours chlorophylliens dont se parait la nef, mais aussi et surtout, à cause de l’envergure des périples que celle-ci effectuait avec panache.
Par chance, le « Bateau Vert » est passé à Port-Saint-Louis-du-Rhône, ce qui a permis au Capitaine et au mousse de le voir de visu, et même d’être invités à son bord, avec beaucoup de générosité.
De cette belle rencontre, est née une relation épistolaire, féconde et stimulante, qui était à l’origine des joyeuses retrouvailles de cet hiver.
L’élégance était la première chose qui sautait aux yeux dans l’accueil préparé par l’équipage du « Bateau Vert » dans son QG brestois.
Un bouquet de fleurs fraîchement cueillies présidait la table des agapes :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_094d90_s3500017-mimosa-et-rose-pour-sou.png)
La muse du « Bateau Vert » utilisait des teintes pastel pour souhaiter la bienvenue.
La même douceur se retrouvait dans le bleu léger qui fleurissait l’assiette et aussi dans la couleur marron de l’ornement floral de la serviette :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_ed5d16_s3500014-douceur-du-bleu-de-l-a.png)
La douceur favorise l’attention prêtée au détail.
La lame du couteau faisait office de miroir pour des fleurs cristallines.
Voici l’original des reflets :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_f2beab_s3500023-fleurs-taillees-sur-le.png)
Des marguerites à douze pétales étaient taillées sur le cristal du verre.
Était-il question seulement de botanique ?
La proximité d’un instrument d’optique, qui faisait penser à une lunette astronomique, inciterait à voir dans ces profils étoilés des astres de la voûte céleste.
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_748751_s3500024-lunette-astronomique-c.png)
Il ne s’agissait pas de repas pour astronomes, mais de partage convivial qui favorisait l’élévation de la pensée.
S’encourager mutuellement à rechercher ce qui est beau et noble est une manière de donner de l’élévation à la pensée.
L’élégance qui se voyait chez l’équipage du « Bateau Vert » n’était pas une élégance de l’apparence, mais de l’être.
En entrée, était servie une verrine au goût délicat :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_90ea1c_s3500008-verrine-de-bienvenue-co.png)
Le plat principal était du poisson, agrémenté de poireaux :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_dc82fc_20251220-125614-joues-de-raie-et.jpg)
La préparation culinaire enchantait le Capitaine et le mousse par son onctuosité.
Le décor floral de l’assiette continuait de témoigner que la douceur constituait l’un des objectifs majeurs de l’art de vivre du « Bateau Vert ».
Mais la douceur ne signifiait ni la fadeur, ni l’atonie, ni la modération de l’engagement.
Regardez ce feu de cheminée qui fascinait par la tonicité de ses flammes :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_c3d92b_20251220-114753-tonicite-du-feu.jpg)
Cette joyeuse vigueur caractérisait l’appétit de vivre du « Bateau Vert ».
Delacroix a peint une composition florale où l’arrière-plan était illuminé par un tel jaillissement d’énergie. Voici cette œuvre picturale :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_8cb4bc_delacroix-bouquet-dans-un-vase-de.jpg)
Par contraste, les ombres accentuent les zones de clarté pour en faire un second bouquet de lumière, qui se déploie à l’arrière plan.
Le talent de Delacroix est dans le fait qu’il a peint, non pas une architecture immobile et inerte, mais un jaillissement de la vie, comme si l’énergie vitale, qui émane du premier plan, s’en donnait à cœur joie pour illuminer l’arrière-plan.
Comme pour le bouquet qui souhaitait la bienvenue au Capitaine et au mousse, les corolles peintes par Delacroix exhibent l’or et le pourpre.
Il suffirait de superposer la photo des fleurs de bienvenue et celle de la cheminée, en mettant le bouquet devant la bûche, pour obtenir la vision de Delacroix.
Sur la verticale qui aurait pu servir d’axe de symétrie, entre le pavot rouge et le lys orangé, s’épanouissent deux profils rosés, qui évoquent des dahlias.
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_3cc409_capture-d-ecran-2026-04-08-024350.png)
C’est la lumière stylisée, par comparaison avec la lumière brute qui se répand sur l’arrière plan.
Dans la demeure brestoise, il y avait aussi une stylisation de l’énergie du feu, qui exploitait la forme fleurie.
Voici comment l’équipage du « Bateau Vert » établissait le lien avec l’original tout en donnant une autonomie au prélèvement :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_39858e_20251220-171139-prelevement-du.jpg)
Ainsi l’univers du « Bateau Vert » était dual, par le jeu de la différentiation, qui était en même temps celui de la complémentarité, avec l’objectif de favoriser la synergie.
La dualité sait tirer partie du voisinage immédiat pour fasciner davantage. En effet, le bas du tableau de Delacroix est occupé par l’ombre qui contraste avec la lumière juste au-dessus. Mais cette ombre n’est pas faite de vacuité, ni de futilité. : se blottissent dans cette ombre des fruits variés. L’on pourrait y reconnaître, sur la gauche, des grappes de raisin et des pommes
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_4806c3_capture-d-ecran-2026-04-12-111344.png)
Sur la droite, se profileraient des figues, à côté du raisin :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_555c21_capture-d-ecran-2026-04-12-111435.png)
C’est une ombre nourricière.
Comme Delacroix, l’équipage du « Bateau Vert » excellait dans l’art de rendre l’ombre éloquente.
En voici un exemple, qui se trouvait dans l’articulation entre la salle à manger et le salon :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_927d43_s3500019-rose-fanee-et-petales.png)
La rose fanée n’était plus que l’ombre d’elle-même. D’aucuns diraient qu’elle avait fait son temps et ceux-là n’auraient aucun scrupule à la jeter, par exemple aux orties.
Mais tel n’était pas le cas avec l’équipage du « Bateau Vert », qui semblait prendre soin de l’aspect flétri et fournissait à l’assise du vase une serviette immaculée, qui avait la douceur et la pureté d’une compresse.
Dans un premier temps, le spectacle de la rose fanée pourrait être une évocation de la fuite inexorable du temps. Mais avec le « Bateau Vert », ce constat, même s’il ne pouvait être l’objet d’aucune controverse, était incapable de se suffire à lui-même. L’appétit de vivre attendait une action complémentaire, du moins une résolution ou un engagement.
Dans ce contexte, le spectacle de la rose fanée contenait l’exhortation à se consacrer principalement à des valeurs intemporelles, dont faisaient partie le désintéressement et la générosité
L’intemporalité substitue au douloureux sentiment d’impuissance la force d’un souvenir édifiant.
La dualité ré-équilibre la balance en chargeant le plateau de « l’ici et maintenant » avec plein de bonnes choses.
Voici la composition florale conçue par la muse du « Bateau Vert » pour illustrer cet équilibre :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_367f19_s3500018-equilibre-entre-les-ro.png)
La fraîcheur des teintes de la broderie qui contrebalançait la chute des pétales faisait référence à l’intemporalité des vertus de l’amitié.
À travers l’illustration du temps qui passait, la rose qui avait la tête basse était en lien avec l’histoire, celle de nos vies personnelles. Mais elle pouvait encore avoir une relation avec la géographie, quand elle évoquait la marée basse.
L’équipage du « Bateau Vert » a proposé au Capitaine et au mousse du Zeph une ballade récréative pour montrer, en vraie grandeur, et non seulement de manière symbolique, le spectacle de la marée basse qui se déployait, sans artifice, en contrebas du OG brestois.
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_fa86f1_20251220-152121-debut-du-reflux.jpg)
Ce qui était un rituel pour l’Océan extérieur paraissait insolite pour un regard habitué à la Mer intérieure.
Quel était l’intérêt de contempler des coques privées de leur flottaison ?
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_509986_20251220-152247-reflux-copie.jpg)
Le spectacle contenait une leçon de prévoyance et d’anticipation.
L’empêchement pourrait être plus grave, durer plus longtemps, voire devenir irréversible et définitif, comme c’était le cas de cette épave :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_4b6546_20251220-150314-epave-copie.jpg)
À quoi cela pourrait-il servir de prendre acte qu’une épave gisait là ?
C’était le rappel que tout pouvait survenir, à tout moment, le meilleur comme le pire. Et si c’était le cas du pire, il y avait la nécessité de savoir rebondir.
La culture du rebond s’appelle la résilience.
Ainsi, la passeggiata, tout en étant ludique, s’est révélée merveilleusement didactique et extrêmement édifiante. Elle engendrait un vif désir, celui de faire du bien, tant qu’il en était encore temps.
Et l’une des meilleures façons de se faire du bien s’accomplit grâce à l’art de la table.
À ce sujet, la muse du « Bateau Vert » a donné carte blanche au mousse du Zeph.
Celui-ci s’est inspiré d’une pancarte qu’il avait remarquée dans le très beau jardin de la demeure brestoise. Voilà cette pancarte :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_c3636e_20251220-145405-pancarte-de-sitia.jpg)
L’indication kilométrique s’intéressait à Σητεία, une ville portuaire située à l’extrémité Est de la Crète.
Le cordon ombilical avec la Méditerranée orientale était omniprésent.
Brest et Σητεία étaient, l’un pour l’autre, comme des antipodes. Et l’art de vivre du « Bateau Vert » consistait à relier les antipodes. C’était le goût de la dualité dans toute sa splendeur.
Le mousse a emboîté le pas au souvenir vivifié par l’écriture : l’entrée qu’il préparait pour le premier soir brestois faisait un double clin d’œil à la Mer Égée.
Le premier clin d’œil était un emprunt à la table du Zeph, qui affectionnait la parade des anneaux de l’oignon rouge.
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_615917_20251220-192451-entree-pour-le-p.jpg)
Le second clin d’œil était un hommage au savoir-faire de l’amie caennaise, qui avait émerveillé le mousse à Βόλος (en français : Volos) avec de sublimes spirales de concombre.
Celles-ci plaisaient beaucoup au regard de la muse du « Bateau Vert ». Le mousse a révélé la source de son geste culinaire. Cette révélation a produit une grande joie chez la muse du « Bateau Vert », qui s’est félicitée de ce « partage » généreux.
Le bonheur avec lequel la muse du « Bateau Vert » a accueilli la mise en commun du savoir a beaucoup ému le mousse.
Dans la demeure brestoise, les amitiés mutualisaient leurs arts de vivre.
Delacroix n’était pas absent dans cette fête de l’œil : les filaments de gingembre étaient chargés de faire briller ses ocres favoris.
L’autre remarque à faire au sujet des coloris concerne la palette ornementale de la céramique. Dans le cas présent, la couleur verte de l’olive faisait son apparition.
Pour le plat principal, le mousse s’est plu à jongler avec les ocres de Delacroix en faisant caraméliser de la volaille avec du poivron jaune et de la patate douce :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_af86ab_20251220-194306-poulet-caramelis.jpg)
Le décor floral de la céramique accompagnait le brunissement des ocres en ajoutant aux différents bleus des reflets gris.
L’harmonie entre la céramique et la nourriture que celle-ci contenait témoignait du grand talent artistique de la muse du « Bateau Vert », qui improvisait et réussissait merveilleusement bien. En effet, ce n’était qu’à la dernière minute qu’elle pouvait se rendre compte de la coloration finale que prenaient les aliments et ce coup d’œil unique (au sens de la quantité unitaire et au sens de la rareté du génie) suffisait amplement pour réaliser le meilleur accord colorimétrique entre le décor de la céramique et l’habillage des aliments cuisinés.
La muse du « Bateau Vert » s’est occupée du dessert. La glace, qui était aux fruits rouges, était servie avec une céramique où brillaient le pourpre et l’or.
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_df69a5_20251220-202910-glace-aux-fruits.jpg)
Quelle heureuse adéquation ! Quel spectacle ravissant, qui évoquait, visuellement, l’ardeur d’une amitié sincère et dévouée ! Visuellement, c’était l’ardeur qui était évoquée. Mais gustativement, c’était la fraîcheur qui s’offrait. Encore une merveilleuse dualité qui contribuait au charme de l’hospitalité pratiquée par le « Bateau Vert ».
La deuxième journée passée en compagnie de l’équipage du « Bateau Vert » était consacrée à la découverte de la prestigieuse « Cité du Ponant ».
La visite du port de plaisance brestois a donné au Capitaine et au mousse du Zeph l’occasion de prendre connaissance de la mue du « Bateau Vert ».
Voici l’équipage du « Bateau Vert » sur leur ponton :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_97a99a_20251221-123028-la-muse-et-le-cap.jpg)
L’ambiance stimulante de la navigation faisait éclore une fleur précieuse qui s’appelait la joie.
Les agapes de la pause méridienne ont eu lieu sur une terrasse couverte, qui offrait une vue panoramique sur les pontons du port de plaisance.
La présentation des plats jouait l’atout futuriste. Voici le dressage pour l’entrée :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_a52dee_20251221-134729-port-de-plaisance.jpg)
Le goût était au rendez-vous.
Le mousse a commandé du poisson. Celui-ci avait aussi le même habillage futuriste :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_4bf550_20251221-134814-port-de-plaisance.jpg)
Mais il était possible de retrouver la présence de la tradition à travers le museau du chou, qui était sous-jacent :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_b68388_20251221-135203-port-de-plaisance.jpg)
Le jeu à cache-cache entre la modernité et la tradition est plaisant. Encore une dualité inattendue, dont le secret n’appartenait qu’à l’équipage du « Bateau Vert ».
Le dessert du mousse avait aussi l’apparat de l’habillage futuriste :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_e5d0bf_20251221-141603-port-de-plaisance.jpg)
Après cet interlude consacré à la fantaisie, la muse du « Bateau Vert » a mené le Capitaine et le mousse vers un lieu plus solennel, puisque celui-ci servait d’écrin au « Canot de l’Empereur ».
L’empereur était Napoléon Ier.
Voici le canot d’apparat qui était construit pour lui, à Anvers, en 1810 :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_08dfe0_20251221-162520-brest-le-canot-d.jpg)
L’originalité de la mise en scène était dans l’installation du miroir d’en haut, qui permettait d’avoir une vue complète du chef d’œuvre.
C’était la muse du « Bateau Vert » qui a insisté pour que le mousse découvre cette magnifique réalisation. Elle connaissait les goûts du mousse et s’employait à les combler avec générosité.
La découverte était très enthousiasmante grâce à la composition duale du spectacle déployé par l’ingénierie.
Sous l’impulsion de la muse du « Bateau Vert », la dualité propulsait, au sens propre comme au sens figuré, vers les nues.
Les vingt-deux rames dressées à la verticale donnaient à la vision un caractère grandiose.
Delacroix aussi, a exploité l’atout de la verticalité. En effet, dans le bouquet précédent, voici les hampes, ornées de pétales blancs, qui encourageaient l’envol dans les airs :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_dc30f0_capture-d-ecran-2026-04-13-203758.png)
Il était possible d’établir un autre lien architectural entre la peinture de Delacroix et la silhouette du Canot de l’Empereur.
Dans son bouquet, Delacroix a peint une rose blanche, qui ne dirigeait pas les étamines vers le ciel :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_49a7af_capture-d-ecran-2026-04-13-203848.png)
En accentuant la courbure, l’on retrouverait la configuration de la couronne qui apparaissait au-dessus du rouf :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_38af5e_20251221-162600-couronne-au-dessus.jpg)
La rose de la guirlande dorée qui ornait l’encolure des hippocampes du rouf présentait le même port de tête que la rose nacrée peinte par Delacroix :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_2d3584_s3510031-rose-de-l-hippocampe.png)
La présentation du Canot de l’Empereur encourageait à lever le regard pour chercher l’inhabituel et trouver l’insolite.
Voici un magnifique parterre de fleurs suspendues :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_f098c5_20251221-160124-brest-plateau-de.jpg)
Le mousse était particulièrement fasciné par les « trompettes angéliques », que la science nomme encore « Brugmansia » :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_87a15e_s3510016-brest-plateau-des-capuc.png)
L’équipage du « Bateau Vert » était heureux que le divertissement plaise :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_39f858_20251221-155327-l-equipage-du.jpg)
Avec entrain, ils prenaient part à la fête :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_baf56f_20251221-155800-apport-des-tetes.jpg)
Au diable la pudeur ! Et vive les déhanchements !
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_aa1a8a_20251221-155755-vive-les-dehanch.jpg)
Le Capitaine aussi adoptait la mode des parodies :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_370099_20251221-160000-coiffe-de-sultan.jpg)
La coiffe de sultan constituait un excellent augure pour le périple au royaume chérifien.
La silhouette intégrale montrait le Capitaine en magicien qui faisait luire mille et une étoiles.
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_26c075_20251221-155951-le-capitaine-en-m.jpg)
Avec un peu d’anticipation, l’on peut dire qu’il endosserait ce rôle avec brio, entre oueds et vagues.
Après ce spectacle de la splendeur triomphante, si généreusement offert par le Plateau des Capucins, la muse du « Bateau Vert » a tenu à que le Capitaine et le mousse découvrent aussi la « Rue Saint-Malo », miraculeusement épargnée par les bombardements pendant la Seconde Guerre Mondiale.
À l’allégresse du Plateau des Capucins, succédait une atmosphère grave, parce que la rue Saint-Malo avait frôlé le tragique, et même le funeste.
Par souci de la complétude et par goût pour la dualité, la muse du « Bateau Vert » tenait à ce qu’aucun des panneaux du diptyque brestois ne soit négligé.
Dans la Rue Saint-Malo, point de tintamarre, point de tumulte, point de tourbillon, point de bousculade.
La vie, dans ce qu’elle avait d’essentiel, donc de plus précieux, prenait soin d’elle même, dans la pénombre.
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_53887a_20251221-164747-brest-rue-saint.jpg)
La Nature y faisait éclore la poésie de la survie et de la résilience :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_9db306_20251221-165404-poesie-de-la-sur.jpg)
À la Rue Saint-Malo, Delacroix n’a pas manqué de rejoindre l’équipage du « Bateau Vert ». Voici la contribution du peintre :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_fcd0b7_delacroix-pivoines-3000-2023.jpg)
Dans ce tableau, n’apparaît ni joie, ni exubérance, ni dispersion. Ni abdication non plus !
Ces pivoines de l’ombre, peintes en 1848, sont conservées au Musée national de l'art, de l'architecture et du design de Norvège, à Oslo.
Point de futilité en compagnie de l’équipage du « Bateau Vert ». Au contraire, l’objectif de l’édification était omniprésent.
Le Capitaine et le mousse étaient très reconnaissants envers l’équipage du « Bateau Vert » pour la ballade urbaine, si agréable et instructive. Ils ont eu l’autorisation d’exprimer leur gratitude par une contribution aux agapes du deuxième soir. À cette occasion, le mousse a préparé un sauté aux légumes, où figuraient l’aubergine, le butternut, la carotte et le poivron jaune. Et pour rendre hommage à un chef de Biarritz, une poire tenait compagnie à ces cinq légumes :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_006c9d_20251221-195518-saute-de-legume.jpg)
Les ocres de Delacroix étaient à l’honneur. Et dans son intuition de l’harmonie, la muse du « Bateau Vert » a fait fleurir l’ocre brun sur le pourtour de la céramique.
Pour le troisième et dernier jour, la muse du « Bateau Vert » a prévu une exploration qui restait dans la tonalité de la Rue Saint-Malo, c’est-à-dire au plus près de la terre, de la glaise, de l’eau, de la chlorophylle :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_9b5f8a_20251222-154136-chemin-de-terre.jpg)
Spectacle de miroirs, pour nourrir l’interrogation intérieure :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_7b2f63_20251222-155913-miroirs-pour-lae.jpg)
Spectacle de lucioles, pour stimuler la finesse de la perception rétinienne :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_7bcc87_20251222-160331-lucioles-copie.jpg)
Spectacle de luxuriance, pour dynamiser l’énergie vitale :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_0ac879_20251222-160539-luxuriance-copie.jpg)
Spectacle de douceur, pour favoriser l’harmonie
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_c6b28d_20251222-161311-douceur-copie.jpg)
Spectacle de chatoiement pour signaler la disponibilité de l’or du temps :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_a5b315_20251222-164306-chatoiement-copi.jpg)
Spectacle de symbiose, pour chérir encore plus l’amitié :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_cb5ff0_s3530013-symbiose-copie-capture.png)
La promenade dans les sous-bois et à la lisière de l’eau était un magnifique hymne à l’authenticité.
Pour le dernier soir, l’art de la table a encore donné au Capitaine et au mousse l’occasion de remercier l’équipage du « Bateau Vert » pour les moments exceptionnels partagés.
Le mousse s’est inspiré de la marguerite qui s’épanouissait près des angelots qui soutenaient la couronne du Canot de l’Empereur :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_ba2b99_s3510034-marguerite-du-canot-de-l.png)
Le centre de la marguerite à table était constitué par une rondelle d’ananas, préalablement rissolée en présence d’ail
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_289e38_20251222-112336-rondelle-d-anan.jpg)
Puis des tranches de pomme rôties alternaient avec le raisin et la myrtille pour composer la couronne de pétales :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_238b7c_20251222-130245-pomme-rotie-rai.jpg)
Finalement, l’ananas recevait le foie gras, qui, à son tour, était nappé par un coulis de framboise :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_b68eb3_20251222-130705-foie-gras-nappe.jpg)
Les saveurs de l’amitié étaient si exquises, parce qu’elles étaient un cadeau de la mer !
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_426161_s3530002-cadeau-de-la-mer-copie.png)
L’amitié n’est pas un phénomène unipolaire. Son fonctionnement, c’est-à-dire sa prospérité, est basé sur une dualité qui s’appelle la réciprocité.
La palette de Brest était celle de la dualité édifiante, constructive et vivifiante.
Parmi les trésors de dualité découverts, il en existait un qui était extrêmement bouleversant. Le voici :
/image%2F0657984%2F20260415%2Fob_dddf38_s3530009-le-nazareen-avec-des-ch.png)
Le symbole de la Rédemption n’a pas été épargné par la dualité, qui a donné au Nazaréen des cheveux ostensiblement féminisés.
La sculpture disait une vérité. En effet, la part de féminin dans le divin s’appelle miséricorde.
L’œuvre d’art, taillée dans la roche locale, était une révélation de la ballade du dernier jour.
La palette de la dualité brestoise était la palette de l’audace et de la spiritualité.
Tags : Brest, Plateau des Capucins, Rue Saint-Malo, Delacroix, fleurs, dualité, amitié, miséricorde
/image%2F0657984%2F20260226%2Fob_8c415d_22.jpg)