L’article précédent s’est achevé sur l’arrivée au Pirée, avec cette vision essentielle :
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Vision d’une Ville-Haute, qui avait tant contribué à l’édification de l’Occident.
Les Grecs mettent l’adjectif devant le substantif et disent Haute-Ville, c’est-à-dire « Acro-Pole ».
Le monument principal de l’Acropole d’Athènes est le Parthénon, reconnaissable à sa forme allongée.
Nous nous sommes hissés à cent-cinquante-six mètres au-dessus de la mer en nous rapprochant de l’Acropole, et voici le panorama que nous avons obtenu :
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La magnificence de la vue en hauteur était incontestable.
Mais reprenons le film des événements et déroulons-le, sans recourir à l’artifice de l’accéléré.
L’émerveillement dont parlait l’article précédent était dû au retour du beau temps. En effet, le soleil s’est montré très généreux au moment de la dernière photo de Castor et Pollux à bord du Zeph :
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L’au revoir avec les deux messagers de l’Ariège s’est fait avec l’embarras d’une émotion mal contenue.
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En vérité, l’au revoir n’était que partiel et temporaire.
Effectivement, Castor et Pollux venaient de s’affranchir de l’étreinte de la mer, mais un rendez-vous a été fixé pour le lendemain, à treize heures, afin que tous les quatre nous nous promenions ensemble dans les rues d’Athènes.
Trois heures après le départ de Castor et Pollux, nous étions en train de faire griller des crevettes pour l’apéro quand nous avons reçu un SMS de Castor.
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Castor nous informait qu’ils étaient contents de leur pied-à-terre athénien.
Puis, un autre message de Castor nous est parvenu deux heures plus tard, lorsque les lumières de la ville venaient de s’allumer :
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La photo montre l’éclairage nocturne de la fontaine qui se trouvait à l’entrée de la station de métro au Pirée.
Tout comme l’eau et la lumière étaient indissociables dans la création du charme de la fontaine, l’affection et la gratitude étaient indissociables pour produire la beauté du second message de Castor. Voici ce message :
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Donc, le jour même de leur débarquement, Castor et Pollux nous ont invités chez eux. Et seulement deux heures après l’entrée en possession de leur pied-à-terre, ils ont pris la décision de nous recevoir comme ils avaient été reçus à bord du Zeph.
Deux remarques sont à faire au sujet de l’invitation lancée par Castor et Pollux.
La première remarque concerne le repère temporel : la promptitude avec laquelle l’invitation a émergé était vraiment fascinante. Cette promptitude disait que la question de la réciprocité était une priorité pour Castor et Pollux.
La seconde remarque est en lien avec l’envergure : Castor et Pollux offraient une hospitalité, comme le Zeph en rêvait, c’est-à-dire lumineuse de spontanéité et éblouissante de générosité. Après le souci de la promptitude, il y a eu celui de la complétude. Castor et Pollux voulaient se montrer « complets », c’est-à-dire sans faille et sans reproche dans le respect de l’équité. Ils voulaient que l’échange avec le Zeph soit réellement équitable et ils œuvraient activement pour que ce qu’ils offraient à présent soit à la hauteur de ce qu’ils avaient reçu. Ils veillaient méticuleusement à l’équilibre de la balance.
Les physiciens distinguent deux sortes d’équilibre : il y a l’équilibre instable, donc éphémère et fugitif, et il y a l’équilibre stable, solide et pérenne.
Dans l’invitation de Castor et Pollux, il y avait la quête d’un équilibre stable, d’une équité à l’épreuve du temps.
Psychologiquement, l’invitation de Castor et Pollux nous a tout de suite menés vers des sommets inattendus, mais ô combien somptueux. Nous nous sentions comme portés par un bonheur qui nous soulevait très haut au-dessus du niveau de la mer. Quelle était la hauteur de cette élévation, provoquée par la nouvelle ivresse ? L’immense joie ressentie à ce moment-là était sans commune mesure avec tous les instants heureux vécus auparavant. La langue française possède un mot qui se rapporte à ce souci de la quantification comparée : c’est le mot « incommensurable ». Le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales) en donne la définition suivante : deux grandeurs sont incommensurables quand elles n’ont « pas de commune mesure ». Oui, le cadeau que nous faisaient Castor et Pollux était grandiose et exceptionnel, sans aucune mesure avec tout ce que le mousse avait connu auparavant ! Le mousse a reçu ce cadeau de l’incommensurabilité comme une très grande bénédiction.
L’élévation, engendrée par le geste de la gratitude, donnait accès à un paysage humain. Une fois de plus, l’émerveillement, immense et inoubliable, était suscité par un panorama en rapport, non pas avec la physique, mais avec l’éthique.
Qui aurait imaginé que l’épreuve des flots engendrerait un dénouement aussi fastueux ?
Le lendemain, jour des retrouvailles sur la terre ferme, la botanique s’est jointe à la fête de l’éthique :
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Le bougainvillier appartenait à la capitainerie.
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Il courait tout le long du balcon qui offrait un magnifique panorama sur tout le port de plaisance :
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La physique des ondes était aussi dans la tonalité festive :
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Les rayons de soleil inondaient la coque de leur lumière bienfaisante.
Souvenons-nous que deux jours auparavant, au départ de Πόρος (transcription : Poros), la météo avait prévu de la grisaille et même de pluie pour notre escale athénienne.
C’est à croire que les divinités s’étaient drôlement émues du geste de gratitude de Castor et Pollux et qu’elles avaient décidé de donner à celui-ci de l’éclat, même physiquement.
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Le Zeph frétillait de plaisir à l’idée que le Capitaine et le mousse allaient retrouver les Ariégeois qui venaient d’élire domicile près de l’Acropole.
Portés par l’allégresse du microcosme et du macrocosme, nous avons pris la ligne verte du métro athénien pour rejoindre Castor et Pollux :
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Ils nous attendaient au pied de l’Acropole, pour une balade inspirée par l’Histoire. De concert, nous avons décidé de nous concentrer sur les festivités qui s’étaient déroulées dans l’Antiquité, en ces lieux.
Ainsi notre promenade a croisé à plusieurs reprises le chemin que jadis les Athéniens avaient emprunté pour porter à leur déesse tutélaire la nouvelle tunique annuelle de celle-ci. L’itinéraire antique s’appelait la Voie Panathénaïque et la fête qui donnait le cadre à cette procession portait le nom de Panathénées.
Le rendez-vous fixé avec Castor et Pollux pour monter à l’Acropole était situé sur la place Mοναστηράκι (transcription : Monastiraki). C’était à ce niveau que la procession des Panathénées, qui sortait du quartier du Kεραμικός (en français : Céramique), commençait à bifurquer vers le Sud, en traversant l’Aγορά (transcription : Agora), qui était le cœur battant de la vie politique de l’antique cité.
Voici la place Mοναστηράκι :
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Le Nord se trouvait au premier plan. Le Sud, à l’arrière-plan, avec le profil de l’Acropole.
Sur la droite, s’élevait un bâtiment avec des arcades : c’était la station de métro.
De l’autre côté de la rue qui s’étirait dans le sens Nord-Sud, se dressait un monument qui possédait quatre coupoles, une grande précédée de trois autres plus petites. Les Grecs l’appelaient τζαμί τζισταράκη (en français : mosquée Tzistarakis). Cet édifice ottoman a été reconverti en centre culturel grec.
Prenons de la hauteur en reculant un peu plus vers le Nord. Voici la nouvelle vision :
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À mi-hauteur, nous reconnaissons sans difficulté la station de métro et la mosquée reconvertie.
Au premier plan, s’élevait un édifice byzantin dont le nom était Ιερός Ναός Παναγίας Παντανάσσης (en français : Sanctuaire de Marie, Reine de tous). Le sanctuaire était entouré par un muret bas. Dans l’angle qui regardait la station de métro, se profilaient les silhouettes, vues de dos, de trois personnes assises. Il se peut que vous les connaissiez, ces trois personnes. Les voici :
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C’étaient le Capitaine avec Castor et Pollux.
Nous avons amorcé la montée vers l’Acropole en passant devant la mosquée reconvertie.
Sur le flanc méridional de celle-ci, se trouvait la Bibliothèque d’Hadrien, dont les colonnes étaient reconnaissables sur les deux photos aériennes de la place.
Une halte dans ce lieu prestigieux s’imposait :
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Voici une reconstitution de la Bibliothèque :
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Le commanditaire de ce lieu de savoir était un empereur romain, dont l’amour pour la Grèce surpassait toute autre forme d’amour.
Voici un triple portrait, en bronze, de cet éminent amoureux de la Grèce :
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Au premier plan, c’est le buste exposé à Paris, au Louvre.
À l’arrière-plan, il s’agit du portrait conservé à Londres.
Entre les deux, s’insérait la tête de bronze gardée à Jérusalem.
L’aura de l’empereur philhellène ne pouvait que stimuler l’exploration du patrimoine légué par la Grèce antique.
La progression vers le sommet de l’Acropole s’adaptait à la topographie déjà en place. L’ascension avait donc lieu sur le flanc Nord. Les haltes, spontanées et récréatives, répondaient à l’humeur du photographe. Voici l’une d’elles :
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En haut de la photo, une pancarte donnait le nom de la rue transversale, qui suivait une ligne de pente du rocher de l’Acropole. Sur cette pancarte, était écrit :
OΔΟΣ
EΡΕΧΘΕΟΣ
Avec des minuscules : Oδός Eρέχθεως
Le nom de la rue rappelait celui du monument le plus sacré de l’Acropole : Ερέχθειο (en français : Érechthéion).
Voici ce temple, tel qu’il apparaît à un voyageur venu du Sud :
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Sur la gauche, c’est-à-dire sur la face Ouest du monument, se dresse un olivier.
Voici cet olivier caressé par la lumière du soleil couchant :
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Ce temple était le seul à être consacré à la fois à Athéna et Poséidon.
L’olivier de la face Ouest rappelle qu’il y a même eu une dispute entre les deux Olympiens. L’objet de la dispute était le privilège d’être la divinité tutélaire de la cité qui n’avait pas encore de nom, mais qui était promise à un brillant essor.
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Athéna et Poséidon ont porté l’affaire devant Zeus :
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Mais le maître de l’Olympe n’a pas tranché lui-même : il a délégué ses pouvoirs aux mortels de la cité convoitée. Ceux-ci décideraient, en fonction du cadeau offert à leur cité par chaque candidat, qui serait leur divinité tutélaire.
Le souverain des mers a fait surgir une source d’eau salée tandis que la déesse de la sagesse a fait apparaître un olivier.
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Une variante de cette histoire dit que le cadeau de Poséidon était un cheval invincible au combat.
Une gravure conservée à la Bnf (Bibliothèque Nationale de France) montre ce cheval. Voici cette gravure :
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Dans un tableau conservé au Louvre, le peintre français Noël Hallé réunit les deux versions en laissant le trident de Poséidon faire apparaître un lac salé et un cheval :
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L’eau salée offerte par Poséidon avait donc une signification politique. Cette eau salée symbolisait la suprématie par la mer.
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Malgré la gloire militaire promise par Poséidon, les mortels qui composaient la cité ont choisi l’olivier d’Athéna. De ce choix en faveur de la sagesse, a découlé le nom de la ville. Celle-ci s’appelle désormais « Athènes », c’est-à-dire « la protégée d’Athéna ».
Il y a une double leçon dans cette remontée dans le temps. D’abord, l’histoire insiste sur le fait que la finalité de l’existence ne peut être la guerre, mais la paix. Ensuite, le jury de substitution, composé des mortels de la cité, n’était pas sans lien avec le fait que cette cité soit devenue, plus tard, le berceau de la démocratie.
En contournant le rocher de l’Acropole par l’Est pour arriver sur le flanc Sud, nous avons traversé un décor cycladique implanté par des migrants qui avaient quitté leur île Aνάφη (transcription : Anafi) pour des raisons économiques. L’habitat exporté depuis l’île natale ne craignait aucune irrégularité, dans tous les sens du terme. Le défi était architectural, mais aussi administratif et politique. Le quartier se nommait Aναφιώτικα (transcription : Anafiôtika), d’après le nom de l’île.
Nous connaissions bien l’île parce que nous y avions fait escale pendant une huitaine de jours. Voici le Zeph à Aνάφη :
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La photo a été faite juste après l’amarrage au quai municipal.
À l’arrière-plan, l’acropole (étymologiquement : haute-ville), dissimulée derrière le relief conique, se penchait du côté de la mer pour nous faire le clin d’œil de bienvenue.
Le regard vers les hauteurs s’émerveillait de la pureté de l’atmosphère.
En s’intéressant à la profondeur, il découvrait la même pureté :
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La photo montre le museau du Zeph, avec le collier de flotteurs au-dessus de la surface de l’eau et le reflet triangulaire de l’ancre, sous cette surface.
Puis quand la lumière des lampadaires prenait la relève de la lumière de l’astre du jour, voici le spectacle de douceur qui s’offrait à nous :
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Et si nous allions là-haut, sur l’acropole, pour inverser la perspective ?
La montée vers l’acropole de Ανάφη se faisait au milieu des effluves aromatiques :
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Le thym fleuri qui bordait le chemin de l’ascension vibrait d’allégresse à cause de l’empressement des insectes butineurs :
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Le laurier rose buvait à pleine gorgée la lumière de l’astre du jour :
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À l’instar de la nature, les insulaires ont tiré profit de la position sommitale pour donner de la magnificence aux choses.
Voici le blanc qui s’associait au bleu pour proposer l’évasion :
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Il arrive que la créativité introduisait une touche de fantaisie, qui consistait à ignorer la canonicité de la ligne horizontale :
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Le rectangle pouvait devenir un trapèze, pourvu que l’ensemble reste harmonieux. ET c’étai le cas !
Le port, vu à partir de l’acropole, avait un plus grand attrait :
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Le jeu architectural mettait à contribution la ligne courbe pour diversifier la coquetterie :
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C’est l’arcade qui mettait en valeur la floraison ou l’inverse ?
Ce serait plutôt l’inverse. Le panorama suivant en est la confirmation :
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Dans ce panorama, le port acquérait une plus-value grâce au balcon de lauriers blancs.
Voilà Ανάφη, l’île natale des expatriés qui étaient venus se blottir contre le flanc septentrional du rocher de l’Acropole d’Athènes.
Il était inévitable que dans la tête des migrants, le souvenir d’une île natale si belle et si resplendissante soit nimbé de fierté.
Cette fierté prescrivait de préserver le pittoresque ancestral en le transférant au nouveau lieu de résidence.
D’où l’étroitesse des voies de passage, qui donnait à celles-ci tout leur charme :
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Pollux accueillait avec le sourire tout ce qui se présentait. Castor, lui, s’interrogeait sur la nature de l’insolite qu’il était en train de découvrir :
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Bien sûr, le Capitaine était content du dépaysement provoqué :
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L’agencement des volumes habités obéissait à un subtil équilibre qui surprenait par son originalité, sa témérité et son efficacité.
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Comme il a été dit ci-dessus, à l’occasion de la figure du trapèze, l’horizontalité ne faisait pas partie des exigences d’insulaire.
À droite de la photo, le relief triangulaire qui se dressait à l’arrière-plan s’appelait Λυκαβηττός (en français : Lycabette). Il servait d’amer dans l’océan des constructions athéniennes.
Perché à mi-hauteur du flanc septentrional du rocher de l’Acropole d’Athènes, le quartier Aναφιώτικα offrait des panoramas splendides.
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L’un d’eux englobait le Stade Panathénaïque, qui avait été le décor de la renaissance des Jeux Olympiques des temps modernes :
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C’est aussi dans ce stade que la flamme olympique avait été remise à la délégation française pour les Jeux de 2024 à Paris :
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L’idéal olympique, qui fait partie des valeurs universelles léguées par l’Antiquité grecque, célèbre la fraternité entre les cinq continents.
Cette vision rappelait qu’il existait un autre enjeu de fraternité, tout aussi vital. Il s’agissait de la fraternité entre les Grecs de la capitale et ceux de la province, souvent insulaire. Entre les Grecs d’Athènes et les Grecs d’Anafi. Entre les résidents permanents et les migrants.
Hospitalité pour les premiers, gratitude pour les seconds.
En échange du droit d’implantation sur le flanc septentrional du rocher, les Grecs d’Anafi se sont proposés pour restaurer deux édifices cultuels. Le Saint de la première église était Άγιος Συμεών (en français : Saint Siméon). Le Saint de la seconde église était Άγιος Γεώργιος του Βράχου (en français : Saint Georges du Rocher)
Nous sommes passés à proximité du second édifice quand nous nous sommes dirigés vers l’issue à l’Est.
Pollux, plein d’entrain, conduisait encore le cortège :
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Dévoué, le Capitaine s’est dévoué pour l’arrière-garde :
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Nous sommes entrés dans le quartier Aναφιώτικα par une montée. Nous en sommes sortis en empruntant un chemin descendant.
À droite de la photo, se trouvait l’église consacrée à « Saint Georges du Rocher ».
Un auto-portrait collectif a servi d’au revoir adressé au quartier Aναφιώτικα :
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Quelques instants plus tard, nous nous sommes retrouvés sur la face Sud du rocher de l’Acropole d’Athènes.
Nous sommes passés devant le nouveau Musée de l’Acropole, dont voici l’immense affiche publicitaire :
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L’affiche présentait une effigie d’Athéna dans une scène de la Gigantomachie, où les Olympiens combattaient les Géants.
Voici la sculpture qui avait inspiré l’affiche :
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La déesse se penche en avant, vers le géant qu’elle vient de terrasser avec la lance.
Dans ce mouvement offensif, l’égide, qui d’ordinaire restait autour du cou, se déporte vers le bras gauche tendu.
Le géant vaincu s’appelle Εγκέλαδος (en français : Encelade). Athéna l’a enfoui en Sicile, sous l’Etna.
Il existe une représentation spectaculaire du géant vaincu : elle se trouve dans les jardins de Versailles, précisément au bassin de l’Encelade.
Le géant vaincu y apparaît empêtré au milieu d’un éboulis de roche noire volcanique :
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Puis quand c’est l’heure de l’eau jaillissante, le jet atteint une hauteur de 78 pieds, c’est-à-dire 25,75 mètres !
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Encelade, à Versailles, représentait les opposants au pouvoir central, c’est-à-dire à l’autorité absolue du Roi Soleil. La fascination pour le jet d’eau ne servait pas les intérêts de la figure d’où il jaillissait, mais le pouvoir qui avait domptée celle-ci.
De la même façon, Encelade terrassé par la lance d’Athéna, au musée de l’Acropole, représentait une menace pour l’ordre établi par l’Olympe, lequel ordre devait être vu, accepté et vécu comme l’ordre le plus juste et le plus viable pour le cosmos tout entier.
Autrement dit, l’apparition d’Athéna en train de combattre pendant la Gigantomachie équivalait à un discours politique justifiant l’harmonie voulue par l’Olympe et pour l’Olympe.
Après le nouveau Musée de l’Acropole, nous avons continué à progresser vers l’Ouest.
La route a créé la surprise en faisant éclore une multitude de pétales d’un rouge très vif pour nous saluer :
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C’était un magnifique clin d’œil aux couleurs qui faisaient jadis resplendir le Parthénon, peint pour le faste et la pérennité :
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Ces couleurs vives étaient destinées à chanter la victoire sur l’ennemi perse, la gloire d’Athéna et la beauté de la vie.
Nos pas nous ont ensuite menés jusqu’à l’Odéon Hérode Atticus :
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Là, nous étions juste sous l’angle Sud-Ouest du Parthénon :
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À cet endroit, la frise du Parthénon exhibait les cavaliers qui participaient à la procession sacrée :
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Souvenons-nous qu’à l’origine, le marbre était peint :
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En allant toujours vers l’Ouest, nous rejoignions la rampe d’accès qui conduisait jusqu’à l’entrée monumentale constituée par les Propylées.
Voici cette entrée monumentale :
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Certes, la photo ne montre pas une procession à l’antique, mais la solennité du passage demeure et l’affluence des temps modernes évoque fort bien la liesse de jadis.
La photo a été réalisée à partir d’une colline en face, qui offrait à la fois l’altitude et le recul :
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Nous nous sommes hissés au sommet de cette colline pour le recul par rapport à la topographie, mais aussi par rapport à l’histoire. L’enchantement obtenu était double : il était provoqué par la contemplation de la splendeur d’un panorama qui se déployait en altitude, mais aussi par l’admiration pour le glorieux destin d’une ville qui a enfanté la démocratie. En effet, à gauche de la photo, presque sous nos pas, se trouvait le site où avaient eu lieu les toutes premières pratiques démocratiques de l’Histoire :
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Derrière Castor et Pollux, se profilait la tribune des orateurs, qui, jadis, cherchaient à éclairer le vote du peuple.
De nos jours, cette tribune est matérialisée par un empilement de trois paliers parallélépipédiques.
La photo suivante montre la perspective qui s’offrait aux orateurs en train de convaincre le peuple athénien :
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Physiquement, l’Acropole servait de toile de fond. Mentalement, l’intérêt de la cité devait guider le discours politique des hommes d’État qui y venaient pour présenter leurs visions des choses.
L’illustration suivante montre Périclès en train de s’adonner à cet exercice :
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Ce site, si essentiel pour l’avenir politique de l’Occident, avait pour nom Πνυξ (transcription : Pnyx)
Il existait d’autres collines du haut desquelles l’on pourrait contempler d’autres visages de la magnificence de l’Acropole. Mais Castor voulait abréger la visite en plein air. Nous nous sommes rangés à son idée, non sans être impatients de découvrir la surprise qu’il nous réservait.
Et voilà la surprise qu’avait préparée Castor :
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Nos chers lecteurs ont reconnu sans peine le Parthénon.
Ce qui est à remarquer dans cette photo, c’est que ce qui devait rester horizontal l’était réellement. Et que ce qui devait rester vertical l’était réellement, aussi. Donc aucune distorsion n’était présente, ce qui signifie que la photo a été réalisée à partir d’un endroit situé à la même hauteur que le prestigieux temple.
De plus, l’apparition d’une cheminée au premier plan indiquait que la position du photographe se trouvait au sommet d’une demeure athénienne qui comportait plusieurs étages.
Voici l’endroit à partir duquel la photo a été prise :
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Il s’agissait de la terrasse à laquelle donnait accès le pied-à-terre de Castor et Pollux. Un pied-à-terre bien athénien, au fait, puisqu’il offrait une vue splendide sur la colline sacrée.
Revenons un instant sur l’avant-dernière photo. Le Parthénon n’était pas seul à contribuer à la plus-value de la terrasse de la gratitude : il y avait aussi l’Érechthéion et l’Olivier sacré, sur la face Ouest de celui-ci.
Cette appropriation, naturelle et légitime, de l’Acropole, pour en faire un décor de l’espace privé était vraiment fabuleuse !
Le Parthénon, qui s’incluait dans l’espace privé ! Le mousse n’a jamais vécu cela. Et c’était Castor et Pollux qui lui offraient cette fantastique expérience. Quel cadeau magnifique ! Plus que le panorama en hauteur, c’était l’ingéniosité de Castor et Pollux, avec leur générosité, qui provoquaient l’enchantement.
Du coup, le Parthénon n’était plus le Parthénon de tout le monde, mais le Parthénon de chez nous, pour nous, pour notre apéro, évidemment athénien.
Comme nous étions choyés par Castor et Pollux avec leur apéro dînatoire !
Ils ont donné de leur temps, de leur énergie et surtout de leur personne, à travers leur créativité.
Il y avait la solution de facilité d’être servis par des personnes de l’extérieur, mais Castor et Pollux ont honoré le principe de l’autonomie, si cher au Zeph.
Ils ont donc fait leurs emplettes, à la manière des chefs français qui allaient à la rencontre du produit :
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Ils se sont approvisionnés dans un centre de ravitaillement, le KPHTIKOΣ (littéralement : le CRÉTOIS), qui était situé près de là où avait enseigné Platon :
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Et ils ont cuisiné eux-mêmes, pour nous :
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La photo montre Pollux en train de couper les oignons. La célérité du couteau ne signifiait pas la hâte de se débarrasser de l’affaire, mais l’entrain, qui était inséparable du dévouement.
Puis Pollux s’est occupé des champignons, dont la fraîcheur ne faisait aucun doute :
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Pollux et Castor aussi, prenaient soin de l’équilibre diététique.
Cet hommage, grandiose, rendu spontanément par Castor et Pollux à la philosophie du Zeph, nous émouvait beaucoup et nous émeut encore.
Castor était à l’avant-poste tandis que Pollux assurait l’arrière-garde.
En effet, pendant que Pollux s’affairait aux fourneaux, Castor montait le plateau de l’apéro, marche par marche, jusqu’à la terrasse située sur le toit :
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Qu’y avait-il à manger ? Ceci :
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Tout ce qui était sur la table venait du terroir grec, sauf le saucisson, qui a été soigneusement apporté de l’Ariège ! Cette coquetterie culinaire, qui a produit l’effet surprise attendu, était de l’humour très raffiné.
Et qu’y avait-il à boire ? De la bière pour tout le monde, sauf pour le mousse qui a préféré le vin résiné :
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Nous n’avons pas commis l’horrible maladresse de réclamer la présence de Pollux parce que nousde avions un immense respect pour son dévouement, parce que nous étions profondément convaincus que le dévouement était un épanouissement et que l’altruisme apportait de l’élévation. L’équité recommandait tout simplement la patience, une douce patience, une joyeuse patience. Et cette patience, faite de douceur, a fini par produire une grande joie quand Pollux nous a rejoints, de sa propre initiative :
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Nous avons trinqué au bonheur magnifiquement athénien, aux vertus de la hauteur de vue.
Prendre de la hauteur pour voir loin ; c’était la stratégie de Castor, qui s’était hissé au-dessus des chemins entrelacés pour le temps qui restait pour arriver à la fameuse terrasse juste avant le coucher du soleil.
Voici, de la terrasse de Castor et Pollux, le mont Lycabette qui s’émouvait de l’imminence de la disparition de l’astre solaire :
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Si l’Est se drapait de mélancolie, l’Ouest faisait valoir pour la dernière fois le feu bienfaiteur :
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Nous n’aurions jamais eu le privilège d’admirer ce double spectacle de l’élégie et de l’ardeur si Castor n’avait pas insisté pour que nous découvrions à temps le nid athénien.
Le génie avec lequel Castor coordonnait les temps opportuns engendrait un immense émerveillement.
Avec beaucoup d’égards, Castor et Pollux nous ont ensuite reçus dans leur giron athénien si douillet. Voici un souvenir de ces moments emplis d’une tendre affection :
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Nos chers lecteurs, qui sont des observateurs méticuleux, ne manqueront pas de remarquer les verres du premier plan, qui évoquaient les agapes de la soirée. Mais il existait quelque chose d’autre qui mériterait d’attirer notre attention. La chose intéressante se trouvait près de l’épaule droite du Capitaine : il s’agissait de l’expression en français des titres des ouvrages posés sur le rayonnage.
À l’extrémité de l’étagère inférieure, était écrit en lettres blanches : « Demain les oiseaux ». Juste à côté, apparaissait le titre en lettres dorées : « Guide des chiens ». En vérité, toute la pièce était tapissée par un hommage à la langue française. Il y avait des ouvrages consacrés à la zoologie, comme l’on vient de le voir. Mais la majorité des livres racontait les états d’âme des humains, ce qui donnait au lieu une ambiance de Saint-Germain-des-Prés. Plus fascinantes encore, étaient les dédicaces rédigées en grec sur une multitude de ces ouvrages. C’était vraiment magique d’entrer ainsi, sur la pointe des pieds, dans l’âme grecque, par l’intermédiaire de Castor et Pollux !
Le faste était dans leur sincérité et leur dévouement.
Castor et Pollux ne fonctionnaient pas par mimétisme, mais par conviction.
L’élégance de leur savoir-être était la joie qui illuminait leur hospitalité.
Nous étions en hauteur, en raison de l’altitude. Par rapport à l’éthique, nous étions aussi sur des sommets qui avaient pour nom Gratitude, Bonté, Générosité.
Merci, Castor et Pollux, de nous avoir fait découvrir votre Acropole, votre Grèce.
Avec talent, vous avez fait vôtre l’esprit grec, qui est toujours en quête de la vue en hauteur.
L’émerveillement était dans l’inversion des rôles. D’éclairés, vous êtes devenus de brillants éclaireurs.
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