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L’article précédent, qui contait l’émerveillement de l’escale n°23, s’est achevé sur les olives géantes, qu’avaient ramenées de Σπέτσες (transcription : Spetses) Castor et Pollux, et qui devaient servir de transition avec le présent article, dont l’intitulé évoque la patience.

Quel lien pouvait-il exister entre les olives géantes de Σπέτσες et la patience ?

Σπέτσες évoquait un départ précipité, qui avait empêché le Zeph de tenir une promesse qu’il avait faite au Néreida l’avant-veille, à la fin des agapes décrites dans l’article «L'émerveillement de l'escale n°22 (Πόρος). Le glorieux chemin de la mémoire ».

Voici l’équipage du Néreida au moment où il accostait le Zeph pour le festin de la mémoire :

Avant de monter à bord du Zeph, le capitaine du Néreida tendait à celui du Zeph une bouteille de vin blanc.

L’empressement du Néreida émouvait beaucoup le Zeph. C’était, pour le court terme, le témoignage d’une joie irrésistible. Et pour le long terme, c’était l’expression d’une affection débordante.

Voici la bouteille de vin blanc tendue par le Néreida :

L’étiquette portait l’inscription :

ΛΕΥKΟΣ

ΚΥΚΝOΣ

 

Littéralement :

BLANC

CYGNE

 

Le Cygne symbolisait l’aisance de la glisse, sa sérénité, son élégance.

Le cadeau du Néreida était un augure fabuleux pour la navigation du Zeph.

De plus, la couleur blanche du vin évoquait la pureté du cosmos grec.

Le choix du Néreida était en pleine harmonie avec le contexte géographique !

Graphiquement, le Cygne Blanc apparaissait par transparence. Autrement dit, chaque contribution du Néreida pouvait être perçue de différentes manières, en fonction de l’éclairage adopté.

Voici le capitaine du Néreida qui venait juste de monter sur le Zeph :

Contemplez l’exquis bonheur de l’homme, qui pourtant n’était pas allé plus loin que la toute première marche du seuil.

L’amitié opérait une transfiguration, immédiate et magnifique.

Cette instantanéité du bonheur, tout comme son immensité, était fondamentale. Elles témoignaient de la pureté du lien amical. Cette belle joie qui a éclos sur le seuil du Zeph était un somptueux cadeau que le Néreida offrait dès son arrivée.

Sur la photo, la muse du Néreida, reconnaissable à son vêtement bleu clair, n’était pas encore montée sur le Zeph.

À son tour, la muse du Néreida a manifesté son émerveillement à bord du Zeph, pendant que celui-ci célébrait « le chemin glorieux de la mémoire » :

Sur la photo, c’était Castor qui servait le mousseux qui devait accompagner l’assiette de crudités.

Le Zeph était très heureux que l’émerveillement illumine tous les visages pendant cette fête de la mémoire :

Pendant que le Capitaine du Zeph remplissait le verre du capitaine du Néreida avec le Gigondas de 2013, un même charme émanait non seulement des yeux rieurs de la muse du Néreida et de son capitaine, mais aussi de leurs joues gonflées de joie.

On pourrait conclure à la similitude de deux émerveillements.

Laissons le Capitaine du Zeph enlever sa main qui tenait la bouteille de Gigondas. Et voilà la nouvelle vision :

Le capitaine du Néreida semblait pensif.

Il se concentrait sur la signification des événements et sur la valeur de l’instant.

Mais l’auriculaire posé sur la lèvre inférieure traduisait aussi une grande pudeur. En effet, l’homme ne se vantait jamais de ses performances, pourtant incontestables et nombreuses. Le marin, quant à lui, ne tirait aucunement orgueil de sa longue carrière en mer.

Cette pudeur était une élégance du savoir-être. Elle provoquait un immense émerveillement chez le Zeph.

L’émerveillement qui s’épanouissait sur le visage du capitaine du Néreida a eu l’intelligence de préserver l’authenticité de l’être intérieur.

Cette révélation de l’intime correspondait à la possibilité de voir le Cygne Blanc apparaître de différentes manières, grâce à la transparence graphique.

Après cette brève incursion au royaume des secrets, le paysage humain a renoué avec une joie radieuse :

Les doigts recourbés, qui ne reposaient plus sur la bouche, laissaient la voie libre à l’éclosion d’un large sourire.

Toutes les fibres du corps jubilaient pour fêter le triomphe de la mémoire :

La photo montre que le dessert venait d’être servi. C’était à ce moment-là que le Néreida a fait un second cadeau au Zeph, pour solenniser l’au revoir qui s’annonçait. En effet, le capitaine du Néreida a dit au mousse : « J’ai un livre pour toi. »

L’annonce avait l’effet d’un coup de théâtre.

La nature du cadeau surprenait par son appartenance au deuxième degré.

L’instant choisi pour la proclamation plaçait ce cadeau dans la continuité du « glorieux chemin de la mémoire ».

Désormais, ce cadeau avait le « glorieux » destin de pérenniser le sillage de la fête.

Très ému, le mousse a dit qu’il viendrait à bord du Néreida pour prendre le précieux cadeau.

Cette parole du mousse avait la valeur d’une promesse. Ne pas respecter celle-ci, c’était plus qu’une maladresse. Ce serait commettre une faute gravissime.

Hélas, le matin où le mousse se préparait à retrouver le Néreida pour prendre le cadeau offert, il a fallu partir très vite de Πόρoς parce que le trajet jusqu’à Σπέτσες était menacé par une houle grandissante. Le Zeph a donc mis le cap sur Σπέτσες avec un mousse très affligé de ne pas avoir pu tenir sa promesse envers le Néreida.

L’article précédent a relaté à quel point la terrible houle a mis à nu l’extrême vulnérabilité du nouvel équipage à bord du Zeph.

Cette vulnérabilité, pour le moins déroutante, confisquait toute fiabilité aux projections dans l’avenir proche. Nous ignorions dans quelles conditions nous allions revenir à Πόρoς. Et une fois que nous soyons revenus à Πόρoς, il se pouvait que le Néreida ne soit plus là.

Face à ces grandes incertitudes, il n’y avait qu’une solution : celle de la patience. Le Zeph devait s’armer de patience. Le Néreida, aussi.

La patience était la stratégie de la lucidité, de la douceur, de la conviction.

La lucidité était dans la prise en compte des limites concernant les moyens d’action.

La douceur était dans l’évitement d’un choc frontal avec les forces hostiles.

La conviction était dans l’adhésion au caractère inéluctable d’un dénouement heureux.

Cette triple définition valait pour la patience que devait exercer le Néreida tout comme pour la patience que devait exercer le Zeph. Néanmoins, il existait une nuance qui différenciait les deux patiences. Celle du Néreida ne disposait d’aucune marge de manœuvre tandis que celle du Zeph semblait bénéficier d’une certaine marge de manœuvre.

En effet, le choix très opportun de Castor et Pollux en faveur de leur indépendance, la santé retrouvée de Castor et la guérison confirmée du Zeph ont permis un prompt retour à Πόρος, avec des conditions de navigation qui n’étaient plus du tout éprouvantes. Pour autant, tout n’était pas gagné d’avance. Car le Capitaine voulait absolument amarrer le Zeph avec l’axe de celui-ci parallèle au quai. De telles places, privilégiées somme toute, seraient-elles encore disponibles au moment où nous arriverions à Πόρoς ?

Oui, l’une d’elles semblait nous attendre entre le bâtiment des gardes-côtes et le musée. Mais à peine avons-nous fait la manœuvre d’approche qu’un placeur s’est farouchement opposé à la mise en œuvre de l’idée du Capitaine. Une violente altercation s’en est suivie, où le Capitaine a ouvertement dénoncé le mercantilisme qui déshonorait le statut de port public, lequel statut prohibait, au moins officiellement, les magouilles qu’étaient les réservations. Blessé par cette dénonciation de la corruptibilité, le Grec s’est ménagé une sortie en accordant au Capitaine le droit de s’amarrer là, avec l’axe parallèle au quai, mais en prévenant aussi celui-ci que le Zeph ne pourrait pas refuser le couplage avec un bateau bien plus gros, qui arriverait d’un instant à l’autre. Diplomate, le Grec a aussi suggéré au Capitaine de reculer de deux longueurs de coque en direction du Sud, pour s’amarrer sur le flanc gauche d’un Hallberg- Rassy 41, qui ne bougerait pas du tout d’ici le lendemain.

L’avantage de cette seconde configuration était que le Zeph n’aurait à supporter personne sur le flanc exposé. La proposition du Grec semblait honnête. Nous l’avons acceptée comme un dénouement à l’amiable.

Voici donc le Zeph à couple de l’Hallberg-Rassy 41 :

Au premier plan, apparaissait donc l’Hallberg-Rassy 41, qui appuyait son flanc droit sur le quai municipal. Le Zeph, reconnaissable à son éolienne tricolore et à son pavillon, tricolore aussi, était tête-bêche par rapport à l’Hallberg-Rassy 41. Le relief montagneux à l’arrière-plan appartenait à la rive Ouest du détroit. Des habitations de cette rive occidentale se profilaient sous le bimini du Zeph.

Peu de temps après que le Zeph a consenti à abandonner le premier emplacement, celui-ci a été offert avec beaucoup de déférence à un énorme catamaran, par le Grec de tout à l’heure.

Sur la photo suivante, ce Grec, qui portait un vêtement rouge, venait d’approcher l’échelle reliant le liston à la surface du sol :

Même pour l’amarrage, il a fallu se montrer patient. Et finalement, nous avons obtenu ce que nous voulions : la tranquillité d’esprit, qu’aucune salade d’ancres ne viendrait perturber.

Après ce bras de fer oratoire, le mousse a envoyé au Néreida le mail suivant :

« Nous sommes amarrés devant le Musée Archéologique, et ses poubelles !

On vous attend à partir de 18h30.

Si vous pouvez, venez avec une clé USB ou un disque dur.

À très bientôt. »

Le mail a été envoyé à 15:56.

Malgré leur désir fort de se retrouver, les deux équipages devaient patienter encore un peu avant de pouvoir se serrer dans les bras les uns des autres.

En effet, le Zeph était amarré sur la rive Est du détroit tandis que le Néreida se trouvait sur la rive Ouest.

Sur la photo suivante, la rive Est occupait le premier plan tandis que la rive Ouest se déployait à l’arrière-plan.

Au premier plan, apparaissait l’une des embarcations qui assuraient la liaison entre les deux rives.

Voici ces taxis de la mer au moment où les lampadaires municipaux venaient de s’allumer :

L’équipage du Néreida a pris l’un de ces taxis pour traverser le détroit et rejoindre le Zeph.

Le tout premier geste du Néreida à bord du Zeph était de remettre au mousse le fameux livre.

Le voici, ce livre qui constituait le suspense de ces quatre derniers jours :

Quel livre !

Il n’avait rien du roman qui circulait d’une bibliothèque à l’autre, d’un quai à l’autre, d’un port à l’autre. Il n’avait rien non plus d’un guide de voyage qui transitait de buanderie en buanderie.

C’était une « somme », au sens où Antoine-Frédéric Ozanam emploie ce mot quand il déclare que « La Divine Comédie [de Dante] est la Somme littéraire et philosophique du Moyen-Âge ».

Le livre offert par le Néreida au mousse était une somme encyclopédique, qui portait la signature d’éminents hellénistes comme Barbara Cassin, Jacqueline de Romilly, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet. Quelle générosité de la part du Néreida !

Cette somme était consacrée à l’Antiquité grecque : comme l’empathie du Néreida pour la raison d’être du mousse était profonde !

Osons une métaphore hédoniste : le « livre » offert par le Néreida produisait l’effet d’un bisou au cou !

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Même Castor et Pollux se rendaient compte que le geste affectueux du Néreida n’était, à aucun autre, pareil !

Leur vive émotion était à l’origine de leur promptitude à se porter volontaires pour servir à table.

Pollux, qui était le plus fasciné par la « somme » encyclopédique, a ouvert le bal de la gratitude en remplissant les verres avec la fraîcheur du Cygne Blanc.

Le bonheur de se retrouver autour d’une même table faisait partie de la récompense de la patience.

La douce joie qui s’épanouissait sur les visages du Néreida était un spectacle très émouvant.

La couleur lumineuse du Cygne Blanc accompagnait merveilleusement la sincérité des effusions du cœur :

Avec beaucoup d’émotion, la muse du Néreida a conté comment elle avait rencontré son prince charmant.

C’était l’histoire d’un καιρός qu’il ne fallait pas, à aucun prix, laisser s’échapper. Le récit, aux accents pourtant tragiques, devenait, au fil des péripéties, un hymne à l’amour romantique. Le Zeph a eu l’immense privilège de contempler la splendeur de ce romantisme. Regardez ce port de tête affectueux, ce visage heureux, ce regard rieur, tourné vers les choses d’en haut :

L’émerveillement naissait inéluctablement quand la gastronomie engendrait des échanges sur l’essentiel, c’est-à-dire sur le sentiment amoureux.

Rien de futile n’émanait de la table dressée par le Zeph.

De manière très naturelle, la conversation offrait le plaisir de goûter la profondeur de chaque pensée émise.

Le Capitaine du Zeph s’est intéressé aux multiples vies que son homologue avait vécues sur les flots. Admirez ces regards qui accueillaient avec bienveillance la curiosité de l’ami :

Le capitaine du Néreida a répondu à cœur ouvert.

Sans dissimuler l’épreuve du creux de la vague, il a narré comment il a traversé l’océan de la vie. Sa parole, sereine et élégante, ne comportait aucune emphase, aucune tristesse non plus. Seuls résonnaient l’authenticité, la résilience, le courage, le désir d’aller de l’avant.

C’était une grande chance pour Castor et Pollux de rencontrer un tel marin, pour qui la mer n’était pas une cour de récréation mais une école de vie.

La transparence du Cygne Blanc offert par le Néreida engendrait une multitude de surfaces réfléchissantes :

C’étaient des miroirs de soi et des miroirs d’autrui, qui encourageaient le regard de la complémentarité, de la solidarité, de la fraternité.

Une ambiance magique régnait autour de la table dès le début des agapes de la patience.

Le mousse voulait garder un souvenir de cette magie. Pour cela, il pensait réaliser un auto-portrait collectif à l’aide d’un trépied associé à un retardateur. Le temps d’attente programmé sur le retardateur était dix secondes.

Voici l’ambiance de la table avant le déclenchement du retardateur :

Et voici l’ambiance de la table après les dix secondes de l’attente :

La photo ci-dessus, qui montre la joie de trinquer à la convivialité retrouvée, illustre la récompense après les dix secondes de patience. Mais dans l’avant-dernière photo, les sourires radieux du Néreida proclamaient que la patience était déjà sa propre récompense.

Après ce ravissant prélude, l’heure est venue de passer aux aliments solides, en commençant par les crudités :

Malgré l’inconfort causé par la houle et le vent, l’équilibre diététique n’était pas sacrifié.

La composition faisait honneur au chou grec, à travers le chou blanc et le chou rouge.

Le capitaine faisait l’éloge de la disposition circulaire.

Pollux a continué à se dévouer pour servir les crudités :

Stimulé par l’initiative de Pollux, Castor a complété le service en apportant la sauce au gingembre :

L’exotisme du gingembre a fourni au Capitaine l’occasion d’introduire une note humoristique dans la conversation à table. Il a donc repris un sujet dont il était si friand : il s’agissait de la manière dont le mousse faisait cuire le riz. En effet, le mousse disait qu’il faisait cuire le riz toujours avec un feu très doux, à couvercle fermé, après avoir ajouté de l’eau jusqu’à une phalange au-dessus du riz.

Ce qui intriguait l’auditoire, c’était que cette phalange n’était pas une mesure universelle, car elle dépendait de l’anatomie de chacun. De plus, elle ne prenait pas en compte la quantité de riz immergé.

Il y a donc eu des éclats de rire à propos de l’efficacité de la phalange. Et au milieu de l’hilarité générale, voici la muse du Néreida qui auscultait sa main pour savoir quelle phalange ferait l’affaire :

Imperturbable, Castor a continué à distribuer le gingembre autour de la table. Le voici en train de servir le Capitaine :

Castor était resté imperturbable dans l’affaire de la phalange parce qu’il avait une confiance absolue dans la manière de faire du mousse.

Heureux de montrer qu’il avait effectivement repris du poil de la bête, Castor s’est aussi porté volontaire pour servir le plat principal, qui rappelait la première rencontre, à Σκύρος (transcription : Skyros).

Il s’agissait d’un sauté de légumes, qui devaient absolument rester al dente.

C’était l’un des plats-signatures du Zeph.

La vivacité du dévouement de Castor et Pollux suscitaient un grand émerveillement !

Une fois de plus, l’impact émotionnel était plus fort avec un paysage humain qu’avec un paysage physique.

Inspiré et plein d’entrain, Pollux a servi le mousseux destiné à accompagner le sauté de légumes :

La photo montre Pollux en train de remplir le verre du capitaine du Néreida.

Nous venions d’apprendre que celui-ci, dans une vie antérieure, avait navigué jusqu’au Cap Horn !

Ébloui, le Capitaine du Zeph a posé à son homologue la question : « Alors, c’était beau, le Cap Horn ? »

Sur un ton qui évitait de s’enflammer par vantardise, le capitaine du Néreida a répondu : « Oui, c’était beau. »

Point de superlatif. Par contre, une parole laconique, qui éloignait toute tentative de dresser un tableau d’honneur.

Puis, avec le même détachement qui désarçonnait inéluctablement, le cap-hornier a ajouté : « Oui, j’ai vu le Cap Horn. Et après ? »

En si peu de mots, venait d’être formulé ce qui devrait être l’enjeu d’une vie.

Dans l’interrogation de « l’après », se profilait le gouffre du néant, s’entendait le vertige de la quête de sens.

Le capitaine du Néreida n’était ni orgueilleux, ni imbu de lui-même.

Il n’oubliait pas ses succès et il se souvenait de ses douloureuses épreuves.

Son humilité lui permettait de toujours voir la vie du bon côté.

Le cap-hornier était avant tout un homme de réconfort.

C’est pour cela que nous l’admirions beaucoup et que nous l’aimions beaucoup.

Nous attachions à l’homme, parce qu’il n’était pas du tout passéiste. En effet, il préférait se consacrer à l’ici-et-maintenant.

Après ce délice philosophique, il était tout à fait approprié de passer à un dessert qui rappelait que la vie réservait de suaves surprises telles que l’amitié.

C’était Pollux qui s’est emparé du privilège de distribuer à chacun sa part de gâteau à la banane

La photo montre la première part de gâteau, qui était destinée à la muse du Néreida.

Pollux soignait son geste pour donner de l’élégance à la joie.

La photo montre l’avant-dernière part, qui était celle du mousse.

Les agapes de la patience touchaient à leur fin. Mais non sans la fantaisie gourmande de Pollux, qui tenait à dire au revoir à Πόρoς d’une manière enjouée :

Inspiré par « l’ici-et-maintenant » du capitaine du Néreida, Pollux a rajouté à la chantilly sommitale un cordon périphérique.

Voici les lumières de l’au revoir :

L’or des lampadaires municipaux se répandait sur les quais pour créer une ambiance d’harmonie et de prospérité qui a aussi enveloppé le Zeph, bien que celui-ci soit quelque peu excentré à cause de son couplage avec l’Hallberg-Rassy 41.

Sur la photo précédente, le Zeph était reconnaissable à son éolienne tricolore, comme toujours.

Rapprochons-nous de celle-ci :

Le pavillon tricolore tenait compagnie à l’éolienne pendant que l’or des lampadaires se déposait sur les panneaux solaires.

Pour le Zeph, cet or de la colorimétrie évoquait l’or du temps, apporté par la présence extrêmement édifiante du Néreida.

L’équipage du Néreida a repris un taxi de la mer pour rejoindre le continent :

Néreida, comme le Zeph te sait gré pour l’émerveillement délicieux que crée ton savoir-être !

Πόρoς, comme tu es fabuleuse dans ton talent de surprendre, même à la quatrième fois où tu offres ton hospitalité au cours d’une même saison de navigation !

Égée, comme tu nous gâtes en nous faisant goûter la beauté de la vie grâce à tes ressources étonnantes et innombrables !

Le lendemain matin, le Zeph devait se rapprocher du giron athénien pour permettre à Castor et Pollux de prendre l’avion qui les ramènerait en Extrême-Occident.

La météo était très maussade :

Mais la pluie, dans son ingéniosité, a multiplié les surfaces réfléchissantes pour exalter l’or du temps :

Ainsi, le Zeph a quitté Πόρος avec l’or insulaire déposé à bâbord :

La navigation s’annonçait très rude, voire périlleuse. Mais la vaillance était à bord du Zeph. Pollux a mis la tenue de combat pour épauler le Capitaine :

Castor, lui, était serein :

Le mousse, fidèle à lui-même, veillait à l’équilibre diététique qui permettait de cultiver l’optimisme :

À la table du Zeph, il y avait toujours des légumes frais, même par mauvais temps.

Nous aurions aimé arriver au Pirée avec un rayon de soleil. Jusqu’à la dernière minute, la chance pour que ce souhait soit exaucé semblait très minime.

La grisaille nous enveloppait quand nous nous sommes présentés devant le Pirée :

Juste devant le museau du Zeph, l’Acropole nous regardait avec la mélancolie de l’automne :

Au centre de la photo, le relief pyramidal était celui du mont Lycabette. Juste en-dessous, le marbre du ¨Parthénon s’est coloré en rose à cause du filtre des nuages.

Avec patience, nous guettions l’instant où le ciel athénien s’illuminerait à nouveau.

Les signes précurseurs du retour du beau temps étaient apportés par un voilier qui sortait de la baie de Salamine pour parader devant le Pirée :

Quand le mousse a commencé à s’intéresser à ce voilier, l’issue du combat entre l’ombre et la lumière état encore incertaine.

Puis, progressivement, l’onde s’est mise à scintiller :

Au-dessus des voiles, les nuages ont commencé à se déchirer.

Du bleu a fini par apparaître au ciel pendant que Pollux, installé vers la proue, savourait pour la dernière fois son plaisir de guetteur :

La récompense de la patience n’était plus très loin.

La voilà, cette récompense, spectaculaire et éblouissante :

Un soleil radieux assistait à l’amarrage du Zeph devant les hangars où Thémistocle avait rangé les trirèmes qui avaient infligé une débâcle mémorable à la flotte perse et mis fin à la Seconde Guerre Médique.

Au plaisir de contempler la gloire du passé, s’ajoutait la satisfaction d’une réussite au présent.

La métamorphose de Castor et Pollux était une grande source d’émerveillement.

L’affection du Néreida pour le Zeph en était une autre.

Cette double récompense était obtenue grâce à la patience.

Le poète Clément Marot disait :  “Tout vient à point à qui sait attendre.”

Comme il avait raison !

 

 

Tags : émerveillement, Πόρoς, Σκύρος, patience, Clément Marot, somme encyclopédique, or du temps, empathie, richesse intérieure, transparence, humilité, amitié

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Tag(s) : #2025 LA GRECE
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