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L’élément primordial, voire fondateur du bel art de vivre à la française est le jus de la vigne, dont l’excellence est exaltée de manière inégalable par le savoir-faire des caves de l’Hexagone.

La convergence, spatiale et hédoniste, à Mονεμβάσια (transcription : Monemvasia) de quatre voiliers battant pavillon français a engendré des instants festifs sublimes, dont seul le vin français avait le secret.

Ci-dessous sont décrits les trois autres contributeurs du sommet de la francophonie, en tenant compte de l’ordre chronologique avec lequel le Zeph a fait leur connaissance.

Tout a commencé avec le Montigo 2, qui était la demeure flottante de deux troubadours drômois :

Extérieurement, le Montigo 2 avait l’originalité de loger un vélo entre les haubans. Mais son véritable charme, immédiat et irrésistible, était de nature philosophique, car il prenait soin de rendre fécond le temps de la navigation, en bannissant la vitesse, qui n’est qu’un euphémisme pour désigner la hâte ou la superficialité.

Dès le début de la relation, c’était au niveau du deuxième degré que le Montigo 2 plaçait l’enjeu ! C’était fabuleux !

Pendant que le Capitaine du Zeph était plongé dans l’écho que provoquait cette proclamation du choix en faveur de l’authenticité et du courage, un autre bateau demandait au Montigo 2 la permission de s’appuyer sur le flanc droit de celui-ci.

Bien sûr, le Montigo 2 a tout de suite donné son accord. Le bateau qui a bénéficié de ce geste d’hospitalité était le Yunga, qui était la demeure flottante de deux conteurs du pays de Grasse.

Indépendamment du caractère très louable du geste accompli par le Montigo 2, la chose remarquable était la décision du Yunga, qui a préféré la proximité d’un pavillon français et le flanc provisoire de la fraternité alors qu’il existait encore d’autres emplacements pour l’amarrage.

Le rapprochement des deux coques avait une valeur prophétique : il augurait quelque chose d’exceptionnel.

Le lendemain, le Yunga a quitté l’appariement qui assurait la tranquillité de la nuit. Où le Yunga allait-il s’installer ?

Comme par hasard, sur le même quai que le Zeph. Avec l’axe du bateau parallèle au quai, à la façon du Zeph. Museau contre museau, comme pour préparer la bise, qui viendrait le jour suivant, en multiples exemplaires.

Au premier plan, le Zeph était reconnaissable à son collier de flotteurs, qui se balançait au niveau de l’ancre.

L’occupation du terrain semblait se dérouler de manière fortuite. Mais en réalité, l’agencement des repères spatiaux et surtout temporels obéissait à un maître de cérémonie.

Le Yunga était champion dans l’art du conte. Il savait raconter des investigations en mélangeant subtilement le suspense et l’humour, tout comme il savait conter des histoires plus légères, sans jamais offusquer la pudeur, malgré le vocabulaire truculent utilisé.

La magie des mots, qui faisait que le Yunga plaisait énormément, était un atout qui relevait encore du deuxième degré.

La troisième alliance conclue par le Zeph – troisième, toujours par ordre chronologique – sollicitait la disponibilité du Tao 24.

Pour être rigoureux, l’expression « solliciter la disponibilité du Tao 24 » était un pléonasme, car le Tao 24 offrait tout de suite sa disponibilité, sans que l’on ait à la lui solliciter. Ça, c’était pour la relation à autrui. Quant à la relation à soi, le Tao 24 était la fantastique incarnation de l’efficience. Avec le Tao, tout était soigneusement pensé en amont, pour que l’objectif se réalise de manière infaillible.

Chez le Tao 24, la générosité était une manière de rester cohérent avec soi-même.

Le Zeph se réjouissait que l’amitié naissante entre lui et le Tao 24 soit le fruit de cette générosité, qui était encore une ressource relevant du deuxième degré.

Rassembler les quatre équipages autour d’une table qui célébrait le bel art de vivre à la française était une idée du Zeph. Celui-ci a agi ainsi parce qu’il chérissait l’excellence française et la langue de Molière, qui permettait de rendre pérenne l’éclat de la fête.

Le bel art de vivre à la française possède trois caractéristiques. D’abord, c’est un art de la lumière. Ensuite, c’est un art de la précision. Enfin, c’est un art de l’élégance.

Le Zeph a ouvert les festivités avec un aliment qui attirait d’emblée la totalité des suffrages : pour délier les langues et ouvrir les cœurs, était servi un rosé bien frais, qui savait amuser les yeux et séduire les papilles par la vitalité de son effervescence. Il s’agissait du Café de Paris :

La photo montre aussi une autre bouteille, sur la gauche. C’était un Chiroubles du Domaine Matray & Filles. Ce vin était une contribution du Tao 24 à la fête de l’amitié.

Mais revenons au Café de Paris, proposé en introduction par le Zeph. Le contenant émerveillait autant que le contenu :

Car la pureté du cristal conférait de la magie au trajet lumineux. Et l’exigence de lumière était constitutive de l’art de vivre à la française.

L’échanson, qui était le Capitaine du Zeph, faisait la tournée en suivant le sens des aiguilles d’une montre. Dans les deux photos précédentes, les verres étaient du côté Sud, qui était servi en premier. Le côté Nord ne cachait pas son impatience de recevoir, à son tour, la joyeuse effervescence :

La photo donne deux informations supplémentaires. D’abord, à côté du Chiroubles, apparaissait un Moulin à Vent du Domaine Anita. Nous sommes toujours en présence de la contribution du Tao 24.

Ensuite, le premier plan exhibait deux pains spéciaux, l’un aux olives et l’autre aux noix, tous les deux apportés par le Yunga.

Une bonne table à la française, c’est d’abord du vin de qualité et du pain de qualité, aussi.

Voici le Capitaine du Zeph en train de servir le capitaine du Tao 24 :

Avec une franchise très émouvante, le capitaine du Tao 24 et sa muse faisaient l’éloge de la joliesse des verres. Leurs compliments se référaient à deux critères de l’art de vivre à la française : le critère de la lumière et celui de l’élégance.

La lumière aiguise le plaisir visuel.

Et le Tao 24 n’a pas craint de montrer qu’il était très sensible au plaisir visuel.

La gastronomie française impose que le plaisir visuel serve de prélude au plaisir gustatif.

D’où l’importance du dressage de l’assiette.

De plus, le dressage de l’assiette obéit à un principe très français, qui est celui de l’individualité. Chaque invité voit, dans son assiette dressée, l’attention qui lui est spécifiquement réservée.

Ainsi, pour l’entrée, le Zeph a dressé huit assiettes, séparément.

Voici l’une d’elle :

En entrée, était servie une composition sur le thème du chou.

Les Grecs aimaient beaucoup le chou. Le Zeph, qui suivait le penchant grec, a utilisé le chou rouge et le chou-fleur.

Le tandem de choux était accompagné par le concombre, la tomate et le raisin rouge. Le tout était agrémenté par une sauce au gingembre.

Pendant que les huit assiettes dressées franchissaient, l’une après l’autre, le seuil de l’espace-cuisine pour regagner la table du cockpit, plusieurs murmures s’élevaient devant le défilé, pour exprimer l’étonnement, l’admiration et la joie.

Le plaisir visuel, sollicité puis satisfait, annonçait une réussite.

L’appétit vient en mangeant, mais aussi en buvant.

Alors le capitaine du Tao 24 a pris l’initiative d’ouvrir le Moulin à vent :

L’hédonisme faisait que notre ami mâconnais a réagi à la manière d’un maître de cérémonie, et nous nous en réjouissions grandement.

Et en maître de cérémonie, il prenait soin du disponible et gérait le moment opportun. Pour lui, est venu le moment opportun de renouveler le contenu des verres. Après le Capitaine du Zeph, c’était lui qui assumait la tâche d’échanson.

Dans la photo suivante, un détail était révélateur de la personnalité du maître de cérémonie :

D’aucuns pourraient remarquer que sur les trois verres qui apparaissaient sur la photo, deux étaient déjà complètement vides. La promptitude de la réaction du maître de cérémonie, qui était en parfaite adéquation avec les circonstances, témoignait d’une grande agilité à prendre en compte les nouvelles situations.

Mais plus fascinant encore était l’indice qui se trouvait dans la main gauche de l’échanson. Car le tire-bouchon que tenait celui-ci ne venait pas du Zeph, mais du Tao 24, en même temps que les deux bouteilles emplies des meilleurs tanins du Beaujolais. Quel esprit prévoyant ! Quelle belle démonstration d’autonomie ! Quel sens de la complétude !

L’efficience de la serviabilité de l’ami mâconnais était une forme d’élégance morale.

Son esprit d’initiative indiquait de la fête battait déjà son plein, dès l’assiette de crudités. Au premier degré, grâce au vin français. Au deuxième degré, à travers le déploiement de tant de qualités humaines au service d’une table conçue à la française.

L’ouverture du Moulin à vent se parait d’une joyeuse solennité :

Chez le capitaine du Tao 24, la solennité était dans la vérification du goût après la sortie du bouchon. Une fière satisfaction marquait la fin du suspense.

Près du bras qui tenait la bouteille, le visage du capitaine du Montigo 2 resplendissait de joie. Le regard était dirigé vers les trois muses qui étaient assises de l’autre côté de la table. Mais il est peu probable que la joie qui faisait resplendir le visage du capitaine du Montigo 2 soit, à ce moment-là, due au charme féminin. Il faudrait plutôt y voir l’effet immédiat des effluves du Beaujolais.

Quant au visage de l’arrière-plan, qui ne montrait que la partie inférieure, il laissait voir une bouche prête à sortir une blague, qui évacuerait l’excitation causée par l’imminence de la dégustation du fameux cru. Vous avez reconnu le Capitaine du Zeph, habité par l’un de ses plus grands bonheurs.

N’avons-nous pas déclaré ci-dessus que l’art de vivre à la française possédait trois caractéristiques ?

Nous venons de rencontrer les deux caractéristiques qui étaient l’art de la lumière et l’art de l’élégance.

Qu’en était-il du troisième critère, qui était l’art de la précision ?

L’entrée en scène des crus du Beaujolais fournissait au maître de cérémonie l’occasion d’apporter maintes précisions sur le cépage, sur la terre nourricière, sur l’alliance exclusive entre ces éléments, sur le bonheur de cette alchimie élective.

La précision des explications fournies s’appuyait sur la précision du langage.

L’art de la précision se manifestait à travers l’art de la parole.

En la matière, la parole de l’ami mâconnais était la parole d’un expert.

L’art de la précision était aussi prisé par le Zeph, surtout à l’occasion de la confection du plat principal.

En effet, la gastronomie française recommande vivement de diversifier les textures.

Et chaque texture correspond une température de cuisson, qui lui est propre.

Avec précision, le Zeph a cuit chaque ingrédient à la bonne température, séparément donc.

Et voici le résultat obtenu :

Il s’agissait d’un poulet rôti, à la pêche.

La viande était caramélisée avec le laurier apollinien.

La pêche, rôtie avec des filaments de gingembre, était déposée dans une barque confectionnée avec la moitié d’un poivron rouge, qui était taillé dans le sens de la longueur.

L’autre passager de la barque était le chou-fleur, dont les Grecs étaient si friands.

Mais ici encore, c’était la prescription française qui faisait autorité, et les chefs français donnent l’exhortation d’utiliser le produit sans en négliger aucune partie !

Il va de soi que le Zeph adhère pleinement à ce principe lumineux. C’est pourquoi le chou-fleur que transportait la barque se présentait avec l’inflorescence, reconnaissable à sa blancheur, mais aussi avec les feuilles côtelées, emplies de chlorophylle.

La chair de la pêche devait être onctueuse tandis que le poivron rouge et le chou-fleur devaient rester al dente.

Un autre élément devait aussi être al dente : c’était le grain de raisin rouge, destiné à exploser en bouche dans la tonalité de l’aigre-doux.

Le plaisir visuel, qui avait présidé à la confection de l’assiette de crudités, inspirait à présent la mise en forme du plat principal.

Pour servir la volaille, huit nouvelles assiettes ont donc été dressées, conformément au principe de l’individualité française.

La fête à la française est inséparable de l’élégance !

Pendant que les huit assiettes chaudes remontaient une à une de l’espace des fourneaux vers le cockpit, une voix a coiffé le murmure admiratif. Cette voix, tonique et assurée, disait : « C’est déjà difficile de faire à manger sur un bateau. Alors, quand c’est comme ce soir,…Bravo ! »

Dans un premier temps, l’on pourrait penser à un hommage rendu au talent du cuisinier.

Mais derrière cette prouesse technique, il y avait la générosité du Zeph.

Et si le Zeph s’est comporté de cette manière, c’était parce qu’il s’est voué, corps et âme, à la Grèce.

Tout ce raisonnement déductif est conduit en se référant au destinataire de la déclaration, inattendue mais ô combien sensée, qui accompagnait le défilé des huit assiettes chaudes.

Quelles déductions émergeraient si la perspective linguistique était inversée, c’est-à-dire si nous nous intéressions à présent, non plus à la destination, mais à la source de la déclaration élogieuse ?

L’auteur de celle-ci montrait par là qu’il connaissait bien la réalité des choses. Il était parfaitement conscient de la très grande difficulté de se nourrir correctement jour après jour, sur un bateau. Son pragmatisme a établi un état des lieux, en faisant usage d’un franc-parler remarquable. Mais cette sincérité et cette objectivité se retrouvaient encore dans la reconnaissance de la réussite. Et réussite il y avait indubitablement ce soir, avec le défilé des assiettes de volaille, qui a succédé à celui des assiettes de crudités. Après la reconnaissance de la valeur des choses, il fallait encore un saut éthique pour se hisser jusqu’au niveau de la gratitude.

L’éloge qui a coiffé avec brio le murmure admiratif témoignait que son auteur était un être profondément reconnaissant. Sa gratitude, immédiate et vive, révélait l’élégance de son savoir-être.

Nous avons oublié de dire à nos chers lecteurs de qui émanait cet émouvant éloge.

Sur le ton de la confidence, nous vous murmurons que le cri de la gratitude provenait des entrailles de l’ami mâconnais.

Ainsi, l’événement festif qu’était le sommet de la francophonie à Μονεμβάσια bénéficiait du sceau de l’impérissable, grâce aux effusions de gratitude.

L’élégance s’accordait mal avec la pratique des restrictions.

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C’est pourquoi le Chiroubles, du Domaine Matray & Filles, s’est empressé de prendre la relève du Moulin à vent, pour accompagner la fin de la dégustation de la volaille.

Pendant tout ce temps, la lune, si belle dans sa rondeur joviale, regardait l’allégresse emplir le cockpit du Zeph :

Élargissons le champ de vision :

Au premier plan, apparaissait l’orin rouge, suspendu du côté de la poupe.

L’axe du Zeph était dans le sens Est-Ouest en allant de la poupe à la proue.

Par conséquent, la lune, qui se levait à l’Est, était dans la position idéale pour suivre le sommet de la francophonie.

Le vif intérêt manifesté par l’astre de la nuit pour ce qui se déroulait à bord du Zeph signifiait que le bel art de vivre à la française avait une résonance cosmique.

Voici un signe de cette merveilleuse résonance :

L’œil droit du capitaine du Montigo 2 s’associait au regard monoculaire de la voûte céleste pour exprimer le même émerveillement.

La pose du marin était comique.

Son bonheur s’exprimait avec drôlerie, sans oublier la belle manière. C’était le comique de l’élégance.

Puis, quand la nature rétablissait la symétrie, la dilatation de la pupille faisait briller les deux globes oculaires avec une lumière taquine :

Cette lumière faisait du charme pour accéder au cœur des êtres et des choses.

Le drôle amenait le drôle. Le geste drôle du Montigo 2 amenait la parole drôle du Yunga. Sans doute faudrait-il y avoir un effet de la rondeur hilarante de la lune.

En tout cas, voici le capitaine du Yunga qui s’est mis à conter une histoire abracadabrantesque :

Le marin prenait très au sérieux sa prestation, en dépit du caractère improvisé de celle-ci.

L’élégance du dévouement servait de prélude à l’élégance du souffle dramatique.

L’histoire contée était celle d’un labyrinthe où les chemins se croisaient pour donner l’impression de tourner en rond et où les ramifications se multipliaient à l’infini pour susciter l’embarras et le suspense.

Regardez comment le suspense figeait le regard tout en modelant les lèvres chez les trois autres capitaines :

Elles étaient serrées et étirées dans le sens de la longueur chez le Tao 24. Avec le Montigo 2, elles s’entrouvraient faiblement, comme stoppées au milieu d’une inspiration, à moins qu’il ne s’agisse d’une expiration. Quant au Zeph, le contour des lèvres du Capitaine évoquait une crêpe volante qui était en train de se retourner.

L’empreinte laissée par le suspense sur la physionomie ne rabaisse personne et n’égratigne aucun amour-propre.

La véritable finalité du suspense était le sourire, voire le rire, à cause de la drôlerie qui surgirait de l’étrangeté des coïncidences et des confusions.

Par conséquent, il s’agissait d’un comique de situation, qui était parfaitement sain et fort instructif.

Pendant ce temps, comment le public féminin, qui se trouvait de l’autre côté de la table, a-t-il réagi ?

Pour les deux tiers, l’objectif de la drôlerie était atteint :

La silhouette qui ne souriait pas encore était celle de la muse du Yunga, La muse du Yunga ne souriait pas encore, parce qu’elle avait le trac pour son compagnon, qui était le conteur.

Mais il n’a fallu que quelques secondes supplémentaires pour que l’effet hilarant produise le troisième sourire féminin :

L’éclosion du troisième sourire féminin faisait de l’effet dans le camp masculin. Le capitaine du Montigo 2 était le premier à rejoindre la sensibilité féminine :

Il regardait la muse du Yunga, qui venait d’approuver son chéri de conteur.

Le deuxième capitaine à s’abandonner à l’hilarité était celui du Zeph :

Puis le troisième sourire masculin est venu, non par complaisance, mais par conviction :

Ce sourire n’était pas du type copier/coller. Sa valeur était dans le fait qu’il émanait d’une maturation spécifique et qu’il reflétait une indépendance affirmée.

Merci à toi, conteur talentueux, qui a pris l’initiative d’insérer un intermède divertissant avant l’entrée en scène du dessert :

Les bras levés étaient les bras qui soulevaient l’enthousiasme pour une nouvelle sorte de nourriture, non prévue au menu initial. Il s’agissait de la nourriture pour l’esprit, dont l’apparition spontanée témoignait de la convergence des huit âmes vers des valeurs impérissables.

Tout feu d’artifice a un bouquet final.

Le sommet de la francophonie à Moνεμβάσια était un feu d’artifice : fidèle au protocole, il n’a pas dérogé à la règle du bouquet final.

Un feu d’artifice s’annonce par des détonations.

Le dessert qui se voulait être le bouquet final du feu d’artifice à bord du Zeph était aussi introduit par une détonation : c’était la détonation courtisée par tous les fans de l’effervescence champenoise.

Le Capitaine du Zeph avait la charge de faire retentir la détonation.

Après la forte vibration sonore, des bulles de bonheur se sont mises à danser au milieu du cristal :

Le champagne du Zeph était le chevalier servant de la salade de fruits, préparée avec minutie et générosité par le Yunga. Le dévouement de celui-ci a réuni dans chaque coupe un multitude de saveurs et de textures.

Avec précision, le Capitaine du Zeph a égalisé les niveaux :

La fête à bord du Zeph ne se déroulait pas au détriment de l’équité.

Le sommet de la francophonie à Moνεμβάσια ne réunissait que des consciences éclairées et des âmes généreuses, qui chérissaient l’élan altruiste et l’équilibre du partage.

Mais l’être qui a proclamé à voix haute que l’équité devrait la clef de voûte de toute construction conviviale était la muse du Montigo 2 :

À plusieurs reprises, elle a exhorté le mousse à oublier les fourneaux pour rester plus longtemps à table. Ces multiples exhortations résonnaient comme des cris du cœur. La présence de cette grande servante de l’équité donnait aux agapes un charme aristotélicien inégalable.

À cette vertu qui mariait l’équilibre et la bonté, l’on ne pouvait qu’offrir le plus suave des sourires. Et c’était ce que le capitaine du Montigo 2 n’a pas manqué de faire :

L’art de l’élégance était là, dans la profusion des belles manières.

L’élégance était dans le somptueux déploiement de la matière. Mais l’élégance était encore, et surtout, dans la parole et le geste qui décrivaient les mille et unes facettes de la nature humaine. À ce sujet, le talent de comédienne chez la muse du Yunga était fabuleux.

À son tour, elle contait une histoire pleine de provocations, où l’audace déclenchait à chaque fois le sourire ou le rire, voire même le fou rire.

Le visage de la comédienne encourageait l’hilarité par son expressivité.

Voici la moue du dédain :

L’âme en peine se voyait au visage en larmes et aux mains pendantes :

La douleur extrême engendrait un repli sur soi :

L’appel au secours mettait les mains en prière :

La protestation soulevait un raidissement :

Comme une délivrance, l’extase est survenue :

Chacune de ces scènes était drôle en elle-même. Le langage chatoyant accroissait la drôlerie. La succession effrénée des situations drôles ne pouvait mener qu’à une fin : le fou rire, si jouissif, si libérateur !

Le fou rire, qui se nourrissait de lui-même, provoquait un renversement de la tête en arrière :

Le bras gauche se levait pour servir de balancier pendant ce basculement :

Puis le bras levé s’est déplié pour pointer l’index en face

Ce geste complètement inattendu, hautement comique, signifiait que la drôlerie venait de changer de camp.

En effet, le sourire a commencé à éclore sur un visage masculin :*

Le capitaine qui, maintenant, souriait avant les autres avait souri, tout à l’heure, après les autres.

Mais, très vite, tout le monde a souri ou ri :

Et la joie n’a permis à aucun capitaine de garder les lèvres jointes :

Le bouquet final du feu d’artifice se terminait par un bonheur hilarant qui unissait les quatre équipages.

Le Yunga n’a pas apporté l’ivresse du vin, mais celle des mots.

Dans les concerts, il est d’usage qu’il y ait un rappel après le semblant de l’au revoir.

Le concert de la francophonie à Moνεμβάσια a eu également son rappel. Celui-ci s’est présenté sous la forme de l’ouverture d’une deuxième bouteille de champagne, offerte par le Tao 24 :

Le Capitaine du Zeph s’est porté volontaire pour être l’échanson :

À l’instar du capitaine du Montigo 2, nous avons levé notre verre au miracle de Moνεμβάσια et au délice des amitiés naissantes :

Au sens propre comme au sens figuré, cette magnifique rencontre n’était pas sans lendemain.

En effet, au lever du jour, voici ce que le Capitaine du Zeph a trouvé sur l’un des bancs du cockpit :

Nos chers lecteurs ont bien sûr reconnu deux croissants. Et les croissants, c’est bien français !

Les deux croissants du cockpit étaient déposés au petit matin, avec une carte de visite, par le Tao 24. Ce fait appelle deux remarques. D’abord, le geste du Tao 24, accompli sans tambour ni trompette, était d’une très grande élégance. Ensuite, en faisant ainsi apparaître le sillage du sommet de la francophonie, le Tao 24 montrait qu’il tenait beaucoup à ce sillage. La construction d’une mémoire commune était une grande source d’émerveillement.

Le Montigo 2 aussi nous a laissé quelque chose qui évoquait le sillage de l’amitié. Il s’agissait de cette bouteille :

Elle était destinée à séduire les quatre équipages. Elle n’a pas été ouverte car il y avait déjà abondance sur la table. Mais le Zeph a fait la promesse qu’il ne la boirait qu’en présence du Montigo 2. La promesse du Zeph a été faite sans qu’il y ait de témoin. Cependant, les divinités ont entendu. À ce moment-là, le Zeph ne savait pas que sa promesse serait accomplie quatre semaines plus tard, en Mer de Corinthe. L’émerveillement viendrait a posteriori, mais il viendrait. Car les divinités veillaient à la vitalité du sillage.

Quant au Yunga, voici comment il nous a dit au revoir :

Le bras droit annonçait des retrouvailles encore plus somptueuses.

En effet, le Yunga nous attend dans son pied-à-terre qui se trouve au pays de Grasse.

L’émerveillement venait de la pureté qui faisait la force du lien d’amitié.

Cette convergence, à Μονεμβάσια, de quatre voiliers battant pavillon français, était un immense cadeau de la mer. « Un cadeau exceptionnel », devrions-nous dire ! Exceptionnel tant par la qualité que par la rareté.

À Μονεμβάσια, le bel art de vivre à la française a donné à voir le chatoiement de la vie.

L’émerveillement était dans le fait qu’après le tutoiement avec l’infini, il était possible de faire mieux, grâce à l’affection des êtres de finitude.

 

Tags : émerveillement, Μονεμβάσια, francophonie, lumière, précision, élégance, hédonisme, amitié, sillage, vin français, art de vivre

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Tag(s) : #2025 LA GRECE
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