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Le matin du quatrième jour de mouillage dans la baie de Πόρτο Xέλι (transcription : Porto Khéli), quelqu’un a frappé à la coque du Zeph, du côté de la poupe, à bâbord.

Le Capitaine est allé voir. Nous avions la visite d’un marin venu avec son annexe. La conversation s’est engagée en français et a continué en français. Avec la belle mélodie propre aux sonorités de la langue de Molière !

De plus, l’élocution du visiteur avait le charme d’une voix de baryton.

La musicalité de l’échange était déjà une première cause d’émerveillement.

L’autre cause d’émerveillement résidait dans la teneur du message apporté par le visiteur. Car il s’agissait d’un message de sympathie, voire même de fraternité.

En effet, le visiteur naviguait, lui aussi, à bord d’un Océanis 393. Son bateau et le Zeph avaient donc le même ADN marin. Cette fraternité structurelle était un premier facteur de rapprochement. La constatation de la similitude architecturale n’était pas restée superficielle, car le visiteur est revenu dans l’après-midi pour nous inviter à partager l’apéro du soir, à son bord.

Dans la même journée, le Zeph a montré, à deux reprises, qu’il plaisait beaucoup à son demi-frère, dont il venait de découvrir l’existence. Cette double séduction était, pour le moins, très flatteuse.

Topographiquement, le demi-frère du Zeph flottait à l’arrière de celui-ci :

Le Zeph était tout ému quand nous l’avons laissé pour rendre visite à son demi-frère :

Voici le Zeph, vu à partir du cockpit de son demi-frère :

La proximité spatiale pouvait être un élément facilitateur de la manifestation de sympathie. Mais le véritable moteur de la rencontre était l’élan du cœur.

Le demi-frère du Zeph avait une personnalité qui ne laissait pas indifférent. Au moment où nous nous apprêtions à monter à son bord, notre regard levé rencontrait une toiture très originale. En effet, le toit de l’hospitalité n’avait pas la continuité d’une surface plane car il était confectionné grâce à l’assemblage d’éléments filiformes. Conséquence immédiate de cette structure aérée : l’air passait aisément par les interstices qui séparaient ceux-ci. La fraîcheur du cockpit qui servait d’atrium était assurée par l’ombre mais encore par un vent de la liberté, qui était aussi un vent du confort.

La trouvaille était géniale !

Sans aucun doute, notre hôte était un génie. C’était la condition nécessaire pour mener à bien son indépendance. Cet esprit nous plaisait bien. Mieux encore, cette indépendance obsessionnelle nous charmait.

Dans un premier temps, il y a eu la parenté structurelle de deux coques sorties de la même matrice.

À présent, nous découvrions une similitude mentale dans la manière de vivre pleinement la liberté en mer.

La créativité, qui s’était manifestée à travers la confection du toit du cockpit, se nourrissait de la liberté tout en la stimulant.

Ainsi, dès les premiers instants, le rapprochement entre les deux coques n’avait pas lieu par l’intermédiaire de choses périssables, mais grâce à des valeurs qui appartenaient au second degré.

Concrètement, les tiges qui étaient assemblées pour constituer le toit du cockpit étaient du bambou, Le souci de l’écologie était donc manifeste chez notre hôte.

Il y avait une adéquation entre la finalité et la modalité, qui respectait l’harmonie du cosmos.

Les disciples d’Asclépios parleraient de l’adéquation entre la fonction et l’organe.

L’évocation de la figure tutélaire d’Asclépios nous fournit l’occasion de dire notre émerveillement devant la très grande attention que notre hôte portait à l’équilibre alimentaire.

Souvenons-nous de la devise de Mastervolt, le fabricant d’énergie électrique, qui s’est installé à Άλιμoς. Cette devise était : « The power to be independent ».

Autrement dit, « S’offrir le pouvoir d’être indépendant », ou encore « Assurer les ressources qui donnent accès à l’indépendance »

Il s’agissait de vouloir sérieusement cette indépendance et d’être en cohérence parfaite avec la fermeté de cette volonté, c’est-à-dire prévoir une logistique rigoureuse et fonctionnelle, qui permet de s’affranchir de tout lien de servitude, technique ou humain. Avec charisme, notre hôte nous dévoilait son choix existentiel, son savoir encyclopédique et son talent d’intendant. Ce prodigieux investissement, mental et physique, nous faisait pensait à Magellan, qui avait préparé avec une très grande minutie son expédition maritime.

Le crépuscule était le moment propice aux effusions.

Sur la photo précédente, le Zeph et son demi-frère continuaient d’avoir tous les deux le museau tourné vers l’Ouest. À gauche de la proue du demi-frère, se profilait la silhouette du Zeph.

Tout à fait à gauche encore, se trouvait l’église qui gardait la baie.

Au milieu, nos chers lecteurs pouvaient reconnaître l’Aigle des mers et la Pyramide flottante, déjà décrits dans l’article précédent :

Ainsi, nous apprenions que l’impressionnante envergure encyclopédique de notre hôte était un don de Massalia, celle-là même que l’Histoire avait considérée comme étant « l’Athènes de l’Extrême-Occident ».

De ce fait, nous appellerons désormais notre hôte « le Magellan de Massalia ».

Voici un portrait collectif, où notre Magellan a choisi la pose de l’humilité :

Magellan ne nous a pas nourris qu’avec des pensées. Il nous a fait déguster du houblon, servi avec des feuilles de vignes.

Nous sommes très reconnaissants à Magellan pour cette escapade au pays des merveilles, qui était le sien. Une image pourrait résumer la belle soirée passée à son bord. Voici cette image :

Nos chers lecteurs ont sûrement reconnu le basilic de l’Hellade. Mais dans le cas présent, il n’avait pas la position ostentatoire que lui donneraient les coques de parade. Le basilic de Magellan, qui était florissant au sens de la botanique comme au sens de l’esthétique, marquait un seuil, celui vers l’intimité. Sur ce seuil, fleurissaient la douceur, la confiance, la bonté.

L’astre de la nuit bénissait la rencontre. La photo suivante montre la pleine lune au-dessus des deux annexes parallèles :

Sur la photo, le disque lunaire, qui venait de se lever à l’Est, a encore conservé sa jolie tunique ocre.

La compréhension mutuelle et la bonne entente préparaient le terrain pour l’entraide. À ce sujet, c’était encore le demi-frère du Zeph qui accomplissait le premier pas.

En effet, Magellan avait un désalinisateur qui pouvait produire, par heure, une soixantaine de litres d’eau adoucie. Ayant su, par hasard, que nous cherchions à remplir nos réservoirs, il est allé sur la pointe des pieds pour nous proposer l’appoint d’eau douce. Mais le Zeph a répondu à son demi-frère à la manière du berger qui répondrait à la bergère : « Tu as choisi l’indépendance. Eh bien, j’agis de même. ».

Le choix, impératif, de l’indépendance mettait tout de monde d’accord, de part et d’autre.

Avant de retrouver le Zeph, nous avons dit à Magellan que nous aimerions le revoir le lendemain, à bord du Zeph, pour quelques moments de convivialité à l’heure de la pause méridienne.

Ainsi, le quatrième jour au mouillage de Πόρτο Xέλι s’est achevé au milieu d’un émerveillement qui nous protégeait de la routine et de l’insipidité.

L’émerveillement était le trait d’union cosmique qui reliait le Zeph à son demi-frère. En effet, la photo suivante montre les deux coques reliées l’une à l’autre par la magnificence de la lumière de la pleine lune.

La photo a été prise à partir du Zeph, qui apparaissait, avec son orin, au premier plan. Le demi-frère se trouvait dans le même axe, à l’arrière-plan.

Comme prévu, le jour suivant a commencé par un geste d’indépendance. Car le Zeph faisait son appoint d’eau sans demander l’assistance du demi-frère.

Les esprits indépendants se respectent et s’admirent mutuellement.

Voici le Zeph qui nous regardait tendrement pendant que nous nous acheminions, avec l’annexe, vers l’église qui gardait l’entrée de la baie.

Nous avons profité de la navette de l’eau douce pour ramener à terre les poubelles :

Une barque regardait notre accostage : elle s’appelait ΕΛΙΣΑΙΟΣ.

Avec des minuscules, le nom s’écrirait  : Eλισαίος.

En français : Élisée

Dans les Écritures hébraïques, l’œuvre prophétique d’Élisée se succédait à celle d’Élie.

Si le nom d’Élie se rencontrait souvent en Hellade, celui d’Élisée était rarement utilisé.

Nous voyions donc dans cette découverte sensationnelle une augure très favorable concernant la manière dont les projets s’enchaînaient.

Après avoir déposé dans les containers officiels de la municipalité nos poubelles, nous avons tranquillement rempli d’eau douce nos seaux.

L’eau de la transcendance ne pouvait que nous être offerte, surtout à nous, en récompense de notre piété.

Sur la photo suivante, le robinet se trouvait à droite, là où apparaissait la silhouette du Capitaine.

L’olivier qui trônait au milieu de la place indiquait que l’eau de la liberté était destinée à la paix de l’esprit, mais aussi du soma.

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Sur la photo précédente, le Capitaine tournait la tête du côté de l’épaule gauche. Découvrons ensemble la perspective qui s’ouvrait dans cette direction. Voici cette perspective :

De la terrasse de l’église, l’on pouvait contempler toute la baie. À gauche, se dressait la silhouette bien connue de l’Aigle des mers et celle non moins connue de la Pyramide flottante. À droite, hors champ, c’était le mouillage où le Zeph nous attendait sagement.

Très belle escapade donc, en dépit de son caractère utilitaire.

De retour sur le Zeph, le mousse devait bien gérer le temps, car Magellan viendrait dans une paire d’heures.

La veille, nous avons fixé le rendez-vous avec Magellan à midi trente, à l’horloge grecque.

Il était midi pile, à l’horloge grecque, quand Magellan a frappé à la coque du Zeph.

L’avance était due à l’impatience. L’impatience était due à l’ardeur de l’affection fraternelle.

Comme il fallait s’y attendre, Magellan n’est pas venu les mains vides.

Le messager de la veille était revenu avec un colis qui était celui de la fraternité.

Il y avait trois choses dans ce colis.Voici, dans l’ordre chronologique, la première :

C’était un savon, mais pas n’importe lequel, puisqu’il répandait jusqu’aux confins de la terre, le parfum massaliote. C’était donc un « savon de Marseille », le symbole des symboles de la cité jadis fondée par les Phocéens de l’Anatolie.

L’émerveillement naissait tout de suite quand nous avons appris que l’exemplaire qui nous était offert avait été fabriqué par les mains du porteur !

L’art au bout des doigts faisait de Magellan un art-isan de l’hygiène corporelle et un art-iste de la beauté de la physionomie.

L’emblème massaliote qui nous a été remis avait été soigneusement emballé dans un papier ambré. Le soin de la présentation témoignait d’une délicate attention, qui nous émouvait beaucoup.

Le deuxième objet qui émergeait du colis de la fraternité était celui-ci :

Il s’agissait d’un bocal d’olives, que notre Magellan avait lui-même préparées, selon le protocole des olives dites « cassées ». L’appellation venait du fait que la continuité de la chair était « cassée » par une fente réalisée au couteau, pour permettre une meilleure imprégnation de la saumure.

La photo précédente montrait deux étages : l’étage inférieur, dédié au classicisme, présentait le respect intégral du protocole tandis que l’étage supérieur reflétait un particularisme, dû à l’ingéniosité de notre Magellan.

En effet, le bocal était fermé par des bâtonnets de fenouil qui permettaient une plus longue conservation tout en embaumant le contenu :

Cette attention apportée au détail, même dans des domaines habituellement considérés comme moins nobles et moins glorieux que d’autres, justifiait le surnom de « Magellan » que nous avons donné au messager de la fraternité.

Le savon et l’olive étaient des symboles forts de la culture massaliote. En nous les offrant au nom de Massalia, notre Magellan ravivait l’émouvant souvenir de la rade de Marseille, qui avait assisté aux balbutiements de la navigation du Zeph.

À l’époque de ces balbutiements, le Capitaine avait acheté, sur les quais du Vieux-Port, près du Théâtre de la Criée, cette demi-coque qui était devenue l’un des principaux ornements de l’espace de convivialité :

La photo suivante illustre la convergence des élans fraternels :

Le premier plan, avec le savon et l’olive, était l’évocation de Massalia par Magellan. L’arrière-plan, avec la demi-coque, était l’évocation de Massalia par le Capitaine.

De manière providentielle, le souvenir massaliote accentuait le rapprochement fraternel.

L’admiration du Zeph pour son demi-frère, et l’attachement réciproque qui en découlait, allaient croissant. C’était vraiment merveilleux !

Dans un premier temps, il y avait la parenté matricielle, due à l’enfantement par le même chantier de construction.

Puis, il y avait la parenté éthique, qui résultait du même engouement pour l’indépendance.

Et à présent, il y avait la parenté mémorielle, née de la gratitude envers un berceau culturel commun.

Après le savon et les olives, Magellan a sorti de son colis le kéfir qui avait servi à introduire l’artiche précédent.

Que de trésors précieux le Zeph a reçus de son demi-frère !

Le Zeph a exprimé sa gratitude en offrant à son tour le riz de la fraternité.

Initialement, l’invitation formulée la veille n’avait mentionné que la céréale de l’Indochine. Mais le mousse élaboré un menu pour enrichir le contexte de l’exotisme.

En entrée, il y avait des crudités, dont la fraîcheur était exaltée par le gingembre de la sauce aigre-douce :

Le vin soumis à l’approbation de tous était un Riesling, bien frais :

Le Capitaine avait la charge de faire luire, à travers le cristal, l’épanchement de la fraîcheur :

L’ambiance joyeuse incitait Magellan à identifier à voix haute chaque ingrédient qu’il dégustait. Ce n’était ni de la méfiance, ni de l’impolitesse. C’était le jeu des gourmets qui préféraient donner à leur gratitude une tonalité ludique, et non pas cérémonielle.

Puis le riz promis a fait son entrée en scène, avec une garniture composée de haricots plats, d’aubergines, de poivrons et de saucisses de Μύκονος (transcription : Mykonos).

Le riz servi avec la garniture a tant plu à Magellan que celui-ci a exprimé le désir d’emprunter le cuisinier du Zeph :

La parole élogieuse, spontanée et dite avec sérénité, a beaucoup ému le mousse : le dévouement de celui-ci n’était pas passé inaperçu aux yeux de Magellan.

Ce que d’autres recherchaient sur les terrasses en bordure de route, nous l’avions ici, chez nous, sur notre balcon, sans aucun vis-à-vis, avec seulement la mer en toile de fond, à 360°.

Magellan a été sollicité pour la distribution du breuvage qu’il avait lui-même préparé. Des flûtes étaient sorties pour marquer la solennité de l’instant :

La limpidité du cristal évoquait la pureté de l’élan fraternel.

Ainsi le généreux porteur du kéfir était aussi le joyeux échanson :

Le plaisir à table faisait que la question de la conservation des aliments s’invitait inévitablement dans la conversation. À ce sujet, le demi-frère du Zeph possédait un frigo absolument sensationnel, car celui-ci était doté d’une porte latérale, exactement comme dans toutes les cuisines sur la terre ferme. Bien sûr, la science des connexions était indispensable pour faire venir l’énergie électrique au bon endroit, et avec l’intensité adéquate.

Le talent organisationnel de Magellan était époustouflant.

La magie du message délivré était d’autant plus grande qu’il n’y avait jamais le ton prétentieux du « moi, je ». Jamais non plus d’emphase. Point de prosélytisme. Juste une info délivrée au passage, presque innocemment.

Nous étions éblouis parce que tout ce que Magellan disait n’était que du bon sens,

De la connexion au sens de la physique à la connexion au sens du psychisme, le passage était fluide, sans aucun obstacle dressé par la pudeur.

Nous avons alors découvert un Magellan que la vie n’avait pas toujours choyé.

Mais notre Magellan de Massalia possédait une force de résilience phénoménale : il se reconstruisait en continuant à prodiguer des gestes de bonté.

Contemplez le bonheur, sain et vivifiant, qui l’habitait pendant qu’il servait le kéfir qu’il avait lui-même concocté :

Et ce bras tendu en direction du mousse n’exprimait pas que l’apport d’un aliment liquide :

Ce bras tendu exprimait aussi la métamorphose de la sympathie en affection fraternelle. C’était le bras que les divinités voulaient montrer au Zeph pour donner du sens à la navigation de celui-ci.

C’est le moment de relier cette image à l’interrogation qui a été formulée à la fin de l’article précédent, par ces lignes :

Après ces trois journées, qui étaient des journées de faste, chacune à sa manière, c’est-à-dire sans mimétisme, pouvions-nous dire qu’il nous manquait encore quelque chose ?

Sincèrement, nous nous sentions comblés. La réponse à la question serait alors : « Non ! »

Les divinités, elles, pensaient qu’il nous manquait encore quelque chose...’

Ce qui manquait au Zeph, malgré le faste des trois premières journées, c’était le bras tendu de la fraternité.

Le succès d’un voyage n’est pas dans le triomphe de la technicité, mais dans la plénitude de son humanisation.

Maintenant que le messager a délivré clairement son message, les divinités allaient sans doute lui confier d’autres missions , auprès d’autres destinataires.

Trois jours après les agapes à bord du Zeph, Magellan nous a fait une visite surprise :

La visite impromptue de Magellan sonnait comme un au revoir anticipé, qui ne disait pas son nom.

Nous n’avons pas cherché à contrarier le pressentiment.

Nous avons seulement voulu profiter de l’instant. C’est pourquoi nous avons proposé à Magellan un apéro à bord du Zeph.

Magellan a accepté l’invitation avec joie.

Le voici de nouveau à bord du Zeph :

Un gigot tout prêt nourrissait avantageusement la conversation, riche en épanchements :

Frère, ami, confident : Magellan était devenu tout cela pour nous, seulement en quelques jours.

Magellan nous a conté les injustices qu’il avait subies dans son passé de marin.

L’expérience de Magellan ne se limitait pas seulement au domaine technique, mais concernait aussi les relations humaines.

En vérité, l’humain était au cœur des cogitations de Magellan.

C’était par humanisme que Magellan s’est exclamé, à l’intention du mousse :

« Ce n’est pas un simple apéro que tu fais là ! C’est un apéro dînatoire ! »

Il y avait, dans cette parole, la proclamation du plaisir, mais aussi de la gratitude.

Magellan avait le sens du pragmatisme. Et son pragmatisme était au service de son humanisme. C’est pourquoi il a révélé au mousse l’existence d’un centre de ravitaillement qui offrait de meilleurs services encore, par rapport à l’enseigne mentionnée dans l’article précédent, au sujet du raisin sans pépin.

Ainsi Magellan a donné au mousse une autre adresse où les fruits étaient plus mûrs et moins chers.

Magellan se souciait de la gestion des ressources alimentaires et recherchait toujours la solution optimale.

En cela, à Πόρτο Xέλι, il est parvenu à faire mieux que le mousse, qui était déjà bien informé et débrouillard.

Le mousse se voyait donc contraint de reconnaître que Magellan était à la fois l’expert et le séducteur en la matière.

L’envergure du champ qui rassemblait les centres d’intérêt de Magellan était d’une immensité fascinante.

L’émerveillement naissait du fait que Magellan faisait rimer complétude avec sollicitude.

L’apéro improvisé a quand même confectionné un dessert qui n’était pas habituel :

La mangue fraîche, qui en était le principal ingrédient, a enchanté notre Magellan.

L’évocation des Tropiques nous a donné l’occasion de proposer des retrouvailles encore plus somptueuses pour le lendemain, dans la soirée, avec des rouleaux de printemps au menu.

Magellan n’a pas refusé l’invitation mais l’a fait dépendre du vent, qui était celui du Destin.

Le lendemain, dans la matinée, Magellan nous a informé que son Destin l’appelait ailleurs, vers le rivage qui jadis avait vu s’épanouir le Royaume de Didon.

Voici donc Magellan qui reprenait de nouveau la route pour répondre à l’appel du Destin :

Nous avions le cœur serré en voyant le fin gourmet nous léguer la noblesse de son désintéressement.

L’émouvant souvenir de Magellan nous a accompagné jusqu’à l’escale suivante, et même au-delà !

Après Πόρτο Xέλι, nous sommes allés à Μονεμβάσια (transcription : Monemvassia).

Voici le Zeph à Μονεμβάσια :

Le Zeph, toujours reconnaissable à ses lignes bleues, se trouvait sur la droite de la photo.

Devant la splendeur du minéral, nous avons savouré le faste du végétal. Et au centre de la floraison qui ornait l’assiette de l’indépendance, se montraient avec fierté les olives offertes par Magellan :

La photo précédente montre l’assiette du mousse. Voici l’assiette du Capitaine, identifiable grâce à la pièce florale centrale, qui était dotée d’une taille plus grande :

L’art culinaire de Magellan contribuait à la prospérité diététique du Zeph.

La bonté de Magellan continuait à orner la solennité de chaque nouvelle étape de notre voyage.

Voici le Zeph qui arrivait en Crète :

Pour célébrer cette magnifique arrivée sur les flots crétois, nous avons préparé un Spritz. Voici les ingrédients du breuvage qui nous donnerait la chance de Thésée :

Nous avions découvert le Spritz à l’époque où nous fréquentions les canaux de la Sérénissime.

Le Spritz était une alchimie festive entre le sucré, l’acidulé et l’amer.

Le sucré était fourni par le Romanetti. L’acidulé provenait du citron, qui apparaissait au pied du verre à droite. Quant à l’amer, il était apporté par les olives de Magellan, qui se voyaient au pied du verre à gauche.

Quant à l’extraordinaire alchimie, elle serait déclenchée par les bulles d’allégresse du Fragolino.

Voici le Capitaine qui mettait en route le processus en déposant au fond du verre les olives massaliotes :

L’étape suivante consistait à ajouter du citron :

Les olives de Magellan, qui, jusque là, ont gardé leur individualité, sont vite entrées dans la ronde sous la double impulsion du Romanetti et du Fragolino :

L’effervescence à la vénitienne nous donnait le bonheur qui était celui de Thésée quand il a vaincu le Minotaure.

Quant à l’accord mets/vin, si précieux dans la gastronomie française, il était assuré par la présence de la morue :

L’équilibre diététique commandait que le poisson soit servi avec une garniture variée et riche :

Magellan, s’il avait été là, nous aurait félicités pour la complétude de la préparation culinaire. Il se serait certainement réjoui de voir ses olives participer à cette fête de bienvenue en Crète, que nous nous souhaitions à nous-mêmes grâce au magnifique principe de l’indépendance.

La fécondité du sillage de Magellan produit un émerveillement qui ne faiblit pas.

Ce serait commettre l’impiété que de ne pas remercier les divinités pour l’envoi du messager de la fraternité.

Longue vie à toi, Magellan !

Puisses-tu triompher de l’océan du doute pour parvenir à la destination qui te procurera paix et prospérité !

 

 

Tags : émerveillement, Πόρτο Xέλι, messager, Vézelay, indépendance, Άλιμος, Mastervolt, Magellan, Massalia, Marseille, kéfir, spritz

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Tag(s) : #2025 LA GRECE
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