Après le périple anatolien, nous avons retrouvé un Zeph affectueux, impatient de nous donner satisfaction.
Nous l'avons cajolé pour le remercier de sa patience et de son dévouement.
Dès le lendemain de l’arrivée au chantier naval de Χαλκούτσι (transcription : Khalkoutsi), le pont a été nettoyé pour pouvoir recevoir la voilure qui quittait l’entrepôt du carré :
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Sur la photo précédente, le linge qui venait de sortir de la machine à laver, pendait à bâbord.
Le transfert des voiles demandait au Capitaine des efforts phénoménaux :
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Mais le Capitaine s’acquittait de ses responsabilités avec persévérance et fierté.
Curieuse, la roulotte assistait à la remise en état du Zeph :
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Nous prenions grand soin de l’épiderme du Zeph, mais aussi du nôtre.
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Les étoffes qui séchaient sur les filières étaient telles les oriflammes du bien-être et de la liberté.
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Ces oriflammes permettaient de reconnaître le Zeph de loin.
Le bonheur de retrouver le doux giron du Zeph a été fêté avec du champagne :
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La table exprimait notre immense gratitude envers la mer :
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Pour accompagner le champagne, il y avait une volaille servie avec des framboises :
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Et pour offrir un contraste avec le moelleux de la chair de la framboise, le mousse a fait appel au craquant des haricots plats.
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Les travaux de remise en route ont commencé dans la joie et l’optimisme :
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Subjuguée, la roulotte assistait à la transfiguration du Zeph :
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Cette photo du pare-brise de la roulotte a été faite le surlendemain de l’arrivée au chantier naval.
On y voyait deux sortes d’images. En vision directe, il y avait les cylindres roses destinés à réduire le frottement entre le haut de la roulotte et la housse de protection. Et en vision indirecte, il y avait le reflet du corps du Zeph, reconnaissable à ses lignes bleues.
La roulotte s’intéressait à tout ce qui se faisait sur le Zeph. Symboliquement, elle se montrait solidaire de la moindre tâche :
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Même le linge qui flottait devant les flancs du Zeph remplissait de joie la roulotte.
Pour installer les voiles, il fallait qu’il n’y ait pas du tout de vent. Les conditions favorables se sont présentées le surlendemain.
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Au moment de hisser le triangle de textile, le bord de l’avant ne cessait de s’échapper de la rainure qui devait le contenir.
Finalement, le Capitaine a résolu le problème : tout a bien coulissé et tout s’est bien enroulé.
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Dans la foulée, le Capitaine s’est occupé de la grand’voile.
Dans un premier temps, il fallait réinstaller la grande housse horizontale destinée à recevoir la grand’voile quand celle-ci serait affalée. Pour réinstaller cet équipement, le Capitaine a dû monter dans le mât :
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Le réglage demandait de la précision et de la dextérité :
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Avec de la patience, le Capitaine a mené à bien la tâche délicate.
Les deux premiers succès ont incité le Capitaine à profiter encore de la fraîcheur du soir pour mettre en place la grand’voile.
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La vitre de la roulotte nous apportait l’or du soleil couchant. Devant le mât du Zeph, la lune s’est déjà levée. Le Capitaine s’affairait à l’arrière de la bôme, sous la silhouette tricolore de l’éolienne.
Méticuleux, il s’assurait que tout bénéficie d’une sécurité maximale. Le voici, à présent, en train de finir les réglages à l’avant de la bôme :
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La lune, amicale et bienveillante, nous tenait compagnie avec sa douce lumière.
L’énorme travail effectué par le Capitaine pour fournir à la bravoure du Zeph les moyens physiques de s’exprimer méritait une compensation. Osons le mot : l’énorme travail méritait une « récompense » !
Celle-ci est venue par le biais de la nourriture, saine, variée, riche, goûteuse, élégante.
La priorité revenait toujours à la fraîcheur. Les crudités, en entrée en matière, s’en chargeaient :
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Pour l’occasion, Du concombre et des champignons crus accompagnaient la laitue. Le tout était arrosé d’une sauce au gingembre.
Le Capitaine aimait beaucoup les frites préparées avec les pommes de terre du terroir. Car ces frites possédaient une enveloppe croustillante à souhait. Le vœu du Capitaine a été exaucé en guise préambule au plat chaud :
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Le plat chaud était une moussaka revisitée :
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Le supplément d’agrément suivait la règle ayurvédique. L’oignon apportait la contribution de la douceur :
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Le raison blanc était efficace pour la note d’acidité :
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Quant au poivron qui servait d’embarcation aux grains de raisin, il assurait la présence insolite de l’amertume.
Le chantier naval nous a promis une mise à l’eau le jeudi 10 juillet, dix jours après notre arrivée dans son enceinte.
La veille de l’important événement, l’hélice s’est parée de son plus bel éclat :
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Avec soin et amour, le Capitaine a redonné de la jeunesse, de l’éclat et de la splendeur au métal de la propulsion.
Cette transfiguration de la matière s’accompagnait d’une transfiguration du regard sur le privilège dont nous jouissions.
Nous chérissions davantage les instants passés dans le giron du Zeph et nous manifestions ce surcroît de reconnaissance par notre hédonisme.
La veille de notre entrée dans la mer, nous avons choisi de déguster de la morue :
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Pour accompagner la morue, il y avait un Chablis bien frais :
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Le Chablis nous affranchissait des dates et des échéances :
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Le Chablis nous a libérés de l’oppression du calendrier et nous a rappelé l’exquis bonheur de l’instant.
Cet acompte au présent s’est révélé être un immense bienfait car le lendemain, jour de la promesse, est devenu un jour de détresse, physiquement.
Car le vent fort, qui s’est levé, a dissuadé toute tentative d’entrée dans l’eau.
Nous avons mis à profit cette attente supplémentaire pour poursuivre la transfiguration du Zeph, matériellement et psychiquement.
Nous avons continué à prendre soin de nos âmes et de nos somas, grâce au concours de la diététique. Nous n’avons pas cédé à la colère. Avec calme, nous avons choyé l’équilibre en préparant une salade revigorante, avec de la laitue, des tomates et du gingembre :
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Quant au plat chaud, il était préparé comme si nous étions déjà sur l’eau : il s’agissait d’un gigot d’agneau, bien parfumé avec le laurier apollinien :
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Pour accompagner le gigot, il y avait une embarcation remplie de raisin blanc et d’aubergine confite.
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La motivation pour retrouver les flots était plus grande par rapport aux saisons précédentes.
Cette nouvelle perception des choses stimulait le créativité à table.
L’opulence était une manifestation de l’appréciation du privilège.
L’état de la table est un reflet fidèle de notre état d’âme.
Transfiguré par le périple anatolien, le Zeph paraissait plus spacieux, plus confortable, plus beau.
Les routes terrestre et maritime sont complémentaires mais ne sont pas interchangeables.
Le champ reste donc libre pour que le Zeph nous émerveille à nouveau, là où il n’est pas permis à la roulotte de s’aventurer.
Le vendredi 11 juillet, en fin d’après-midi, le vent est tombé, ce qui a permis la mise à l’eau de trois embarcations.
Le Zeph était le deuxième sur la liste.
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