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L’immersion inaugurale a été retardée d’une journée à cause du vent qui était encore fort.

L’adverbe « encore » indique que ces conditions défavorables de la météo duraient depuis plusieurs jours.

Le vent, qui soufflait d’Ouest, donc perpendiculairement à l’axe du traîneau de la mise à l’eau, pourrait à tout moment faire basculer latéralement le voilier surélevé.

La force du vent était illustrée par l’effet spectaculaire produit sur les bâches de protection qui recouvraient deux voiliers à bâbord du Zeph.

Voici le spectacle du côté Nord :

En gonflant le textile, le vent transformait celui-ci en un monstre marin affamé, avec sa bouche béante.

Quant au second voilier situé plus au Sud, voici la surprenante silhouette que le vent lui a donnée :

L’on dirait un oiseau géant prêt à prendre son envol.

Sur la gauche de la photo, apparaissait la roulotte, qui a donc trouvé un emplacement sécurisé à l’intérieur de l’enceinte du chantier naval.

Combien de temps allait durer ce vent fort ?

Nul ne peut contrôler le souffle d’Éole, qui est toujours fantasque.

De plus, la veille du jour initialement prévu pour la mise à l’eau, un important incendie s’est déclaré à proximité du chantier naval :

Le déclenchement de l’incendie avait sans aucun doute un lien avec des températures qui dépassaient allègrement les quarante degrés.

La canicule était telle que des cigales, assoiffées et déshydratées, tombaient au sol et y demeuraient sans vie. Certaines gisaient sur le dos :

D’autres gisaient sur le ventre :

Plus tragique encore était le spectacle des corps qui refusaient de mourir. Avec la cigale suivante, les derniers battements de la vie se situaient au niveau de la patte gauche la plus proche des anneaux de l’abdomen :

Sur la photo ci-dessus, cette patte était complètement repliée. Mais sur la photo ci-dessous, cette patte commençait à se déplier :

Et sur la photo suivante, l’écart de l’ouverture était plus grand encore :

Enfin, voici la photo de l’écart maximal :

Jusqu’à quand la patte qui résistait à l’effet funeste de la canicule continuerait-elle à se plier et à se déplier ? Le mousse, qui passait par là pour faire ses courses alimentaires, était réduit à faire des pronostics, qui ne pouvaient qu’être pessimistes.

Mais revenons à présent à l’incendie, autre effet ravageur de la canicule.

La catastrophe des flammes, aggravée par un vent fort, menaçait d’atteindre le chantier naval. À quelle vitesse progresserait-elle ?

Aucun des avions qui répandaient sur le brasier l’eau prélevée dans la mer n’avait la réponse à cette question.

Il n’était pas exclu que le feu atteigne les bateaux dans la nuit, c’est-à-dire à l’orée du jour initialement prévu pour la mise à l’eau. Le responsable du chantier naval s’est montré très pessimiste à ce sujet.

Si les flammes pénétraient dans le chantier naval, notre mise à l’eau serait inéluctablement ajournée, car toutes les forces vives, sans exception, seraient mobilisées pour combattre l’incendie.

Comment avons-nous réagi à cette double menace du vent et du feu ?

Sereinement. Non par lâcheté, mais à cause de notre nature optimiste.

Le jour de l’immersion promise, nous avons savouré notre salade de la mi-journée, sereinement, malgré le mugissement du vent et le vrombissement des avions :

Il y avait de la laitue, des tomates et des oignons rouges, assaisonnés par une sauce au gingembre.

Les vitamines ont préservé notre bonne humeur et notre confiance, mais aussi notre lucidité.

Les minutes puis les heures ont défilé.

Nous n’avons pas tardé à comprendre que la descente dans l’eau, tant attendue, n’aurait pas lieu le jour de la promesse.

Néanmoins, nous avons dîné comme si nous étions déjà dans l’eau, avec un bel appétit et une légitime fierté.

Nous fêtions notre confiance dans la clémence des divinités.

La libation en l’honneur des Olympiens se déroulait avec art, c’est-à-dire avec l’élégance à la française. Voici la palmette grecque du tire-bouchon :

L’esthétique de l’Antiquité valorisait le savoir-faire français.

Le breuvage choisi était un Premier Grand Cru Classé : il s’agissait du Saint-Émilion, sorti en 2012 des fûts du Château La Gaffelière.

Même virtuelle, l’entrée dans l’eau réclamait de la solennité.

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La libation a tout de suite reçu la bénédiction des divinités. Avec gratitude, nous avons levé nos verres à leur clémence :

Avec les divinités, nous avons partagé un gigot d’agneau, caramélisé avec du laurier apollinien :

En légumes d’accompagnement, était servie de l’aubergine, qui prenait place, avec le raisin blanc, sur une embarcation confectionnée avec le poivron rouge.

La nuit a été paisible, aucunement troublée par le retard qui était maintenant officialisé par le calendrier.

À notre réveil, l’émerveillement était à son comble. Voici la cause de cet émerveillement :

Au premier plan, se dessinaient les mailles de la moustiquaire qui séparait le cockpit du carré.

La moustiquaire n’a pas été relevée parce que nous venions seulement de sortir du lit.

Donc le spectacle qui apparaissait en filigrane, de l’autre côté, était une empreinte laissée par la nuit.

À droite de la photo, c’était Κανέλα (en français : Cannelle), qui nous a offert son affection féline depuis l’époque du heurt avec le caillou maléfique. L’amitié de Κανέλα, faite de désintéressement et de générosité, durait donc depuis deux ans. Le fait qu’elle passait sa nuit à bord du Zeph était très flatteur pour nous, mais l’événement n’avait plus son côté extra-ordinaire. Ce qui était réellement extra-ordinaire, c’était la présence des deux autres silhouettes félines, plus en retrait, pour cause de timidité. C’étaient les petits de Κανέλα, ceux de la dernière portée. Maintes fois auparavant, ils avaient vu leur mère monter sur le Zeph par l’échelle. L’envie de suivre l’exemple maternel avait bien existé. Mais l’audace n’avait pas été au rendez-vous. Mais, maintenant, c’était chose faite : ils sont arrivés jusqu’au cockpit.

L’émerveillement était suscité par la découverte des deux petits de Κανέλα, qui étaient là, dans le cockpit, pour la toute première fois !

La présence maternelle rassurait les chatons, qui nous ont laissé le temps de les contempler à souhait, même à visage découvert.

En effet, relevons la moustiquaire et regardons. Voici l’incroyable beauté de l’innocence :

Les petits de Κανέλα, nous les avons appelés Blanche et Beige, un peu par observation du pelage, un peu par intuition au sujet du sexe.

Blanche avait un regard frontal, mû par la curiosité et la hardiesse.

Beige détournait sa tête, par timidité.

Beige était le chouchou de la maman, car il se nourrissait encore avec le lait maternel tandis que Blanche n’avait plus droit à la tétée.

Finalement, Beige a suivi l’exemple de l’aînée, en devenant plus sociable :

Maintenant, Blanche et Beige nous regardaient de face. La tête de Blanche était droite. Celle de Beige, légèrement inclinée, par jeu et par provocation. Quand Blanche et Beige jouaient ensemble, c’était Beige qui donnait l’assaut.

Derrière les deux chatons de la Bonne Nouvelle – car leurs silhouettes inattendues servaient de prémices à une bonne nouvelle – se profilait la roue qui permettait de diriger le Zeph sur les flots. La perspective de la photo n’était pas innocente. À ce moment-là, nous ignorions tout de ce que les divinités avaient prévu pour ce jour nouveau. À ce moment-là, nous nous contentions de nous émerveiller devant l’esthétique de la bonté féline.

Pour nos chers lecteurs, toujours soucieux de cohérence pour une plus grande intelligence du texte, voici la silhouette maternelle, le matin qui a précédé la nuit magique :

Profitant de la fraîcheur matinale, Κανέλα dormait à poings fermés, sur le pont en teck, sous la barre à roue.

Kανέλα aimait aussi profiter de l’ombre offerte par la capote :

Elle somnolait alors tranquillement à l’entrée du carré, juste devant la marche supérieure de la descente.

Puis quand la chaleur caniculaire sévissait dans l’après-midi, elle se réfugiait sous la table du carré, aux pieds du Capitaine :

Le Capitaine était adossé à la table à cartes. Au-dessus de son genou, flottait la nappe orange de la table centrale du carré. Au premier plan, s’étirait la tapette qui servait à éliminer les mouches. Au-dessus de la cuisse gauche de Κανέλα et à gauche de la serviette bleue, apparaissait la batterie du propulseur, dont la charge venait d’être contrôlée.

Manifestement, Κανέλα se sentait chez elle. Et c’était une excellente chose qu’elle se sente chez elle.

Sans le soutien psychologique de la présence maternelle, les deux petits de Κανέλα n’auraient pas été là, dans le cockpit, et l’émerveillement n’aurait pas eu lieu.

Par conséquent, c’était Κανέλα qui était la véritable messagère des divinités.

Quel message Κανέλα avait-elle à transmettre ?

Le message transmis par Κανέλα ne pouvait être qu’un message de bienveillance.

En effet, après la découverte de la trinité féline dans le cockpit, le vent a commencé à faiblir. Et finalement, en début d’après-midi, il est tombé, pour de bon. Commençait alors le temps du suspense. Qu’allions-nous faire de ce répit, qui risquait de ne pas durer indéfiniment ?

Après la bonne nouvelle concernant l’essoufflement du vent, est venue celle de la disponibilité technique des humains. Effectivement, un tracteur en état de fonctionner venait d’être déniché par le chef du chantier naval. Et avant le coucher du soleil, le Zeph irait dans l’eau.

Cette conjonction entre la bienveillance du cosmos et la disponibilité des humains suscitait un émerveillement sans bornes. Un tel dénouement heureux, si prompt, était inespéré.

À tous, aux Olympiens comme aux humains du rivage, le Zeph a dit merci avec un clin d’œil éblouissant de l’hélice, avant que celle-ci n’aille faire des ronds dans l’eau.

En fin d’après-midi, un tracteur vert s’est approché du Zeph pour le soulever.

La manœuvre requérait de la précision et de la dextérité.

Des coussins étaient installés au sommet des pistons élévateurs avant que ceux-ci n’entrent en contact avec le ventre du Zeph, toujours reconnaissable à ses lignes bleues.

Le réglage de l’intensité et de la répartition de la force élévatrice s’opérait par le biais de la pression hydraulique :

Le chef du chantier en personne était aux manettes.

C’était aussi lui-même qui avait dirigé les travaux de réparation du Zeph après le choc avec le rocher de l’ensorcellement. Le dévouement du Grec et notre gratitude ont donné naissance à une belle amitié.

L’émerveillement naissait tout naturellement devant la grande patience que nécessitait l’efficacité technique.

Chaque mise à l’eau était une prouesse. La routine n’existait pas dans le transfert de la terre à la mer.

Tel une locomotive, le tracteur vert tirait le traîneau qui portait le Zeph.

Désormais, nous ne pouvions plus retourner au sol. Comme conséquence de notre position, les photos de l’entrée dans l’eau seraient prises d’en haut.

Voici le tracteur vert qui arrivait sur la plage :

Le Zeph pénétrait dans l’eau par la poupe :

L’adjoint au chef des travaux guidait celui-ci à la manière d’un agent de la circulation. L’objectif était l’alignement des forces de poussée.

Le tracteur vert, qui tirait le Zeph, devrait maintenant pousser celui-ci vers les flots grâce à un bras articulé :

Pour l’instant, le museau du Zeph regardait au Sud. La lumière du soleil qui s’approchait de l’horizon arrivait sur le flanc droit et projetait l’ombre vers la gauche. Au sol, l’on pouvait reconnaître la silhouette du Capitaine qui se tenait devant le mât, avec toute la vigilance nécessaire.

Le trajet de la mise à l’eau coupait la route qui longeait le bord de mer. Autos et motos se voyaient contraintes de s’arrêter, comme à un passage à niveau.

Sur le visage des spectateurs improvisés, se lisaient non pas l’agacement, ni l’impatience, mais de la curiosité, voire de l’émerveillement devant le cortège de la mer.

À la frontière entre la terre et la mer, se dressait une chapelle pour souhaiter un bon vent aux partants et la bienvenue aux arrivants. Cette délicate attention, qui concluait l’hospitalité ou qui l’introduisait, émerveillait le mousse.

Puis est venu l’instant où le bras articulé s’est désolidarisé du Zeph pour se retirer vers le chantier naval :

À présent, le Zeph était livré à lui-même, au milieu des flots.

Une très forte émotion s’est mise à nous étreindre : c’était l’émotion suscitée par la nouvelle liberté.

Voici le chantier naval dans le regard de l’au revoir :

La photo a été faite à partir de la poupe pendant que le museau du Zeph était tourné vers la rive d’en face, c’est-à-dire vers la rive septentrionale du golfe de Εύβοια (en français : Eubée).

Le Capitaine a mis le cap sur Ερέτρια (en français : Érétrie), la cité qui, jadis, s’était alliée à Athènes pour aller chatouiller les narines du souverain perse, ce qui a déclenché les Guerres Médiques.

Voici l’Acropole de Ερέτρια, située au sommet d’un relief conique :

Pendant que le Zeph était en route pour Ερέτρια, la lumière du couchant illuminait le flanc gauche :

Elle s’amusait à chatouiller la bouée rouge en U :

Elle taquinait aussi l’extrémité inférieure du corps cylindrique des bâtons, des perches et des gaffes :

Puis elle s’est mise dans l’axe de la coque du voilier :

Cette nouvelle configuration lui permettait d’entrer triomphalement dans le carré.

L’ambre dansant de la mer déployait à l’intérieur du Zeph un magnifique ballet, qui suscitait un immense émerveillement. Les entrailles du Zeph se sont mises à refléter l’opulence, la joie, l’humour.

L’ambre dansant a jeté son dévolu sur l’espace de la cuisine :

Le wok n’a pas manqué de participer à la fête de l’éblouissement.

Latéralement, le ballet de l’ambre s’est étendu à tribord, jusqu’au rayon des épices :

Puis il a poursuivi sa progression avec la luxueuse intention de recouvrir tout le flanc droit :

Nos amis, qui ont été reçus à bord du Zeph, reconnaissent sans aucun doute l’icône de l’Annonciation, qui veille à la sécurité de chaque transition entre le carré et le cockpit. D’ailleurs, celui apparaît à droite de la photo. Ainsi, la boucle est bouclée, avec ce tour d’horizon du flanc droit, en vision interne.

Toujours latéralement, mais cette fois-ci, de l’autre côté de l’axe de la coque, l’ambre dansant a séduit la lampe qui tenait compagnie à l’icône du Pantocrator :

Puis le ballet de l’ambre s’est déplacé jusqu’au hublot latéral à bâbord :

À ce déploiement latéral, s’ajoutaient les figures aériennes.

Les pas de danse en position basse se voyaient juste au-dessus du plancher, dans la partie inférieure du meuble de l’évier :

Les sauts en hauteur atteignaient le haut des étagères réservées aux épices :

Les vibrations de l’euphorie ambrée captivaient la baromètre, qui se trouvait à la même hauteur :

À droite de la photo, se profilait un panier en osier, destiné à contenir les couverts originels du Zeph, estampillés avec la silhouette d’un hippocampe bleu.

La magie de l’ambre s’est même emparée du panier de couverts :

Le fait que l’ambre dansant est venu jusqu’au panier de couverts pour titiller celui-ci reflétait un humour d’une grande beauté.

Le ballet de l’ambre, par son caractère inattendu et par son faste, générait un immense émerveillement.

À l’extérieur, le spectacle n’était pas moins splendide :

La splendeur du soleil croissait au fur et à mesure que celui-ci se rapprochait de l’horizon.

Le beau savait conclure une alliance avec le ludique.

Ainsi, le soleil couchant a joué à cache-cache avec la barre à roue :

Puis, avec la bouée rouge en U :

Finalement, le Zeph a jeté son ancre au pied de l’Acropole de Ερέτρια au moment où le soleil passait sous l’horizon.

L’immersion inaugurale abondait en motifs pour s’émerveiller.

Le beau est le meilleur remède contre les facteurs anxiogènes.

 

Tags : émerveillement, mise à l’eau, Εύβοια, Ερέτρια, lumière du couchant

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Tag(s) : #2025 LA GRECE
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