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Σέριφος (transcription : Sérifos) est l’histoire d’un accostage salvateur. Sur le rivage, s’est échouée une embarcation en détresse. Il y avait seulement deux passagers sur cette embarcation : une jeune maman et son bébé, qui était un garçon.

La jeune maman était une princesse grecque, dont le père détenait le pouvoir suprême à Άργος (en français : Argos). La jeune maman et son petit garçon étaient bannis parce que l’oracle avait prédit que le roi serait tué par son propre petit-fils.

Une illustration montre la princesse en train de supplier son père pendant qu’un serviteur se prépare à pousser vers la mer l’embarcation de l’exil.

Le roi, dont le trône était menacé, ne pouvait que détourner le regard.

Face à la longue épée qui servait de sceptre, les langes du petit-fils retombaient en adoptant le profil d’un poignard.

Pendant deux jours et deux nuits, l’embarcation qui avait déjà la configuration d’un cercueil était malmenée par des vents et des flots en furie.

Au troisième jour, un rivage est apparu : c’était celui de Σέριφος. Une main secourable a permis à la jeune maman et à son bébé de débarquer :

L’homme qui a recueilli les deux naufragés était un pêcheur, mais aussi le frère du roi de Σέριφος.

Par la suite, le petit garçon a été élevé dans la maison royale :

À l’âge adulte, il deviendra le vainqueur de la Méduse.

Le nom de la jeune maman était Δανάη (en français : Danaé).

Celui du fils était Περσεύς (en français : Persée).

Dans l’histoire, il y a un défi, celui de survivre en mer. Et c’est Σέριφος qui fournit une issue heureuse à l’histoire.

Nous aussi, nous avions à subir une sorte d’expulsion, qui nous a rejetés à la mer. Comme le montre l’avant-dernière illustration, notre rejet à la mer résultait d’une double action. D’abord, il y avait le pouvoir décisionnaire, représenté par la figure royale, qui tournait le dos aux valeurs morales comme la pitié, la clémence, la bonté. Dans notre cas, c’était l’enjeu mercantile qui commandait la situation, de manière arbitraire et implacable, au détriment de l’empathie, de l’hospitalité et même de l’amabilité. La seconde cause du rejet à la mer était une cause motrice. Sur l’illustration, l’on voit un serviteur pousser vers le large le futur cercueil. Dans notre cas, il y a eu aussi maints serviteurs qui usaient de leurs bras pour gesticuler à notre encontre, mais aussi de leurs cordes vocales pour nous intimer de partir.

Maintenant que le décor est planté, passons aux événements.

Le Zeph est donc entré dans le port, même si l’espoir d’y trouver une place était infime.

Voici le passage devant le phare rouge, qui devait apparaître à bâbord, sur le quai d’en face :

Il était 16h 58 min 33s, à l’heure de Paris.

Et voici de nouveau le phare rouge à la sortie :

Le phare rouge était reconnaissable à gauche du cordage vert qui pendait au mât du Zeph.

Cette fois-ci, le phare rouge se trouvait bien à tribord du Zeph, parce que celui empruntait le sens de la sortie.

Mais l’intérêt de cette photo n’était pas dans les considérations spatiales, mais temporelles.

La prise de vue a eu lieu à 17h 00min 51s, à l’heure de Paris.

Cent trente-huit secondes se sont écoulées entre les deux prises de vue. Autrement dit, le Zeph a mis moins de trois minutes pour faire de tour du port. Ou plus exactement, moins de trois minutes après être entré dans le port, le Zeph s’est vu contraint d’en sortir à cause des vociférations adressées à son égard.

Voici donc le Zeph loin des quais :

L’expulsion n’avait pas l’air de beaucoup l’attrister. Au contraire, il développait un point de vue positif en voyant dans cette expulsion une incitation à l’autonomie.

Le Zeph savait se débrouiller seul pour se nourrir. De plus, l’instinct de survie stimulait l’exploitation des ressources matérielles et psychiques.

Loin de se laisser abattre, le Zeph a festoyé pour afficher sa fierté d’être indépendant.

L’apéro du soir a eu lieu avec du poulpe grillé, accompagné de poivron vert et d’oignon rouge :

Avec le poulpe grillé, nous avons bu de l’ouzo :

L’art de la table faisait que le Zeph avait tout à fait sa place dans la « cour des grands ».

Il va de soi que cette dernière expression était à envisager dans le contexte maritime. Alors, à quoi ressemblait ce club du prestige à Σέριφος ?

Par ordre chronologique, voici le premier de ses représentants :

Il s’agissait du luxueux « Ponant » qui battait pavillon français.

Et voici le bel oiseau avec ses trois mâts :

Regardez maintenant comment le Zeph tutoyait le Ponant :

L’éolienne tricolore du Zeph tutoyait le pavillon tricolore du Ponant.

La photo montre que le tutoiement se faisait par la similitude chromatique mais aussi par la proximité spatiale. Et vous, chers lecteurs, vous avez bien sûr deviné que ce tutoiement avait lieu surtout par l’adoption de l’art de vivre à la française.

Le Zeph est connu pour l’art de vivre à la française, qui règne à son bord.

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Le Ponant était un très bel oiseau. Mais il y a eu plus beau que lui. Voici l’oiseau qui, par son élégance et sa démesure, dépassait le Ponant dans la baie de Σέριφος :

Au premier plan, se trouvait le Zeph avec sa bôme, son hauban et sa filière. Au plan intermédiaire, il y avait l’oiseau le plus séducteur, que le Zeph appelait le « Cygne Noir », en raison de la couleur de la coque. Enfin, à l’arrière-plan, apparaissait le Ponant.

Avec ses cinq barres de flèches, le mât du Cygne Noir était celui de la séduction par le vertige.

Avez-vous remarqué que le Cygne Noir avait aussi un pavillon tricolore ?

Mais ses bandes étaient horizontales, avec l’ordre suivant des couleurs, de haut en bas : rouge, blanc et bleu.

C’était le drapeau des Pays-Bas.

Dans la photo précédente, la pointe inférieure du pavillon hollandais ne faisait qu’effleurer la surface de l’eau.

Mais le tangage donnait à cette configuration une mobilité verticale qui plongeait périodiquement sous l’eau la pointe inférieure du pavillon :

Cette oscillation amusait le mousse. Il y voyait l’humour de la mer, mais aussi l’élégance de l’architecture navale.

Quand on perçoit l’humour et l’élégance, l’on n’est nullement dans un état abattu. Ni abattu, ni aigri, ni colérique.

L’expulsion loin des quais n’a pas rendu le Zeph ni abattu, ni aigri, ni colérique.

L’adversité, qui a amené la contrariété, n’a pas terni la joie de vivre du Zeph. Sa pratique de l’autonomie n’en était que plus fascinante.

Il existait quelque chose qui fascinait immédiatement le Capitaine, c’était la silhouette bien dorée des crevettes grillées. Eh bien, le Zeph a fait sortir de l’espace de ses fourneaux de telles crevettes grillées, à l’heure du soleil couchant :

L’ouzo demeurait le breuvage idéal pour déguster les fruits de la mer égéenne.

Le corail, qui accroissait sa densité colorimétrique sous l’effet du feu de la cuisson, charmait l’œil et les papilles :

L’autonomie à bord du Zeph accomplissait des miracles, et pour le Capitaine et pour tout l’équipage.

Ce portrait, réalisé dans le cockpit, devant la table où étaient servis les crevettes et le poulpe, exprimait l’émerveillement suscité par notre résilience.

Le cosmos environnant était en phase avec le Zeph.

En effet, regardez ces collines qui s’empourpraient à la vue des crevettes :

S’y reflétait la même tonalité généreuse, qui était l’ocre du bonheur.

L’élément aqueux a rejoint la terre dans la manifestation d’empathie :

Nous étions très reconnaissants envers les divinités pour ce délicieux bain d’empathie.

Voici le portrait de la gratitude :

Ce portrait exprimait l’émerveillement suscité par la clémence des divinités.

La prise de vue a été réalisée à l’air libre, pour bénéficier de l’ocre bienveillant envoyé par la terre et par la mer.

Les deux dernières mentions de la mer pourraient faire sourciller les lecteurs qui sont restés avec l’idée que la mer rappelait un contexte d’hostilité, en raison de l’expulsion qu’a subie le Zeph

Ne faisons pas la confusion : ce n’était pas Σέριφος qui a refoulé le Zeph, mais le mercantilisme du XXI è siècle.

Tout comme dans l’histoire de Persée, où la mer a mené l’embarcation de la détresse vers la main secourable tendue par un pêcheur de Σέριφος, la mer nous a aussi guidés vers le quai des pêcheurs pour nous ravitailler en eau douce. À la rame, nous avons rejoint le robinet qui fournissait l’eau de la survie :

L’eau de la survie était l’eau de l’hospitalité millénaire.

Voici la photo des bienfaits qu’elle nous a procurés :

Sur la borne d’eau qui apparaissait à gauche, le robinet qui fonctionnait était muni d’une manette.

En bas, sur le quai étaient alignées quatre choses qui attendaient le retour dans le giron du Zeph. De gauche à droite, il y avait un bidon rempli avec vingt litres d’eau douce, un sac de linge lavé à l’instant, et deux seaux contenant chacun une dizaine de litres d’eau douce.

Et voici l’embarcation qui attendait le chargement et le transfert :

Souillée par l’appât du gain, l’hospitalité n’est pas complètement disparue de Σέριφος.

L’hospitalité et l’autonomie ne sont pas antinomiques. Basée sur le désintéressement, la première est l’alliée de la seconde.

À Σέριφος, qui était notre cinquième escale, notre résilience nous a émerveillés.

La clémence des divinités nous émerveille.

La vie, malgré ses soubresauts, nous émerveille.

 

Tags : émerveillement, Σέριφος, Δανάη, Περσεύς, autonomie, résilience, gratitude, art de vivre à la française, le Ponant

Tag(s) : #2025 LA GRECE
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