Voici la roulotte à Pamukkale :
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La terrasse s’ouvrait à tribord. En voici la vue :
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Le principal élément architectural du panorama était le minaret.
Mais nos chers lecteurs sont libres de préférer le premier plan à l’arrière-plan. Dans ce cas, le premier plan donnait à voir un mousseux, rosé et bien frais.
Nous aussi, nous aimions ce premier plan, car il rendait accessible la vie en rose, dans tous les sens du terme.
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Comme il a été dit dans l’article sur Smyrne, le rivage égéen de l’Anatolie concevait et respectait le droit à la liberté et à la sérénité. Et nous comptions en profiter pleinement, par exemple en savourant ce mousseux si délicieux.
L’excellence française nous a appris le principe de l’accord mets-vin. Nous demeurions toujours fidèles à ce principe de l’excellence. En la circonstance, le mousseux et une volaille à l’ananas composaient le duo charmeur pour les papilles.
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La primauté de la diététique nous recommandait d’étoffer le cortège de l’ananas. En conséquence, celui-ci a bénéficié du soutien de l’aubergine, du poivron rouge et de l’oignon, rouge également.
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Le minaret était témoin du bien que nous nous faisions à nous-mêmes. Il était aussi témoin du bien du bien que les autres nous faisaient.
L’épisode suivant en était un exemple.
Le cône sommital du minaret était bleu. Pour en faire ressortir la pureté, le mousse a sollicité la lumière en provenant de l’Est. Il s’est donc éloigné de la roulotte, en restant toujours perpendiculaire au flanc droit de celle-ci. Voici la perspective qu’il obtenait en se retournant :
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La photo a été faite devant une échoppe qui vendait, en autres, du pain et servait, en autres, du jus d’oranges pressées.
Sur la gauche de la photo, apparaissait une armoire au châssis blanc, où était rangé le pain. La transparence de la vitre permettait d’entrevoir les miches de pain, pesant chacune deux cents grammes et coûtant chacune douze lires et demie, soit vingt-neuf centimes d’euro. Il s’agissait d’un prix fixé par l’État pour venir en aide aux personnes de conditions très modestes.
Sur une table posée contre l’armoire à pains, étaient présentées, dans une cagette noire, des oranges impatientes de passer sur le pressoir. Celui-ci, qui avait les mâchoires grand ouvertes, ne demandait qu’à les refermer.
La devanture montrait que la clientèle habituelle était peu fortunée.
Devant l’échoppe, était garé un véhicule qui charmait par son tout petit format.
Le patron du lieu a cru que le jouet utilitaire était le point de mire du photographe.
Vite, le mousse a démenti la supposition. A l’Anatolien, il a montré le minaret qui apparaissait sur l’écran de contrôle et lui a dit « Camı ! » (en français : Mosquée !)
Rassuré, l’Anatolien acquiesçait en hochant la tête. Puis il a apporté un thé au mousse. Voici le thé offert par l’Anatolien :
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Par rapport à l’Anatolien, le thé du minaret était le thé de l’empathie, sincère et immédiate.
Par rapport au mousse, ce thé de la piété était le déclencheur d’une très forte émotion.
Si le flanc droit de la roulotte s’ouvrait sur la culture, le flanc gauche, lui, s’ouvrait sur la nature.
La nature qui se déployait à bâbord était si envoûtante que d’aucuns choisissaient la voie des airs pour en embrasser toute la magie :
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Sur la gauche de la photo, on peut voir le Capitaine en train de générer un souvenir du spectacle. Sur l’écran de son téléphone portable, on peut même discerner l’enveloppe écarlate de la montgolfière ainsi que le feu qui produisait l’ascension.
L’immense intérêt suscité par la nature fonctionnait très tôt le matin, comme en témoignaient les lampadaires municipaux, qui étaient encore allumés au moment du décollage des montgolfières :
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Mais quel était donc ce phénomène naturel qui créait tant d’engouement ?
Il s’agissait de la formation de piscines naturelles dont les rebords étaient constitués par des dépôts de calcaire.
La blancheur du calcaire fait penser au coton. D’où la première partie du nom du site : « pamuk », qui signifie « coton ».
L’empilement des bassins édifie une sorte de château. D’où la seconde partie du nom du site : « kale », qui signifie « château ».
Pamuk-kale, qui est le nom du site, signifie donc, littéralement, « château de coton ».
Dans les deux photos précédentes, le « château de coton » se voyait clairement à l’arrière-plan.
Pour les personnes qui ne pouvaient pas, pour des raisons de santé ou de finance, escalader le château cotonneux, la municipalité a mis en place une démonstration du dépôt de calcaire. Voici cette illustration, installée en bordure du trottoir, donc accessible à tous, et ce, gratuitement :
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La municipalité satisfaisait le regard du scientifique mais aussi le regard du poète.
En effet, quand l’obscurité de la nuit ne permettait plus de contempler la blancheur du calcaire, un arc-en-ciel, imaginé par le savoir-faire de l’homme, venait caresser le château cotonneux.
Voici le château baigné de rouge :
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L’éclairage passait ensuite au jaune orangé :
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Puis c’était la couleur de la chlorophylle qui prenait la relève :
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L’azur avait aussi son mot à dire :
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Le violet terminait le cycle :
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Immédiatement après, un autre cycle chromatique a démarré.
Il y avait la poésie nocturne, et il y avait aussi la poésie diurne.
Voici le château de coton, vu de jour :
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L’arbre fleuri participait évidemment à la mise en scène. Il évoquait la prospérité.
Quant au vert tendre de la chlorophylle, il chantait la paix.
Manifestement, le château de coton était un lieu où chacun pouvait se distraire mais aussi se ressourcer.
Un bassin classique servait de miroir aux bassins de la singularité :
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L’eau du classicisme avait un rôle prophylactique : favoriser l’apaisement.
S’y mouvaient des formes oniriques, dont la blancheur rappelait aussi celle du coton :
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Ainsi le parc aménagé au pied du château de coton misait sur le classicisme pour que le contraste avec l’exceptionnel qui se trouvait aux étages supérieurs soit encore plus frappant.
Voici, en direction du Sud, une autre utilisation du classicisme :
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D’un bassin circulaire, émergeaient des végétaux : des arbres et des fleurs.
Et il s’agissait de corolles universellement adulées pour le classicisme de leurs teintes :
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Le panorama que la nature déployait à bâbord de la roulotte célébrait l’harmonie.
L’environnement où se déroulait la Bohème était un magnifique album de photos, qui accroîtrait encore plus sa valeur, grâce à une dédicace personnalisée.
Par bonheur, celle-ci est venue à nous, d’une manière absolument providentielle.
Voici l’endroit où la précieuse dédicace nous a été octroyée :
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La photo montre l’une des dernières montgolfières qui ont pris leur envol. Le château de coton se déployait à l’arrière-plan. Une rampe, bordée de rosiers, permettait de gagner en altitude pour accéder au château de coton.
Sur la gauche de la photo, en bas de la rampe, deux silhouettes féminines se faisaient face. Parées de tuniques blanches, elles exécutaient un pas de deux pour profiter du caractère inspirant du site.
Quant à notre dédicace, elle a eu lieu au niveau du buisson de rosiers.
Elle était introduite par un geste d’élégance. Le geste de l’Anatolie était doublement élégant. Car il y a eu l’élégance grammaticale et l’élégance mélodique.
En effet, la phrase suivante est parvenue aux oreilles du mousse : « May I ask you something ? » Avec la suave douceur de la voix qui prononçait ces mots, le mousse a compris : « Aurais-je la permission de vous demander quelque chose ?
L’auxiliaire « may », prononcé avec l’accent d’Oxford, était un délice pour l’oreille.
La voix de la courtoisie enchanteresse était une voix masculine.
Pour s’adresser au mousse, l’Anatolien était revenu sur ses pas. En effet, le premier montait la rampe tandis que le second la descendait. La fraction de seconde pendant laquelle a eu lieu le croisement suffisait pour que l’Anatolien ait repéré quelque chose qui mériterait d’être approfondi.
Qu’est-ce qui a fait que l’Anatolien s’est arrêté pour revenir en arrière ?
L’attrait de la nouveauté ?
Nullement ! Car en Asie mineure, la fièvre touristique a fait du visage de l’Asie de la Mer de Chine une piètre banalité, sans le charme qu’aurait produit l’exotisme.
Pour l’Anatolien qui s’est adressé au mousse, l’enjeu n’était pas dans la nouveauté mais dans la singularité. L’Anatolien a discerné dans la présence fugitive du mousse une singularité qui n’était rien d’autre que le choix existentiel du Zeph.
L’Anatolien n’était pas seul. Il était accompagné de deux amis. À eux trois, ils formaient les Trois Mousquetaires de Pamukkale.
La dédicace était donc une œuvre collective.
La dédicace prenait en compte la personnalité de l’être qui en était le destinataire.
C’est pourquoi les Trois Mousquetaires anatoliens se sont intéressés à la terre natale du mousse, à ses motivations de bohémien et à sa perception du paysage local.
L’échange, qui était enjoué et édifiant, représentait la signature apposée par le trio anatolien pour personnaliser le souvenir que nous gardions de Pamukkale.
L’Anatolien qui a pris la parole en premier et servait de porte-parole au groupe s’appelait Jud. Dans la photo suivante, il s’est placé au milieu de ses deux amis :
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Près de son épaule droite, il y avait Beyazιt, avec le tee-shirt blanc. De l’autre côté, c’était Süleyman, avec les rayures.
La jeunesse des Trois Mousquetaires anatoliens saute aux yeux de nous tous.
Cette jeunesse, à la fois radieuse et généreuse, ne peut être qu’un motif supplémentaire pour des louanges en leur faveur, en faveur de l’éducation reçue, donc en faveur de leurs aînés.
La photo, qui a été faite devant le panneau de l’Unesco, se référait à la Nature.
Il existait une autre photo, qui a été faite en direction du minaret, pour se référer à la culture. Voici cette seconde photo :
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À Pamukkale, le paysage ne se contentait pas de nous regarder, il nous accueillait en nous murmurant des mots d’amitié, il nous portait et nous transportait avec son souffle empli de bonté. Il nous laissait un souvenir personnalisé, grâce à la signature du trio anatolien.
La dédicace incarnait l’ouverture d’esprit, le goût de l’autre et le désintéressement de la jeunesse. Quel formidable trésor !
Tags : Aventure, Bohème, Pamukkale, montgolfière, hospitalité, désintéressement, dédicace