• Depuis son retour sur les flots, le Zeph a toujours trouvé à chaque étape un accomplissement insolite du rêve de magnificence. À ce sujet, le prologue s’est montré exemplaire, et a donné le ton pour la suite de l’itinéraire.

    Pour ses retrouvailles avec l’élément aqueux, le Zeph s’est acquitté de son devoir de piété envers les divinités.

    Le Zeph est conscient que la mer rend comme elle a reçu, chichement si elle a reçu chichement, généreusement si elle a reçu généreusement.

    À cette occasion, le rêve de magnificence s’est pleinement réalisé grâce à la présence édifiante des anges du Languedoc.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Magnificence d’une contribution à la fois matérielle et éthique.

    Les créatures angéliques ont apporté un breuvage de choix.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Ce breuvage était destiné à produire une liesse irrésistible et à faire danser chaque seconde.

    Avec enthousiasme, elles ont mis la main à la pâte pour confectionner les baluchons bien croustillants qui devaient accompagner le breuvage dionysiaque.

    Avec sagacité, elles ont participé à la collecte des fleurs qui seraient offertes aux flots.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Magnificence d’une profonde empathie et d’une adhésion immédiate.

    Magnificence de la table de libation.

     

    Le rêve de magnificence

     

    À plusieurs reprises, le capitaine se félicitait de l’abondance des ex-voto, de la richesse des offrandes, de la qualité gustative des mets offerts, de la beauté de la présentation.

    Magnificence du cadre naturel, et de la lecture poétique qui en est faite.

    Cadre minéral, comme le Bec de l’Aigle à La Ciotat, que les Grecs appelaient « le joueur de cithare », à cause des mélodies qui s’échappaient de la roche quand le vent soufflait du Nord-Est.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Comme si la houle, souvent terrifiante en ce lieu, pouvait se faire oublier en ancrant la pensée et les sens dans une autre musicalité.

    Cadre végétal, comme les cascades de corolles aux couleurs vives qui dévalaient le long des lampadaires de la place jouxtant la Préfecture Marine de Toulon.

     

    Le rêve de magnificence

     

    L’espace consacré à la mer a aussi son message fleuri et son art du jardin.

    Triomphe de l’esprit δημοτικό – ΔΗΜΟΤΙΚΟ à La Ciotat. Magnificence du second degré, à travers le don, la gratuité absolue.

    À La Ciotat, le Zeph a découvert des gestes non mercantiles, des comportements désintéressés, dignes et libres.

    Ces coupes de fruits n’étaient pas banales.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Elles provenaient des actes de bonté sincères et sans arrière-pensée.

    L’esprit δημοτικό – ΔΗΜΟΤΙΚΟ prévalait à La Ciotat, et aussi à Cannes.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Pour Cannes, on peut dresser la liste des gestes dont a bénéficié le Zeph et qui constituait le tableau d’honneur de la capitainerie du Vieux Port en matière d’hospitalité :

    * Fixer la redevance à un tarif extrêmement raisonnable par rapport à Saint-Trop ou Porquerolles, et de surcroît sans chipoter sur la largeur du bateau, contrairement à Cogolin, Cavalaire, Port-Cros,...

    * Tenir la pendille du voisin de gauche, à l’entrée de la place I19 : c’est que le comité d’accueil appelle par « ouvrir le poste »,

    * Prêter un raccord spécial pour la prise électrique de 32 V, sans caution, sur simple signature, ce qui en dit long sur la hauteur de vue de la capitainerie du Vieux Port, puisque la foi dans une parole d’honneur remplace la coercition par de l’argent,

    * Délivrer la « carte privilège », qui donne droit à un lavage du linge à la machine et à un séchage à sec dans chaque port affilié,

    * Proposer un ravitaillement gratuit en eau fraîche, eau plate ou eau pétillante, au choix,

    * Offrir aux clients des bonbons pendant l’attente devant les guichets de l’accueil.

    Non, pas celui-là de bonbon.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Ce bonbon-là est offert par la municipalité cannoise à tous les visiteurs, même à ceux qui ne sont pas les festivaliers du 7è art. Encore une belle preuve de l’esprit δημοτικό – ΔΗΜΟΤΙΚΟ qui préside à Cannes.

    Les bonbons offerts par la capitainerie du Vieux Port sont estampillés CCI.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Non pas que les plaisanciers n’ont pas les moyens financiers pour s’acheter des douceurs et autres gâteries. Les bonbons CCI sont comme la tasse de café ou de thé au Grand Bazar d’Istanbul : c’est une manière de rendre l’échange plus agréable, plus amical. Civilité de l’Orient pour faire oublier l’âpreté du conflit d’intérêts.

    Fierté d’une entreprise saine et prospère.

    À tout moment de la journée, tous les jours de la semaine, l’équipe de Vieux Port de Cannes s’acquitte de ses missions avec dévouement et célérité, toujours dans la bonne humeur et avec courtoisie.

     

    Le rêve de magnificence

     

    Magnificence d’une vitrine de l’efficacité sans cupidité.

    La France, la Riviera et le Vieux Port de Cannes s’honorent de pratiquer la principale qualité des enfants d’Ulysse avec tant de conviction, d’élégance et de bonheur.

    Sur le livre d’or de la capitainerie du Vieux Port de Cannes, le Zeph a écrit, non sans joie, ces mots : « Merci beaucoup pour votre accueil très chaleureux et professionnel ».

    Aux divinités aussi, le Zeph a dit merci pour ce bonheur cannois.

     

    Le rêve de magnificence

     

    La libation avait pour but d’amplifier la magnificence du καιρός – ΚΑΙΡΟΣ.

     

    Le rêve de magnificence

     

    L’émerveillement des anges du Languedoc, qui est constant, questionne. Leur exemple montre clairement que la magnificence se dévoile là où l’on ne l’attendait pas, et que le rêve de magnificence s’accomplit aisément quand il n’y a pas la pression de l’impatience ou de la frustration.


    1 commentaire
  •  

    Un joli calamar...

     

    Encore un bon p'tit vent dans le dos pour passer SICIÉ et atteindre le mouillage de SAINT-MANDRIER.

     

    Au fond, les îles des EMBIEZ.

     

    Bien sûr, fallait s'y attendre, le mouillage est colonisé par des bouées privées... Y'a plus qu'un tout petit coin pour poser son ancre... Là-bas, oui, oui, en plein milieu de la baie. Bref. Tu payes le port (54 €) ou tu dégages !

     

    Alors on est allé à TOULON pour payer un peu moins cher (48 € quand même !).

     

    Le port de TOULON est en travaux...

     

    ...Alors les marineros du coin nous ont installé sur un bout de ponton flottant.

     

    Voilà. Rien de plus. 30 miles. C'est tout.

     

    Avec 22 miles de plus, on atteint PORQUEROLLES et la baie d'Alicastre, tout à l'Est, là-bas, là où le soleil se lève. Mais y'a rien de nouveau. Le soleil se lève ici comme depuis des lunes ! Bon. Le mouillage est toujours aussi plaisant.

     

    Coucher de soleil sur le mouillage...

     

    On aurait bien paresser une nuit de plus ici, mais le vent, et mon ancre qui chasse... Je suis bien le seul, tiens, à voir mon ancre chasser !!! 30 mètres de chaîne dans 4 mètres d'eau ! Et puis quoi encore ?

     

    Oui. Cette photo n'a rien à voir avec l'article. Ce sont de jolis tournesols pas loin de Port Nap. Mais c'est un peu de poésie avant d'attaquer le paragraphe suivant !...

     

    Ben quoi ? Ah oui ! Plus de WC. Tout est bouché ! Mais vraiment... Par des couches de calcaire qui ont réduit le diamètre intérieur du tuyau à pas grand-chose... Alors, même en pompant, ben le truc de toi reste dans le tuyau. Bon. J'vais pas vous faire un dessin en sépia, quand même... J'ai dû y mettre les mains dedans. Oui ! Et ça m'a pas enchanté ! Heureusement qu'on a mangé que d'la salade ! Avec le Ricard de l'apéro, bricoler dans la pièce d'eau aurait presque pu en devenir agréable...

     

    Au départ de PORQUEROLLES, ça pulse un peu !

     

    Bon. Et avec 56 miles de plus, ça donne quoi ? SAINT-TROP ! Mais pas au port où, pour un bateau de ma taille, enfin, de la taille du bateau, quoi, vous m'avez compris, hein, ce n'est que 129 € pour une nuit. Oui. Je le réécris : 1 nuit ! Alors qu'au mouillage, c'est gratuit !

     

    On arrive enfin à SAINT-TROPEZ. On mouille juste devant l'entrée du port.

     

    L'un des deux Atlantes qui supportent le portique de la domus du maire de TOULON. C'est aussi un peu la figure que j'ai en arrivant à SAINT-TROP !!!

     

    Bon. S'ils veulent le garder pour eux tout seuls, leur port, ou pour les potes d'Emmanuel, et ils sont nombreux en cette saison, alors qu'ils le gardent ! Quand je pense qu'il y a à peine 30 ans..., oui une bagatelle.., la 1ère nuit était offerte ! Mais là, j'vais vous dire... Si c'est pour me retrouver avec la clique du 1er et second cercle de l'Emmanuel, ben, je m'en sentirais vraiment pas flatté ! Dire que toutes ces gens se lavent les mains avant et après avoir fait pipi ! Et même qu'ils se talquent le bout du tuyau avec du papier de soie ! Certains le font aussi avec des billets de 100 que l'Emmanuel leur a filés ! Bon. Peut-être que la LEFFE que j'ai ingurgitée me fait dire des choses ???

     

    Le mousse jardinier en plein délire aromatique !...

     

    Enfin... Avec 29 miles de plus, on tombe dans l'hystérie cannoise ! Mais c'est pas la faute à CANNES... C'est que la FRANCE a gagné la coupe du monde. Ils étaient 11 sur le terrain, ou à peine plus, et après 4 buts, c'est comme si tous les gens avaient gagné ! Ca crie, ça hurle, ça chante... On est champion du monde qu'ils disent ! Oui. Mais on est champion du monde que dans le foot ! Parce que dans tous les autres sujets, politique, social, pauvreté, et j'en passe, on s'est même pas qualifié ! Ben oui... C'est pas donné à tout le monde d'être champion !... Allez les Bleus !

     

    Le radeau de la Méduse version cannoise !

     

    Bon. Il est 1 heure du mat'. Et c'est complètement fou, mais ici, à CANNES, le concert hystérique des klaxons qui fête la victoire des Bleus se poursuit dans la rue !!! Et moi qui ne suis sociologue de rien, je me dis que c'est pas possible d'être aussi heureux après une simple victoire au foot. On n'a pas gagné la guerre quand même, hein ? En fait, les gens sont content pour une fois. Sous-entendu, plus les gens ont été frustrés de plein de choses avant, et plus ils sont, aujourd'hui, content longtemps ! On peut donc décemment attribuer cette folie collective à toutes les frustrations des jours, mois, années passées. Et donc, on applaudit aujourd'hui tout ce qu'on a raté hier. Et donc, vue l'ampleur et la durée des applaudissements, c'est qu'il y a eu pas mal de trucs de ratés. Je préconise donc que l'Emmanuel retourne au turbin, et, qu'après son train de réforme pour quelques uns, il s'attaque au train de ceux qui le prennent, justement ! C'est tout ce que j'avais à dire. Et j'avais envie de le dire. Na. Et re na !

     

    Ambiance à CANNES. Le ZEF montre son nez. Il aimerait bien aller guincher au Casino !

     

    Sinon, quand je redeviens un sujet à sa Majesté, je dirais qu'on a de la chance depuis 1 semaine qu'on navigue sur la Grande Bleue : on a toujours eu du vent pour avancer ! Parfois dans le nez, mais le plus souvent dans le dos. Et c'est vachement bien quand le moteur ne ronronne pas dans les oreilles.

     


    votre commentaire
  •  

     

    LA CIOTAT

    Il est toujours là, lui, au bout du They de la Gracieuse. Devait être costaude la barque !... Ces mâts sont toujours en place malgré le nombre d'années et les coups d'vent d'hiver qui balaient le golfe de FOS.

     

    LA CIOTAT

    Au niveau de l'île JARRE, une barque. Comme pour nous rappeler que la GRÈCE n'est jamais loin !

     

    Une belle nav de près de 40 miles jusqu'à LA CIOTAT, avec un p'tit vent sympa pour nous pousser à souvent plus de 7 nœuds durant les 30 premiers miles puis, à partir de l'île MAIRE, le moteur a pris le relais, la faute à un vent trop capricieux en force et direction pour espérer arriver avant la nuit au port. Et j'voulais bien une place à quai, moi, vu qu'ça va souffler dru les 2 jours prochains !

     

    LA CIOTAT

    En longeant les calanques de MARSEILLE.

     

    LA CIOTAT

    Et en longeant la montagne de la Canaille...

    Massif constitué de poudingues silicieux rouges, datés de 70 millions d'années, (rien qu'ça !). Ah oui... 70 millions d'années, environ ! Massif qui s'est formé dans le delta d'un fleuve venant du sud... Ces roches sont donc les témoins de l'existence d'un vaste continent aujourd'hui effondré que les géologues appellent le continent Pyrénéo-Corso-Sarde (y s'sont pas foulés pour choisir un nom, hein ?), tandis que l'actuelle Provence avait encore la tête sous l'eau !

    Bref. Faut s'dire qu'on longe un sacré morceau d'histoire !

     

     

    LA CIOTAT

     

    Franchement, la nav a été gracieuse ! Un peu de vent donc, pas de houle ou si peu, casser la croute en mer avec des pinces de tourteaux et des crevettes (et du vin blanc) et pourtant, à l'arrivée, après le repas du soir, je m'écroule dans ma couchette comme une masse ! Alors je me suis demandé si c'était une fatigue inconnue née d'une première nav après 20 mois de silence, ou si c'était à cause du bon rouge, qu'on a même bu la bouteille en entier !

     

    LA CIOTAT

     On s'est trouvé une p'tite place au milieu des fleurs !...

     

    LA CIOTAT

     Histoire de prendre son p'tit déj à la campagne !

     

    On est donc resté 3 jours ici. Et j'ai beaucoup visité..., mon bout de quai où le ZEF est amarré. Oui. Bon. En fait j'ai rien fait. Juste buller. Regarder la vie droit dans les yeux.

     

    LA CIOTAT

     Le ZEF vu d'en haut... Avec son Capt'ain qui en fait le tour, histoire de surveiller l'intrusion d'intrus éventuels !

     

    Ah ! Et aussi regarder le mousse tandis qu'il fait la lessive, le ménage, la cuisine, les courses, le rangement des courses, la vaisselle, etc... Bref. Cette escale m'a beaucoup fatigué !

     

    LA CIOTAT

     Y sont-y pas mignons ces 2 là !

     

     


    1 commentaire
  • Le rêve d’Icare est un rêve qui a mal tourné à cause de l’échec d’une performance. Mais à l’origine de la conquête spatiale, qui s’est terminée en catastrophe, il y avait une autre conquête, voulue et organisée par son père Dédale : la conquête de la liberté.

    En effet, Dédale qui était l’architecte du Labyrinthe en Crète, a instruit Ariane, qui a ensuite aidé Thésée. Furieux, le roi de Crète a rendu Dédale responsable de la fuite des deux amants et a enfermé l’architecte dans le Labyrinthe que celui-ci avait lui-même construit. Connu pour son esprit ingénieux, Dédale a tout naturellement cherché à satisfaire son désir de liberté et celui de son fils Icare, car le père et le fils partageaient le même enfermement.

    Rêve de liberté : rêve fort légitime, exaltant même.

    Sans le rêve de Dédale, le rêve d’Icare n’aurait pas germé.

    Malgré l’écart temporel entre les deux émergences, le rêve de Dédale et celui d’Icare étaient-ils de même nature ?

    Le père précédait le fils dans la volonté et le savoir-faire, dans la décision et dans la mise en œuvre.

    Dédale voyait l’issue dans la mobilité du fluide qu’était l’air. Et son esprit ingénieux a combiné la propulsion dans l’air et la propulsion grâce à l’air.

    Ainsi, d’après Pausanias, Dédale a inventé la voile en Grèce pour renforcer la force motrice des rames. Conjuguer une ressource naturelle et l’énergie musculaire des rameurs : quelle brillante idée !

    Voile pliée et voile déployée, au ponton G réservé aux visiteurs à Port Napoléon :

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le génie de Dédale était dans le passage d’un état à l’autre. Exhiber la tension maximale sur la surface du textile pour prendre appui sur le souffle d’Éole. Faire de la membrane de lin l’interface qui assure la propulsion au-dessus des flots, et donner ainsi des ailes au bateau.

     

    Le rêve d'Icare

     

    En parlant de la légèreté et de la célérité d’une nef, la langue française utilise bien l’expression : « voler sur l’eau ». Avec quelles ailes une telle nef vole-t-elle ? Avec les ailes que lui a procurées le génie de Dédale, l’Architecte du Labyrinthe en Crète.

    Pausanias dit encore que Dédale et Icare se sont enfuis de la Crète par la mer, chacun avec son propre vaisseau :

    Ἡνίκα γὰρ ἔφευγεν ἐκ Κρήτης, πλοῖα οὐ μεγάλα αὑτῷ καὶ τῷ παιδὶ Ἰκάρῳ ποιησάμενος, πρὸς δὲ καὶ ταῖς ναυσίν (ὃ μή πω τοῖς τότε ἐξεύρητο) ἱστία ἐπιτεχνησάμενος, ὡς τοῦ Μίνω ναυτικοῦ τὴν εἰρεσίαν φθάνοιεν ἐπιφόρῳ τῷ ἀνέμῳ χρώμενοι, τότε αὐτὸς μὲν σώζεται Δαίδαλος·

    ΠΑΥΣΑΝΙΟΥ ΕΛΛΑΔΟΣ ΠΕΡΙΗΓΗΣΕΩΣ

    ΒΟΙΩΤΙΚΑ Α.

    ΚΕΦΑΛΑΙΟΝ ΙΑ'

     

    En effet, lorsqu'il s'enfuit de l'île de Crète, il fabriqua pour Icare son fils et pour lui, deux petits navires ; il imagina, chose inconnue jusqu'alors, d'y ajouter des voiles pour échapper à l'aide d'un vent favorable, aux vaisseaux à rames de Minos. Dédale parvint effectivement à se sauver

    Livre IX, Béotie. Chapitre 11. Section 4.

    À ce moment-là, le rêve d’Icare était fort semblable à celui de son père. Mais la séparation spatiale soulignait l’individualisation des responsabilités. Chacun était seul responsable de son bateau, de sa navigation et de son destin.

    Icare a tiré profit de la science de son père.

    Le vent dans les voiles a-t-il permis à l’un et à l’autre de mener à bien leur projet d’évasion ?

     

    Le rêve d'Icare

     

    Dédale est arrivé sain et sauf en Sicile. Et son fils ?

    Icare a sombré au large de Samos. Depuis, ces eaux du naufrage portent le nom de Mer Icarienne.

    Qu’est-ce qui a scindé le convoi des fugitifs pour accorder à l’un une issue heureuse et à l’autre un sort funeste ?

     

    Le rêve d'Icare

     

    Ce n’était pas le souffle d’Éole ni la fureur de Poséidon qui favorisaient l’un et maltraitaient l’autre.

    C’était l’état d’esprit du capitaine qui déterminait le devenir de la navigation.

    Le vent donnait des ailes au bateau et au rêve de liberté. Mais la prudence a fait du rêve de Dédale un rêve exaucé tandis que l’insouciance a fait du rêve d’Icare un songe évanoui.

    Icare a manqué le but de sa navigation parce qu’il n’est pas resté dans le sillage physique et symbolique de son père.

    Le rêve d’Icare n’a pas abouti parce qu’il s’est mué en rêve d’indépendance et de témérité.

    Le rêve d’Icare n’était pas un rêve d’apesanteur physique.

    En se montrant négligent à l’égard des recommandations paternelles, Icare espérait être dispensé d’obéir aux principes d’organisation du cosmos. En faisant fi de ses responsabilités envers son père et envers le cosmos, Icare poursuivait un rêve d’apesanteur éthique.

    Dédale avait conseillé à son fils de suivre l’itinéraire du juste milieu, de ne pas s’approcher trop près des écueils, même non intentionnellement.

    Voie du juste milieu, voie de la sécurité, voie de la raison, voie de la sagesse.

    L’accomplissement du rêve initial était subordonné à une condition, qui était celle de l’équilibre. La réussite n’était pas dans le dépassement des limites, mais dans le maintien de l’équilibre.

    Dans la rupture de l’équilibre, seule la responsabilité individuelle peut être invoquée.

    L’art insiste-t-il aussi sur le principe de la responsabilité individuelle ?

    Dédale était un esprit lucide. Il connaissait les failles de ce qu’il avait créé. Il était conscient des limites de ses inventions. Le front soucieux, et l’index démonstratif, il cherchait à faire prendre conscience à son fils de l’existence de telles limites et de la nécessité de les respecter.

    Discours de la gravité pour une apologie du raisonnable.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Mais, dans cette peinture flamande, la physionomie et la gestuelle du fils ne montraient pas une profonde réceptivité. La rotation des doigts de la main droite traduirait même une dérision. Le fils ne semblait pas prendre au sérieux les propos du père.

    Le peintre flamand a saisi l’instant où le rêve d’Icare était en train d’éclore.

    Le peintre britannique, lui, montrait Dédale en train de courber l’échine pour doter son fils des moyens physiques supplémentaires qui permettraient l’évasion. Travail méticuleux de l’inventeur, sollicitude d’un père préoccupé par la sécurité.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Mais le fils ne semblait pas attentif aux réglages du père. Dès ce moment déjà, l’esprit d’Icare traversait des zones de turbulence qu’illustraient les mouvements désordonnés des étoffes. Tourbillons qui empêchaient le fils d’être solidaire des efforts paternels.

    Tissu chiffonné.

    Draperie à usage vestimentaire, mais aussi évocation d’une voile froissée, mal dépliée.

    Voile non fonctionnelle ou non encore fonctionnelle.

    Mise en route difficile, chaotique. Ou sombre présage.

    Dans tous les cas, la force évocatrice de cette masse de textile malmenée par le vent n’était pas sans lien avec le devenir du rêve d’indépendance et d’insouciance nourri par Icare.

    En revenant d’une randonnée avec les destriers d’argent, l’esprit du Zeph a vu dans le port d’Ostie une voile pourpre battre librement au vent.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le tissu s’enroulait puis se déployait. Même agitation et même excitation que le manteau d’Icare.

    Destin embrouillé.

    Tumulte d’une houle croisée qui servirait de sépulture au marin inconscient et négligent.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Ainsi en est-il de toute navigation. Chacun est responsable de sa propre personne.

    La Grèce aussi a proposé une illustration du rêve d’Icare.

    Sur la rive Sud de la Crète, à Αγία Γαλήνη – ΑΓΙΑ ΓΑΛΗΝΗ, se voient les silhouettes de l’illustre architecte et de son fils.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Paré pour l’échappée belle, Icare est debout, face à l’Est. L’Est dont la lumière émergeant à l’horizon permet de profiter sans tarder de l’intégralité de la période de clarté de la journée. L’orientation du regard d’Icare indique son impatience.

    Dédale, lui, n’a pas tout à fait fini de s’équiper. Ses mains et son esprit sont encore occupés par les derniers préparatifs.

     

    Le rêve d'Icare

     

    La présence ostentatoire d’un marteau montre que le moyen mis en œuvre pour accéder à la liberté ne consiste pas seulement à coller des plumes entre elles.

    Vu de face, Icare tient dans sa main droite un dispositif qui est destiné à son père. Manutention qui évoque l’aide logistique apportée par le fils, ou vision qui dit que le fils est trois fois plus impatient que son père ? La main droite, qui a un rôle ambigu, se trouve du côté de la mer, qui portera les vaisseaux des fugitifs.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le rêve d’Icare n’a jamais fasciné le Zeph.

    À l’inverse, le Zeph a eu à faire avec des nefs en plein délire icarien. La plus mémorable de ces rencontres a eu lieu à La Ciotat, quand cinq Icariennes écervelées lançaient leur nef à toute allure sur le Zeph, avec un seul pare-battage de leur côté pour éviter la friction entre les deux coques.

    La vitesse et l’axe du bateau qui était lancé sur le Zeph faisaient penser à un éperonnage. La collision a été évitée de justesse. C’était même un miracle que le flanc droit du Zeph ne soit pas touché !

    À bord de la nef suicidaire qui fonçait à toute allure sur le flanc droit du Zeph, le rêve d’Icare battait son plein.

     

    Le rêve d'Icare

     

    La menace d’éperonnage par les cinq Icariennes a eu lieu devant le quai d’honneur du Port-Vieux de la Ciotat, sous les néons de l’enseigne « Sur les quais ».

    Les créatures angéliques qui sont venues célébrer la mise à l’eau du Zeph ne sont pas icariennes, loin de là !

     

    Le rêve d'Icare

     

    Même si l’enthousiasme de l’une pour la mer est très grand, il s’accompagne toujours de la conscience du danger et ne cesse de s’interroger sur les conséquences de la prise de risques.

    Le Zeph est heureux et ses projets prospèrent parce qu’il ne caresse pas le rêve d’Icare, même avec beaucoup de vent dans les voiles.

     

    Le rêve d'Icare

     

    Le capitaine a plutôt fait sien le rêve de Dédale, qui s’est nourri de sagacité et de prudence pour se réaliser pleinement.

     

    Le rêve d'Icare


    votre commentaire
  •  La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Gréage du bateau. Sont-ils deux à le gréer ?

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Le cap'tain du ZEF semble bien perplexe dans son face à face avec un bout sorti de nulle part !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Le ZEF est dans les sangles.

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Effet de style ! Avec le mousse, l'art du beau peut se cacher dans une simple opération de grutage !...

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Au matin, Port Nap se réveille sous de légers pastels. L'absence totale de vent crée un monde de symétries.

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Pauvre fleur, qu'un rayon du soleil fit éclore,
    Pauvre fleur, dont les jours n'ont qu'une courte aurore ...

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    C'est au fond du port que le ZEF va quelques jours encore rêver au moment de glisser sur l'onde bleue !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Ne nous laissons pas abattre. Domptons le jour nouveau ! Cocktail olives, orange en rondelles et Romanetti ! Hop ! A la sieste !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Accessoirement à la vision du mousse de cette mise à l'eau, j'vais pas vous dire comment je me suis escagasser sur mes 2 pompes de douche et sur ma pompe de cale, toutes les 3 identiques tant dans le non fonctionnement que dans l'impossibilité de les remonter (après les avoir démonter, évidemment...) que je me suis décidé, après d'âpres combats et d'amères défaites, Ô pauvre de moi !!!, à les remplacer par du neuf en puisant dans mon porte monnaie ! Autant dire que ces 2 mois à venir vont être frugal ! Bon. En me relisant, j'me suis demandé pourquoi j'avais écrit "j'vais pas vous dire" puisque je vous l'ai dit au final ! Par contre, j'vais pas vous dire que c'était du Jabsco ! Oups, j'l'ai dit ! Non...Mais sinon, Jabsco, c'est surement vachement bien..., chez les autres ! Et devinez quoi ? J'ai racheté du ... Ah non ! Là, faut deviner. J'vais pas vous dire que c'est encore du ... Non. J'vais pas vous dire ! D'ailleurs, j'crois bien que c'en n'est pas !

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

    Une grande sauterelle mais Ô combien moins gracieuse que l'AVENTY ! ...

     

    Ah... Et puis, tiens ! Histoire de vous amuser... : J'ai fait tomber un truc important dans les contreforts de la salle d'eau et le dit truc à glissé sous le contre-moulage... Bien sûr, y'a aucun accès. Ça s'rait trop facile. Faut forcément le récupérer par l'endroit où il est tombé ! Alors, bien sûr, (et heureusement...) y'a des ingénieurs chez BENETEAU qui ont pensé à ça : Au contre-moulage qui laisse passer des objets mais pas la main pour les récupérer... Et je pense qu'ils se sont dit qu'avec un bon coup de gite, un soleil quoi, y'a des chances pour qu'on retrouve tout ce qui est tombé dans le coin !!! Ah..., ces ingénieurs ! Dire qu'il y a "génie" dans leur nom !!! Bon. J'vous dit pas comment j'ai galéré pour récupérer le biniou ! C'était un élément vital des pompes de douche..., qui ont fini à la poubelle. Mon Dieu !... Qu'il est bête ! (Je parle de moi)... Appelez-moi jabsco tant que vous y êtes !...

     

    La mise à l'eau vue par la lorgnette du mousse.

     

     

     


    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires