• Le sourire cathare

    Le sourire cathare

     

    Le sourire cathare était celui du bien-être apporté par l’eau. L’eau qui rafraîchissait l’air, étanchait la soif, fertilisait le sol. L’eau qui faisait éclore les fleurs et verdir les pâturages.

     

    Le sourire cathare

     

    Eau du ciel à stocker précieusement dans des citernes étanches. Eau de la terre, à protéger avec vigilance, parce que l’ennemi était toujours prompt à provoquer un empoisonnement en amont.

    Eau de la vie et de la survie en cas de siège, pour tenir tête à l’assaillant. Mais avant l’encerclement et le siège, l’eau était source de délices et multipliait les sourires de bonheur.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire avec le murmure de la rivière, le gazouillis des oiseaux, le frémissement des corolles dans le vent.

    Les mélodies des troubadours prolongeaient le chant du ruisseau. Le sourire cathare était celui d’une vie en musique.

    Sourire sur les lèvres, dans le regard, du fond du cœur.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire de bienvenue aux invités. Sourire de séduction entre convives raffinés.

    Sourire de la fête. La fête, non pas grâce à l’abondance, mais grâce à l’esprit de partage, à l’hospitalité, à la générosité.

    Prospérité de jadis : sourire de la douceur de vivre, du plaisir d’exister, du bonheur d’aimer.

     

    Le sourire cathare

     

    Pureté du ciel, de l’air, de l’eau. L’aspiration à la pureté de l’âme n’en était que plus naturelle et légitime.

    Sourire de l’éveil à la lumière, du passage de l’ombre à la clarté.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire à la liberté, revendiquée et assumée. Liberté de choisir le chemin d’accès au divin. Liberté de revenir à la source des Saintes Écritures. Liberté de refuser ce qui s’était éloigné de la pureté originelle.

    Sourire du libre arbitre. Libre arbitre exercé en se soustrayant à la contrainte des tortionnaires, magnifié jusqu’au dernier instant. C’est ainsi que cent quarante Cathares du Minervois ont choisi de s’immoler par le feu avant d’y être contraints par les lieutenants de la papauté et de la couronne de France.

     

    Le sourire cathare

     

    De cette époque, la cité de Minerve a gardé un pan de son mur d’enceinte.

    Pouvait-on sourire quand on suffoquait à cause de l’odeur âcre de la fumée, quand des picotements envahissaient la chair au milieu des crépitements des bûches en flammes, quand les oreilles se remplissaient des cris de douleur provoqués par le bûcher punitif ?

    À qui, à quoi souriait-on dans de telles situations ?

     

    Le sourire cathare

     

    Le sourire cathare était celui de l’espérance. Quelle espérance pouvait éclore et survivre quand la chair sentait le roussi et ne tarderait pas à être carbonisée ? L’espérance de la pureté, par la cohérence avec le mode de vie des premiers disciples du Nazaréen.

    Le sourire cathare était celui de la fraternité devant l’espérance. Sourire de la solidarité des deux cents martyrs livrés au bûcher de Montségur. Sourire d’une résistance commune à quatre cents frères et sœurs spirituels soumis en même temps au supplice du feu à Lavaur.

    Sourire au courage inébranlable.

     

    Le sourire cathare

     

    Sur les lieux de la sanglante répression, la Nature a gardé le douloureux souvenir de l’épreuve du bûcher. Des pétales ont la couleur sombre de la fumée qui noircissait le ciel, le teint lugubre du sang desséché ou des os calcinés.

     

    Le sourire cathare

     

    Mais la texture et l’architecture de la fleur ont su préserver d’innombrables foyers de lumière.

     

    Le sourire cathare

     

    Sourire de la lumière inextinguible, de la lueur qui refusait de vaciller et de s’éteindre en dépit des tortures atroces et de la menace de mort violente.

    Là où le mur de fortification plaçait les meurtrières, dont la fonction était de blesser, d’immobiliser et d’occire, la vie y fleurit à présent, colorée et élégante.

     

    Le sourire cathare

     

    Elle s’y accroche, y établit son bastion, et se prépare à envahir tout l’espace environnant.

    Par l’intermédiaire de la Nature, le sourire cathare prend sa revanche sur ses oppresseurs sanguinaires.

    Quel lien y avait-il entre le sourire cathare et la navigation ?

    Le capitaine lui-même a précisé ce lien pendant l’exploration du site de Lastours.

    En contemplant les élégants cyprès qui ornaient les pentes du vallon occidental, il s’est écrié, non sans joie : « C’est comme à Delphes ! ».

     

    Le sourire cathare

     

    Pour le Zeph, Delphes était la raison d’être de la halte à Ιτέα – ΙΤΕΑ, le sublime épilogue de la traversée du Canal de Corinthe. Similitude topographique, pour le premier degré.

    Mais le cri du cœur du capitaine faisait état d’une autre analogie. Car Delphes était un prestigieux foyer de spiritualité.

     

    Le sourire cathare

     

    Le sourire cathare, qui rappelait l’esprit delphique, était donc un sourire qui concernait le second degré.

    La parenté avec Delphes signifie que le sourire cathare est une incitation à l’élévation, et qu’il a la vocation d’être impérissable.

     

    Le sourire cathare


  • Commentaires

    1
    anne
    Vendredi 27 Avril à 16:00

    jolies photos...

    On va peut-être se décider à visiter notre région!!

    Mais commençons par la Camargue !

    bisou

     

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